Blog 2019

CHOISIR D’AIMER !

Écrit par Père Jean Kita

C’est un fait, le cœur de l’homme est fait pour aimer et pour être aimé ! Quand   Dieu a créé  l’homme « à son image et à sa ressemblance » (Gen 1/26)  il  lui a façonné un cœur à sa dimension, habité de  son amour divin. C’est  ce même cœur qui bat en chaque homme, et que Dieu  nous a confié  pour nous aimer les uns les autres et ensemble, transformer  ce monde. Cette consigne d’aimer est la priorité  du plan  de Dieu. Elle nous est  rappelée par Jésus dans l’Evangile de ce jour. Aimer est le sujet numéro 1 de la Bible, des philosophies, de la littérature, du cinéma, de la chanson…C’est dire combien il est vital d’aimer ! Il concerne tout homme  considéré comme un frère sans limites ou frontières. « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » Ce commandement du Christ, aussi beau soit-il, pourrait nous apparaître comme mission impossible ! Qui pourra en effet vivre ou approcher les qualificatifs de cet amour démontré par le Christ lui-même : amour qui soit toujours la première préoccupation, amour gratuit, respectueux, plein de miséricorde et audacieux du pardon, tendre, chaleureux, excessif même jusqu’à la folie de la Croix ? On n’aime pas quelqu’un à plus forte raison Dieu comme on aime une crème au chocolat !

      Aimer comme le Christ ? C’est sans doute d’abord se décentrer comme lui. Fils de Dieu, vivant dans l’harmonie de la Sainte Trinité, il prend la peine de ‘’se déranger’’ pour venir à notre rencontre. Aimer, c’est sortir de soi pour aller à la rencontre de ses frères. C’est par exemple, quitter son chez soi confortable, sa télé, pour aller à une réunion de parents d’élèves, de formation…prendre le temps d’aller voir le malade ou le prisonnier, aller au-devant d’une souffrance…Multiples et multiformes sont les pierres d’attente d’un signe de tendresse et d’amour!

      Aimer comme le Christ, c’est certainement vivre avec les autres. Dieu nous a créés relationnels. Fils de Dieu, Jésus a rencontré les gens, les a écouté, a partagé leurs joies et leurs espérances, leurs doutes, leurs souffrances et leurs questions. Aimer, c’est se mettre au diapason avec le vécu des autres, être attentif à ce qui fait son histoire, ses chemins de dignité, ses appels à sortir des ambiguïtés et aléas de la vie. C’est un appel à  une plus grande qualité relationnelle, en famille, entre voisins, au sein de l’entreprise

      Aimer à la manière du Christ, c’est en définitive, payer de sa personne. Christ n’a pas lésiné. Oui, aimer c’est payer parfois de sa sueur et de son sang, de son honneur et de son amour-propre, le dur service des hommes. Cet amour-là ne connaît pas de calcul ! Tout est question de don de soi-même. C’est le chemin assuré de la joie !  C’est le chemin que se doit de suivre toute communauté chrétienne. Se rassembler à l’Eglise pour prier ensemble. S’ignorer, voir se quereller à l’extérieur est un contre témoignage de ce commandement de l’Amour que le Ressuscité nous a confié !  Cela devrait aller de soi que les chrétiens, au sein d’une communauté, se soutiennent, s’entraident, s’encouragent et se témoignent solidarité et réconfort. On aimerait entendre ceux qui regardent l’Eglise de l’extérieur dire plus souvent ce que l’on disait des premiers chrétiens: « Voyez comme ils s’aiment !»                                        † Père Jean KITA

