Blog 2019

SEMAINE SAINTE : HUMILITE ET AMOUR DU CHRIST

Écrit par Père Jean Kita

   C’est le premier jour de la Semaine Sainte. Il est marqué par la célébration  liturgique de  la bénédiction des rameaux qui accompagne la  lecture  de  l’Evangile  de l’entrée  triomphale de Jésus Christ à Jérusalem  quelques jours avant sa Passion. Beaucoup sont restés attachés à cette bénédiction d’un buis qui ornera chez eux leur crucifix. Certains le considèrent comme une sorte de porte-bonheur ‘béni’ pour se sentir protégés .D’autres le déposeront sur une tombe. Cela signifiera leur espérance de voir le bois mort refleurir ou revivre leur foi en la résurrection du Christ. A Jérusalem, ceux qui portaient ces rameaux, c’était pour acclamer le Christ, faire la fête avec lui, grandir spirituellement à son écoute.

     Puisse-t-il en être de même pour nous aujourd’hui : entrer nous aussi, avec lui, dans sa passion, et non pas nous sauver avec un bout de bois béni, tel un talisman pour vaquer à nos propres occupations sans nous préoccuper davantage de l’amour sans mesure que le Christ déploie pour le salut du monde!!! Que chacun médite sur sa manière…

     En entant à Jérusalem, Jésus ne joue pas les grands triomphateurs ! Il se fait humble et serviteur à l’image de cet âne sur le dos duquel il est monté. Avec un peu d’humour… je vous propose de méditer cette ‘’prière des ânes’’. Eh oui !

‘’Donne-nous, Seigneur, de garder les pieds sur terre et les oreilles dressées vers le ciel pour ne rien perdre de ta Parole.

Donne-nous, Seigneur, un dos courageux pour supporter les hommes les plus insupportables.

Donne-nous, Seigneur, d’avancer tout droit, en méprisant les caresses flatteuses autant que les coups de bâtons.

Donne-nous, Seigneur, d’être sourds aux injures et à l’ingratitude…c’est la seule surdité que nous ambitionnons.

Ne nous donne pas d’éviter toutes les sottises, car un âne fera toujours des âneries.

Donne-nous simplement, Seigneur, de ne jamais désespérer de ta miséricorde si gratuite pour ces ânes si disgracieux que nous sommes…à ce que disent les humains qui n’ont rien compris ni aux ânes, ni à toi qui as fui en Egypte avec un de nos frères, et qui as fait ton entrée prophétique à Jérusalem sur le dos d’un des nôtres. Amen.’’

    Il avait bon dos cet âne de Jérusalem… innocent comme Celui qu’il a porté et qui va devenir ‘’L’Agneau de Dieu’’ bientôt immolé par amour pour le salut de tous les hommes !

    Voici la Semaine Sainte…Ne la vivons pas dans l’indifférence ! Suivons le Christ et méditons le don qu’il nous fait de son amour ! Méditons devant la croix pour nous laisser prendre par la passion amoureuse du Crucifié pour nous ! Et puis, au matin de Pâques, chantons notre espérance et notre joie en nous unissant aux premiers témoins qui l’ont vu et reconnu ! Ils fondent notre certitude de croyants ! Christ ressuscité vient donner sens à notre vie : il veut faire de nous des vivants ! Que cette Semaine Sainte vous aide à approfondir sereinement votre Foi !                                                                                                          … Père Jean KITA

DEVENONS SEMEURS D’HUMANITE

Écrit par Père Jean Kita

Ecouter l’appel du Seigneur (Luc 15/1-3.11-32)

 ‘’Alors il rentra en lui-même et se dit : “Combien d’ouvriers de mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim ! Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi.J e ne suis plus digne d’être appelé ton fils. Traite-moi comme l’un de tes ouvriers.” Il se leva et s’en alla vers son père.

Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit : “Père, j’ai péché contre le ciel et envers toi. Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.” Mais le père dit à ses serviteurs : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé.” 

