Écrit par Père Jean Kita

13° Dimanche du temps ordinaire –Lure- 2020

   Les propos de Jésus que nous venons d'entendre, sont surprenants et ont de quoi nous déconcerter ! Il utilise des formules bien  exigeantes, voire même  inhumaines. « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. » « Qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. » « Qui veut garder sa vie la perdra. »

   Il faut bien reconnaitre que l’amour vrai est exigeant. Mais Jésus ne cherche évidemment pas à négliger l’amour que nous devons à nos parents. Au contraire, dans un autre passage de l’évangile, il dénonce l’hypocrisie de certains pharisiens qui, sous prétexte de servir Dieu, privent leurs familles de leur héritage légitime. (Marc 7/11-13). Préférer le Christ ne veut pas dire que nous ne devons pas aimer nos proches. Ce qu’il attend de nous, c’est que nous lui donnions la première place. Tout simplement parce qu’il est Fils de Dieu et qu’au sein de la Sainte Trinité, l’amour y est parfait ! Quand le Christ a la priorité dans notre vie, il devient notre modèle. Dans ce passage, il nous invite donc à aimer nos proches, non point selon les critères de la terre, mais à la manière de Dieu.

   Cette façon d’aimer nous la découvrons dans la lettre aux Romains « Pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus Christ ». Par le baptême, nous mourons au mal, pour ressusciter à une vie nouvelle. Et dans le domaine des affections familiales, adopter un comportement nouveau c’est aimer dans l’ordre. Il y a des hiérarchies dans l’amour. Il n’y a pas d’amour vrai sans des choix exigeants. Nous admettons tous qu’il est anormal d’aimer plus sa voiture que sa femme, de préférer son chien à son enfant ou la télévision à un dialogue familial ! Quand Jeanne d’Arc commente l’exigence de Jésus par cette phrase célèbre « Messire Dieu premier servi ! », elle nous donne une des lois les plus importantes de l’amour. En aimant Dieu par-dessus tout, on donne à tous ses autres amours leur socle solide.

L’amour vrai est accueillant

Nous avons souvent tendance à nous évader dans de belles idées.  Jésus, nous ramène à plus de réalisme et de simplicité dans nos rapports. Il parle d’ « accueillir », de « donner ne serait-ce qu’un simple verre d’eau fraîche ». La femme de Sunam invitait le prophète Elisée « pour qu’il vienne manger chez elle ». (2 Rois 4, 8). Dans notre monde d’anonymat,  de la tentation du ‘’chacun pour soi’’, ces simples gestes d’hospitalité ne sont pas si faciles certes. Mais accueillir l’autre et se laisser accueillir par lui, ouvrir sa porte et ne pas fermer son cœur : ce ne sont pas là des actions d’éclat, mais des gestes modestes capables de  remettre debout et sauver le monde.

J’aime bien ce que disait la grande tragédienne du début du XXe siècle, Sarah Bernhardt. « Il n’y a pas de petits rôles, il y a de petits acteurs ». On pourrait transposer en disant : « il n’y a pas de petits gestes, il n’y a que de petits esprits. » Le moindre comportement, lorsqu’il est rempli d’amour, a une valeur infinie, une valeur d’éternité !

Voilà une « bonne nouvelle » à méditer pour ce temps de prudent déconfinement.

Amen.

*******************

Écrit par Père Jean Kita

12° Dimanche ordinaire (samedi et dimanche) – Lure 2020

   Les textes de ce dimanche sont des invitations et des encouragements à vivre notre Foi, ‘’à temps et contre temps’’, sans crainte et avec courage ! 3 fois Jésus dit à ses apôtres « Ne craignez pas… »  Ne craignez pas de parler au nom du Christ ! »  Ne craignez pas de parler de l’Evangile ! »  Ne craignez pas de témoigner de la vérité de sa Parole !...

