"JESUS PLEURA"

Écrit par Père Jean Kita

       En préparant cet éditorial, je reçois un appel téléphonique d’une  personne en pleurs  m’annonçant le décès de sa maman victime du virus Covid-19. Combien pleurent, en ce moment le décès d’un être cher à cause de ce virus ravageur ?

L’Evangile de ce dimanche nous parle de Jésus qui,lui aussi est attristé d’apprendre le décès de son ami Lazare :’’Alors Jésus pleura’’ souligne St Jean.

   Voilà l’une des plus belles phrases de l’Evangile et l’une des plus consolantes. Elles sont douces, pour nous, ces larmes de Jésus accablé par la mort de son ami Lazare et le deuil de ses 2 sœurs Marthe et Marie. Si, lui, le Fils de Dieu, pleure devant la mort, pourquoi aurions-nous honte de le faire ? Il aime tellement ses frères humains qu’il pleure avec eux chaque fois qu’ils sont dans la peine.

   Ces larmes de Béthanie sont la conséquence de l’amitié qui unissait Jésus à Lazare et à ses sœurs. Comme tous les hommes, Jésus avait besoin d’aimer et d’être aimé, besoin de retrouver, au milieu des fatigues de sa prédication, la chaleur d’un foyer ami. Larmes et amitié partagée sont de beaux éclats d’humanité. Oui, le Fils de Dieu était pleinement, totalement homme !

   La mort est certes une échéance inévitable. Nous savons aussi qu’elle n’est pas le dernier mot, qu’elle est une ²porte ouverte sur la vie. Pourtant, elle reste pour nous un malheur, un échec, un déchirement, sans plus pour ceux qui vivent que pour celui qui meurt. Jésus sait que la maladie de Lazare ‘’ne conduit pas à la mort : elle est pour la gloire de Dieu’’. De tout son être, pourtant,  il en refuse l’idée et la réalité. Tout le combat de Dieu sur la terre est de nous libérer du mal et de la mort. ‘’Je vais ouvrir vos tombeaux’’ dit le seigneur à son peuple pour signifier la liberté promise (Ezéchiel 37/12)

St Paul dit la même chose quand il écrit que l’Esprit vient habiter en ceux qui croient pour qu’ils aient la vie. ‘’L’Esprit est notre vie…Il donnera aussi la vie vos corps mortels’’.

   Marthe sait d’emblée reconnaitre dans l’affection de Jésus pour son frère Lazare, la force de l’amour divin qui donne vie. Elle fait preuve d’une confiance totale :’’Si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort’’. Affirmant ainsi son pouvoir sur la mort, elle dit du même coup que Jésus est le Messie, le Fils de Dieu.

   Lazare, absent du récit, peut reparaitre. ‘’Viens dehors’’, lui crie jésus. Et celui-ci peut s’en aller, libéré de ses entraves. Jésus lance sans cesse à chacun de nous le même appel :’’Lève-toi, viens dehors, viens vivre…’’. Et il invite à partir dans la vraie liberté qu’il nous donne, lui qui nous libère du mal et du péché. Il transforme en larmes de joie, en perles d’espérance, les larmes de deuil et de peur que nous lui confions en disant :’’Oui, Seigneur, je le crois, tu es le Fils du Dieu vivant !’’.

Qu’en ces temps difficiles, nos inquiétudes, nos peurs, nos larmes ne soient pas sans espérance !                                                                                      † Père Jean KITA