Écrit par Père Jean Kita

4° Dimanche de Pâques : Amblans et Lure 2019

En méditant ces textes que la liturgie nous propose, en ce jour de prière pour les vocations, j’ai retenu 2 verbes à conjuguer avec le bagage de votre Foi de baptisé : ‘’écouter’’ et ‘’suivre’’.

‘’Mes brebis écoutent ma voix’’…dit Jésus. Tiens ! Tiens ! Vous la connaissez cette phrase ! Mais est-ce que nous faisons partie de ceux et celles qui prennent plaisir à écouter la Parole de Dieu ? Dans notre monde devenu de plus en plus bavard, multipliant les informations… y a-t-il encore quelques espaces dans votre quotidien pour faire silence et vous mettre à l’écoute de Dieu ? Comment peut-on grandir dans la Foi sans cette attitude : l’écoute ? La Foi ne s’invente pas. Elle ne se décrète pas ! Elle est une perpétuelle recherche. Elle ne peut grandir que dans la mesure où on veut bien accueillir la Parole de Dieu, la laissant prendre racine au plus profond de notre cœur pour que nous puissions capter les intentions de Dieu qui sait mieux que personne ce dont chacun a besoin pour trouver son plein épanouissement. Dieu ne se dit pas dans le brouhaha…et les vacarmes du monde,  Il se dévoile dans le murmure d’une brise légère. Comme l’a éprouvé le prophète Elie au 1° Livre des Rois. L’écoute est un lieu de découverte, un lieu d’intériorité, un lieu où se façonne le désir de quitter des habitudes pour répondre à des appels nouveaux, de vie plus moins monotone, plus captivante.

‘’Mes brebis écoutent ma voix…et elles me suivent’’. Quand on va dans les alpages, les brebis qui connaissent bien leur berger, savent le suivre, surtout le matin quand elles sortent de l’étable. Il sait bien qu’elles ont faim et va les conduire sur les prés aux herbes abondantes. Elles lui font confiance, car le berger aime son troupeau. Ainsi en est-il pour nous. Jésus est le bon berger qui ne cherche pas à nous égarer ni à nous ennuyer, mais à dynamiser notre existence, à la faire croître. Quand nous avons des choix à faire, savons-nous suivre, à notre tour les appels de Dieu, suivre ses chemins, mettre nos pas dans les siens quand il nous invite à nous partager sa vie dans l’Eucharistie, quand il veut purifier notre cœur de la grâce de sa miséricorde dans le Sacrement du Pardon, quand nous sommes sollicités pour une formation, un service au sein de l’Eglise, au sein de la société avec l’Esprit même que le Seigneur veut nous transmettre ?  Suivre le Christ sans l’aimer, ça ne fait pas bien grandir la foi : ça fait plutôt surgir des ‘’moutons de Panurge’’. Se dire chrétien sans aimer le Christ et sans aimer les autres, cela devient inefficace et risque de faire de nous des Pharisiens remplis d’auto-suffisance !  On ne suit quelqu’un que dans la mesure où on l’aime ! Notre vocation de baptisé, c’est d’abord aimer le Christ et le suivre pour nous enrichir de sa présence et ensuite, à l’image de Paul et Barnabé que nous avons entendu dans la première lecture, oser dire sans complexe, la vérité concernant l’existence de Dieu, sa manifestation sur la terre à travers la mort et la résurrection du Christ et combien son amour est grand pour tous ! Soyons les témoins audacieux de cette espérance qui nous anime : nous sommes tous aimé de Dieu !

Prions-le pour que chacun trouve bien sa place dans le monde et dans l’Eglise !

N’ayons pas peur de répondre aux appels du Seigneur ! Et puis, si nous sommes conscient que le christianisme est en perte de vitesse en occident, faisons tout notre possible pour être des ‘’appelants’’ à suivre et à servir le Christ. Les vocations seront plus nombreuses si nous avons le courage de vivre de la Parole de Dieu et l’audace d’encourager de nouveaux serviteurs : prêtre, diacres, religieux, religieuses pour le plus haut service de sa Parole et de son amour. Amen.