 Déjà, au temps de Jérémie (qui vivait VI siècles avant Jésus Christ), on calomniait ceux qui croyaient au Dieu unique. Aujourd’hui, on n’en est pas de reste ! ça continue ! Les anti-Christs  sont toujours là, ironiques, sournois et virulents parfois. Qui d’entre nous ne s’est pas découragé, un jour ou l’autre, face à l’indifférence de tant de nos contemporains et devant les épreuves inévitables subies à l’annonce de l’Evangile ?  Il s’agit donc de vivre notre Foi comme un combat pacifique certes, mais au nom de la vérité de Dieu. Et quand Jésus martèle : « Ne craignez pas ! » il nous lance, à tous,  un appel à la confiance, à l’audace et à l’espérance.

   (Demain) Aujourd’hui, 3 jeunes de notre Paroisse demandent le Baptême : Louane, Alesja et Agathe. Elles aiment Jésus. Sa Parole les a séduites au point de vouloir devenir son amie. Elles savent bien qu’autour d’elles, tout le monde ne croit pas forcément en Dieu et même s’en moquent parfois ! Et pourtant, quelque chose dans leur cœur a fait tilt, pour désirer vivre leur vie sous le regard de Jésus en mettant, autant que faire se peut, leurs pas dans les siens !  Elles savent qu’il est  un Dieu d’amour, de paix, de partage qui veut le bonheur de tous ! Elles savent qu’elles ont grand prix aux yeux de Dieu. Et elles en sont heureuses.

   Que leur baptême soit pour nous tous l’occasion de faire le point sur notre manière de vivre notre vie de baptisé ! J’entends encore le Pape St Jean Paul II, lancer cet appel aux chrétiens de France lors d’une de ses visites : c’était le 1° Juin 1980 : ‘’France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ?’’ La question demeure. Sommes-nous seulement des chrétiens sympas, de façade, consommateurs de rites, ou, malgré les aléas de la vie,  des chrétiens enthousiastes, passionnés et animés par l’Esprit du Christ ?

   Soyons sans crainte ! Le Seigneur est toujours avec nous ! Faisons-lui cette prière confiante : ‘’Seigneur de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste, toi qui vois les reins et les cœurs, ouvre nos cœurs à la force de ton Esprit Saint ! Dissipe loin de nous toutes nos peurs ! Rends-nous courageux, vrais et heureux de témoigner, chaque jour, de ton amour pour tous’’ Amen.

********************

Écrit par Père Jean Kita

Fête du Corps et du Sang du Christ –Lure 2020

Dans les textes de ce dimanche et plus particulièrement dans l’Evangile, nous entendons des paroles fortes et étonnantes de la part de Jésus ! « Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » Rien que cette phrase, nous dit combien Jésus a le désir de nous rejoindre là où nous en sommes avec nos joies, nos peines, nos questions…

La nouvelle inouïe, c’est qu’en Jésus ressuscité, nous sommes branchés sur une source de vie inépuisable : la vie même du Père, la vie éternelle. Mais pour nous le dire, l'évangile emploie des mots qu'il ne faudrait pas prendre à la lettre, de façon très matérielle : « Qui mange ma chair, qui boit mon sang… » « Je suis le pain vivant … » Le Pain consacré n'est pas la chair humaine de Jésus, c'est le Corps Ressuscité du Christ. Le Christ fait de notre corps, son Corps. Il se donne à nous parce que c'est Lui le Ressuscité qui, dès maintenant, veut nous donner part, nous associer à sa Résurrection. « Qui mange ma chair, demeure en moi … » Autrement dit, en communiant, nous demeurons en Jésus. En communiant, nous approfondissons notre relation avec lui. Notre foi est une vie en communion avec Jésus Christ ressuscité: « Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'Homme, vous n'aurez pas la vie en vous. » Celui qui peut nourrir notre Foi, C’est le Christ ! « Celui qui mange ce pain vivra pour l'éternité »

Il nous faut nous appeler le repas de la Cène le soir du Jeudi Saint où Jésus a étonné ses disciples en inventant l’Eucharistie qui a traversé les siècles jusqu’à aujourd’hui et qui perdurera jusqu’à la fin des temps. « Prenez, mangez, buvez…faites cela en mémoire de moi »