DONNER SA VIE POUR SERVIR LE CHRIST

Écrit par Père Jean Kita

C’est aujourd’hui la journée mondiale de prière pour les Vocations. Chaque  homme, chaque femme a ce qu’on appelle une vocation : avec son histoire, ses compétences, ses goûts, ses passions, chacun doit trouver sa voie pour s’épanouir, progresser, faire profiter ceux qu’il côtoie, de ce développement. C’est sa vocation humaine. Les chrétiens ont la conviction que Dieu appelle chaque homme et chaque femme à réaliser pleinement leur vocation humaine en accueillant le Christ au cœur de leur vie. Cette Journée des Vocations est l’occasion de réfléchir chacun à sa propre vocation et de découvrir la beauté de toutes les vocations, qu’elles se réalisent comme laïcs engagés dans la cité et dans l’Eglise, dans le mariage, comme diacre ou comme prêtre, religieux ou religieuse. Il s’agit de devenir des serviteurs actifs du Christ, de témoigner, aimer, se mettre au service des autres comme le Christ l’a demandé à chaque baptisé. C’est la vocation de tout chrétien. Prier pour les vocations, c’est demander à Dieu que des jeunes entendent son appel et y répondent en donnant leur vie comme prêtre, religieux ou religieuse. C’est aussi prier pour ceux qui ont répondu positivement à l’appel particulier de devenir diacre, prêtre ou religieux, en demandant à Dieu de les soutenir dans leur démarche, de fortifier leur foi et de les aider à rester fidèles à leur engagement.

En cette période de tempêtes où le sacerdoce est mis à mal, il est normal qu’on s’interroge. Les abus discréditent leurs auteurs, mais nullement  la raison d’être et la mission de l’Eglise !

Le prêtre choisit de faire l’impasse sur une belle carrière professionnelle pour se mettre to-talement au serviteur du Christ. C’est là, son plus bel acte d’amour que notre société a souvent du mal de comprendre. Certains regardent parfois le prêtre de travers, se rient de lui, mais quand il vient à manquer, les mêmes sont les premiers à se morfondre !

Le Christ a demandé que l’on prie le Maitre de la Moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson.

En ce mois de Mai, adoptons l’attitude de la Vierge Marie qui n’a pas eu peur de se mettre au service de Dieu durant toute sa vie ! Que cette prière proposée en ce jour nous y encourage !

Marie, Mère du «OUI», Apprends-nous à goûter la brise légère de l’Esprit qui travaille en nous.
Aide-nous à retrouver le chemin de l’intériorité pour mûrir nos engagements et nos choix avec un intense désir de sainteté.

Marie, Mère de Jésus, tu as écouté le timbre de sa voix et le battement de son cœur.

Mets dans notre vie tes sentiments, ta docilité, ton silence qui écoute et transforme

la Parole en choix de véritable liberté.

Marie, Mère de l’Eglise, intercède auprès du Père.

Qu’il dépose dans le cœur des jeunes la semence de son appel et la joie de répondre.

Qu’il éclaire et fortifie ceux qui sont appelés à se donner pleinement sur le chemin du mariage,

du sacerdoce de la vie consacrée. Amen                  

                                                                                                                                                † Père Jean KITA

REGARD D’AMOUR

Écrit par Père Jean Kita

La résurrection date de 15 jours. Le rêve est  fini pour les Apôtres. Chacun est retourné à ses habitudes. La vie a repris ses droits avec son lot  de vicissitudes, ses bonnes et mauvaises pêches. Chacun, sans doute garde en son cœur le souvenir du temps passé et de sa présence. Avec lui, la pêche  prenait  des allures  de fête ! Avec lui, tout  devenait facile ! Il est là, sur le rivage, mais leurs yeux sont aveuglés! Que faut-il donc pour le reconnaitre? Une parole ? Un geste ?  Un miracle ? Pourtant, cette parole ils l’ont déjà entendue, ces gestes, ils les ont déjà réalisés, ce miracle, ils l’ont déjà vécu ! Et cela ne leur suffit pas !  Il n’y en a qu’un pour dire :« C’est le Seigneur ! » Celui que le Seigneur aimait, celui qui au pied de la croix a aimé  jus-qu’au bout. Seul l’amour permet de nommer l’Amour !

Et si la clef pour reconnaitre le Ressuscité était tout simplement là, dans ce regard d’amour que l’on ose poser sur les évènements et sur les êtres, et qui nous ouvre à la vie ? Sans doute, nous sera-t-il facile de le reconnaitre dans les sourires, les joies et les réussites ! Mais lorsque notre Foi vacille, peut-être nous faudra-t-il alors puiser, comme Jean, dans l’expérience de notre Foi pour reconnaitre le Ressuscité. Peut-être aussi aurons-nous besoin, comme Pierre, qu’un autre nous dise : « C’est le Seigneur ! » Laissons-le alors nous communiquer sa passion : elle nous remettra debout et à notre tour, nous serons témoins de l’Amour et nous pourrons dire : « Seigneur, tu sais bien que je t’aime ! »

