L’IMPORTANCE D’UN VERRE D’EAU

Écrit par Père Jean Kita

   Avec le beau temps qui s’installe, on voit souvent des personnes se balader  avec une bouteille d’eau  à la main. L’eau, c’est la vie ! Et par les grandes chaleurs, il est important de se désaltérer !

    Un verre  d’eau fraîche, ce n’est vraiment pas  grand-chose, sauf pour celui qui a vraiment soi f! Mais celui qui, de  bon cœur et sans arrière-pensée, donne à boire à l’inconnu  de passage, désaltère le Christ, et celui-ci dit un merci. Il donne même une récompense infini, sans mesure ! En effet, notre Dieu est généreux. Déjà, dans les temps anciens, l’hospitalité offerte par une femme païenne de Sunam, (dont parle la 1° lecture de ce dimanche) à ce ‘’saint homme de Dieu’’ qu’était à ses yeux le prophète Elisée, lui a valu la plus belle des récompenses : la promesse d’avoir un fils malgré sa vieillesse.

 Tel est notre Dieu : il se reconnait dans ces gestes simples de bonté et d’accueil. Il se laisse reconnaitre sous les traits du prophète comme du disciple anonyme, du passant qui a soif, de l’étranger qui a besoin d’être accueilli. Rappelons-nous ce que le Christ dit dans l’Evangile de Matthieu au chapitre 25 : ‘’Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait’’. Honorer quelqu’un par le moindre geste de bonté, c’est honorer le Christ lui-même ! En répondant à son amour, nous donnons ainsi  notre vie pour nos frères.

Il suffit d’un verre d’eau fraiche... La sainteté serait donc d’une simplicité désarmante, surtout pour celui qui a cru monter vers Dieu à la force du poignet, à grands coups de prouesses ascétiques et d’exploits vertueux. L’humble quotidien est, lui aussi, chemin vers Dieu car c’est toujours Dieu qui vient vers l’homme…Le verre d’eau prend toute sa valeur dans la façon de le donner. Partager son pain ou son eau avec quelqu’un c’est le reconnaitre comme un frère, participant de la même dignité de fils bien-aimé de Dieu.

 Accueillir, partager, donner un verre d’eau…A travers ces simples gestes, Jésus nous envoie vers les autres leur dire qu’ils sont aimés, comme eux nous font comprendre que nous sommes appréciés et aimés. Ici, nous gravissons une étape supplémentaire. En effet,  c’est en lui, le Christ, que tout amour prend sa source et trouve son éternelle beauté. Il a donné sa vie pour cela. Il a porté la croix pour y être cloué. L’eau a coulé de son côté transpercé d’un coup de lance. Il a donné sa vie totalement par amour pour nous. A nous de l’imiter. Qui veut vivre comme lui sait qu’il n’échappera pas à la croix.

 Le chemin de la sainteté est simple mais il n’est pas facile : d’autant plus que le Christ demande qu’on privilégie l’accueil de son amour avant celui de tous les autres car ‘’Qui m’accueille, accueille Celui qui m’a envoyé’’. Accueillir le Christ, c’est accueillir son Père et franchir les portes de son Royaume d’amour, de paix et de joie. Telle sera notre récompense !

Jésus se glisse toujours parmi les accueillis pour rappeler à tous le même commandement : ‘’Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés’’.

(D’après plusieurs sources)                                                                                         † Père Jean KITA

LA FIDELITE DE DIEU

Écrit par Père Jean Kita

 Qui de nous, dans le contexte actuel de violence, d’inquiétude suite aux ravages du Coronavirus n’entretient-t-il pas en lui un sentiment de peur ? Du coup, on ne sait  plus quoi  penser et même notre Foi est malmenée, inconfortable. Nous préférons nous taire plutôt que de  nous exposer  au ‘’ridicule’’ dans un monde  où être chrétien ne va plus de soi. Et pourtant, même s’il existe des nuances, l’Evangile n’envisage pas de demi-mesure entre confesser et renier le Christ. Confesser sa Foi, n’est-ce pas prendre position publiquement, alors que renier revient à se désengager vis-à-vis de Jésus reconnu comme Christ Fils de Dieu ?

