Écrit par Père Jean Kita

Fête du Christ Roi de l’Univers(A) -  Magny Vernois-Lure 2017

C’est aujourd’hui le point culminant de l’année liturgique. Elle s’achève avec cette belle fête du Christ, Roi de l’Univers : Christ sauveur de toute l’humanité.

C’est à cause de lui que plus d’1 milliard ½  d’homme et de femmes de notre planète sont devenus chrétiens. C’est à cause de lui, que des milliers d’hommes et de femmes consacrent leur vie à la cause de l’Evangile, essayant de promou-voir l’esprit de justice, de paix et d’amour dans notre monde. C’est à cause de lui qu’au 3°siècle, Cécile, une femme de l’époque est devenue ‘’sainte’’, mettant sa Foi dans le Christ, offrant sa maison pour en faire un lieu de rencontre et de ras-semblement de la communauté et plus tard une église dédiée à son nom. Ce n’est qu’au V° siècle, qu’une légende fera d’elle la patronne des Musiciens. Aujourd’hui, avec tous les engagés pour la cause du Christ au milieu des hommes et avec Ste Cécile, à pleines voix et de tout cœur, chantons et fêtons joyeusement le Christ notre Sauveur et notre avenir, Sauveur du monde, Roi de l’Univers.

Les textes qu’on vient d’entendre n’évoquent aucun feu d’artifice pour célébrer l’évènement ! C’est un roi pas comme les autres que l’Eglise nous invite à célébrer. Ni faste, ni éclat, ni palais somptueux ni couverture des mass médias… pas de triomphalisme !  3 regards nous sont proposés :

1 Celui de la contemplation d’un Christ-roi comparé à un Berger qui aime son troupeau et veille affectueusement sur chacune de ses brebis (1° lecture)

2 Celui que St Paul nous présente comme Jésus-roi, vainqueur non pas de quelques campagnes guerrières mais vainqueur du combat le plus difficile qui soit : le combat contre la violence, le mal et la mort, et cela au prix de son propre sang et par la force de la résurrection.

 3 De la venue du Christ à la fin des temps et du jugement qu’il portera sur toute l’humanité. L’argument qui préside à l’exercice de la ‘’justice’’  selon Dieu, tient dans ces quelques mots : ‘’Ce que vous avez fait à l’un de ce petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait’’.

Le Christ Roi est présenté par St Mathieu comme un Juge qui manifeste sa totale solidarité avec les plus petits. Il se place tellement du côté des malheureux qu’il s’identifie à leur destin, dans leurs besoins les plus élémentaires, les plus quotidiens : manger, boire, être vêtu, être accueilli, recevoir une visite comme malade ou prisonnier… Devant toutes ces situations que nous connaissons malheureusement encore trop de nos jours, il s’identifie entièrement en celui qui a faim ou soif, qui est sans abri, malade ou en prison. C’est là une bonne nouvelle qui révèle le respect et la valeur de chacun.

Souvent, on s’interroge sur le jugement dernier… vous aurez remarqué que dans ce passage, aucun vocabulaire religieux n’est employé, il n’est pas question de foi mais seulement d’amour attentif et agissant envers tous ceux qui manquent de quelque chose. ‘’Ce qui est important dans la religion, ce n’est pas la construction de beaux temples disait un jour le Dalaï Lama, mais la générosité et l’amour ‘’. Avant lui, St Jean disait : ‘’Celui qui aime Dieu et qui n’aime pas son frère, est un menteur !’’ Plus tard encore, St Jean de la Croix disait : ‘’Nous serons jugés sur l’amour’’. La véritable religion, ce sont tous les évènements de la vie transfigurés par l’amour. La pratique de la charité en actes sera notre assurance au jour du jugement. Ainsi, nos gestes quotidiens s’inscrivent déjà  dans l’éternité.

J’imagine la joie du Christ Roi, disant au jour de notre grande rencontre avec lui  : ‘’Venez les bénis de mon Père…’’. J’espère que nous en serons tous !

Foi en Dieu et Foi en l’homme vont de pair ! Vivons dans cette Foi et alors, nous ‘’recevrons l’héritage du Royaume que le Père a préparé pour nous depuis la création du monde’’. Amen.: nous célébrons aujourd’hui plus particulièrement le 73° anniversaire de la libération de Haut du Them et Château Lambert.

- Joie de se retrouver et de rendre grâce à Dieu d’avoir retrouvé la liberté.

- Et puis Joie rehaussée par la présence de la Ramoncenaise de Ramonchamp : Dans 3 jours, ce sera la Ste Cécile, patronne de tous les musiciens et de tous les mélomanes ! Bonne fête à vous !

- Mémoire encore : n’oublions pas que c’est aujourd’hui la Journée Mondiale de la Pauvreté qui coïncide avec la Journée Nationale du Secours Catholique…

Nous avons bien des raisons de nous tourner vers Dieu pour tous ces évènements qui jalonnent et marquent notre histoire…

   On vient d’entendre l’Evangile bien connu des talents : ces talents que tous nous avons et dont nous avons mission de faire fructifier. C’est une grande  responsabilité ! Il y a ceux qui y parviennent aisément, il y a ceux qui ‘’rament’’, il y a ceux qui ne font rien ! Nous avons tous des qualités, des possibilités…Nous sommes tous capables de réaliser quelque chose de bien. Mais pour cela, il faut que ça vienne du cœur et de la volonté. Sans cœur, sans volonté, sans audace aussi, on ne peut pas grand-chose ! Pensons à la volonté et à l’audace courageuse qui animait le cœur des soldats pour libérer le pays du joug de l’envahisseur. Nous devons notre liberté à leur bravoure et à  leur héroïsme et cela au péril de leur vie.

   Mais revenons à la parabole. Par cette histoire des talents, Jésus veut nous décrire deux manières totalement contraires de gérer sa vie. Ou bien, nous la vivrons sous le registre de la confiance, ou bien nous la passerons dans la peur.

   A un Dieu qui nous fait largement confiance, nous pouvons répondre par une confiance égale. Mais nous pouvons tout aussi bien nous faire une fausse image de ce Dieu, et c’est alors la peur qui va gouverner toutes nos attitudes, simplement parce que nous nous trompons sur Lui et sur ce qu’Il est.

   La faute du troisième serviteur, lui sur qui repose la pointe de la parabole, est d’avoir peur. A quoi bon agir et se donner du mal, si on ne fait pas confiance en Dieu et en la vie ? L’auteur du Livre de la Genèse (Chapitre 3) nous dit ce qu’est fondamentalement le péché de l’homme : la peur, la défiance. « Le Seigneur Dieu appela l'homme et lui dit : Où es-tu donc ? L'homme répondit : Je t'ai entendu dans le jardin, j'ai pris peur parce que je suis nu, et je me suis caché » (Genèse 3, 9-10). Ici, dans la parabole, le serviteur s’excuse en mots semblables :

 « J'ai eu peur, et je suis allé enfouir ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t'appartient. »

   Le serpent, le tentateur nous fait toujours prendre Dieu pour ce qu’Il n’est pas, un Dieu jaloux, perfide, qui aurait peur de perdre son emprise sur les hommes. 