   A propos de la barque de Pierre, cette barque, c’est l’image de l’Eglise qui tantôt ramène sur le rivage une pêche fructueuse, tantôt, rentre bredouille. Pour St Jean, nous savons que sans le Christ, nous somme dans la nuit du doute et de l’échec. Pour porter du fruit, toute vie a besoin de la lumière de Dieu. Aujourd’hui comme hier, il est toujours là, il attend, il interpelle. C’est de l’autre rive, du côté de la Vie éternelle, que Jésus invite ses apôtres pour jeter à nouveau les filets. Et la pêche est abondante ! Pierre spontanément, se jette à l’eau, il passe un vêtement pour cacher sa nudité qui, en langage biblique, est signe de misère, de honte, de péché. Ce geste de Pierre est un geste baptismal : nous devons revêtir le vêtement du baptême, nous devons plonger dans les eaux de la Vie. Le filet, c’est l’image du Royaume de Dieu. Le filet doit emporter tous les hommes dans la gloire de Dieu et, cette fois, le filet ne se rompt pas car nul n’est exclu de l’amour de Dieu. Lors de la première pêche miraculeuse, Jésus était dans la barque ; lors de la seconde, après la Résurrection, il nous attend sur le rivage de son éternité. Aucun de ses disciples n’a osé lui demandé : « Qui es-tu ? » Ils savaient que c’était le Seigneur ! Saurons-nous discerner à notre tour sa présence ? Saurons-nous lui faire confiance ? Saurons-nous lui répondre à sa question : « M’aimes-tu ? » Jusqu’où sommes-nous capable de le suivre, de nous engager, malgré notre fragilité et nos faiblesses,  pour témoigner de lui dans ces temps que nous vivons ? Même si la barque Eglise connait actuellement des difficultés, cela ne discrédite pas l’évènement Pascal qui est et restera le cœur et la source de notre Foi. Que notre regard ne se lasse pas de contempler le Christ ressuscité !                              † Père Jean KITA

De la Résurrection… ON VEUT DES PREUVES !

Écrit par Père Jean Kita

«Je ne crois que ce que je vois !» disent certains ! «Je ne vois pas Dieu!» disait Gagarine le premier cosmonaute del’histoire !

Le premier  constat  de la  résurrection  du Christ, c’est le tombeau vide! La résurrection ne s’impose pas d’une manière évidente ! Dans  tous les récits de l’Evangile, il est question de le découvrir ressuscité, à travers une expérience personnelle ! Pas étonnant que pour certains, comme Thomas, la certitude n’aille pas de soi et que le doute prenne le dessus!

   Le doute signifie  «contester la vérité, manquer de confiance!» (cf Larousse). Mais méfiance, car le doute peut aussi donner des œillères et empêcher parfois une certaine objectivité ! Paradoxalement, dans Evangile de ce jour, Jésus est bien vivant, mais ce sont ses disciples qui sont enterrés, verrouillée à double tour, enterrés par la peur qui rend soupçonneux! Et, si on ne sait comment, Jésus se trouve au milieu de ses disciples enfermés! Les oreilles des apôtres l’ont entendu : Il ne répand pas la peur mais la paix ! Il montre son humanité blessée, ses mains et son côté, les traces de sa mort. C’est bien le Jésus crucifié qui est là vivant et qu’ils peuvent voir de leurs yeux !!  

   «Tant que je ne verrai pas…tant que…je ne croirai pas !». Ne nous arrive-t-il pas aussi de tenir de tels propos ? Ne sommes-nous pas parfois les « jumeaux » de Thomas ? Et si nous l’étions jusqu’au bout ? Un doute peut-il être une preuve ? Non ! Et si un doute n’était seulement qu’une épreuve c'est-à-dire «un conflit éprouvant le courage ou la résistance de quelqu’un.» (cf Larousse). Sportivement, l’épreuve est un challenge à gagner ! C’est bien en remportant plusieurs épreuves que le vainqueur gagne le trophée !  L’épreuve du doute est un appel à réfléchir, à rechercher, à faire confiance au témoignage! «Le doute est une échelle pour monter vers Dieu» disait un Saint ! N’est-ce pas à cause de l’approfondissement des lectures de quelques grands Saints ou des Pères de l’Eglise que certaines personnes ont retrouvé le chemin de la Foi ? Et je pense à Catherine, jeune fille aveugle de naissance qui me disait : «La Foi pour moi, c’est quand quelqu’un me prend par la main et me prête ses yeux pour me conduire là où je ne peux pas aller toute seule. C’est ma chance et ma joie! »