 Contempler le monde (Audience Générale de St Jean Paul II, 25 août 1999)

 « Il est toutefois indéniable que, comme j’ai eu plusieurs fois à l’affirmer, l’indépendance des systèmes sociaux, économiques et politiques, crée dans le monde d’aujourd’hui de multiples structures de péché…Si on pense ensuite aux structures du péché qui freinent le développement des peuples les plus désavantagés du point de vue économique et politique, on aurait presque envie de baisser les bras face à un mal moral qui semble inéluctable. Beaucoup de personnes ressentent un sentiment d’impuissance et d’égarement face à une situation écrasante, qui parait sans issue. Mais l’annonce de la victoire du Christ sur le mal nous donne la certitude que même les structures du mal les plus enracinées peuvent être vaincues et remplacées par des ‘’structures du bien’’ » (Catéchisme de l’Eglise catholique)

 Chercher un chemin de conversion pour agir avec amour et justice

 Est-ce facile ou non, pour moi, de remettre en question l’ordre social lorsqu’il laisse pour compte une partie des habitants de la planète ? Qu’est-ce qui me fait peur ? Comment vais-je œuvrer à plus de dignité de chaque être humain ?

 Confier son chemin en action de grâce

 Moi, dit Dieu, je crois en l’homme. Je sais que ça vous étonne, ça étonne tout le monde, ça m’étonne même un peu parfois. Pourtant, c’est ma profession de Foi, de toute éternité. Vous les hommes, vous croyez en Dieu, un peu. Moi, dit Dieu, je crois en l’homme, beaucoup. Je suis un Dieu qui croit en l’homme, et c’est pour ça que j’ai inventé Noël.

Je vous ai confié mon Fils, dans l’enfance, sans défense : c’est ça l’amour ! Pour le meilleur et pour le pire, sans « repentance » :c’est ça l’amour ! Je crois en l’homme, et je lui donne mon Fils ! Moi, je crois en l’homme, et pourtant je le connais bien. Je sais ce qu’il y a dans l’homme. Je ne suis pas un naïf, je suis un réaliste, le seul ! Ecoutez-moi ! Moi, dit Dieu, si je crois en l’homme, c’est que je sais mieux que personne, la puissance de l’Amour ! (Auteur inconnu)

(Document de Carême 2019 – CCFD Terre Solidaire)                                                     † Père Jean KITA

DEVENONS SEMEURS DE JUSTICE

Écrit par Père Jean Kita

Ecouter l’appel du Seigneur

Béni le Seigneur, ô mon âme, béni  son nom très saint tout mon être ! Béni le seigneur, ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits !

Car il te pardonne toutes tes offenses  et te guérit de toute maladie ; il réclame ta vie à la tombe et te couronne d’amour et tendresse. Le Seigneur fait œuvre de justice, il défend le droit des opprimés.(Psaume 102)

Contempler le monde

« La justice est le première voie de la charité…une partie intégrante de cet amour ‘’en acte et

en vérité’’ » (§6)

Déjà en 1967, « Paul VI établissait un rapport clair entre l’annonce du Christ et la promotion de la personne dans la société. Le témoignage de la charité du Christ à travers les œuvres de justice, de paix et de développement fait partie de l’évangélisation. (§15)

« Le développement intégral de l’homme est d’abord une vocation et suppose donc que tous prennent leurs responsabilités de manière libre et solidaire ». (§ 11)

« La plus grande ressource à mettre en valeur…est la ressource humaine : c’est là le véritable capital qu’il faut faire grandir » (§ 58)

« Les projets en vue d’un développement humain intégral ne peuvent ignorer les générations à venir, mais doivent se fonder sur la solidarité et sur la justice intergénérationnelle. » (§48

(Encyclique ‘’Caritas in véritate’’ –Benoît XVI, juin 2009)

 Chercher un chemin de conversion pour agir avec amour et justice

Dans l’économie mondialisée d’aujourd’hui, toutes les pratiques ne sont pas respectueuses de l’humain. Comment je peux prendre part, dans mon quotidien, à faire grandir une économie au service de l’humain et de chaque peuple ?

 Confier son chemin en action de grâce

Dieu tu es le Dieu de tout le monde. Tu mets tout le monde sur un pied d’égalité. Tu voudrais qu’on soit tous pareils, riche ou en bas. Mais les gens du haut ne voient pas ce qu’il y a en bas. Ils ne voient que la puissance de l’argent. Toi, Dieu, tu ne méprises pas ceux qui ne sont pas puissants. Tu as tout mélangé et tu as choisi les fous. Les pauvres et les riches, on est à l’église et on prie le même Dieu… A tes yeux, Dieu, on est tous des pierres précieuses, nous sommes ta création. (Extrait de la prière du Groupe de Paris – Pierre d’Angle – mars 2017)