« Tu moissonnes là où tu n’as pas semé. » Notre seul véritable péché est d’avoir peur de Dieu…

   Le maître, nous dit la parabole, est absent. C’est bien notre situation, dans la nuit de la foi. Nous n’avons que des signes ténus de Dieu : l’Eglise elle-même, avec toutes ses pesanteurs très humaines, les sacrements, qui demandent la foi, le temps de la prière silencieuse qui requiert notre modeste persévérance…

Bref, Dieu nous laisse à notre entière initiative. Il nous fait une confiance inouïe ! Notre vie, notre famille, notre région notre planète sont laissés à notre entière liberté. Il nous rend participant de sa puissance créatrice. Comme la femme énergique et avisée dont la première lecture faisait l’éloge (Proverbes 31) ou comme les Thessaloniciens que Paul invite à rester vigilants (1 Thessaloniciens 5, 5-6)

   A chacun d’être un serviteur fidèle, au sens étymologique du terme, c’est-à-dire celui qui fait foi. A la confiance de Dieu répond la confiance des bons serviteurs. Et ceci peut être très concret. Rappelons-nous comment l’abbé Pierre a lancé son mouvement Emmaüs pour les exclus…Comment Mgr Rodhain a créé le Secours Catholique pour subvenir aux personnes en situation de précarité… Comme eux, avec cœur, audace et volonté, conjurant tout préjugé, on peut surmonter sa peur, sa défiance et faire s’écrouler des montagnes.

   Puisse cette Eucharistie nous encourager à faire fructifier les talents qui sont en nous et de les utiliser pour notre joie, celle de tous ceux qui nous entourent, solidaires selon leurs besoins. Soyons des acteurs courageux et heureux de servir Dieu et les autres ! Amen.

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 32° Dimanche ordinaire La Cote – Lure 2017

     Qu'est-ce que Jésus veut nous dire à travers cette parabole des jeunes filles invitées joyeusement à des noces et dont certaines s'entendent dire: "Je ne vous connais pas"? Avouez que ça fait un peu désordre! Mais je ne peux m'empêcher de penser à ce proverbe chinois qui dit ceci: "Plutôt que de maudire l'obscurité, il vaut mieux allumer une petite lumière dans la nuit." 

     En fait, cette parabole nous parle de la fin des temps où le Christ reviendra dans la gloire à un moment dont "personne ne sait ni le jour ni l'heure". La mort est perçue comme un rendez-vous avec Dieu qui veut nous accueillir d'une manière festive, comme à des noces où tout le monde est invité à l’image de ces 10 jeunes filles de l'Evangile. Alors question : comment, à notre mort, vivrons-nous ce rendez-vous avec le Christ lui-même? Il est sans doute bon d’y penser.

    Cette parabole s’applique à chacun de nous : parfois, nous sommes comme les jeunes filles prudentes qui ont su se faire des réserves et parfois nous sommes comme les jeunes filles insouciantes qui ne pensent qu’à l’instant présent.

    A bien regarder, L’être humain comme l’animal a l’habitude de prévoir et de faire des provisions. A l'approche de l'hiver, les ours se préparent au sommeil hivernal, les castors recherchent des endroits chauds et protégés. Les écureuils ramassent des glands et des noix qu'ils entreposent afin de subsister jusqu'au printemps. Nous équipons nos voitures de pneus d'hiver, nous sortons nos manteaux et nos bottes, nous achetons du bois et de l’huile à chauffage. Les humains comme les animaux sont à la fois avisés et prudents, sages et vigilants, dans leur manière d'agir. C’est vrai, il faut être  prévoyant si l’on veut que tout se passe pour le mieux. La différence entre les jeunes filles sages et les jeunes filles étourdies est la capacité de faire des réserves

     Certaines personnes pensent que les «sages» de la parabole, sont égoïstes parce qu’elles ne veulent pas partager leur huile ! Mais l’évangile souligne ici qu’en fin de compte nous devons seuls assumer la responsabilité de nos choix. Nous ne serons pas sauvés parce que nous avons une tante religieuse, une mère qui priait le chapelet chaque jour, des parents qui allaient à la messe régulièrement, un fils qui travaillait avec les immigrants et les pauvres. On devra répondre personnellement de ce que nous avons fait ou manqué de faire. Le Christ insiste sur la responsabilité de chacun et de chacune. La Foi chrétienne n’est pas une option facultative. La foi chrétienne nous invite à agir maintenant, à ne pas gaspiller le temps qui nous est donné. L’éternité commence maintenant et le temps nous est offert comme un cadeau pour que nous ouvrions les yeux et le cœur afin de faire autant de bien que possible.

    «Soyez prêts !» dit Jésus. Il ne s’agit pas de deviner quand le moment de la mort arrivera, mais bien d’être toujours prêts à rencontrer le Seigneur. Il est une boussole qui nous indique la direction à suivre pour arriver à bon port. Et lorsque le jour de la mort arrivera, que ce soit dans une semaine ou dans plusieurs années, nous serons prêts, avec de l’huile en réserve : l’huile de la persévérance, de la prière, de la foi vécue en acte.

    L’huile de la charité permet à notre lampe de rester allumée : «Chaque fois que vous l’avez fait pour l’un de ces petits, c’est à moi que vous l’avez fait.» Dieu nous donne le temps pour que nous puissions bien nous préparer à sa venue. «Celles qui étaient prêtes entrèrent dans la salle de noces.». L’Evangile souligne ici qu’en fin de compte nous devons nous encourager les uns les autres, mais assumer seuls la responsabilité de nos choix. La foi chrétienne nous invite à agir maintenant, à ne pas gaspiller le temps qui nous est donné.

    On n’ira pas tous au paradis les mains dans les poches, avec des torches sans piles ! Dieu, dans son amour, ne joue pas la comédie avec nous quand il nous propose de faire alliance avec Lui.  Dans sa patience, il est en droit d'attendre notre réponse. Alors veillons de telle manière à répondre à  l'amour dont nous sommes aimés! Veillons pour ne pas rater le rendez-vous de sa venue ! Et préparons-nous activement, avec persévérance à la joie d'être accueillis un jour, au banquet des noces éternelles. Amen.

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31ème dimanche ordinaire 2017, Lure

    Voilà des textes sans dentelles, qui n’y vont pas par le dos de la cuillère !  Dans la première lecture et dans l’Évangile de ce jour, chacun en prend pour son grade, les prêtres, le peuple, les scribes et les pharisiens. Le prophète Malachie reproche aux prêtres de son temps de « pervertir l’alliance ». Ils ont pour fonction de se consacrer à Dieu, de chercher sa gloire, d’enseigner la loi qui leur a été confiée par Moïse… Or voilà qu’au lieu de penser à la gloire de Dieu, ils ne font que rechercher leur seul intérêt. En leur montrant leur déviance, leur péché, le prophète les appelle à la conversion, leur rappelant que Dieu est un Père qui aime chacun de ses enfants de la même manière.

   Dans l’Évangile, Jésus en rajoute une couche : il nous montre les pièges de l’autorité. S’adressant à la foule, il dénonce les comportements des scribes et des pharisiens. Mais ce qu’il dit pour eux vaut aussi pour chacun de nous. Qu’il s’agisse des autorités religieuses, politiques ou parentales, ces pièges sont les mêmes. Quels pièges ?

   Premier piège : « Ils disent et ne font pas ». ‘’Paroles, Paroles…’’ dit une chanson ! Nous reconnaissons tous le décalage entre nos belles paroles et notre vie de tous les jours. Il est important que chacun pratique ce qu’il enseigne. Un jour, Jésus a dit : « Il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur pour entrer dans le Royaume des cieux, il faut faire la volonté de mon Père. » Nous sommes envoyés pour annoncer l’Évangile du Christ, mais il importe que toute notre vie soit ajustée à cette Parole. Donc : appel à la cohérence entre nos paroles et nos actes.

   Deuxième piège : pratiquer l’autorité comme une domination et non comme un service. Jésus reproche aux scribes et aux pharisiens de lier « des fardeaux pesants » et d’en charger les épaules des gens ; mais eux-mêmes « ne veulent pas les remuer du doigt ». Ils ont l’avoir, le savoir et le pouvoir. Cela pourrait être un merveilleux moyen de servir les autres. Au lieu de cela, ils ne pensent qu’à dominer…. Les donneurs de leçons !