*********************

Écrit par Père Jean Kita

3° Dimanche de Pâques © Vouhenans – Lure 2019

     J’aime beaucoup tous ces textes que la liturgie nous donne à méditer aujourd’hui, à la suite de la Résurrection du Christ ! Il règne une effervescence assez exceptionnelle dans le camp des Apôtres ! Il y a ceux qui croient tout de suite à la réalité de la Résurrection, comme St Jean ; Il y a ceux qui doutent à l’image de Thomas, il y a ceux qui hésitent… qui mettront un peu plus de temps…

     Les textes d’aujourd’hui mettent au premier plan l’apôtre Pierre. Lui, le peureux du Vendredi Saint, qui a renié le Christ, argumente devant le Sanhédrin, le tribunal des juifs. Le voici complètement transformé ! La Résurrection du Christ l’a complètement dopé, lui qui ose dire à ses juges qui ont comploté pour le faire disparaître, lui aussi :’’Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes’’.

     Que s’est-il passé pour que Pierre en arrive à témoigner ainsi avec assurance et fermeté ? Regardons la scène où Jésus est en train de manger du poisson grillé avec ses Apôtres. C’est là que s’établit ce dialogue inoubliable, de la plus haute importance, où Jésus, par 3 fois, questionne Pierre :’’M’aimes-tu ?’’. Vous connaissez les 3 réponses de Pierre :’’Tu sais que je t’aime’’. Et à ces 3 réponses affirmatives, Jésus va conclure :’’Pais mes brebis !’’ Par ces paroles Jésus confère de fait à Pierre, la tâche de pasteur suprême et universel du troupeau du Christ. Il lui confère le primat qu’il lui avait promis lorsqu’il avait dit : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. Je te donnerai les clés du Royaume des Cieux » (Mt 16, 18-19).

     Le plus émouvant dans cette page de l’Evangile est que Jésus reste fidèle à la promesse faite à Pierre, alors que Pierre, lui, n’a pas tenu celle qu’il lui avait faite de ne jamais le trahir, au prix même de sa vie (cf. Mt 26, 35). (La triple demande de Jésus s’explique par le désir de donner à Pierre la possibilité d’effacer son triple reniement au cours de la passion). Dieu donne toujours aux hommes une deuxième possibilité; souvent une troisième, une quatrième, un nombre infini de possibilités. Il ne raye pas les personnes de son livre, à la première erreur de leur part… Ce qui transforme Pierre et fait de lui  une personne nouvelle, forte, fidèle jusqu’à la mort, c’est la confiance et le pardon que son Maître lui réitère. C’est ainsi que Pierre sera en mesure de tenir sa promesse de donner sa vie pour le Christ, de conduire son troupeau dans les moments difficiles et de se lancer sur les routes du monde.

    Nous pouvons déduire de cette expérience de Pierre, que la Foi, croire au Christ, ce n’est pas d’abord croire à des idées toutes faites, théoriques…mais faire confiance à sa personne. Et même d’aller plus loin : de l’aimer car pour comprendre quelqu’un, il faut se prendre à l’aimer. La Foi devient alors réelle et profonde quand elle devient une réponse d’amour faite à Celui qui espère notre adhésion : le Christ.

Le triple « M’aimes-tu ? » que Jésus adresse à Pierre, s’adresse à tous les disciples, à tous les baptisés, à chacun de nous. Le christianisme n’est pas un ensemble de doctrines et de pratiques ; c’est quelque chose de beaucoup plus intime et profond : une relation d’amitié intense avec la personne de Jésus Christ

    Alors, à la suite de Pierre, certainement que le Christ attend également une réponse favorable à son appel : ‘’Suis-moi !’’ Voulons-nous rentrer nous aussi, dans l’effervescence de la Foi amoureuse qu’était celle des Apôtres ?    Le Seigneur attend une réponse d’amour de la part de chacun ! Alors : A votre bon cœur ! Avec le psalmiste (Ps 29), je fais le souhait de cette prière pour chacun :’’Que mon cœur ne se taise pas ; qu’il soit en fête pour toi ! Et que sans fin, Seigneur, mon Dieu, je te rende grâce !’’ Amen