 A ses apôtres, Jésus leur dit : ‘’Ne craignez pas ceux qui tuent le corps’’, C’est dire la gravité des risques encourus pour ceux qui veulent témoigner de leur Foi !

Question : Pourquoi les messagers de l’Evangile peuvent-ils susciter tant de haine ? Ils sont messagers de bonheur et devraient logiquement être accueillis à bras ouverts. Ils disent aux hommes que Dieu les aime et qu’il les appelle à vivre auprès de lui une éternité d’amour et de paix. Ils disent que Jésus, le Fils de Dieu, s’est fait homme et a donné sa vie par amour pour tous. Il n’y a là rien qui puisse provoquer la colère ou la persécution. Et pourtant ! Les ténèbres refusent la lumière et le mal vaincu se débat et reste nuisible jusqu’à l’ultime seconde. Jésus lui-même a parcouru les routes en faisant le bien, guérissant les malades, nourrissant les affamés, ressuscitant des morts. Il n’ prêché que l’amour fraternel…Et les hommes l’ont tué ! Le disciple n’est pas au-dessus du maître.

Bien sûr, dans nos pays, les persécutions ne tuent plus. Encore que !... Le seul fait de se dire chrétien, sans parler de prêcher, provoque des hostilités et des moqueries (Que n’a-t-on pas dit sur la croix ostentatoire ? Et sur ceux qui vont à la messe ?) On caricature sciemment l’enseignement de l’Eglise. L’indifférence et le mépris peuvent aussi tuer ou réduire au silence.

Dans le monde, chaque jour ou presque, des hommes et des femmes paient de leur vie leur fidélité.

 Si Jésus prévient des risques, il annonce surtout sa propre fidélité. ’N’ayez pas peur !‘’ répète-t-il. Il assiste jusqu’à la fin des temps ceux qui, en son nom, annoncent l’Evangile. Il n’est pas un compagnon quelconque, lui qui donne à ses frères tout l’amour de Dieu le Père. Des comparai-sons traduisent l’étendue de cet amour : pour Dieu, ‘’vous valez bien plus qu’une multitude de  moineaux’’, et Dieu s’occupe même de vos cheveux !

C’est celaqu’il faut crier sur les toits !  Dieu prend soin de chacun avec une immense attention. Il n’abandonne pas à la mort ceux qu’il destine à la vie, tous ses enfants, tous les frères de Jésus, son Fils. Crions sans peur ! Brimades ou persécutions ne sont, paradoxalement, pour le croyant qu’un nouveau bonheur. ‘’Heureux êtes-vous quand on vous insulte…à cause de moi. Soyez dans l’allégresse car récompense est grande dans les cieux.’’.

(D’après plusieurs sources)

                                                                                                               † Père Jean KITA

LE PAIN DE LA ROUTE

Écrit par Père Jean Kita

Jésus nous enseigne l’essentiel de Dieu et de sa mission. Des noces de Cana  au repas pascal, de la multiplication  des pains au banquet du Royaume, Jésus montre que Dieu rejoint l’humanité dans sa faim.

Il veut la combler.Il nous révèle sa personne:«Je suis le pain vivant Descendu du ciel ». Cette affirmation ne ressemble pas aux appellations données habituellement à Jésus. Jésus est ce pain unique qui rassasie entièrement notre faim. Jésus descend pour nous faire vivre, nous ouvrir l’ultime horizon de la vie. Il est la Parole, le Verbe fait chair. L’apôtre Jean a bien compris la personne de Jésus affamé, assoiffé d’amour, comme au puits de Jacob. « Celui qui croit en moi a la vie éternelle ». L’Eucharistie, ce repas sacré, est don par excellence. Le Christ se donne à nous comme un repas pascal. Il nous fait passer de la mort à la vie. « Il est grand le mystère de la Foi ! »

Au cours de notre vie terrestre de chrétiens, nous nous nourrissons du pain eucharistique. Nous reconnaissons en Jésus « le pain descendu du ciel », révélation définitive faite aux hommes. Nous n’aurons jamais fini d’entrer dans l’intelligence de l’Eucharistie. Ne négligeons pas les deux Tables, ni celle de la Parole ni celle du Pain vivant ! Ouvrons notre cœur à la Parole pour ensuite recevoir avec joie le Pain que son Amour nous offre.

