RICHE EN VUE DE DIEU

Écrit par Père Jean Kita

Les méfaits de l’argent et des richesses ne datent pas d’aujourd’hui puisque, au temps  de Jésus, les bénéficiaires  d’un héritage s’entredéchiraient déjà ! C’est hélas  un grand  classique ! Combien  de familles entrent ainsi en guerre pour longtemps, simplement parce que l’un des membres juge le partage inégal ? L’argent et les biens de la terre ne sont pas condamnés tant qu’ils restent des moyens.Mais ils ont une fâcheuse tendance à devenir un but, le tout de la vie, la seule norme pour définir la valeur de quelqu’un, alors qu’un homme ne vaut que par sa capacité d’aimer. La vie ne s’achète pas, pas plus que le bonheur. Et celui qui avait tout pour être heureux, comme on dit, peut en un instant connaître l’accident, la maladie, la mort. La parabole racontée par Jésus, en ce jour, est claire : qui n’a en tête que son enrichissement personnel ne travaille pas toujours pour son bonheur, même ici-bas. Les murs des belles maisons cachent souvent bien des détresses, et le riche, s’il est lucide, a bien souvent le vertige devant le vide de sa vie. A quoi ça sert tout ça ? ‘’Vanité des vanités’’ répond l’Ecclésiaste.

    Il n’y a pas d’autre richesse que la richesse en vue de Dieu. St Paul le rappelle : le vrai riche est l’homme nouveau qui regarde vers le haut, maître de ses passions et de ses désirs, capable de partager, car les biens partagés prennent une autre saveur. Celui qui sait regarder et écouter le Christ est riche en vue de Dieu. Il sait que Dieu l’aime : il a tout pour être heureux !

   Il me revient ce que disait Michel SERRAULT († 27/07/2007) L’artiste plein d’humour que l’on a connu. Il était croyant pratiquant. Ancien séminariste, il s’est voué au théâtre et au cinéma. Chrétien, il pensait que ‘’les préceptes de la Bible pourraient suffire comme modèle de vie’’. Il essayait de faire passer sa Foi dans son métier et faisait part de son angoisse :’’Voilà ce qui me fait peur : est-ce qu’on a le temps de devenir chrétien? C’est comme quelqu’un qui voudrait devenir violoniste en vingt-quatre heures.Ca n’est pas possible, il faut faire des gammes. Pour devenir chrétien, c’est la même chose. Mais il faut croire, croire passionnément’’.

   Son optimisme reprenant le dessus, il disait :’’S’il y a des éclats de rire dans une église, un temple, une synagogue, ce serait bien ! On ne peut pas être chrétien si on n’a pas le sens de la vie. La résurrection, il faut commencer à la vivre ici, chaque jour !’’’’Sans amour ou sans humanité, tout est nul. Et l’amour : c’est Dieu. S’il n’est pas réconfort, amour, il n’est rien. Faisons exister notre cœur ! Ce n’est pas moi qui vais tracer le chemin, les interdits. Mais n’étouffons pas l’amour par orgueil, intelligence. Mon métier est fait de mystère. La réalité, ce n’est pas clair. Mais même quand je ne comprends pas, que je n’ai pas de réponse, j’ai la chance de rencontrer Celui que j’écoute. Dieu n’est explication que dans l’amour infini. Nous serons tous récupérés dans l’amour… La Foi, c’est autre chose. C’est les autres. Ce qui m’a sauvé lorsque j’avais à faire face à des épreuves terribles, ce sont les autres. Si vous regardez les autres, vos petites embûches vous sembleront moins grosses, vos sentiers plus faciles à gravir. Je ne suis pas un théologien. Je dis simplement : labourez la terre. Il y a des milliers de gens qui l’ont fait avant vous… J’espère que Dieu me donnera ma dose d’humour, mon flacon d’humour jusqu’au bout. Et je travaillerai encore pour Lui, comme tant de bénévoles, sans chercher à gagner le ciel. Un chrétien, ça doit se deviner. Le seul mot qui pourrait me contenter ?’Tu as su quelquefois aimer comme j’ai demandé qu’on aime’.’’

Merci l’artiste ! Il y a bien des manières, simples, pour être riche en vue de Dieu ! † P.Jean KITA