********************

Écrit par Père Jean Kita

Jour de Pâques 2019- Lure

   Depuis hier soir, l’Eglise est en fête ! Elle a fait la traversée du désert,(carême) pendant 40 jours, et aujourd’hui, elle se réjouit de la résurrection du Christ après sa mort tragique du Vendredi Saint. Alléluia, le Christ est ressuscité ! C’est la nouvelle la plus grandiose de toute l’histoire de l’humanité ! L’homme mortel apprend que sa vie n’est pas vouée à la mort, mais à la vie. La fête de Pâques nous le révèle. Le mot Pâques veut dire ‘’passage’’.= passage de la mort à la vie. Nous le disons et le répétons pratiquement à tous les enterrements. Avec tous les amis du Christ, Marie, les apôtres, les femmes qui accompagnaient le groupe, nous sommes invités à faire le passage de la tristesse du Vendredi Saint à la joie du matin de Pâques ! Nous sommes invités à passer du doute à la Foi, à l’image de Pierre et Jean qui courent au tombeau pour se rendre compte de la réalité de l’évènement.

   Le pape Benoît XVI, en grand théologien, rappelai  que la foi des chrétiens se base encore aujourd'hui « sur le témoignage de ces sœurs et de ces frères qui ont vu d'abord la pierre roulée et le tombeau vide, puis les mystérieux messa-gers qui attestaient que Jésus, le Crucifié, était ressuscité ; ensuite qui ont vu  lui-même, le Maître et Seigneur, vivant et tangible, et qui était apparu à Marie de Magdala, aux deux disciples d'Emmaüs,enfin à tous les onze, réunis au Cénacle»  Et il ajoute : « La résurrection du Christ n'est pas le fruit d'une spéculation, ni d'une expérience mystique : elle est un évènement, qui dépasse certainement l'histoire, mais qui se produit à un moment précis de l'histoire et laisse en elle une empreinte indélébile »

   Il est bon qu’en cette fête, chacun se redise comment il se situe face à cette donnée de l’histoire. J’ai coutume de penser que les yeux et les oreilles des premiers témoins qui ont rencontré le Christ ressuscité étaient les même que ceux de chacun d’entre nous ! Ils n’ont pas construit leur Foi naïvement. Ils ont pu vérifier que le Ressuscité était bien le même que Celui qu’ils avaient suivi, vu et entendu durant les 3 années de ses aller et venues à travers la Palestine de l’époque. Ils étaient certainement avides de preuves… Sa présence, ses attitudes, ses regards et ses paroles familières les ont rassurés et entrainés sur le chemin de la Foi. Oui, Jésus est bien le ressuscité. A nous aussi, de courir à sa rencontre, de courir après les Evangiles pour mieux connaître le Christ, et si nous éprouvons quelques doutes, à l’image de Pierre qui se sent obligé d’entrer dans le tombeau vide pour se rendre à l’évidence que Christ n’est plus mort, nous pouvons aussi adopter le comportement de Jean, le disciple que Jésus aimait. De ses yeux, il a vu son Ami cloué au bois de la croix et mourir. Aujourd’hui, l’Evangile nous dit que ‘’devant le tombeau vide : ‘’il vit et il crut’’. Comment ne pas croire son ami bien aimé ?

En priant le ‘’Je crois en Dieu’’, comme nous le faisons tous les dimanches, enracinons davantage notre Foi en Christ quand nous disons :’’le troisième jour est ressuscité des morts’’ et à la fin : ‘’Je crois à la résurrection de la chair’’.

   La nouveauté de l’évènement nous touche personnellement car, à la suite du Christ, nous sommes tous appelés à suivre la même trajectoire, si j’ose dire. La résurrection du Christ préfigure et annonce la nôtre. ‘’Mort avec le Christ…nous paraitrons avec lui en pleine gloire’’ nous dit St Paul.