   Troisième piège : vouloir paraître : « Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes ».Nous connaissons tous cette tentation d’aimer paraître, de rechercher la considération et l’intérêt. Les ’’m’as-tu vu ’’, comme on dirait aujourd’hui ! Dans le sermon sur la montagne, Jésus nous recommande de n’agir que par amour pour Dieu et par amour pour nos frères sans chercher les louanges des hommes.

   Quatrième piège : se croire important, avoir le goût des honneurs. « Ils aiment les places d’honneur dans les repas, les premiers rangs dans les synagogues, ils aiment recevoir le titre de Rabbi (Maître). Cela frise l’orgueil, cet    orgueil qui tend à les détourner de Dieu et des autres. Jésus vient leur rappeler la valeur de l’humilité. Les titres et les honneurs ne sont pas mauvais en eux-mêmes. Mais le fait de les porter implique une responsabilité, un témoignage à donner, une mission à accomplir. On ne se grandit qu’en se mettant au service des autres. Cet humble service nous grandit aux yeux de Dieu comme au regard de nos frères.

   Dans la seconde lecture, St Paul nous donne un merveilleux exemple d’une attitude authentiquement chrétienne et apostolique. Plutôt que de se présenter comme apôtre du Christ et d’insister sur l’autorité qui lui vient de Dieu, il adresse aux chrétien un message plein de douceur et d’humilité. Il manifeste envers tous un amour plein d’affection. Sa générosité est extrême. Elle ira jusqu’à offrir sa vie pour les chrétiens. L’attitude de Paul correspond à ce que nous recommande l’Évangile de ce jour : devenir des serviteurs à l’exemple et l’imitation du Christ, c’est-à-dire : en aimant comme Lui. ‘’Un pauvre aidé demeure un pauvre, mais un pauvre aimé devient un frère’’.(Mgr J-Cl BOULANGER)       

   En ce dimanche, ces textes bibliques sous provoquent à la cohérence, à une véritable remise en question. Acceptons-en le défi. Le Seigneur nous appelle à revenir vers lui et à nous ajuster à son amour. Il est notre compagnon de route fiable et il chemine avec nous. En célébrant cette Eucharistie, remercions-le de nous ouvrir les yeux, de remettre à l’endroit ce qui était et ce qui reste encore à l’envers dans nos vies. Amen.

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2 Novembre 2017 – Lure

            ‘’Revêtez vos tenues de service, gardez vos lampes allumées, tenez-vous prêts, car vous ne savez ni le jour ni l’heure’’ De quel rendez-vous St Luc parle-t-il  dans cet Evangile ? N’allons pas loin, pour trouver la réponse : il s’agit de la rencontre que chacun d’entre nous fera, tôt ou tard, dans le face à face avec Dieu, au moment de la mort. Veillez ensemble, tenir nos lampes allumées c’est rendre nos cœurs, nos rencontres quotidiennes riches de la rencontre avec Jésus, nous le faisant préférer tous les jours un peu plus.

 La fête des morts, au lendemain de la fête de tous les Saints, est bien là pour nous rappeler cela. Mais aussi, pour évoquer la mémoire des défunts que nous avons aimés. Au moment de la séparation, dans les larmes humaines, nous chrétiens, nous espérons que celui ou celle qui nous quitte était en tenue de service pour le grand passage vers le Père. Notre Foi n’empêche pas la douleur de la séparation. Mais elle doit nous permettre d’espérer, qu’au travers de cette rencontre, nos chers disparus goûteront la plénitude de la vie éternelle.

   Prier pour les morts, appartient à la plus ancienne tradition chrétienne. A chaque Eucharistie, depuis toujours, il est fait mention des morts afin de permettre aux vivants de faire grandir leur Foi dans la Résurrection. La mort doit placer chacun d’entre nous devant la question du sens de la vie ; car chacun doit découvrir l’espérance de la plénitude, par cette espérance offerte par le Christ Jésus Lui-même, le Ressuscité.

  Ne partons pas dans de grandes considérations sur ce sujet, sans savoir porter un regard sur notre environnement proche. Et je vous propose quelques éléments de réflexion que nous pourrons ensuite offrir chacun à Dieu.

  Perdre un être cher, jeune ou plus âgé est toujours une déchirure dure à cicatriser. Mais lorsque nous sommes confrontés à ce départ, quel regard portons-nous sur le Christ ? Quel réconfort trouvons-nous auprès de lui afin qu’il nous donne la force de demeurer en communion avec l’être cher, qu’il nous donne la force d’espérer, de croire qu’il connaît la plénitude de la gloire éternelle ? 

  Tout homme, toute femme redoute la mort et c’est bien humain. Souvent, les malades sur leur lit d’hôpital sont conscients que la fin terrestre est proche. Et à ce moment-là, nous chrétiens, savons-nous les entourer afin qu’ils trouvent la paix par notre affection, notre présence, voire notre prière ? Savons-nous élargir notre regard sur nos frères fragilisés, en fin de vie ? Pensons aux témoignages émouvants de dévouement d’une Sr Térésa, d’une Sr Emmanuelle… Ne sont-elles pas des exemples à imiter ? 

 Dans plusieurs communauté d’Eglise, et c’est le cas sur notre Paroisse, des chrétiens, des hommes, des femmes, sont engagés dans la Pastorale des funérailles, et l’accompagnement des familles en deuil. Ils sont porteurs d’une parole de vie, d’une parole d’espérance. Comment nous, membres de ces communautés d’Eglise, soutenons-nous ces équipes, par notre prière ?

 Puis enfin, savons-nous prier nos morts ? Oui, si prier pour eux, c’est important, ne faut-il pas aussi les prier, eux ? Eux qui sont déjà auprès du Père, ils sont nos ambassadeurs. N’hésitons pas à nous appuyer sur eux. Lorsqu’ils étaient présents parmi nous, nous comptions bien sur leur aide ? N’y a-t-il pas de meilleure place qu’auprès de Dieu pour continuer à nous aider ?

   Pour conclure, permettez-moi de formuler un simple souhait : dans la tristesse de la séparation et dans les larmes, n’oublions pas celle qui a vécu, elle-même, la perte de son Fils. Nous sommes tous ses enfants car, rappelons-nous, au pied de la croix, Jésus a dit à l’apôtre Jean :’’Jean, voici ta mère’’. N’ayons pas peur de prier Marie, elle est pleine de tendresse et de compassion. Nous avons besoin d’elle pour croire au Dieu vivant. Nous avons besoin d’elle pour être forts, Nous avons besoin d’elle, notre Mère du ciel, maintenant et jusqu’à l’heure de notre propre mort. Amen.

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Liste des Défunts depuis le 1° Novembre 2016

   Novembre : André CLEMENT/Simone POINTURIER/Gilbert CARITEY/Gilles RACENET/Marie Claude MONNET/ André SANTA CRUZ/ Jacques HENRY/ Gérard JEANDEL/Eléonore  TORRES/Lucie GEORGES /Yvonne CLAUDEZ/ Armand VANNIER.

  Décembre : Madeleine ARTAUX/Angèle MEUNIER /Evangélia COSTOPOULOS / Paul LALLEMAND/Pierrot REINHARD / Nicole COLOMBOIN/Jeanine SAUNOT/ Madeleine SEGUIN/ Simone MEUNIERE/Philippe FRADET/ Jean MAGREY

  Janvier: Monique GRANDJEAN/ André BERNARD/ Anna GRUCH/ Gilbert BRINGOUT/Pierre BASSANI.

  Février: Angèle HUMBERT/Christiane WITZEL/ Elise BIANCHINI/Colette MENIGOZ/Yvonne LOMBARD/Yvette BOZZOLI/ Francisque TAMET/Rémy DEMESY/ Jean VERRIER/ Françoise PETITOT/William FAIVRE.

