CHOISIR LA MEILLEURE PART … NE PAS ZAPPER DIEU !

Écrit par Père Jean Kita

La liturgie de ce jour nous invite à méditer sur l’art de l’hospitalité. Accueillir quelqu’un, c’est faire preuve de confiance et d’amitié. Il en est de même quand il s’agit d’accueillir Dieu, d’accueillir Jésus. Comme à Béthanie, le village  de Marthe, Marie  et Lazare, chez qui Jésus  aimait aller se reposer. Mais Marthe est amenée à modifier son sens de l’hospitalité : accueillir le Christ, c’est rester fidèle à ce qu’exige sa présence : porter un autre regard sur le quotidien. Aussi légitime que parait le partage des tâches, il est demandé à Marthe d’approfondir l’idée qu’elle se fait de celui qu’elle reçoit… L’accueil de Dieu est d’abord un accueil de sa paix : ‘’s’agiter pour bien des choses’’ n’est pas de Dieu, ne peut être pour Dieu. Dans les services que nous rendons, qu’une part de nous-mêmes reste toujours assise aux pieds du Seigneur et l’inquiétude ne pourra nous submerger. Et le regard porté sur autrui en deviendra plus large. Il s’agit d’aimer Dieu et d’aimer son prochain de la même manière.

   L’être chrétien comporte trois phases. Puissions-nous ne pas en rester à la première. Nous commençons en général par la phase ‘’chrétiens consommateurs’’. Certains les appellent les ‘’chrétiens quatre roues’’ : les quatre roues de la poussette qui les amène à l’église pour le baptême. Les quatre roues de la voiture qui les amène pour la communion. Les quatre roues de la voiture magnifiquement décorée pour le mariage. Et les quatre roues du corbillard. Si les Apôtres avaient été des ‘’chrétiens à quatre roues’’, on ne parlerait plus de Jésus depuis l’an 33 et nous serions des Gaulois qui auraient peur que le ciel leur tombe sur la tête ; les prêtres seraient des druides qui cueilleraient du gui pour essayer d’échapper aux colères des dieux.

   En catéchèse, on peut faire apprendre par cœur aux enfants une formule facile à retenir et qui va au cœur de la Foi: ’’être chrétien, ce n’est pas seulement savoir que Dieu existe, mais c’est savoir que j’existe pour Dieu’’. Rares sont ceux qui ne savent pas encore que Dieu existe. Mais que moi, petit grain de sable parmi des milliards, j’existe pour Dieu, c’est véritablement incroy-able. Les enfants comprennent très bien l’expression. Quand on leur demande : ’’Pour qui existes-tu ?’’ Ils répondent immédiatement :’’pour ma maman’’.- Qu’est-ce que cela veut dire ?  - Qu’elle m’aime…Qu’elle s’inquiète de moi’’.

   Dieu me connaît par mon prénom. Il m’appelle par mon prénom. Incroyable, mais vrai ! Voilà ce qu’est un disciple de Jésus. Et puis, il y a à devenir chrétien apôtre, un disciple-missionnaire. Cette Bonne Nouvelle, il veut la transmettre. Pourquoi est-ce si important d’être à la fois disciple de Jésus et missionnaire de Jésus ? Paul Ricoeur, philosophe chrétien décédé au printemps 2005, disait que les fleurs qui sont dans un vase sur la table n’ont aucune différence avec celles qui sont encore au jardin. Sauf une, très grande: elles sont en train de mourir. Aujourd’hui, on nous parle beaucoup de valeurs chrétiennes. Mais si elles sont coupées de leur source, combien de temps tiendront-elles ? Il en est de même quand on zappe la présence de Dieu, pour d’autres priorités d’ordre matérielles !

   Seigneur, fais que tous les chrétiens consommateurs deviennent un jour tes disciples et tes apôtres pour que ton Evangile change leurs  regards et fasse fleurir cette génération.

(Tiré  de ‘’Paraboles d’un curé de campagne’’ Tome II – Ed de l’Emmanuel)                … Père Jean KITA