MEME S’IL Y A DES RONCES !

 La fenaison bat son plein…Les moissons commencent… le temps ensoleillé s’y prête… ça sent bon la vie ! Et voici que l’Evangile de ce dimanche nous invite à méditer la parabole connue du semeur. Je ne sais ce que vous en pensez,  mais franchement, feriez confiance, vous, au semeur de cette parabole ? Il est sorti pour semer, mais quel gâchis, vous avouerez ! Sème-t-on pas la semence n’importe où, parmi  les ronces ou  les cailloux, là où  elle n’a aucune chance ni de  germer ni de pousser jusqu’à porter du fruit ?

 ‘’Parabole’’,  en grec, vient d’un mot qui signifie :’’jeter en avant’’ ou ‘’à côté’’, d’où le sens de comparaison généralement attribué à ce mot. Ainsi Jésus dira : ‘’A quoi comparer le Royaume de Dieu ? Il est semblable à…’’. C’est une manière, pour Jésus, d’aider les non-initiés à entrer dans la compréhension de son message, de se faire connaitre en  parlant du Royaume de Dieu dont il est l’Envoyé, le messager.

 On pourrait penser que cette parabole, c’est l’histoire d’un immense gâchis. Mais ne serait-ce pas plutôt l’inverse, l’histoire d’une immense générosité, d’une infinité de dons ? Dieu livre sa Parole et se livre lui-même à tous les hommes, même à ceux qui semblent très loin de lui. Personne n’est jamais condamné par avance – uniquement à cause de ses origines de sa situation religieuse etc -, et personne n’est condamné sans espoir de rachat.

 ‘’De toutes les nations, faites des disciples’’… L’ordre de Jésus a retenti et ne cesse de retentir. Pas étonnant car cette parabole parle de ‘’sortir’’, comme si elle interdisait de rester tranquillement confiné chez soi !    L’Evangile est pour tous ; il ne sera décidément jamais réservé à quelques-uns, à une élite, à une race de purs et de saints ! Il est une Parole de grand vent et de grand large. Il suffit qu’il y ait un pécheur à sauver ou un frère à aimer, et le Christ est là, Parole éternelle du Père.

  Le terrain n’est pas toujours idéal ; il y a des ronces et des pierres, des cœurs en béton où nul amour ne pousse, des enthousiasmes fugitifs et des fidélités très passagères. De même, le bon semeur gaspille un peu de grain au bout de son champ. Qu’importe ! Ne vaut-il pas mieux prendre ce petit risque  plutôt que de laisser en friche un terrain fertile ?

 L’Esprit sème à tout vent. Heureusement ! Sinon, il n’aurait pas pris le risque de semer chez nous ! Nous ne serions pas chrétiens, si, pour le devenir, il fallait d’emblée être saints, une terre sans caillou ni mauvaises herbes. Jésus, le semeur et le jardinier, travaille sans cesse pour faire de nous cette terre fertile où la Parole peut germer, pousser et porter du fruit. Et la Parole elle-même travaille pour faire de chaque cœur humain un terrain d’élection. Elle est la bonne pluie qui nourrit la terre et la féconde. ‘’Ma parole… ne me reviendra pas sans résultat…’’ dit le Seigneur (Isaïe 55/11).

 Baptisés, missionnaires, c’est à nous maintenant de porter l’Evangile aux quatre coins du mon-de, de le semer, pour qu’il porte du fruit à raison de 100, 60, ou 30 pour un. Autrement dit à produire et à devenir à notre tour des paraboles vivantes de Dieu, même si nous voyons des pierres et des ronces. Peu importe le terrain !  Tout le monde a droit à l’Evangile car le cœur de Dieu est sans limite, et c’est pour tous que le Christ est venu et a donné sa vie.   † P. Jean KITA