  Mars : Monique VUILLEMIN/ Raymonde MEAUPOIL/Marcelle PERROT/ Roger MATHIEU/Ginette CHANEL/ Monique ROSE/ Odette TENDRE/ Geneviève FIANDINO/ Marie-Rose GOMEZ/Gérard VARINICH.

  Avril : Patricia MOUGENOT/Denis LAROYENNE/Manuel GREGORIO/ Pascal MENIGOZ/Annie SERGENT/Jeanine COSSETTINI/Philippe GUYEZ/ Simone STEIN/ Georges COLLE.

  Mai : Josiane LORIDON/Christian FLEURIOT/Marie-Thérèse MATHEY/Alice COLLE/ Henri DECHAM-BENOIT/Alphonsine CLERC/José CARVALHO.

  Juin : Christian GAUTHIER/Andrée BERTHEL/Michel BOILLOT/Gilbert AUBRY/Odette CUENIN.

  Juillet: Henri ARTAUX/Madeleine BULHER/Marcel CHAUSSALET/Benjamin GOUBA/Yvette CARRIERE/Isabelle BREGY/Pierre GUCCIARDI/Marie-Thérèse COURQUET/Marcel BRUNNER/Olga SASSI/André PIOZ/Jeanne CAPEZ.

  Août : Jacqueline AUBERT/Laurence LEUVREY/Madeleine ANDRE.

  Septembre : Norbert ROLLO/Ernest STREPPARAVA/Germaine TISSERAND/Andrée RAPIN/Francine COURTOT/ Gilbert ILTIS/Daniel FAIVRE/Michèle LECLERE/Claude MOSIMANN/Yvan FRANçOIS/ Elisabeth FISCHER/ Gilbert SIMONIN/ Marc PRIEUR.

  Octobre : Georges OULEVEY/Dominique MAZZACCHI/ Roger LAPREVOTE/

                Que tous nos chers disparus reposent dans la paix de Dieu !

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Toussaint 2017, Lure

    Nous voici parvenus à la fête de Toussaint. Nous avons peut-être du mal à en faire une fête joyeuse. Toutes ces visites aux cimetières réveillent en nous de douloureux souvenirs. En ce jour, beaucoup se sont mis en route vers la terre de leur famille pour se souvenir de ceux qui nous ont précédés. Toutes ces fleurs que nous avons déposées sur les tombes de nos défunts veulent témoigner de l’affection que nous leur portons.

   C’est vrai, nous ne pouvons pas faire moins un jour de Toussaint. Mais nous pouvons faire beaucoup mieux. Cette journée est bien plus que celle du souvenir. C’est surtout la fête de l’avenir. La sainteté c’est en effet l’avenir proposé par Dieu à tous les hommes. Nous sommes tous appelés à devenir des saints. Le problème c’est que, trop souvent, nous parlons bien mal de la sainteté ; nous nous en faisons une fausse image. Nous imaginons les saints comme des êtres lointains, bien au-dessus de nous, qui ont accomplis des performances extraordinaires à coups de renoncements et de sacrifices exceptionnels.

   La première chose que nous ne devons jamais oublier, c’est que Dieu seul est saint. La première lecture nous dit que c’est lui qui marque et qui rassemble le peuple élu. C’est lui qui offre à tous, le véritable bonheur. Tous ces hommes et ces femmes qui ont été reconnus saints, étaient des gens comme nous. Ils ont connu comme nous les limites de la nature humaine. Mais ils se sont livrés tout entiers, avec leurs qualités, leurs défauts et leurs passions au dynamisme de Dieu et à son amour passionné. Tous ces morts que nous pensions emportés dans la tourmente sont avec Jésus dans le bonheur de son Royaume. Ils ont obtenu la récompense de leur amour et de leur fidélité. Ce message est important pour notre époque troublée et bouleversée. Accueillons-le comme un appel à réchauffer notre espérance.

   Les chrétiens d’aujourd’hui comme ceux d’autrefois ont besoin de héros et de modèles. N’oublions jamais qu’avant d’être mis sur un piédestal, les saints ont cheminé comme chacun de nous. Leur vie a été un combat contre les forces du mal. Ce que Dieu a réalisé pour chacun d’eux, il le veut aussi pour nous. Nous partageons avec eux la même vocation. Pour y parvenir, Jésus nous montre le chemin. C’est l’évangile qui vient d’être lu.

   « Heureux les pauvres de cœur ! » Ne nous y trompons pas. Cette pauvreté dont parle Jésus n’est pas la misère. La pauvreté est toujours un fléau contre lequel il nous faut lutter en lien avec les organismes de solidarité. L’hiver qui arrive est là pour nous le rappeler. Le bonheur des pauvres de cœur dont parle Jésus, c’est tout autre chose. Et il ne concerne pas que la vie future ; il est surtout pour la vie présente : Jésus promet le bonheur immédiat à ceux qui ne sont pas pleins d’eux-mêmes mais qui sont aptes à accueillir le Royaume de Dieu. Ici la pauvreté est avant tout une disposition du cœur.

   Pour comprendre toute la portée de ces béatitudes, c’est vers le Christ que nous devons nous tourner. Il est le pauvre de cœur qui attend tout de Dieu et qui choisit de lui être fidèle jusqu’au bout. Il est le doux, celui qui relève la femme adultère sans brusquer ses accusateurs. Il ne cherche pas à mettre les coupables dans l’embarras ; et surtout il se réjouit quand il rencontre des gens de bonne volonté (Zachée qui s’est engagé à rembourser ses victimes et à partager avec les pauvres). Il est le miséricordieux qui se penche vers les misères physiques et morales et qui cherche à les apaiser. Il est l’artisan de paix qui invite sans cesse à pardonner et qui a donné l’exemple sur la croix : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » Quant à être persécuté, il suffit de lire la Passion pour s’en rendre compte.

   Ces béatitudes de l’évangile sont avant tout un portrait de Jésus lui-même. Elles nous montrent le chemin pour parvenir au vrai bonheur. Accueillons-les comme un appel à nous laisser modeler par lui à son image. Alors, tous ensembles, nous dessinerons son portrait. Comme un vitrail, nous reflèterons sa lumière pour que tous les hommes nos frères puissent être attirés par Lui.

   Cette fête nous rappelle une fois de plus que nous sommes tous appelés à devenir des saints. La tentation est grande de dire que « ce n’est pas pour moi pauvre pécheur ». Il faut le dire et le redire, elle est pour chacun de nous ; au ciel, il n’y a que des saints et des saintes. Certains ont été de grands pécheurs, mais ils ont accueillir le pardon de Dieu : pensons à Pierre qui avait renié le Christ, Paul qui avait persécuté les chrétiens, saint Augustin qui avait passé toute une partie de sa vie dans la débauche… Leur rencontre avec le Christ a complètement bouleversé leur vie. C’est ce qu’il veut aussi pour chacun de nous : il est capable de venir nous chercher très loin et très bas.