Ce pain nous communique déjà l'éternité. Dans la communion, nous avons part à cet état du Ressuscité. Ainsi,  il y a du divin dans la fragilité de notre chair : l'incarnation du Christ se prolonge en celui qui communie. Cette vie divine en nous, et donc notre éternité, sont anticipées, si j’ose dire, dès maintenant en nous, par le don du Corps et la vie du Fils bien aimé. Nous recevons donc cette capacité d'amour et de compassion qui est en Dieu pour mener le dur labeur de la vie. Communier, c'est encore recevoir le Christ pour donner le Christ. Communier nous donne la force du Christ à partager. « Ce pain qui descend du ciel n'est pas comme celui que vos pères ont mangé.»

En disant cela, Jésus fait appel à la mémoire de son peuple: « Il t'a fait connaître la pauvreté, il t'a fait sentir la faim, et il t'a donné à manger la manne - cette nourriture que ni toi ni tes pères n'aviez connue - pour te faire découvrir que l'homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui vient de la bouche du Seigneur ». (Deutéronome 8/ 2...3)  Or, continue Jésus, vos pères sont morts après le temps du désert, mais moi, je veux vous nourrir d'un pain d'éternité. Jésus qui va mourir ET Ressusciter veut nous communiquer en nourriture sa Vie plus forte que la mort. Ce Pain ne nous empêche pas de mourir, mais il nous donne l'éternité dans la mort, à la place de la mort.

Chaque dimanche, nous sommes appelés à recevoir trois baguettes de pain. La première est celle de la Parole de Dieu contenue dans la Bible. Le pain de l'Eucharistie vient ensuite. Il est le seul repas dont Dieu Lui-même s'est fait le Serviteur, car Lui seul pouvait choisir de se livrer ainsi. Ce festin n'est pas le produit de notre imagination, il est pur don. La dernière miche enfin n'est pas la moindre. C'est celle de la communauté : le Jour du Seigneur, le dimanche, c’est le jour de la communauté, le jour où nous recevons des frères et des sœurs avec qui prier. Ainsi ce n'est pas en croyant qu'on devient petit à petit pratiquant, c'est en pratiquant que Jésus fait grandir en nous, le croyant, jusqu'à ce que nous puissions dire à notre tour : « A qui irons-nous, Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle. ». Que chaque Eucharistie soit donc source d’un cœur à cœur intense avec le Christ, de rencontre fidèle avec la communauté, source de partage de vie, de joie et d’espérance avec tous ! Amen.

*******************

Écrit par Père Jean Kita

Fête de la Sainte Trinité – Lure 6-7 Juin 2020

   C’est une fête mystérieuse que celle de la Sainte Trinité que nous célébrons aujourd’hui ! ‘’On dit que nous croyons en un Dieu unique, et voilà qu’on l’appelle Père, Fils et Esprit Saint ! Mais alors, à bien compter, ça ne fait pas un seul Dieu, mais trois !’’ m’avait dit un jeune étudiant qui découvrait la Bible.

Essayons de comprendre. Tout d’abord, nulle part dans la Bible on ne trouve le mot ‘’Trinité’’. Ce terme, inventé par la théologie, veut exprimer commodément l’Identité de Dieu : Dieu est Unique. Il est, il  agit, et entre en relation avec nous en tant qu’il est Père, Fils et Esprit Saint. Ce qui fait dire à St Jean : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique »  Cette phrase est à retenir. Elle dit tout de Dieu : Aimer et donner ! Tel est Dieu : son être, son Identité, son Action de Créateur et de Sauveur. Ainsi, le Père est source d’Amour et de Vie, le Fils est réponse d’Amour et de Vie. L’Esprit Saint est Don d’Amour et de Vie. Comme le représente cette fameuse icône de Roublev, chacun des Trois est regard vers l’Autre. La nature de Dieu est d’exister dans l’Amour et le Don partagé en totalité.

