LE BON CHOIX … PREFERER LE CHRIST

Écrit par Père Jean Kita

Ca y est, la rentrée est faite ! La vie des quartiers et des villages s’anime…Il faut  en partie quitter ses habitudes  de vacances, ses parents… refaire des choix, envisager  son orientation future…Pas facile  dans ce  monde rempli  de difficultés  et de brutalité, de faire valoir  ses bonnes  intentions ! ‘’les réflexions  des mortels sont incertaines  et  nos pensées instables’’ (Sagesse 9/14)  Quel sens donner  à  sa vie?  Et  pour les croyants que nous sommes, comment ‘’découvrir les intentions de Dieu?’’ (Sagesse 9/13)

    Au centre de tous nos débats,  les textes bibliques de cette journée nous invitent à ne pas oublier les exigences de l’Evangile qui bouleversent souvent tous nos comportements habituels. Il s’agit de préférer le Christ parce qu’il est la Sagesse même de Dieu : il peut nous faire aimer nos frères comme Dieu, car ce qui plait à Dieu, c’est d’aimer d’une manière absolue. Il s’agit de s’ajuster à la sagesse de Dieu pour atteindre à un regard d’amour authentique. Il s’agit de suivre Jésus en greffant nos attaches humaines sur son exemple. Il s’agit de mourir à nos étroitesses et aller, comme lui jusqu’au bout de l’amour par un chemin qui nous déroute, le chemin de la croix. C’est ce qu’on appelle l’amour préférentiel !  ‘’Messire Dieu, premier servi’’ disait Jeanne d’Arc !

     On pourrait s’étonner de voir Jésus s’arroger une telle exigence et revendiquer une telle priorité absolue ! N’est-il pas Celui qui a payé le prix fort pour nous racheter ? N’est-il pas Celui « sans lequel on ne peut rien faire ? »(Jn 15/5) ? N’est-il pas le passage obligé, « la porte étroite » pour aller vers le Père ? Le Christ, comme Dieu, mérite qu’on lui donne tout. Et cet amour si exigeant, s’il demande des renoncements, conduit le disciple sur les plus hauts sommets de son épanouissement humain et de la sainteté. De nos jours, on aime courir les séminaires de formation à la personnalité… « Suis-moi » nous dit le Christ, et je te conduirai, par un chemin ardu il est vrai, vers les cimes du dépassement de toi-même.

     Pour répondre à une telle exigence, faut-il pour autant cesser d’aimer ses parents, son conjoint, ses enfants, voir même les haïr ? Certainement pas ! Jésus n’a pas demandé aux époux de Cana de se séparer pour une vie plus parfaite à sa suite. Mais en plaçant l’amour de Dieu en priorité, il empêche les affections humaines de se fourvoyer. Il détourne l’homme de la tentation d’idolâtrie. Combien de nos contemporains sont devenus les fans d’une star du show –bisness ? (‘’Johnny, c’est mon dieu !’’ disait un jeune), les fans d’un homme politique (Staline était appelé le père du peuple !), les fans d’un gourou manipulateur ? Combien de conjoints font de l’autre leur seule raison d’être, leur donnant un pouvoir quasi divin, de les faire exister, si bien qu’en cas de décès ou de séparation, c’est l’effondrement total ? En aimant Dieu avant tout, on n’aimera pas moins ses proches qu’il nous demande précisément d’aimer, mais on les aimera tellement mieux ! 

     En cette rentrée de septembre, prenons de temps de « nous asseoir » pour  évaluer l’en-gagement de notre Foi à la suite du Christ. Ne zappons pas devant les exigences de l’amour ! Comme le Christ, apprenons courageusement à n être les serviteurs dignes et joyeux !

                                                                                                                              † Père Jean KITA