   Alors en communion les uns avec les autres et avec tous les chrétiens du monde entier, nous chantons :

Maurice et Jeanine BILLE/Georges, Pierre et Bernadette HUGUENY/  Vts et dfts de la famille JACQUEY Richard/ Mehdi, Yann et leurs grands-parents Léa et René MALCUIT/Dfts des familles DUGUET-KÄLIN/Dfs de la famille Joseph FRECHIN/Marguerite MOLLE/André MOHN et les dfts des familles MOHN-BEURIER/Bernard JACQUIN/Bernard et Gaston LAROYENNE, Marie-Josèphe ROGER, les vts et dfs des familles LAROYENNE-MOUGENOT-ROGER/ En anniversaire pour Elisabeth GAMET et les dfts des familles GAMET-HAEFELI/René et Martine MULET, les parents dfts, leur fille Annie et leur belle-fille Marie-Jeanne/René et Ginette LABRUDE et les parents dfts/ GuyC, son papa Serge et les dfts de la famille /Antoine DESGRANDCHAMPS et ses parents dfts et pour Germaine et Armand PHEULPIN/Vts et dfts des familles CHOIX-LEGRET/Pierre et Alexandre CARTERON, vts et dfts de leurs familles/ Noël,  Didier, Gilles/Jérôme MOUGENOT et Bernadette GRANDMOUGIN et parents dfts/ Odette CUNIN et ses parents dfts/Jeanne, Henri et Michel GRANDMOUGIN et les parents dfts/Emilienne, Maurice et Guy JEANROY/Clémentine et Eugène LAMBOLEY/Vts et dfts des familles LAMBOLEY-JEANROY/ Vts et dfts des familles HUGENSCHMITT-VERNERIE/ Marcel JEANPIERRE et la famille GERVASONI/ Dfts des familles DECHAMBENOIT-DIRAND /Antoine GUILBERT, vts et dfts de la famille/ Familles JEANDEL-PY-TENISCI/dfts de la famille NOVIKOFF/Georges GROSJEAN, les vts et dfts de la famille/Dfts des familles PHEULPIN-GROSJEAN/Fernand BULLE/Vts et dfts des familles BELLO-GUILLAUME/Jeanne COLLE et les familles COLLE-PELLETEY-CUCCHIARO/ Paul et Marie-Thérèse PHEULPIN et les familles JEANBLANC-MOLLE-PHEULPIN/ Denise LIEVAL, Marie LAURENT et Marthe MATHIEU/ Emile et Gabrielle VANDERSTRAETTEN et leur famille/Famille CAILLET Berthe et Henri, les dfts de la famille/Bruno et Denise STEPPARAVA/Laurence, Jacques et Stéphane TISSERAND et leurs parents dfts/Delphine DANIAUD et ses parents dfts /Thérèse et Victor KAZMIERCZAK et leurs parents dfts / Vts et dfts de la famille Pierre VUILLEMIN/ Josette PAULY/Roman KITA et sa fille Anne-Marie, vts et dfts des familles KITA-VIEILLE/ Familles FOURNIER-TADYSZAK-MONTAVON-VANDEVYVER/Paulette et Marcel LEVREY, les dfts de leur famille/ Vts et dfts des familles SABATER-LAMBOLEY/ /Père René PETIT/Charlotte, Emile, Jeanine TAMBORINI et leurs parents dfts, pour Jeanne PILLEY, Monette MONCHALIN et le père Lucien LAFLEURMaria ROSALINA, vts et dfts de sa famille/ Emile RIBAUD, Emilienne RIBAUD et les dfts de la famille/Vts et dfts des familles GIRARDOT-KNOPF/ Colette PERNOT et son fils Jacques BELLEFLEUR/ Eric DESGRANGES et les dfts de la famille/Maurice SIPRA, Louis, Julia RAMBOZ et les dfts de la  famille/Raymond GRANDJEAN/Sœur Marie-Roseline /Robert et André PIOZ, les dfts de leur famille et belle-famille /Robert Pierre et sa marraine Alice/Jean TISSERAND et les familles TISSERAND-VUILLAUME/Albert, Marie-Thérèse, Bernard FAIVRE et les dfts des familles FAIVRE-COURQUET/Monique et André GALMICHE et leurs parents dfts /Vts et dfts des familles MEMBREY-COINTET-GOUDEY, Michel  COCAGNE /Vts et dfts des familles ROHR-THUEILLON-COURVOISIER/Vts et dfts des familles LAROCHE-BOLOT-DIRAND/Marie-Thérèse PEROZ, son fils Michel,  vts et dfts des familles LAROYENNE-PEROZ /Joël LEDEUR, les vts et dfts des familles LEDEUR-LAROCHE/ Henri, Bernard et Sylvie DESCHAMBENOIT/ Père Roger FEUILLETTE/Paul et Marie TAILLEUR et les dfts des familles TAILLEUR-DESCHAMBENOIT/René LEGRET, les dfts de sa famille / Christian ROY, son papa et les dfts de la famille/Marcel et Marie Louise DIRAND/François PERRIN et les dfts des familles.

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                                                                                 30ème dimanche ordinaire  29 octobre 2017

   Depuis plusieurs dimanches, l’Evangile nous montre comment les Pharisiens, c’est à dire les religieux juifs de l’époque, polémiquent avec Jésus pour essayer de le piéger avec des questions pleines de ruses. Le piège tendu à Jésus visait en particulier son enseignement et ses actes. Ses adversaires le voyaient accomplir chaque jour des œuvres de miséricorde ; il était très proche des blessés de la vie, des malades et des égarés. Il guérissait le jour du Sabbat. On lui reproche d’en faire trop au détriment de la loi de Dieu. D’où la question: ‘Quel est le plus important de tous les commandements ? » 

   Comme souvent, Jésus ne se laisse pas prendre et va même bousculer sa réponse. Pour lui, il n'y a pas le grand commandement. Il va en citer deux et les souder ensemble : ici, 2=1 !

   Avant d'écouter Jésus, prenons la peine de répondre personnellement à cette question : « quelle est ma priorité ? Quelle est ma première valeur ? » Et puis, demandons-nous ce que répondrait le citoyen moyen ? Il y a gros à parier que beaucoup répondrait du côté de la solidarité, de l'amour du prochain. Mais ce n'est pas toute la réponse de Jésus. Ecoutons-la intégralement.

   Jésus n'a pas eu à réfléchir. Sa réponse a fusé de ce qu'il vit, à tout moment. Il est l'homme totalement et spontanément tourné vers Dieu, décentré de lui-même et centré sur un autre. Il est le Fils par excellence. « Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé ». Oui, le premier, le grand amour de Jésus, c’est avant tout : aimer  Dieu, son Père : ‘’l’aimer de tout son cœur, toute son âme et de tout son esprit’’.

   Une attitude d'amour envers Dieu n'est pas opposée à l'homme. L'amour de Dieu engage déjà tout notre être : « cœur, âme et esprit. » Jésus a vécu cet amour en remettant sa vie entre les mains de Dieu, jusqu'à la croix. Parce Dieu a un tel respect pour l'homme, qu'il s'est fait l'un de nous. 

   Car Dieu est Père de tous les hommes, sans distinction de race ou d'appar-tenance. Dans sa mort sur la croix, le Christ a embrassé toute l'humanité, et désormais tout homme, quel qu'il soit, est de la chair et du sang du Christ. Tout être humain est ainsi notre propre chair : « Si tu partages le pain que Dieu te donne avec celui qui est ta propre chair… »

   Jésus, en sa personne, fait de ces deux lois une seule réalité inséparable. « Dans la mesure où vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait. » (Matthieu 25/45) « Si quelqu'un dit : "J'aime Dieu" et qu'il déteste son frère, c'est un menteur : celui qui n'aime pas son frère, qu'il voit, ne saurait aimer le Dieu qu'il ne voit pas. » (1 Jean 4/20).

   La première lecture nous rappelait : «Tu ne molesteras pas l'étranger ni ne l'opprimeras car vous-mêmes avez été étrangers dans le pays d'Egypte. Vous ne maltraiterez pas une veuve ni un orphelin. » (Exode 22, 20-21). Pécher contre le prochain, c'est pécher contre Dieu.