   Autour de nous, des signes nous sont donnés de la certitude de la résurrection : Les Evangiles d’abord trop méconnus, les gens qui en vivent, qui s’aiment en vérité, se pardonnent et repartent de plus belle…les gens,  visages de béatitudes  qui sont joyeux et pacifiés, pleins de miséricorde et d’attention pour les autres, …les gens qui sont visages d’Evangile au quotidien, qui ne s’embarrassent pas de 1000 suppositions même si des questions demeurent et qui sont passés comme l’Apôtre du « tant que je ne verrai pas… je n’y croirai pas » à « Mon Seigneur et mon Dieu  »  Chrétiens de 2019, à votre tour, voulez-vous être les « jumeaux » de Thomas , passer du doute à la confiance, de la méfiance à l’Espérance, de la religion à la Foi ? Vous découvrirez alors, en chemin,  le Christ ressuscité !

                                                                                                                               … Père Jean Kita

LA JOIE DE LA RESURRECTION : Le OUI de DIEU à la VIE !

Écrit par Père Jean Kita

   La fête de Pâques invite  tous les hommes à regarder l’histoire, à relire  son itinéraire, à lever  les  yeux vers « les réalités d’en haut » (Col 3/2) et à oser contempler  sans retenue  cette lumière inattendue  de la  Résurrection. Vécue par  le Christ, notre « premier de cordée», mentionnée  par les 4 Evangiles, annoncée par les Apôtres, contemporains et premiers témoins du Christ, signalée par plusieurs écrits «apocryphes», la RESURRECTION n’est pas une blague ni une légende pour des gens en mal de poésie,

mais l’évènement majeur historique qui a transformé toutes les données de l’histoire : c’est l’évènement fondateur de notre Foi chrétienne. Dieu est bien présent dans l’histoire des hommes. En Jésus-Christ, son existence nous est prouvée. A travers l’évènement pascal, sa toute puissance nous est révélée : celle de son amour infini pour tous ! Dieu est un éternel créateur de vie ! Toutes les œuvres de mort ne peuvent rien contre la force de son Amour ! En ressuscitant son Fils, une lumière d’espérance a traversé la nuit de toutes nos tourmentes, questions et errances, véritables prisons de nos «réalités d’en-bas ». La mort ne pourra jamais anéantir l’Amour ! « L’Amour ne passera jamais ! » (1 Co 13/8)

     En cette fête, résonne en moi le « Rien n’est impossible à Dieu » (Luc 1/37) de l’ange à Marie. Comme son étonnante naissance, la force de sa résurrection nous est démontrée ! « Il n’y a pas photo », comme disent les jeunes ! Et comment ne pas chanter à pleins poumons les ‘’ALLELUIA !’’  de cette fête et de notre avenir ! Car nous aussi, comme le disait un journaliste du Guatemala à ses ravisseurs, la veille de son assassinat : « Ni moi ni personne, nous ne sommes menacés de mort, nous sommes tous menacés de vie, nous sommes menacés d’espérance et d’amour, tous menacés de résurrection ! »

     En cette fête, mon cœur est plein de joie de proclamer à mon tour, cette joyeuse nouvelle ! Ca nous change de toutes les actualités morbides, violentes et outrageantes, irrespectueuses de Dieu et des hommes ! Contrairement à ce qu’avancent certains courants de pensée, le Christ n’est pas mort ni éliminé ! Le Christ, que des hommes ont crucifié croyants s’en débarrasser et prendre le pouvoir à sa place, Dieu l’a vraiment ressuscité ! Les idéologies du matérialisme et du mensonge, tôt ou tard, s’écroulent ! Il suffit de lire l’histoire pour s’en apercevoir ! On ne peut pas éliminer Dieu du cœur de l’homme !