Nourris de Jésus, nous finissons par vivre de sa vie à Lui, par aimer comme il aime, par parler son langage d’amour. Telle est la promesse pour notre vie terrestre. Mais il est une autre promesse : celle de la Résurrection ! Celui qui mange de ce Pain ne mourra jamais car ce Pain est capable de vaincre même la mort. « Je suis le Pain vivant ». Pas seulement l’aliment qui nourrit mais aussi le Vivant qui comble celui qui se lie à Lui. Jésus annonce la manière dont Il est présent, désormais à ceux qui l’accueillent dans la Foi.

Jadis, une boulangerie portait l’enseigne, « Au pain retrouvé ». Puissions-nous, au cours de l’Eucharistie, retrouver le sens du Pain de vie, celui que Dieu nous donne en Jésus-Christ, pour notre route, pour notre vie, pour toujours ! Sue les chemins que nous empruntons, que jésus Ressuscité, « le Pain vivant » soit notre nourriture pour la route !...

Jésus est présent dans son Corps et dans son Sang. C’est dans le pain et le vin consacrés, offerts en nourriture que nous rencontrons Jésus dans ce que la théologie nomme « la présence réelle ». Elle est réelle non d’une façon exclusive, comme si les autres modes de présence ne l’étaient pas, mais elle est par excellence présence du Christ au milieu de nous et en nous. Sans cette présence réelle, le partage du Pain et la communion au Sang du Christ ne seraient que des symboles. Sous les apparences du pain et du vin, Jésus est réellement présent. Il l’est en vérité, pour nourrit notre Foi, pour nous rendre plus forts, plus capables d’aimer nos frères, notamment les plus pauvres, les plus petits, les plus démunis. Il est présent aussi en eux puisqu’il nous a dit : « Ce que vous ferez à l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’aurez fait ». La présence de Jésus est indissociable  de la charité. Elle est manifeste dans l’Eucharistie, dont suprême de la présence du Seigneur parmi nous. Il est le Pain de vie, Pain vivant envoyé par le Père, pour apporter aux hommes le salut et la vie éternelle. Ainsi se trouve concrétisée cette dernière parole de Jésus aux Apôtres : « Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps »                           

(Mgr André LACRAMPE, ancien archevêque de Besançon)

DECOUVRIR DIEU … IL EST PERE, FILS ET ESPRIT SAINT

Écrit par Père Jean Kita

 Il n’est pas facile d’imaginer Dieu ! La liturgie nous invite à poser des gestes simples, gestes  pourtant lourds   de sens et porteurs d’une dimension du mystère  qu’ils  veulent signifier. Ainsi en est-il du signe de la croix  qui ouvre toute  prière personnelle ou communautaire. En posant  ce geste, le chrétien  affirme sa Foi dans un Dieu, Père, Fils et Esprit Saint, en  un seul  Dieu, mystère qui se donne à chercher et communion d’amour qui se donne à vivre. 

Un jour, un enfant qui parlait du signe de la croix au catéchisme, avait dit avec un certain humour que pour lui, ce signe était comme le "numéro de téléphone de Dieu". Il est vrai que, quand on veut l’appeler, se mettre en sa présence, hop ! On trace ce geste de la main droite et la prière peut commencer…

Chaque personne de la Trinité ne renonce pas à son identité propre: le Père est la source de tout ce qui vit ; le Fils nous révèle le Père; l’Esprit saint fait de nous  des enfants libres et responsables. C’est cette communion dans un même amour qui dit, mieux que toutes les spéculations, ce qu’est la Trinité. Dès lors, le signe de la croix engage son seulement notre Foi au Dieu de Jésus Christ, mais aussi nos attitudes quotidiennes d’amour et de fraternité qui révèlent, mieux que tous les discours, le visage d’amour d’un Dieu Trinité. Car là où nous sommes en communion avec les autres, Dieu est présent, se donne à découvrir et à aimer.