   Cet appel à aimer Dieu et le prochain nous rejoint actuellement dans un monde dur et violent. Tous les jours, on nous parle de guerres, de violences et d’exécutions sommaires. Tout cela est absolument intolérable

   Jésus ainsi humanise l'amour de Dieu et divinise l'amour du prochain. ‘’Dieu s’est homme pour que l’homme soit fait Dieu’’ disait St Irénée. Si pour nous, le sens de l'homme est plus accessible, insistons sur le sens de Dieu dans nos vies. Si, par contre, le sens de Dieu est plus spontané, alors, veillons à  ne pas occulter notre engagement au service des autres. Dieu et l'homme, pour Jésus, sont l'objet du même amour.

   Un jour, Mère Teresa de Calcutta a donné le témoignage suivant à une sœur qui venait de lui faire part d’un problème difficile. Elle décide que désormais, la communauté passerait une heure de plus en adoration devant le Saint Sacre-ment. Car, ‘’c’est auprès du Seigneur que nous apprenons à aimer comme lui et avec lui’’.

   Avant de célébrer l’Eucharistie, nous pouvons faire monter vers le Seigneur cette prière de Saint François :
            « Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix,
             Là où est la haine, que je mette l’amour.
             Là où est l’offense, que je mette le pardon.
             Là où est la discorde, que je mette l’union.
             Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
             Là où est le doute, que je mette la foi.
             Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
             Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
             Là où est la tristesse, que je mette la joie. »  Amen.

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29° DIMANCHE ORDINAIRE – Lure, 22 Octobre 2017

   Ces textes que nous venons d’entendre nous interpellent.. Ils nous rappellent l’importance que nous avons aux yeux de Dieu et le rôle que nous avons auprès des autres ; ce sont les paroles de la première lecture : « Je t’ai appelé par ton nom. Je t’ai donné un titre ; je suis le Seigneur et il n’en est pas d’autre. » Cette bonne nouvelle a été annoncée à un peuple qui vient de passer 50 ans en exil sur une terre étrangère. Ce peuple anéanti et humilié va pouvoir retrouver sa dignité et sa fierté. Ce qui est extraordinaire, c’est que Dieu se sert d’un roi païen pour réaliser son projet de salut. Cyrus, roi de Perse est devenu l’homme providentiel qui permettra au peuple d’Israël de retrouver sa terre.

   À travers ce texte du prophète, nous entrevoyons un autre libérateur : il s’agit de Jésus lui-même. Avec lui, ce n’est pas seulement Israël qui est sauvé. Il est venu pour tous les peuples du monde. Il nous voit plongés dans notre péché, loin de Dieu. Il a livré son Corps et versé son Sang pour nous et pour la multitude. Il veut associer tous les hommes à sa victoire sur la mort et le péché. La journée missionnaire est là pour nous rappeler à être missionnaires.

   Nous sommes envoyés pour annoncer « la joie de l’Évangile » ; c’est l’appel que nous adresse le pape François : « la joie de l’Évangile remplit le cœur de ceux qui rencontrent Jésus. » C’est cette joie que nous avons à communiquer et à rayonner dans ce monde qui en a bien besoin. Devant ce désert spirituel, la tentation est grande de se décourager et de dire que ça ne sert à rien. Mais dans ce désert, « il faut des hommes de foi, qui par l’exemple de leur vie, montrent le chemin vers la Terre promise et ainsi, tiennent en éveil l’espérance ». (Pape François)

   C’est de cette espérance que Paul témoigne dans la 2ème lecture ; il découvre chez les chrétiens de Thessalonique une foi active. Il a annoncé l’Évangile à des gens qui ne le connaissaient pas. Ces païens ont accueilli la Bonne nouvelle et se sont convertis à Jésus Christ. Mais il découvre que le principal travail, c’est Dieu qui le fait dans le cœur des hommes.

   Cette annonce de l’Évangile n’a pas été facile pour les envoyés. Ils se sont trouvés affrontés à des gens qui ont cherché à le discréditer. C’est ce qui s’est passé pour Jésus tout au long de son ministère. Dans l’Évangile d’aujourd’hui, nous voyons les pharisiens et les partisans d’Hérode se mettre d’accord pour lui tendre un piège ; ils commencent par faire l’éloge de sa franchise, de sa rectitude et de son intégrité ; mais ce langage flatteur vire progressivement vers un complot contre Jésus: « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur César ?»

   Ces oppositions Dieu et César sont toujours d’actualité : la tentation est grande de mettre hors circuit ceux qui nous remettent en question et nous poussent à changer. Quand la parole de l’Église nous dérange, on fait tout pour la discréditer. Mais rien ne doit arrêter l’annonce de la bonne nouvelle. Le Christ compte sur chacun de nous pour être les témoins et les messagers de ces paroles de la Vie Éternelle.

   Dans l’Évangile de ce jour, Jésus remet les choses « à l’endroit » : « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Certains pourraient croire que Jésus nous invite à un partage clair entre les deux domaines. Pour beaucoup c’est « la semaine à César et le dimanche à Dieu ». Mais ce n’est pas cela que Jésus nous demande. Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, « c’est reconnaître, face à n’importe quel type de pouvoir que Dieu est le Seigneur de l’homme et qu’il n’y en a pas d’autre » (pape François). Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c’est s’ouvrir à sa volonté et coopérer à son Royaume de miséricorde, d’amour et de paix. »

    Rendez à César ce qui lui appartient et à Dieu ce qui lui revient. Nous savons que les empereurs romains se faisaient vénérer comme des dieux. C’est vrai encore aujourd’hui. Des hauts placés se prennent pour le « Dieu ». Parfois, on fait appel à eux ; on accepte des compromissions qui ne sont pas toujours en accord avec notre conscience. Quand l’argent est roi, les règles du jeu sont faussées.

   Rendre à César ce qui est à César, c’est participer à l’organisation de la société dans laquelle nous vivons, c’est assainir les relations en les fondant sur la loyauté, c’est assumer nos tâches dans les divers domaines de la vie sociale, économique et familiale. Nous avons tous à lutter pour que la dignité des plus pauvres soit reconnue et respectée. C’est dans ce monde tel qu’il est que nous sommes envoyés comme messagers de l’Évangile. À l’occasion de cette semaine missionnaire, nous sommes mis devant nos responsabilités. Le Christ nous veut en état de mission quels que soient notre et notre situation.

   En célébrant cette Eucharistie, nous voulons, Seigneur, te rendre ce qui te revient. Nous t’offrons tous les actes de foi, d’espérance et de charité qui émaillent de nos vies et de celles de tous nos frères. Avec toi nous nous engageons à tout faire pour que l’amour l’emporte sur la haine et la violence. Sois avec nous pour que l’Évangile soit annoncé dans le monde entier. Amen

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28° DIMANCHE ORDINAIRE (A)  - Vouhenans – Lure 2017

La grande nouvelle de ces textes que nous entendons, c’est que l’amour de Dieu est universel, sans réserve ! Dieu aime non seulement son peuple choisi, mais toute l’humanité qu’il veut convier à connaitre la joie de son Royaume. C’est de tout temps son projet, son espérance, sa joie ! Il veut ouvrir à tous les portes de son Royaume : Royaume, que Jésus, dans l’Evangile compare à ‘’un festin de viandes grasses et de vins capiteux’’ en un mot, un vrai, un grand repas de noce où tout le monde est invité. Peut-on refuser une telle invitation ?

Mais voilà, tout le monde ne l’entend pas de cette oreille ! Dans la parabole que Jésus raconte, il s’avère que les grands prêtres et les pharisiens refusent l’invitation : on n’a pas le temps, on a d’autres engagements...disent les uns, d’autres vont même jusqu’à maltraiter et  assassiner les émissaires du roi…Bref ! Ils s’excluent volontairement de la fête. Et cela déçoit particulière-ment Dieu qui alors, va envoyer des invitations à tout va, aux croisées des chemins, sur les périphéries…Et là, les invités affluent. Cela fait la joie de Dieu. Il y a des réponses favorables.