     En cette fête, je pense à cet enfant du Haut-Doubs, qui, au cours d’un rassemblement de la catéchèse à Sancey, avait accroché ce message à un ballon : « Il faut croire que Jésus est vraiment ressuscité ! » Et il avait ajouté : « On ne nous a quand même pas menti pendant 2000 ans ! » A méditer… A travers ces 20 siècles de christianisme, on ne compte plus les hommes, les femmes et parmi eux, bien des jeunes, saints et saintes, connus ou non, qui souvent au prix d’une vie héroïque, ont témoigné du Christ et de sa résurrection !    

      En cette fête, cultivons dans la joie, notre Foi en Jésus Ressuscité ! La résurrection est la clé de notre Foi ! Ne la perdons pas ! Bien au contraire, utilisons-la pour ouvrir à d’autres, qui ne savent pas encore ou qui doutent, les portes qui ouvrent sur la vérité de Jésus et sa Bonne Nouvelle !  Joyeuse fête de Pâques !                                                                  …PèreJean

LA LUMIERE A CHASSE LA NUIT, CHRIST EST RESSUSCITE !

Écrit par Père Jean Kita

 

« Comme nous allions rêvant Dieu, 
Une voix venue du grand creux
Des fonds de l'Homme
Nous a surpris : Veillez ici, 
Veillez et priez cette nuit
Qui entre toutes vous est bonne. 

C'était au secret de nos cœurs, 
Au tombeau vide du Seigneur, 
La voix de l'Ange ! 
Elle ajouta : Que cherchez-vous ? 
Le Corps du Seigneur est chez vous, 
Restez Ses hommes de confiance ! 

Devant le caveau grand ouvert, 
Retour du Seigneur des enfers, 
Chantez Son hymne ! 
Ce lieu profond, il est à Dieu ! 
Nul ne le sonde avec des yeux
Qui ne sont pas faits pour l'abîme. 

Le Seigneur vous a précédés
Dans la mort qui vous obsédait, 
Vos morts futures ; 
Allez donc sans crainte à la vie ! 
Jésus vous a déjà ravi
Dans sa Passion vos sépultures. » 

Patrice de La Tour du Pin (1911-1975)

LA MORT D’UN INNOCENT !

Écrit par Père Jean Kita

En ce Vendredi Saint, nous voici au pied du calvaire. Nous venons accompagner Jésus  sur son chemin de souffrance  et entendre le témoignage de St Jean (Evangile). Il a suivi Jésus sur ce même chemin. Il était au pied de la croix. Son témoignage est celui d’un apôtre qui veut proclamer au monde que Jésus est le Fils de Dieu : il donne sa vie en sacrifice. Avant la lecture de la passion, la lecture du prophète Isaïe et la lettre aux Hébreux (1° et 2° lecture) introduisent à la contemplation du Christ crucifié, homme des douleurs. Serviteur souffrant, défiguré par la douleur. Il est abandonné des hommes qui n’ont que dégoût pour lui. Abandonné aussi par le peuple qui l’acclamait et même par ses amis, Jésus se soumet pourtant à la volonté du Père. Jusqu’à sa mort sur la Croix, il se remet entre ses mains. (Psaume 30)

Homme des douleurs, ayant perdu toute apparence humaine, Jésus ne perd rien de sa majesté royale. Choisissant librement son destin, il marche sereinement vers la mort. Il sait que la croix n’est pas l’heure des ténèbres, mais l’heure de la lumière, l’heure de la victoire de Dieu sur la mort et le péché. Jésus n’est plus seulement un corps broyé, l’homme des douleurs, mais le Fils de Dieu accomplissant ce qu’il avait annoncé : le salut du monde.

Nous voici devant la croix du Christ. Nous la contemplons en faisant mémoire du serviteur de Dieu broyé par la souffrance, et nous la vénérons. Souvenons-nous que, sur la croix, Dieu nous révèle combien il nous a aimés plus que nous ne l’aimerons jamais. Demandons-lui d’avoir pitié de nous. « Aucun de nous n’aime Dieu autant qu’Il nous a aimés. Il suffit de se mettre devant un crucifix pour saisir la disproportion : Il nous a aimés et nous aime toujours en premier. » (Pape François)

Que cette adoration de la croix, en ce Vendredi Saint, ravive en nous la conscience de nos péchés ! Qu’elle affermisse notre Foi en Jésus, le Christ, Sauveur du monde. L’homme des douleurs est le Christ vainqueur.

 (d’après plusieurs sources)                                                                                         † Père Jean KITA