Tout cela peut paraître étrange et difficile à comprendre, mystérieux…Mais ce que nous appelons ‘un ‘’mystère’’ est en réalité un Don de Dieu et une communion avec Lui.

Quand nous faisons le signe de la croix, les paroles qui l’accompagnent sont une profession de Foi. Elles disent l’Identité de Dieu et à notre niveau, notre propre identité de baptisés aimés et sanctifiés par l’Esprit Saint. C’est dire que notre signe de croix - souvent fait trop machinalement -  est l’expression de notre fierté chrétienne, de notre appartenance à la ‘’famille trinitaire’’.

Plus encore, ces paroles et ce signe sont un engagement. En effet, un baptisé ‘’signe’’ sa vie et la veut conforme à ce que le Père, le Fils et le Saint Esprit accomplissent pour l’Eglise et pour le monde. Cela implique des comportements relationnels à ‘’l’image’’ de Dieu : c’est-à-dire être davantage tourné vers Dieu et vers les autres et non vers soi-même : vivre de l’Amour du Père, agir en solidarité et en fraternité comme le Christ, témoigner  dans la force de l’Esprit Saint, gérer notre environnement dans le respect de notre Dieu Créateur, défendre la vie qui est l’expression de l’Amour de Dieu…etc…

Vous l’aurez compris, Il nous sera toujours difficile d’expliquer le mystère de Dieu. Mais il s’agit surtout de le connaître, c’est-à-dire d’en vivre ! « Mes bien aimés, aimons-nous les uns les autres, car l’Amour vient de Dieu. Qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour’’ (1Jn 4/7) Alors, nous dit St Jean : ne prenons pas Dieu pour un juge, mais un Sauveur qui veut nous faire découvrir et partager tout son Amour et nous voir vivre en paix et heureux ! Amen.

*******************

Écrit par Père Jean Kita

Fête de Pentecôte 2020 - Lure

   Aujourd’hui, après 2 mois de confinement, on cherche des solutions rapides pour sortir, sortir de l’isolement. On cherche des médicaments pour éradiquer le coronavirus qui fait tant de dégâts à travers le monde. On cherche des émotions nouvelles pour se sentir vivants. Mais je crois que nous avons surtout besoin de l’Esprit Saint !

   La Pentecôte : justement, c’est la fête de l'Esprit Saint ! Il n'y a rien de plus universel, et en même temps de plus méconnu que l'Esprit de Dieu, dont nous fêtons aujourd'hui la venue sur la jeune Église, au jour de la Pentecôte. Rien de plus universel : c'est l'Esprit qui nous fait vivre. Le mot hébreu signifie « respiration », « souffle ». Vous vous rappelez certainement le chapitre 2 de la Genèse, où il est raconté que Dieu, après avoir façonné un homme avec de la glaise, a soufflé dans ses narines un souffle de vie. C’est son souffle divin, incarné dans notre nature humaine. Dieu est à l'origine de toute vie: c'est ce qu'exprimait le psaume que nous chantons aujourd'hui :« Tu reprends ton souffle, ils expirent, et retournent à leur poussière ; tu envoies ton souffle, ils sont vivants. » Dans toute la pensée biblique, nous sommes vivants grâce à cet Esprit, au souffle de Dieu : il nous donne sa vie.

   Et pourtant, l'Esprit reste pour beaucoup le grand inconnu. Qui donc est cet Esprit ? Il est facteur d'unité. On sait bien que ce n'est pas dans les divisions, les guerres, les querelles, que pourra se faire la réussite de notre monde. En chaque homme, il y a ce désir de paix dans l'unité.

    L'Esprit « qui souffle où il veut » est un Esprit d'ouverture. Il n'acceptera jamais d'être enfermé, d’être confiné dans un groupe humain, fût-ce dans l'enceinte de nos  Églises. Il souffle où il veut. On ne sait ni d'où il vient ni où il va. En cela, il est imprévisible. Il est comme le vent, je dirais aussi comme ce virus qui se déplace on ne sait comment !