   Alors, ne laissons pas cette Bonne Nouvelle être étouffée par les multiples courants idéologiques qui environnent notre univers. Donnons la priorité à Dieu dont l’amour est infiniment bon et grand pour nous. La résurrection du Christ a confondu toutes les idéologies de mort ! Elle a ouvert une brèche imprévue mais réelle laissant apparaître une lumière nouvelle ! Elle fait souffler sur le monde et dans nos cœurs un grand souffle de vie, de joie et d’espérance ! Soyons-en les témoins passionnés et convaincus ! N’ayons pas peur de le dire de vive voix à qui veut bien l’entendre. Amen !

********************

Écrit par Père Jean Kita

Nuit de Pâques – Lure 2013

    Alléluia ! Alléluia ! Qu’elle est belle cette nuit pascale et combien elle est source de multiples joies !  A travers tous les textes que nous venons d’entendre, il n’est question que de Vie !

- Vie donnée par  Dieu à la Création du monde où l’homme est créé à son image, selon les beautés de sa ressemblance !   Nous ne sommes pas des numéros, mais les bien-aimés de Dieu !

- Vie redonnée au peuple hébreu prisonnier en Egypte. Il va retrouver sa terre, le goût de la vie, la liberté ! Cet évènement est devenu la première ‘’Pâque’’ de l’histoire que nos frères juifs célèbrent tout particulièrement.

 - Vie du Christ, ressuscité, découvert par Marie madeleine et quelques femmes      Quelle stupeur ! Que de mouvements inattendus !

    On n’est pas dans une fable ni dans un conte de fées… On est dans un évènement historique que d’ailleurs, bien des textes religieux et mêmes profanes de l’époque attestent !  Ces femmes du tombeau avaient les mêmes yeux que nous, les mêmes oreilles que nous, les mêmes attentions que nous ! On peut tous comprendre la parole des messagers de Dieu : ‘’Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ?, il n’est pas ici, il est ressuscité…   Oui, le Christ Ressuscité n’est pas un extraterrestre, ni un héros de science-fiction! C’est bien lui, le crucifié du Vendredi Saint, à nouveau vivant. Quel Retournement de situation inattendu que les femmes vont vite annoncer aux apôtres !     

   Tout est mouvement et vie ! Tout est émerveillement et acte de Foi ! Il n’y a rien de statique et de calfeutré ! La Parole se libère et se fait missionnaire ! Nous en sommes les héritiers 20 siècles plus tard ! A nous d’être, à l’image des femmes de l’Evangile, des coureurs de fond de la Bonne Nouvelle, aujourd’hui ! A nous de le retrouver et d’aller aussi l’annoncer, là où il n’est pas connu, ‘’à la périphérie de l’Eglise’’, selon l’invitation de notre pape François, pour le faire découvrir et aimer !

    La mort qui nous fait tant de mal, quelle qu’en soit la forme, n’est plus capable de nous enfermer définitivement dans les tombeaux de la peur, de la fatalité, du non-sens et du néant! La mort a trouvé son maître : le Christ ressuscité qui en fait craquer tous ses blindages ! Ce qui fait dire à St Paul : ‘’Ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir’’. Et il ajoute : ‘’Si nous qui sommes baptisés, nous sommes déjà en communion avec lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne’’.

    En cette nuit de Pâques 2019, n’ayons pas peur de renouveler notre Foi au Christ, vainqueur de la mort ! Des questions se posent ? Des doutes troublent parfois votre recherche… Rappelez-vous les doutes des Apôtres à la Passion, ceux des disciples d’Emmaüs, ceux de Thomas… Ça n’a duré qu’un temps ! Et ce sont les mêmes qui, preuves en main, si j’ose dire, se sont fait les premiers Témoins du Christ Ressuscité, les premiers coureurs de fond de cette réalité, de cette vérité, de cette certitude ! Et ils ont été des multitudes, siècles après siècles à miser leur vie sur le Christ vivant ! Et C’est à nous, les baptisés, de prendre le relais aujourd’hui ! N’ayons pas peur, malgré tous les drames du monde que nous connaissons où que nous pouvons vivre, de mettre notre entière confiance dans ce message authentique ! Il est voulu par Dieu, c’est sa manière de nous dire combien il nous aime d’un amour sans mesure et veut nous sauver. Oui, Il veut notre bonheur et la pérennité de notre vie ! La résurrection  de son Fils nous est promise, elle est notre avenir ! Quelle chance nous avons ! Que notre cœur chante : ‘’Alléluia!  Alléluia, Jésus est vivant ! ’’ Amen !   