La justice commence à devenir réalité dans la vie de chacun lorsqu’o, est juste dans ses propres décisions, et elle se manifeste ensuite, quand on recherche la justice pour les pauvres et els faibles. Il est vrai que le mot ‘’justice’’ peut être synonyme de fidélité à la volonté de Dieu par toute notre vie, mais si nous lui donnons un sens très général, nous oublions qu’elle se révèle en particulier dans la justice envers les désemparés :’’Recherchez le droit, redressez le violent ! Faites droit à l(orphelin, plaidez pour la veuve’’ (Isaïe 1/17) Rechercher la justice avec faim et soif, c’est cela la sainteté. (Carême 2019 – CCFD Terre Solidaire)                                     † Père Jean KITA

DEVENONS SEMEURS DE FRATERNITE

Écrit par Père Jean Kita

Ecouter l’appel du Seigneur   ‘’Frères, ensemble  imitez-moi, et regardez bien ceux  qui se conduisent  selon l’exemple que nous vous donnons. Car je vous  l’ai souvent dit et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Ils vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne pensent qu’aux choses de la terre. Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux’’ (Epitre aux Philippiens 3/17 – 4/1)

Contempler le monde : La nécessaire réforme du cœur de l’homme

La faim dans le monde nous fait mettre le doigt sur les faiblesses des hommes à tous les niveaux : la logique du péché montre comment le péché, ce mal du cœur de l’homme, est à l’origine des misères de la société, par le jeu, si l’on peut dire, des « structures de péché ».

Pour l’Eglise, il s’agit de l’égoïsme coupable, de la poursuite à tout prix de l’argent, du pouvoir et de la gloire, qui remettent en question la valeur même du progrès en tant que tel. « En effet lorsque la hiérarchie des valeurs est troublée et que le mal et le bien s’entremêlent, les individus et groupes ne regardent plus que leurs intérêts propres et non ceux des autres… On comprend mieux aujourd’hui que la pure accumulation de biens et de services, même en faveur du plus grand nombre, ne suffit pas pour réaliser le bonheur humain » Au contraire, l’amour qui vient demeurer dans le cœur de l’homme, lui permet de dépasser ses limites et d’agir dans le monde en créant des « structures du bien commun » : elles favorisent la démarche de ceux qui sont alentour vers la « civilisation de l’amour » et y entraînent les autres. (tiré de ‘’La faim dans le monde, un défi pour tous - Conseil Pontifical ‘’Cor Unum’’ § 64)

 Chercher un chemin de conversion pour agir avec amour et justice

Embarqués sur la même planète, gardiens de la Création, que faisons-nous de nos frères et sœurs plus pauvres, exploités, migrants, dépossédés… ?

Qu’est-ce qui est à ma portée, individuellement ou collectivement, pour faire advenir plus d’équité dans la répartition des richesses ? Dans la protection du bien commun ?

 Confier son chemin en action de grâce

Sur un sentier raide et pierreux, j’ai rencontré une petite fille qui portait sur le dos son jeune frère.

« Mon enfant, lui dis-je, tu portes un lourd fardeau ! »

Elle me regarda et dit : « ce n’est pas un lourd fardeau, monsieur, c’est mon frère. »

Je restais interdit. Le mot de cet enfant s’est gravé dans mon cœur. Et quand la peine des hommes m’accable, et que tout courage me quitte, le mot de l’enfant me rappelle : « Ce n’est un fardeau que tu portes, c’est ton frère. »

L’Evangile de ce dimanche relate la transfiguration de Jésus : ‘’De la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fis, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Ecouter le Christ en silence…Reconnaitre sa présence dans sa Parole mieux connue…Vivre le temps favorable du carême en pratiquant le jeûne, la prière et le partage… Voilà autant de pistes à prendre pour se laisser émerveiller intérieurement et vivre comme Pierre, Jacques et Jean une transfiguration…

Quelle belle expérience à vivre sur notre route vers Pâques !                          † Père Jean KITA

DEVENONS SEMEURS DE PAIX

Écrit par Père Jean Kita

Contempler le monde :  la Paix, un équilibre des droits

« Une paix durable n’est pas le fruit d’un équilibre des forces, mais d’un équilibre des droits. La paix n’est pas d’avantage le fruit de la victoire du fort sur le faible, mais à l’intérieur de chaque peuple et entre les peuples, le fruit de la victoire de la justice sur les privilèges injuste, de la liberté sur la tyrannie, de la vérité sur le mensonge, du développement sur la faim, la misère ou l’humiliation. Pour parvenir à une paix véritable, à une sécurité internationale effective, il ne suffit pas d’empêcher la guerre et les conflits ; il faut aussi favoriser le développement, créer les conditions susceptibles de garantir pleinement les droits fondamentaux de l’homme.

