S’ENNUYER A LA MESSE…

Écrit par Père Jean Kita

Ce n’est pas d’aujourd’hui…J’entends souvent des parents et des éducateurs qui conduisent les enfants et les adolescents à la messe se plaindre : « Je m’ennuie à la messe, c’est toujours pareil !» Notre culture est tellement sensible à la nouveauté et à l’évènement que la liturgie peut paraître fermée, répétitive et monotone. C’est vrai…  la messe est ennuyante quand on n’y puise pas grand-chose.

   La messe n'est pas une distraction comme un match de foot ou une séance de cinéma ! Mais si on croit que c’est Jésus lui-même qui nous invite à célébrer l’Eucharistie : (‘’Faites ceci en mémoire de moi’’) comment penser qu’il nous demande quelque chose de vraiment ennuyeux ? Ce serait peut-être à nous de trouver comment ne pas nous ennuyer à la messe !

   De fait, la structure de la messe du dimanche ne varie pas : ouverture, préparation péniten-tielle, liturgie de la Parole (1° lecture, psaume, 2° lecture, évangile, homélie), profession de Foi, prière universelle, liturgie de l’Eucharistie et envoi. L’année liturgique se déroule selon un ordre constant, avec le retour des mêmes fêtes. En effet, la liturgie est fondée sur le rite, qui est par essence répétitif. Le rite consiste à accomplir quelque chose d’une manière codifiée et immuable, transmise par tradition. C’est pourquoi le rite est créateur de communion entre les participants réguliers : chacun sait ce qu’il doit dire ou faire, ce qui va se passer. Le rite engage l’ensemble de la personne. Il emprunte le chemin du corps, en sollicitant les sens et en prescrivant des gestes et des attitudes (se lever, s’asseoir, faire le signe de croix…). Le fidèle est invité à habiter le rite corporel, afin d’éprouver l’attitude spirituelle qui lui est liée ; la louange, la contrition, l’adoration. L’enjeu est d’être présent en vérité à ce qui est célébré, pour se laisser toucher intérieurement dans l’esprit et le cœur. Tel est le fruit de la participation active des fidèles, que le Concile Vatican II a voulu promouvoir.

   A chaque célébration, ce qui se répète invite à être d’autant plus attentif à ce qui est différent : les oraisons, les chants, les lectures, l’assemblée elle-même… Chaque messe est unique ; à chaque messe, le Seigneur se donne à son peuple par sa Parole et par son Pain, pour nourrir en lui la vie éternelle. Patiemment, la liturgie nous éduque à nous laisser rejoindre par le Christ, bien au-delà de ce que nous pouvons ressentir ou comprendre. Au lieu de nous distraire, elle nous recentre sur l’essentiel. Par notre disponibilité et notre attention, nous entrons peu à peu dans l’intimité du mystère du Christ, en attendant de le connaitre face à face dans le ciel.

  C’est vrai, au-delà de ce qu’e nous pouvons ressentir ou comprendre on s’ennuie à la messe quand on y assiste comme à un spectacle… Alors le plus simple, est d’abord que tu te prépares intérieurement à venir rencontrer le Christ et que tu t’impliques un minimum dans son déroule-ment (Equipe liturgique, lecture, chant, musique..) Comprends que le Seigneur te convie à son repas où il livre sa Parole et se livre lui-même, compromettant ceux qui le reçoivent. Tous les grands spirituels ont avoué avoir connu des périodes de grande sécheresse, durant lesquelles ils n’avaient goût ni à la messe ni même à la prière. C’est là qu’il faut savoir tenir dans la fidélité. D’ailleurs, tu t’en doutes bien, la qualité de la prière ne se mesure pas seulement à l’intensité de l’émotion ressentie dans l’instant, mais plus encore à ce qu’elle produit durablement après, comme conversion à l’évangile et donc à la personne du Christ qui a tant de choses à te faire découvrir de son Amour pour toi !  (D’après plusieurs sources)                               † Père Jean KITA