*********************

Écrit par Père Jean Kita

Vendredi Saint 2019 - Lure

  Nous venons de relire la Passion et la mort du Christ. Regardons la croix sur laquelle Jésus est cloué ! Regardons le tableau qui surplombe le maitre-autel ! Christ n’est pas n’importe qui : c’est le Fils de Dieu lui-même, qui est là sur la croix, victime de nos violences humaines. En lui sont focalisés tous les drames d’hier et d’aujourd’hui, dont les hommes sont victimes. On a toujours du mal de comprendre : jusqu’à quand, l’homme sera-t-il un loup pour l’homme ?

   Devant cette croix, me revient cette scène vécue dans un camp de concentration nazi. ‘’Des juifs sont poussés par les SS à assister à la pendaison d'un jeune enfant. Beaucoup d'entre eux prient pour que Dieu le délivre. Rien ne se passe. Alors l'un d'entre eux crie : « Où donc est Dieu ? » Et un autre répond : « Il est là, pendu. »*

   Il est là dans la faiblesse et l'apparente impuissance. C'est peut-être là le mystère le plus profond de ce Vendredi saint. Nous restons bouche bée quand des innocents, surtout des enfants, sont massacrés, violentés, tués, par la bêtise humaine, par le péché de nos semblables. Nous le sommes encore plus quand, au bout de nos prières, Dieu reste apparemment muet, paraissant insensible à nos supplications, impuissant à agir pour délivrer ces victimes non coupables. Qui est-il ce Dieu qui laisse faire? Où est-il ce Dieu?

   Jésus, le Fils de Dieu lui-même, est cloué à une croix. Innocent parmi les innocents, chargé jusqu'au bord des souffrances et des péchés des humains, il meurt sans que son Père n'intervienne. Il lui crie: «Pourquoi m'as-tu abandonné?» Et Dieu se tait. Jésus s'abandonne à la fin dans un geste de remise totale à son Père : « Entre tes mains, je remets mon esprit. »

   Nous aussi, nous sommes tentés de dire : « Mais où est-il ce Dieu? que fait-il? Pourquoi n'intervient-il pas? » Comme le juif qui a répondu à l'autre juif qui posait ces questions, il nous faut répondre : « Vous le cherchez ce Dieu impuissant? Il est là, cloué à la croix! »

   Jusqu'où peut aller l'amour? Il peut aller jusque-là! Être Dieu et souffrir en silence! Être Dieu et aller jusqu'au bout de l'humiliation et de l'immolation… par amour des humains pécheurs que nous sommes tous ! Passer par là pour en sortir victorieux, pour nous entraîner avec lui jusque dans sa lumière!

Ah! Quel grand mystère! Quel grand mystère d'amour!

   Inspirons-nous d'une stance de l'Office du Vendredi saint : Ces hommes méprisés, ces femmes humiliées, ces enfants rejetés, ces vieillards meurtris, ces innocents torturés, tous ces visages bafoués et ces cœurs transpercés, Seigneur Jésus, c'est toi qui me regardes, c'est toi qui souffres en silence et en amour.

Oui, comme tu l’as dit et témoigné : ‘’Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis’’. Amen.

*********************

Écrit par Père Jean Kita

Jeudi Saint 2019 -Lure

 Depuis dimanche, nous sommes entrés dans la Semaine Sainte. Il y avait foule pour vivre l’entrée de Jésus à Jérusalem  comme il y avait foule,  lundi soir, sur les berges de la Seine et derrière nos écrans de télévision pour regarder, impuissants et le cœur serré, l’incendie de la cathédrale Notre Dame de Paris !