 "Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit", ces paroles qui accompagnent notre signe de croix chrétien sont une profession de Foi. Elles disent en même temps l’identité de Dieu et, à un autre niveau, notre propre identité, car elles ‘’revendiquent’’ notre dignité de fils et de filles de Dieu, des frères et sœurs du Seigneur Jésus et d’hommes et de femmes aimés et sanctifiés par l’Esprit. C’est dire que le signe de croix, tracé avec respect, est l’expression de notre fierté chrétienne, de notre appartenance à la "famille trinitaire".

    Plus encore, ces mots et ce signe sont un engagement. Parler et agir au nom de quelqu’un implique une responsabilité. Un baptisé "signe" sa vie et la veut conforme à ce que le Père, le Fils et l’Esprit saint accomplissent pour l’Eglise et pour le monde. Une "vie signée" implique entre autres, des comportements relationnels à "l’image" de Dieu : être tourné vers les autres et non vers soi-même, vivre la paternité et la maternité à la lumière de l’Amour du Père, agir en solidarité et en fraternité comme le Christ, témoigner dans la force de l’Esprit Saint, gérer l’environnement dans le respect du dessein du Créateur, défendre la vie car le est l’expression de l’amour de Dieu…

 Nous ne parviendrons pas à expliquer le mystère de Dieu. Mais il s’agit surtout de le connaître, c’est-à-dire d’en vivre ! "Mes bien aimés, aimons-nous les uns les autres, car l’amour vient de Dieu…Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est Amour"

(1Jn 4/7) (D’après plusieurs sources)                                                                 … Père Jean KITA

UNE EGLISE AU VENT DE L’ESPRIT SAINT

Écrit par Père Jean Kita

  Notre Dieu est le Dieu des surprises, nous le savons. L’Eglise qui Naît à la Pentecôte est  une communauté qui suscite l’étonnement parce que, avec la force qui lui vient de Dieu, elle annonce un message nouveau, la Résurrection du Christ, avec un langage nouveau, le langage universel de l’Amour. Une annonce nouvelle : le Christ

est vivant, il est ressuscité. Un langage nouveau : le langage de l’Amour. Les disciples sont revêtus de la puissance qui vient d’en haut et parlent avec courage. Quelques minutes aupa-ravant, ils étaient tous peureux, mais à présent, ils parlent avec courage et franchise, avec la liberté de l’Esprit Saint.

   C’est ainsi que l’Eglise est appelée à être toujours capable de surprendre en annonçant à tous que Jésus le Christ a vaincu la mort, que les bras de Dieu sont toujours ouverts, que sa patience est toujours là qui nous attend pour nous guérir et nous pardonner. C’est précisément pour cette mission que Jésus ressuscité a donné son Esprit à l’Eglise.

   Attention : si l’Eglise est vivante, elle doit toujours surprendre. C’est le propre de l’Eglise vivante que de surprendre. Une Eglise qui n’a pas la capacité de surprendre est une Eglise faible, malade, mourante, qui doit être hospitalisée au plus vite au service de réanimation !

  L’Eglise de a Pentecôte est une Eglise qui ne se résigne pas à être inoffensive, trop ‘’épurée’’. Non, elle ne se résigne pas à cela ! Elle ne peut pas être un élément décoratif. C’est une Eglise qui n’hésite pas à sortir, à aller à la rencontre des personnes pour annoncer le message qui lui a été confié, même si ce message dérange ou inquiète les consciences, même s’il apporte, peut-être, des problèmes et même parfois, nous conduit au martyre. Une Eglise une et universelle, avec une identité précise, mais ouverte, une Eglise qui embrasse le monde mais ne l’emprisonne pas, qui le laisse libre l’embrasse comme la colonnade de cette place : deux bras qui s’ouvrent pour accueillir, mais qui ne se referment pas pour retenir. Nous, chrétiens, nous sommes libres et l’Eglise nous veut libres !   (Pape François dans ‘’L’Amour est contagieux)