   Le récit de la première Pentecôte chrétienne se trouve au Livre des Actes. Que s'est-il passé ? Les apôtres, bouleversés par la mort de Jésus, s’étaient enfermés dans l'enceinte du Cénacle, enfermés dans leur peur, nous dit St Jean. Mais Jésus est ressuscité, La mort n’a pu le retenir enfermé au tombeau. Et il est là, au milieu d’eux, alors que toutes les portes étaient verrouillées ! Ils entendent le message du Ressuscité : ‘’La paix soit avec vous. De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie.’’ Il souffle sur eux : ‘’Recevez l’Esprit Saint !’’ Les Apôtres réalisent alors, sous l'action de l'Esprit, que leur mission est pour le monde « sur toute la surface de la terre. » Et dès ce soir-là, ils vont communiquer. Il n'y aura pas qu'une seule langue: chacun garde ses particu-larismes, mais tout le monde entend la Bonne Nouvelle. Avec les murs qui s'écroulent, disparaît dans l’Église la barrière des langues. Il n'y a plus d'enceinte, plus de confinement sécuritaire. L’Eglise est appelée à être ‘’en sortie’’ selon l’expression du Pape François.

   Pentecôte, C’est déjà, l’envoi en mission. Le but, faire connaitre la Bonne Nou-velle du salut  offert par Dieu à toute l’humanité, salut annoncé par Jésus, semé à l’aide de l’Esprit Saint. Cette annonce nous est confiée, non pas avec des idées prosélytes, mais avec un cœur en paix, serein, un cœur réconcilié, grâce à ‘’la rémission des péchés’’ confiée aux Apôtres.

   Tel est le message d’amour que nous sommes invités à recevoir, à méditer, à vivre pour mieux en témoigner. Et pour cela, je vous souhaite le virus bénéfique de l’Esprit Saint dans vos cœurs pour que nous soyons, non pas en théorie mais en pratiquer, une Église ouverte, bienveillante, accueillante à la diversité. Les murs étant tombés, il y aura beaucoup de gens qui désireront vivre de l'Esprit Saint, Esprit d'amour et de paix. Amen.

*****************

Écrit par Père Jean Kita

     Nos retrouvailles, après 2 mois de confinement, sont pour nous, comme un recommencement de la vie communautaire, à l’image de ce qu’ont vécus les premiers apôtres et les familiers de Jésus.  Il nous est bon de méditer les premiers instants de la vie de l’Eglise naissante. Vous ne croyez pas ?  Voilà ! L ’Ascension est passée, Jésus est parti… mais l’Esprit St promis n’est pas encore venu. Dans la 1° lecture, St Luc nous transporte au premier étage d’une maison de Jérusalem. C’est déjà le commencement de l’Eglise qui est là, en germe et en attente. Avant de parler et de se disperser pour la mission, elle vérifie son unité et se recueille. Les onze apôtres, avec Pierre à leur tête, ne sont pas seuls : il y a aussi des  « frères » et quelques femmes. Parmi eux se tient « Marie, la mère de Jésus », penchée sur le berceau de l’Eglise, comme elle le fut sur celui de Jésus. Telle est l’Église… première communauté en silence et en prière qui attend dans la joie son Seigneur :

    Cette prière persévérante est la seule à pouvoir donner la force de supporter avec calme la souffrance rencontrée « comme chrétien ». Les épreuves subies  « à cause du nom du Christ », c’est communier avec le Christ et nous n’avons pas à en avoir honte, nous rappelle saint Pierre.