CHERCHER UN CHEMIN DE CONVERSION POUR AGIR AVEC AMOUR ET JUSTICE

Il ne suffit pas de vouloir la paix pour qu’elle arrive. La paix est le fruit d’un combat avec soi-même pour vivre avec les autres.

Comment faire grandir en moi la non-violence et la sérénité ?

Quel(s) geste(s) de paix ai-je envie de poser ?

Quel(s) acte(s) de réconciliation suis-je prêt à entreprendre ?

CONFIER SON CHEMIN EN ACTION DE GRACE

La paix, Seigneur, aide-nous à l’établir en nous-mêmes, non pas comme une armistice ou un compromis, mais comme une conquête sur nos faiblesses et nos contradictions.

Réconciliés avec nous-mêmes, nous irons avec les autres, et nous lutterons de toutes nos forces contre les privilèges, l’oppression, le désordre établi, car il n’y a pas de paix sans justice. Il n’y a pas de paix sans amour, sans reconnaissance de l’autre, individu, classe sociale, peuple ou race.

Libérés de toute hargne, incapables d’injures, fais de nous, Seigneur, des hommes et des femmes de la Réconciliation !    (Gilbert Cesbron)

(D’après le document national du CCFD 2019)

L’Evangile de ce jour nous invite à faire référence à la Parole de Dieu. Cette Parole : ‘’elle est tout près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur’’. Connais-tu assez la Parole de Dieu pour qu’elle s’enracine dans ton cœur ? Acceptes-tu qu’elle se pose dans ta bouge et se pose sur tes lèvres dans tes rencontres quotidiennes ? Ta parole suscite-t-elle la Paix au point de te rendre heureux ainsi que ton entourage ?

Et si durant ce temps de carême, ta parole sentait davantage le parfum de la paix qui vient du cœur de Dieu pour enchanter notre monde ? Si tu le veux, tu le peux !                               † Père Jean KITA

RESTER FIDELE AU CHRIST

Écrit par Père Jean Kita

En cette période  de débats, de contestations  et manifestations, tout le monde veut avoir  raison en  disqualifiant parfois les autres, les autorités, les lois… Qui est crédible aujourd’hui? Comment dans ce contexte retrouver les valeurs contestées de la famille, de la vie, de la Foi, la juste mesure d’un climat plus serein et plus sociable ?

« On reconnait  un arbre à ses fruits » nous dit  Jésus dans l’Evangile de ce jour. Cette expression, est passée dans le langage courant pour considérer les œuvres comme révélatrices de la qualité d’une personne. Déjà, deux siècles avant notre ère, Ben Sirac le Sage s’était servi de cette image pour signifier que « la Parole fait connaitre les sentiments » (1° lecture). Mais de quels fruits Jésus parle-t-il ?

Dans ce passage, il prononce quatre petites sentences qui paraissent former un ensemble hétéroclite : - un disciple doit être bien formé pour éclairer les autres,

                    - il faut faire son examen de conscience avant de juger son prochain,

                    - de la qualité d’un homme dépend la qualité de ses actes,

                    - les paroles sont l’expression du cœur.

Cet enseignement constitue une partie du discours du Christ à ses disciples. Il leur présente l’esprit du Royaume de Dieu qui suppose l’écoute et la mise en pratique de sa Parole. Puisque l’amour des ennemis ne se comprend que dans la perspective de la venue du Royaume, le disciple doit accueillir l’enseignement du Messie et le mettre en pratique. Ainsi, faut-il aussi se laisser instruire (1° sentence) puis convertir sa manière de vivre (2° sentences) pour porter des fruits de qualité (3° sentence). Les paroles, comme les actes, seront alors à l’aune du cœur (4° sentence) et le disciple vivra dans la fidélité au Christ.

Avec l’évocation de la poutre et de la paille, Jésus met  en garde ses disciples contre l’hypocrisie qui consiste à déceler les défauts des autres sans se remettre personnellement en cause. L’hypocrisie est source et cause de mensonge ! C’est ce que Jésus dénonce : il  veut préserver ses disciples.

Immédiatement après, Jésus insistera sur la mise en œuvre de sa parole par l’image de la maison qui résiste au torrent parce qu’elle est construite sur le roc. Ainsi, agir en disciple procure aussi une solidité personnelle, à l’image du verset du psaume : « le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban ».