PRIER POUR MIEUX CONNAITRE LE PERE ET LE FILS

Écrit par Père Jean Kita

   Même confinés, nous venons de vivre la fête de l’Ascension du Christ. Dimanche  prochain, nous  célèbrerons  la Pentecôte, le don  de l’Esprit Saint. Entre temps, ce dimanche, nous sommes invités à méditer à partir d’un extrait de la grande prière de Jésus, rapportée par St Jean (17.1b-11a). C’est  par  la prière que nous demeurons  en communication  avec Dieu. Le Christ  ne nous a pas abandonné. Il n’est pas  reparti comme ilest venu ! En effet, il emporté avec lui le poids de nos existences humaines dont les stigmates de la Passion sont porteuses. C’est dire combien il nous a aimés et jus-qu’où il a donné sa vie pour le salut de toute l’humanité ! Mais, pour garder le contact, Jésus nous parle de l’importance de la prière.

    " La prière de Jésus est totalement habitée par la mission qu’il doit accomplir : donner la vie éternelle à ceux qui lui ont été confiés par le Père. Cette vie éternelle n’est pas une vie après la vie en ce monde ; Elle consiste plutôt, nous dit Jésus, en la connaissance du Père et du Fils : « La vie éternelle, c’est de te connaître, toi, le seul Dieu, le vrai Dieu, et de connaître celui que tu as envoyé, Jésus Christ ». La vie éternelle n’est pas liée au temps mais à la Foi. Elle se découvre et se vit dans la pratique des sacrements, lesquels introduisent à la connaissance de Dieu. Le Baptême, l’Eucharistie, la Réconciliation, les autres sacrements  n’enseignent pas un savoir sur Dieu, mais ouvrent le fidèle à la vie Trinitaire.

     La mission du Christ consiste précisément en cela : nous conduire chacun, dans le temps qui est le nôtre, au partage de la vie divine. A ceux qui répondent favorablement à son appel, le Seigneur adresse cette parole extraordinaire : « Je trouve ma gloire en eux ». Le croyant qui joue le jeu de l’amour Trinitaire offre au Fils la joie d’accomplir la volonté du Père et d’en retirer, en quelque sorte, une certaine fierté.

     Participons à la joie du ciel ! Osons devenir la gloire du Fils ! Laissons-nous transfigurer par les sacrements ! Ils sont les portes de la vie éternelle’’. (Père Luc Fritz, assomptionniste)

   Je suis très ému de voir combien Jésus est en attente de la Foi de ses disciples, attentifs aussi à la façon dont ils accueillent la Parole : c’est pour eux qu’il va prier avant de s’en aller. Il prie pour les "croyants", pour ceux qui ont accueilli la lumière de sa Parole, bu à la source de la Foi, qui se sont levés à son passage et l’ont suivi et ont aimé son témoignage. C’est aux croyants d’hier et d’aujourd’hui que Jésus confie la Parole de salut pour le monde.

   Ainsi, le chrétien qui se doit d’être un ‘’témoin-missionnaire’’, n’est pas tant celui qui sait des vérités sur Jésus de Nazareth, mais celui qui se laisse bousculer, façonner par l’amour, un amour qu’il découvre et accueille, qui cherche à saisir après avoir été saisi. Le chrétien est invité à l’humilité plus qu’à l’assurance, à ‘’naître à nouveau’’ d’une parole d’amour venue de l’Esprit même de Dieu, invité pour cela à une prière fidèle et confiante, à l’image de celle du Christ envers son Père. Il s’agit d’entrer dans une relation vivante avec Dieu. Souvenons-nous de ce paysan qui disait au curé d’Ars : « Je l’avise et il m’avise ». Il n’y a ni désir de mettre la main sur Dieu ni sentiment douloureux de solitude.  Puisse notre prière devenir communion d’amour avec Dieu !  Et en méditant la prière du Christ à son Père, nous sommes invités à entrer dans cette relation filiale privilégiée à devenir enfants de Dieu, témoins de sa grâce au cœur de ce monde, là où nous sommes semés. Nous sommes aimés non pour déserter, pour quitter ce monde, mais pour l’habiter pleinement ! C’est par la prière que nous trouverons les grâces nécessaires pour cette mission.   (D’après plusieurs sources)                                                                               † Père Jean KITA

Une communauté habitée par l’Esprit et qui rend compte de l’Espérance

Écrit par Père Jean Kita

Les textes de ce dimanche nous invitent à vivre notre Foi dans l’Espérance ! Ça tombe bien, compte tenu des de la violence causée par le coronavirus si sournois et imprévisible ! Les victimes se comptent par milliers ! Il y a de quoi avoir peur et bien sûr de redoubler de vigilance pour se protéger et protéger ceux qui nous entourent !