Cependant, on peut être heurté par la finale de cette parabole. En effet, il y a cet homme invité lui aussi à l’improviste comme les autres, mais que le roi rejette pour n’avoir point sur lui le vêtement de noce…Cela nous parait injuste. C’est vrai, cela serait injuste si on prend tous les détails de cette histoire à la lettre. En fait, St Matthieu veut dénoncer ici les tricheurs, ceux qui prennent prétexte de la grâce de Dieu sans nul égard pour tant d’amour et de largesse, sans un désir réel de conversion, sans adopter les mœurs de Dieu, sans avoir un certain appétit, une certaine compréhension de Dieu.  En chassant l’homme qui ne porte pas le vêtement de noce, le roi veut nous signifier que si tout le monde est invité, on ne peut pas accueillir le Royaume de Dieu uniquement en ‘’consommateur’’. Il faut en plus, prendre les manières, les habitudes du Royaume, c’est-à-dire les façons, les comportements du Christ, travailler comme lui à bâtir un monde plus fraternel. On n’ira pas tous au paradis les mains dans les poches ! Un simple certificat de baptême ne suffit pas ! J’entends ici l’appel de St Jean Paul II lors d’un voyage apostolique qu’il faisait dans notre pays : ‘’France, fille aînée de l’Eglise, qu’as-tu fait de ton baptême ?’’ Souvenons-nous qu’à notre Baptême ’’nous avons revêtu le Christ, nous sommes tous unis à lui’’.

Une conséquence qui découle de cette parabole, c’est le rôle de l’Eglise dans ce monde. Si Dieu lui-même ne cesse de sortir pour aller à la rencontre des hommes et leur proposer la vie éternelle, l’Eglise doit éviter de s’enfermer sur elle-même, Elle se doit d’être ‘’une Eglise en sortie’’. Elle se doit d’être missionnaire. Oui, ne soyons pas des conformistes de la Foi, en semble : ‘’Osons la mission !’’ Le pape François, dans son exhortation apostolique : La Joie de l’Evangile, écrit ceci : ‘’L’intimité de l’Eglise avec Jésus est une intimité itinérante, et la communion ‘’se présente essentiellement comme communion missionnaire’’. Fidèle au modèle du maître, il est vital que l’Eglise sorte pour annoncer l’Evangile à tous, en tous lieux, en toutes occasions, sans hésitation et sans peur. La joie de l’Evangile est pour tout le peuple, personne ne peut être exclu’’.

La mission, elle s’étend au monde entier, certes, mais elle commence chez nous dans un contexte où le matérialisme ambiant détourne bien des cœurs, bien des consciences de la proposition de Dieu ! Alors, n’ayons pas peur de prendre notre bâton de pèlerin, de prendre les chemins qui conduisent à Dieu…Chemins de l’Evangile que beaucoup ont lu en diagonale, chemins de la prière assidue, ensemble, en communauté, en famille aussi avec les valisettes, chemins du témoignage et de la solidarité avec tous ceux qui nous regardent ou qui sont dans la nécessité…Que cette eucharistie à laquelle nous participons, nous stimule, nous donne force et courage ! Qu’elle mette davantage en appétit du Royaume et nous donne l’audace d’oser ensemble la mission’’ Amen.

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                                                                                           26° Dimanche ordinaire (A) - 2017  Vy les Lure

Que pensez-vous de ceci ? Un homme avait deux fils...

   Ainsi commence l’évangile d’aujourd’hui. A bien regarder, ces deux fils nous ressemblent : ils sont notre cœur qui tantôt dit oui, tantôt dit non ; qui souvent dit oui en parole, mais non en acte ; mais qui parfois dit non, puis se ravise. Notre cœur est souvent partagé, versatile. Comme le disait saint Paul : « Je fais ce que je ne veux pas et ce que je veux, je ne le fais pas ».

   N’est-ce pas l’un des drames de notre société moderne ? La parole donnée cesse d’être tenue et traduite en actes Nous ne faisons plus guère confiance aux discours des politiques, aux promesses des publicitaires, aux commentaires des  journalistes et, hélas même, de certains responsables de l’Eglise. La confiance dans nos représentants et dans nos institutions se fragilise. Même dans la vie familiale, tout paraît incertain et précaire.

C’est dans ce contexte que nous entendons cet appel de Jésus : « Va travailler aujourd'hui à ma vigne. »Ce ‘’va travailler’’ s’adresse à chacun.  Travailler à la vigne c’est travailler à rendre notre monde meilleur par des gestes concrets. Comment ? L’évangile demande des choses très simples : un peu de tendresse, un sourire, un geste de solidarité, une visite, du temps consacré, un peu d’argent. Aller à la vigne, c’est aller à l’autre, vers les autres.

   Aujourd’hui, Jésus s’adresse à des gens qui prétendent être les meilleurs : ils se considèrent comme l’élite du peuple : c’est vrai qu’ils respectent la loi jusque dans les moindres détails. Mais derrière ce paravent de scrupuleuse perfection, Jésus dénonce une grave infidélité à l’essentiel de la Parole de Dieu : ils sont persuadés de leur qualité religieuse ; ils se sont fermés aux appels à la conversion de Jean Baptiste et à ceux de Jésus. De plus, ils n’ont que critiques et mépris et à l’égard des pécheurs. Il est peut-être bon de se rappeler une autre parole de Jésus : ‘’Qu’as-tu à regarder la paille qui est dans l’œil de ton frère, alors que tu ne vois pas la poutre qui est dans le tien !’’

   Autour de nous, il y a des mal-croyants notoires, des gens de mauvaise vie, voleurs et tricheurs, des femmes qu’on dit perdues : Au temps de Jésus, les uns et les autres étaient considérés comme irrécupérables. Or voilà qu’il en existe qui  accueillent l’annonce du Salut : ils se convertissent et changent de vie. Leur « non » est devenu un « oui » parce que, à un moment donné de leur vie, ils ont cru à l’amour de Dieu qui les ouvrait à un avenir nouveau.

   Jésus voit ce qu’il y a dans le cœur de chacun : il accueille le pécheur qui revient à Dieu. Des publicains et des prostituées ont commencé par répondre non à cet appel, mais ils se sont convertis. Ils ont accueilli Celui qui pouvait donner un sens à leur existence. Cette rencontre avec Dieu a complètement changé leur vie. Tout au long des Évangiles et dans l’histoire de l’Église, nous découvrons que les grands témoins de la foi sont des pécheurs pardonnés.

   Au-delà des grands prêtres et des anciens, Jésus s’adresse aussi à chacun de nous ; c’est à nous qu’il pose la question : « Lequel des deux a fait la volonté du Père ? » La réponse nous appartient mais il ne faut pas oublier d’en tirer les conséquences : nous ne pouvons pas nous contenter de bons sentiments, de superbes résolutions, d’ardentes prières… il en faut bien sûr, mais si les actes ne suivent pas, nous ne sommes pas convertis. Une simple visite à un malade compte plus qu’un beau discours sur la maladie ; un pardon donné a plus de poids qu’une dissertation sur la paix.

   En ce jour, nous entendons la Parole du Père : « Mon fils, va travailler aujourd’hui à ma vigne ! » Cette vigne c’est le Royaume de Dieu, Royaume d’amour, de justice et de paix. C’est là que Dieu veut rassembler tous les hommes, y compris ceux qui sont loin de lui. Cette bonne nouvelle que nous accueillons pratiquement dans chaque Eucharistie, doit être proclamée dans le monde entier.

   Travailler à la Vigne du Seigneur, c’est participer à cette œuvre de rassem-blement, c’est témoigner de la foi et de l’espérance qui nous habitent. Baptisés, nous sommes tous envoyés dans ce monde pour y être des messagers de l’Évangile. C’est à notre amour que nous serons reconnus comme disciples du Christ.