     Mais restons dans la chambre haute de Jérusalem. C’est là que Jésus a vécu, juste avant sa passion, une prière ample et brûlante. Cette prière que la jeune communauté du Cénacle, nous l’avons entendu, a repris et prolongé dans l’attente de la Pentecôte. Et qu’y fait Jésus ? Il prie d’abord pour lui. Que demande-t-il ? « Père, glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie. » Oui, l’heure est venue pour Jésus, de demander sa propre gloire. L’heure de la gloire de Jésus, c’est… sa croix. La « gloire » de Dieu, sa « toute-puissance » n’ont rien à voir avec les honneurs et les fastes des grands de la terre ! Sa gloire, c’est la croix ! Sa gloire  c’est sa vie qu’il veut donner à tous les hommes, par amour : voilà sa gloire !

    Il prie ensuite pour les croyants, ses disciples et ceux qui croiront par leur prédication (= nous). Que demande-t-il pour eux ? « La vie éternelle qui est de te connaître toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. » La vie éternelle est d’abord un don de Dieu, une grâce, un cadeau gratuit.

    Mais pour combler de joie, le don doit être reçu librement. La vie éternelle est donc, tout à la fois, présent et accueil. Notre part à nous qui sommes des  êtres libres, c’est de reconnaître, de croire et de garder la merveilleuse largesse offerte à nos mains: «Voici mon Fils, mon aimé, écoutez-le !»« Prenez, mangez ! »  Jésus est parti. C’est le mystère de l’Ascension. Mais il a prié pour tous les hommes qui sont dans le monde et il leur a envoyé « les siens » pour qu’ils soient :

- "la pincée de sel" qui donne goût à la vie,

- "la poignée de levain" qui soulève les pesanteurs du monde,

- les assoiffés de justice qui libèrent de toute injustice.

- Surtout, il veut qu’ils soient les passionnés d’une certaine unité : « Qu’ils soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. ».

Soyons des chrétiens dignes de Dieu, ses familiers heureux de le prier. Amen.

*******************

Écrit par Père Jean Kita

Une manière de parler du temps présent…

C'était en mars 2020 ...
Les rues étaient vides, les magasins fermés, les gens ne pouvaient plus sortir.

Mais le printemps ne savait pas, et les fleurs ont commencé à fleurir, le soleil brillait, les oiseaux chantaient, les hirondelles allaient bientôt arriver, le ciel était bleu, le matin arrivait plus tôt.

C'était en mars 2020 ...
Les jeunes devaient étudier en ligne, et trouver des occupations à la maison, les gens ne pouvaient plus faire de shopping, ni aller chez le coiffeur. Bientôt il n'y aurait plus de place dans les hôpitaux, et les gens continuaient de tomber malades.

Mais le printemps ne savait pas, le temps d'aller au jardin arrivait, l'herbe verdissait.

C'était en mars 2020 ...
Les gens ont été mis en confinement pour protéger les grands-parents, familles et enfants. Plus de réunion ni repas, de fête en famille. La peur est devenue réelle et les jours se ressemblaient.

Mais le printemps ne savait pas, les pommiers, cerisiers et autres ont fleuri, les feuilles ont poussé.

Les gens ont commencé à lire, jouer en famille, apprendre une langue, chantaient sur le balcon en invitant les voisins à faire de même, ils ont appris une nouvelle langue, être solidaires et se sont concentrés sur d'autres valeurs.
Les gens ont réalisé l’importance de la santé, la souffrance, de ce monde qui s'était arrêté, de l’économie qui a dégringolé.

Mais le printemps ne savait pas : les fleurs ont laissé leur place aux fruits, les oiseaux ont  fait leur nid, les hirondelles étaient arrivées.

Puis le jour de la libération est arrivé, les gens l'ont appris à la télé, le virus avait perdu, les gens sont descendus dans la rue, chantaient, pleuraient, embrassaient leurs voisins, sans masques ni gants.
Et c'est là que l'été est arrivé, parce que le printemps ne savait pas. Il a continué à être là malgré tout, malgré le virus, la peur et la mort.

Parce que le printemps ne savait pas, il a appris aux gens le pouvoir de la vie.


Tout va bien se passer, restez chez vous, protégez-vous, et vous profiterez de la vie.
Lisez ceci, répandez-le en copiant/collant ce texte, mais surtout restez confiants et gardez le sourire !

******************