5° DIMANCHE DU TEMPS PASCAL

Écrit par Père Jean Kita

      Durant ce temps de confinement, il fait bon méditer la parole De Dieu. L’Evangile de ce dimanche (Jean 14/1-12) m’inspire ces quelques réflexions que je livre à votre méditation.

      Qui d’entre nous, quand il fait un voyage ou part à la découverte d’un endroit inconnu, ne se prémunit d’abord d’une carte ou d’un plan, afin de ne pas chercher inutilement, perdre du temps voire ou s’égarer tout simplement ? Souvent, dans notre vie, nous cherchons notre chemin. Il n’est pas toujours facile de trouver la bonne piste sans se fourvoyer, s’égarer, se perdre… et cela à tout âge !

       Beaucoup de gens disent : ‘’je suis croyant’’. C’est vrai, beaucoup de gens croient en Dieu de par le monde : les chrétiens, les juifs, les musulmans et bien d’autres qui n’adhèrent à aucune religion précise. Mais ce qui nous spécifie, nous les chrétiens, c’est de croire en Jésus Christ, visage incarné de Dieu,: ’’Vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi !’’. La bonne carte pour le trouver : c’est l’Evangile ! Croire en Jésus Christ, c’est le choisir avec confiance comme lumière pour notre vie, c’est nous référer à lui dans les décisions que nous prenons au jour le jour et tenir compte de ses paroles pour éclairer notre comportement quotidien. Croire en Jésus Christ, c’est lui faire pleinement confiance spécialement quand il nous parle de Dieu comme étant son Père et notre Père : ‘’Je suis le chemin qui mène au Père’’… L’Evangile est pour nous la carte routière que Jésus nous a laissée pour découvrir Dieu comme un Père qui nous aime et pour aller vers Lui. Toutes ses paroles, ses commandements, sa manière d’accueillir les pauvres, de pardonner aux pécheurs ou de secourir ceux qui souffrent… voilà la route à suivre pour parvenir au Dieu unique et vrai : Dieu le Père.

       Cela dit, avouons que ce n’est pas toujours facile de savoir le chemin qui conduit au Père ! L’apôtre Thomas, avec l’esprit cartésien qui semble le caractériser et son franc parler, pose encore une fois une bonne question à Jésus au moment où il leur annonce son départ :’’Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions-nous savoir le chemin ?’’. Vous savez la réponse :’’Moi, je suis le chemin !’’. Jésus qui dans l’Evangile de dimanche dernier se présentait comme la porte par où entrent et sortent les brebis de son troupeau, s’affirme comme ‘’le Chemin, la Vérité et la Vie’’. Il nous donne pour guide sa personne et son message. Christ est notre boussole ! Avec lui, pas d’inquiétude à avoir, nous savons où nous allons. Sous sa conduite, notre itinéraire de vie échappe au vide, au désespoir, à l’absurde, parce qu’il nous mène au Père.

       Dans ses commentaires, St Thomas d’Aquin écrit ceci : ‘Christ est en même temps le chemin et le terme : le chemin selon son humanité, le terme selon sa divinité. Selon qu’il est homme, il dit :’’Moi je suis le chemin’’ et selon qu’il est Dieu, il ajoute :’’La Vérité et la Vie’’. Ces deux derniers mots désignent très bien le terme de ce chemin… Le Christ est le chemin pour parvenir à la connaissance de la Vérité, alors qu’il est lui-même la vérité. Le Christ est le chemin pour parvenir à la Vie, alors qu’il est lui-même la Vie !

       Et St Augustin de commenter : ‘’Marche en suivant l’homme Jésus et tu parviendras jusqu’à Dieu’’ Car il vaut mieux boiter sur son chemin que de marcher hors de son chemin. Celui qui boite sur son chemin, même s’il n’avance guère, se rapproche du terme ; mais celui qui marche hors de son chemin, plus il court vaillamment, plus il s’éloigne du terme’’.

       Jésus est donc le passage nécessaire pour atteindre à la connaissance du Père, la route privilégiée pour parvenir jusqu’à lui. C’est en Jésus que le Père se donne à voir puisque Jésus lui a donné un corps et un visage et que ‘’qui voit le Fils, voit aussi le Père’’. Il n’est donc pas besoin de chercher ailleurs le Chemin. En lui, l’homme et Dieu se rencontrent et s’unissent, l’homme peut voir Dieu parfaitement. 

      Vous allez peut- être me dire : cela, nous le savons, mais Jésus n’est plus là, visible…Comment le voir sinon en dehors de la Foi ! Disons-nous bien que le regard de la foi est un vrai regard qui montre une vraie réalité. Jésus se laisse reconnaître dans ses disciples réunis en Eglise. Les Actes de Apôtres nous disent que par leurs prédications et leur témoignage, organisant la communauté, les Apôtres faisaient que ‘’la parole de Dieu gagnait du terrain’’ et était accueillie avec joie. Et St Pierre insiste sur la vocation de tout croyant d’être ‘’une pierre vivante qui sert à bâtir le temple de Dieu, le Corps du Christ’’. A nous maintenant, les baptisés de ce temps, croyants au Christ ressuscité, de relever le défi : être le visage du Christ, chemin qui conduit à Dieu. Pour cela, donnons-nous les moyens nécessaires : fréquenter le Christ assidûment dans la prière, la méditation de l’Evangile. Cela, nous le savons, mais le faisons-nous vraiment, régulièrement, avec fidélité? … fréquenter le Christ et se nourrir de la vie, de sa vie qu’il nous donne dans l’Eucharistie. Cela, nous le faisons, mais le Pain de son Corps, le Pain de sa Vie, que nous mangeons, nous fait-il entrer joyeusement en communion avec Lui ?

       En ce temps de confinement, nous sommes bien privés du Corps du Christ ! Nous avons faim de nous retrouver pour l’accueillir, l’écouter, remplir notre cœur de la force de son amour et de son Esprit ! Aiguisons cet appétit avec patience et espérance ! Les Apôtres étaient heureux de se rassembler au nom du Seigneur et de laisser battre leur cœur au rythme de sa Parole entretenue, de la prière fidèle, de l’entraide avec les plus nécessiteux. Ils n’avaient pas peur de parler et de témoigner ainsi de la présence de Dieu !

   J’ose espérer, qu’une fois le confinement terminé, enfants, jeunes, parents, anciens, nous aurons tous  à cœur de nous retrouver avec joie pour faire la fête : la fête des témoins heureux et passionnés de l’amour de Dieu !                                                      † Père Jean KITA