Quant à Paul, il conclut son exposé sur la Résurrection du Christ en invitant les chrétiens de Corinthe à participer toujours plus activement à l’œuvre du Seigneur qui remporte la victoire sur la mort et le péché. (2° lecture)

A la veille du temps de carême qui commence dès mercredi, nous aurons de quoi prendre le temps de réfléchir et méditer sur la cohérence de nos attitudes avec Dieu et avec les autres.

De quels bons fruits sommes-nous capables de témoigner autour de nous pour plaire à Dieu et ne pas offenser notre prochain ? Retenons que : ‘’Ce que dit la bouche, c’est ce qui déborde du cœur’’ nous dit Jésus.            

                                                                                                                            † Père Jean KITA

DE L’ART D’AIMER SANS MESURE

Écrit par Père Jean Kita

 ‘’Qu’il est difficile d’aimer, qu’il est difficile !‘’ Qui n’a jamais fredonné ce refrain de Gilles Vignault ?

 

 

A lire l’Evangile de ce dimanche, aimer à  la manière  du Christ est quasi impossible  ou nécessite des attitudes héroïques hors pairs ! Aimer ses ennemis et faire du bien à ceux qui nous haïssent, présenter l’autre joue à celui qui t’a déjà frappé, laisser prendre ton manteau par celui qui t’a déjà volé ta tunique, prêter de l’argent à celui qui ne te le rendra pas, continuer à saluer celui qui te croise en te méprisant… Qui oserait bâtir un programme électoral sur de telles bases ? Un tel discours n’est pas fait pour faire recette ! Certainement que la pensée du Christ est ailleurs ! L’homme des Béatitudes n’est pas dupe : « pour les hommes, c’est impossible, mais pour Dieu, tout est possible ».

     A bien réfléchir, Jésus ne nous invite-t-il pas là, à des comportements moraux, acquis à la force de nos bras et de nos cœurs généreux ? Il nous invite à retrouver en nous l’image de Dieu, dont « la mesure est d’aimer sans mesure »(St Bernard). Jésus a mis la barre très haut, non pas pour nous culpabiliser lorsque nous ratons notre saut en hauteur, mais parce qu’il a de nous une telle considération qu’il nous dit et nous croit capables de rejoindre « le sans mesure » de l’amour de son Père. «  Priez pour ceux qui vous calomnient » : peut-être est-ce dans la prière que nous pouvons puiser la possibilité de l’impossible, nous ouvrir à la démesure. (Missel des  Dimanches)

     Aimer, faire sans cesse le bien…utiliser tous les moyens possibles pour y parvenir, telle est bien la toile de fond de toute vie chrétienne à laquelle le Christ nous convie. C’est un choix de vie d’où en découlera sa qualité humaine et spirituelle.  Et Jésus insiste sur la force du pardon qui fait appel à l’imitation de l’infinie miséricorde du Père : « car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants ». Dieu le Père n’est qu’Amour et rien d’autre ! Le pardon est la forme la plus élevée de l’Amour : c’est le don par excellence, le don suprême. En imitant cette folle miséricorde du Père, Jésus veut nous faire sortir de l’ordinaire et de la facilité : ne pas aimer seulement ceux qui nous aiment. A l’heure où beaucoup revendiquent à tous propos leurs droits, la priorité est lancée du devoir d’aimer qui devrait être la règle d’or pour tous !

     C’est vrai, la dimension du pardon est difficile mais pas impossible ! Si seul Dieu en est capable, on peut se laisser prendre et apprivoiser par cette dimension :’’Un entier pardon est une chose divine que nous n’apprenons que de Dieu’’ (Madeleine Delbrel)…Autant la rancœur est douloureuse, destructrice et ne résout rien, autant le pardon est libérant ! Il permet de grandir intérieurement et de se tourner vers l’avenir la tête haute. ‘’Pardonner à une injure reçue, c’est guérir soi-même une plaie de son cœur’’ (St Vincent de Paul). En ce sens, l’Evangile a raison : « Heureux les miséricordieux ! »

                   Au plan spirituel, même si Dieu ne tient pas des comptes comme un juge mesquin, le pardon nous sera donné dans la mesure où nous le donnerons : « Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés ; ne condamnez pas et vous ne serez pas condamnés ». Avis à tous les pécheurs que nous sommes ! « La mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous » conclut Jésus. J’aime cette finale car elle fait appel à la capacité d’amour et à tous les talents dont nous sommes porteurs. Elle manifeste surtout combien Dieu ne désespère de personne ! Osons vivre plus ‘’par cœur’’ que par ‘’tête’’ !                    † Jean KITA