Les récits que nous entendons depuis Pâques nous relatent l’enthousiasme missionnaire des Apôtres. Ils se sont mis en route et partout où ils passent, ils répercutent les évènements qui se sont déroulés à Jérusalem.  Partout ils sont écoutés, des gens se convertissent et adhèrent à la Foi au Christ. Par leurs témoignages, ils rendent ainsi compte de leur espérance.

Malgré tout, les Apôtres vont se trouver affrontés à des réticences et des oppositions parfois virulentes. La mission n’est facile. Ils n’en baissent pas pour autant les bras ! Il y a une manière chrétienne de faire l’annonce:« avec douceur et respect » préconise St Pierre qui ajoute:« ayez une conscience droite pour faire honte à vos adversaires au moment même où ils calomnient la vie droite que vous menez dans le Christ ». On est loin ici, de toutes ces attitudes qui poussent à la polémique, à certains entêtements qui créent la division !

Ah ! La calomnie… qui transforme certaines langues en langues de vipères venimeuses et qui faisait dire à Beaumarchais (le Barbier de Séville): ‘’La calomnie, monsieur ! J'ai vu les plus honnêtes gens près d'en être accablés. D'abord un bruit léger, rasant le sol comme l'hirondelle avant l'orage, murmure et file, et sème en courant le trait empoisonné. Telle bouche le recueille, vous le glisse en l'oreille adroitement. Le mal est fait ; il germe, il rampe, il chemine, et, de bouche en bouche il va le diable; puis tout à coup, je ne sais comment, vous voyez la calomnie se dresser, siffler, s'enfler, grandir à vue d'œil. Elle s'élance, étend son vol, tourbillonne, enveloppe, arrache, entraîne, éclate et tonne, et devient un cri général, un crescendo public, un chorus universel de haine et de proscription’’.

C’est à partir de la Pentecôte que tout s’éclaire pour les disciples. L’Esprit de Vérité, l’Esprit Consolateur les anime pour rendre chacun capable de ‘’rendre compte de l’Espérance qui est en lui’’. L’Esprit est le prophète de la fidélité de Dieu. Par lui, les disciples comprennent que le Christ ne les a pas abandonnés, qu’il est vivant, pas seulement en un au-delà inconnu mais au milieu d’eux, en eux. Il les envoie, témoins de la vie et de l’amour du Christ, semer l’Evangile en des terres imprévues, comme Philippe en Samarie. La fidélité de Dieu répond à la fidélité des disciples, don de Dieu. Le dialogue se fait entre amour et commandements, et les commandements de Dieu ne peuvent pas être une somme pesante de règlements et d’interdits. La fidélité du disciple est la plus belle des libertés, celle d’aimer et de vivre dans l’amour de Dieu. C’est de cette pandémie-là que tout baptisé devrait se faire le disciple et le témoin ! Pandémie de l’amour et de l’espérance, à l’image du Christ, mort et ressuscité ! Celui qui aime Dieu et ses frères ne peut pas se tromper puisque « Celui qui m’aime sera aimé de mon Père », promet Jésus. Ebloui par cette splendide évidence et l’incroyable richesse de la fidélité de Dieu, St Augustin traduisait tout simple-ment :’’Aime et ce que tu veux, fais-le !’’ Beau programme pour les témoins de l’Evangile pour notre monde d’aujourd’hui ! Et si le combat contre le coronavirus nous préoccupe, n’oublions d’écouter la voix de l’Esprit Saint en chacun de nos cœurs ! Il sait ce dont notre planète a besoin et répondre à nos appels !                                                                                                                                                                                                                                                                                                             .                                                                                                                                                                †  Père Jean KITA