DEVENONS SEMEURS DE FRATERNITE

Écrit par Père Jean Kita

Ecouter l’appel du Seigneur   ‘’Frères, ensemble  imitez-moi, et regardez bien ceux  qui se conduisent  selon l’exemple que nous vous donnons. Car je vous  l’ai souvent dit et maintenant je le redis en pleurant : beaucoup de gens se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Ils vont à leur perte. Leur dieu, c’est leur ventre, et ils mettent leur gloire dans ce qui fait leur honte ; ils ne pensent qu’aux choses de la terre. Mais nous, nous avons notre citoyenneté dans les cieux’’ (Epitre aux Philippiens 3/17 – 4/1)

Contempler le monde : La nécessaire réforme du cœur de l’homme

La faim dans le monde nous fait mettre le doigt sur les faiblesses des hommes à tous les niveaux : la logique du péché montre comment le péché, ce mal du cœur de l’homme, est à l’origine des misères de la société, par le jeu, si l’on peut dire, des « structures de péché ».

Pour l’Eglise, il s’agit de l’égoïsme coupable, de la poursuite à tout prix de l’argent, du pouvoir et de la gloire, qui remettent en question la valeur même du progrès en tant que tel. « En effet lorsque la hiérarchie des valeurs est troublée et que le mal et le bien s’entremêlent, les individus et groupes ne regardent plus que leurs intérêts propres et non ceux des autres… On comprend mieux aujourd’hui que la pure accumulation de biens et de services, même en faveur du plus grand nombre, ne suffit pas pour réaliser le bonheur humain » Au contraire, l’amour qui vient demeurer dans le cœur de l’homme, lui permet de dépasser ses limites et d’agir dans le monde en créant des « structures du bien commun » : elles favorisent la démarche de ceux qui sont alentour vers la « civilisation de l’amour » et y entraînent les autres. (tiré de ‘’La faim dans le monde, un défi pour tous - Conseil Pontifical ‘’Cor Unum’’ § 64)

 Chercher un chemin de conversion pour agir avec amour et justice

Embarqués sur la même planète, gardiens de la Création, que faisons-nous de nos frères et sœurs plus pauvres, exploités, migrants, dépossédés… ?

Qu’est-ce qui est à ma portée, individuellement ou collectivement, pour faire advenir plus d’équité dans la répartition des richesses ? Dans la protection du bien commun ?

 Confier son chemin en action de grâce

Sur un sentier raide et pierreux, j’ai rencontré une petite fille qui portait sur le dos son jeune frère.

« Mon enfant, lui dis-je, tu portes un lourd fardeau ! »

Elle me regarda et dit : « ce n’est pas un lourd fardeau, monsieur, c’est mon frère. »

Je restais interdit. Le mot de cet enfant s’est gravé dans mon cœur. Et quand la peine des hommes m’accable, et que tout courage me quitte, le mot de l’enfant me rappelle : « Ce n’est un fardeau que tu portes, c’est ton frère. »

L’Evangile de ce dimanche relate la transfiguration de Jésus : ‘’De la nuée, une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fis, celui que j’ai choisi : écoutez-le ! » Ecouter le Christ en silence…Reconnaitre sa présence dans sa Parole mieux connue…Vivre le temps favorable du carême en pratiquant le jeûne, la prière et le partage… Voilà autant de pistes à prendre pour se laisser émerveiller intérieurement et vivre comme Pierre, Jacques et Jean une transfiguration…

Quelle belle expérience à vivre sur notre route vers Pâques !                          † Père Jean KITA