Ce joyau inspiré par la foi et qui donne corps à la prière de l’Eglise à Paris restera une invitation, reçues des siècles précédents, faite aux hommes du monde entier à élever leur regard vers le ciel. Ce temps d’affliction est l’occasion pour tous les baptisés de se rappeler les paroles de saint Paul : Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? (1Co, 3, 16)

Ce soir, regardons le Christ, accueillons ses gestes, entendons ses paroles.

   C’est émouvant de le voir à genoux, au pied de ses disciples : Vous vous rendez compte : Jésus qui lave les pieds de ses disciples ! Pierre n’y comprenait rien, il refuse. Mais Jésus lui explique que c’est bien lui,  Jésus le Fils de Dieu qui a fait cela ! Et lui-même explique aux disciples : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m’appelez ‘Maître’ et ‘Seigneur’, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous » (Jn 13, 12-15). C’est l’exemple du Seigneur : C’est Lui  le plus important et il lave les pieds, parce que parmi nous celui qui est le plus grand doit être au service des autres. Et cela est un symbole, c’est un signe. Laver les pieds c’est dire: ‘je suis à ton service’. Cela signifie que  nous devons nous aider, l’un l’autre. Parfois il m’arrive de piquer une colère contre une personne….  Le Seigneur me dit : ‘’Jean, laisse tomber, oui, laisse tomber’’, et si cette personne te demande un service, fais-le. S’aider l’un l’autre : voilà ce que Jésus nous enseigne et c’est cela que je suis invité à faire, ô, pa        s n’importe comment, mais de bon cœur, parce que c’est mon devoir. Comme prêtre et comme doyen, je dois être à votre service. Mais c’est un devoir qui me vient du cœur, un devoir que je qualifierais de sacrement de l’entraide !  Ecoutons notre cœur, aimons faire ce que le Seigneur nous a enseigné ! Cultivons l’esprit d’entraide et ainsi en nous aidant les uns les autres, nous nous ferons du bien.

   En faisant cette cérémonie du lavement des pieds essayons de penser à ceci : ‘Est-ce que vraiment je suis disposé à servir, à aider l’autre ? Pensons que ce signe, comme se plait à le dire le pape François, ce signe est une caresse de Jésus, une caresse que fait Jésus, parce qu’il est venu précisément pour cela : pour servir, pour nous aider à mieux vivre ensemble, en frères et sœurs : en communauté !

   Ce soir, un peu partout, dans les cathédrales et les églises les chrétiens font mémoire de la sainte Cène. En y réfléchissant je me pensais ceci : toutes nos cathédrales et nos églises aussi belles et renommées soient-elles, existeraient-

elles si au départ, il n’y avait pas eu ce repas inédit, historique, de Jésus avec ses apôtres ?  Tout est parti d’un simple morceau de pain et d’un peu de vin, devenu Corps et Sang du Christ que lui-même a voulu offrir en partage à ses apôtres avec la consigne : ‘’Faites cela en mémoire de moi’’. Rien n’est trop beau pour accueillir cette nouvelle présence du Christ, à travers le temps ! Toutes nos cathédrales et églises sont sans doute le fruit de la foi de nos ancêtres dont nous sommes les héritiers. Christ continue à nous manifester sa présence, son amour, Il continue à se donner à chacun comme nourriture non seulement pour notre corps, mais notre âme, notre cœur. Pensons-y quand nous venons communier : l’hostie consacrée : c’est le Christ lui-même que nous recevons. Il est l’hôte intérieur qui nous veut tellement de bien ! Nous sommes ses pierres vivantes ! Soyons heureux de l’accueillir, de lui donner la priorité de nos pensées, la priorité des élans de notre cœur. La plus belle cathédrale qui lui plait d’habiter, c’est notre cœur prêt à aimer, prêt à servir comme Lui. Amen.

**********************

Écrit par AdminI

 Pour lire l'ensemble des Homélies de cette année liturgique, cliquez ICI

Pour lire l'ensemble des Homélies de l'année liturgique 2017-2018, cliquez ICI

Pour lire l'ensemble des Homélies de l'année liturgique 2016-2017, cliquez ICI