   Nous allons célébrer ensemble cette Eucharistie : qu’elle soit pour chacun de nous le lieu du repentir qui précède un engagement plus vrai dans la vigne du Seigneur. Amen.

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25° Dimanche Ordinaire (A) - Magny Vernois – Servance 2017

Que penser de cet Evangile ?

Que penser aujourd’hui d'une entreprise où ceux qui travailleraient à temps partiel gagneraient autant que ceux qui seraient occupés à plein temps ? Et que dire d'un tour de France où la  lanterne rouge ne recevrait pas moins que le maillot jaune ? Ou d'un dix mille mètres où le dernier obtient lui aussi une médaille d'or ? Ce serait absurde ! Complètement fou ! Ce serait un monde à l'envers ! C'est pourtant la conclusion qu'on pourrait, à première vue, tirer de cette petite histoire racontée par Jésus. A vrai dire, quel message veut-il nous faire passer ?

   Le propriétaire de la vigne, personnage central de la parabole, adopte une double conduite. Il observe la justice à l'égard des premiers embauchés en leur promettant un denier, une pièce d'argent, ce qui est un juste salaire pour une journée de travail. Propriétaire et ouvriers se sont ‘’mis d’accord’’  (Donc : marché conclut !) Et le premier devoir, c'est de tenir parole, d'être juste. Sans justice, rien de solide et de vrai ne peut être construit. Aux hommes qu'il a recrutés pour sa vigne, le propriétaire a versé une rétribution tout à fait correcte.

   Mais tout devient étonnant lorsque nous le voyons remettre aux derniers une somme dont la part de salaire est faible. Le reste, la plus grande part, c'est du don pur et simple, de la générosité, de la bonté.

   Le propriétaire de la vigne obéit à deux logiques : la logique de la raison, et c'est la justice ; la logique du cœur, et c'est le don. Toutes deux sont nécessaires. Il faut être juste. Mais, tout autant il faut être bon. Il faut laisser parler sa tête autant que son cœur.

   Et tout ceci nous permet de commencer à répondre à l'appel du prophète Isaïe entendu dans la première lecture:« Cherchez Dieu ». Dieu ne règle pas sa conduite sur une justice purement humaine. Il aime aussi les derniers venus, les retardataires, les sans mérites.

   Sommes-nous des ouvriers de l'aube ou des ouvriers de la 11e heure ? Qui peut se vanter d'avoir toujours été fidèle ? L'important, c'est  que nous recon-naissions Dieu comme celui qui le premier nous a aimés. « Ses pensées sont au-dessus de nos pensées». Nos pensées sont entachées d'égoïsme, de jalousie ou d'ambition, tandis que celles de Dieu sont toujours débordantes de sa bonté. Si nous voulons trouver Dieu, il faut nous laisser faire par lui, Lui qui veut nous apprendre à être à la fois rigoureusement justes et gratuitement bons.

   Nous avons entendu le cri admirable de St Paul, dans la 2° lecture « Pour moi vivre, c'est le Christ ! » Admirable cri de saint Paul ! D'une certaine façon, il ne cherche plus, car il a trouvé Dieu en Jésus Christ. Pourtant il hésite à devoir quitter ce monde, à cause du souci qu'il se fait pour ses frères. La meilleure manière de trouver Dieu, c'est encore la charité fraternelle. « Cherchez Dieu », oui, mais sans oublier que nous le trouverons d'autant mieux que nous serons comme lui ouverts et à la justice et à la miséricorde.

   Finalement, l’important c’est d’entendre cet appel que le Seigneur nous adresse inlassablement tout au long des jours et des années : « Allez, vous aussi, à ma vigne. » Cette vigne, c’est un symbole très fort. Pour l’Évangile, c’est le Royaume de Dieu. Jésus en est le cep et nous sommes les sarments. Il faut absolument que cette vigne produise du fruit. C’est en vue de cette mission que Dieu appelle des ouvriers. Travailler à la vigne du Seigneur c’est témoigner de l’espérance qui nous anime. Nous sommes envoyés vers ceux et celles qui nous entourent, en particulier vers ceux qui sont blessés par les épreuves de la vie, la violence, la maladie, les catastrophes naturelles.

   Travailler à la vigne du Seigneur consiste à tout faire pour redonner joie et espérance à ceux qui en manquent, c’est être artisan de paix, d’unité et de réconciliation, c’est tout faire pour que nos communautés deviennent plus vivan-tes et plus fraternelles. À travers notre accueil, nos paroles et nos actes, ceux qui nous entourent doivent pouvoir découvrir quelque chose de la bonté de Dieu. Ils sont nombreux ceux et celles qui doutent et qui cherchent un sens à leur vie. Ils ont besoin de rencontrer sur leur route de vrais témoins de la foi, sinon ils s’égareront.

   En réponse à cet engagement, le Christ nous promet « ce qui est juste. » Dans notre esprit, il s’agit d’un salaire proportionnel au travail accompli. Celui qui travaille plus doit gagner plus. Mais la justice de Dieu n’a rien à voir avec cette conception distributive. Elle est fondée sur l’amour, un amour sans limite qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Le salaire qu’il promet, c’est d’être tous avec Jésus dans son Royaume. De ce fait, il est forcément le même pour tous. Il ne faudrait pas croire qu’en raison de nos mérites, nous avons des droits sur Dieu. Dieu ne nous donne pas en fonction de nos mérites mais en fonction de son amour qui est sans limite.

Puisse notre foi de croyant passer de la logique de la raison à celle du cœur, de la logique de la justice à celle du don. Amen.

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   24° Dimanche Ordinaire (A) - Lure 2017    

 Qui de nous n’a jamais eu de la rancune et de la colère contre quelqu’un qui nous a fait du mal ?

Nous sommes, là, sur un terrain bien familier !  La rancune est une plante bien enracinée dont les fruits sont la colère et la vengeance. Je ne crois pas trop me tromper en pensant que faire payer au centuple l'offense ou le tort, parfois imaginaire même, habite tout autant le cœur de chacun !.

Pour un problème de clôture, c'est la tension qui monte. Pour un arbre coupé, cela  suffit à ruiner des années d'amitié. Combien d’affaires d'héritage transforment un deuil familial en affrontements destructeurs. « Il est des choses qui sont impar-donnables et qu'on n'oubliera pas », disent les gens.

On entre alors dans une spirale qui peut être terrible de haine et de violence !

On est mal ! On devient acteur du mal !

On vient d’entendre des textes qui nous invitent à combattre cette spirale, à aller à contrecourant de la maladie de la violence en recherchant avant tout les chemins qui conduisent à la paix. Ce qui nous est recommandé, c’est d’oser s’exercer à vivre le pardon. Il y a d’abord un sacrement pour cela. Quel dommage que très peu y ont recours ! Le Pardon n’est certes pas facile ! Mais pour qui s’y ose, cela change tout. Il s’agit de toujours rechercher ce qui peut nous permettre d’éviter les affrontements. On n’est pas fait pour se battre, mais pour s’aimer. Quand Dieu a créé l’homme, Adam et Eve, l’auteur du livre de la Genèse dit : ‘’Quand Dieu a vu l’œuvre qu’il avait accomplit, ‘’c’était du très bon.’’ Nous sommes le ‘’Très bon’’ de Dieu que malheureusement, à cause du péché, nous avons abimé, altéré !

Dans le mot pardon, il y a le mot ‘’don’’. Nous avons tous des dons. Un don , c’est une qualité qui doit nous servir à être bon à être fraternel, bon vivant. La méchanceté, c’est le contraire. Qui voulons-nous servir ?  Toute la question est là.

Dans la prière du Notre Père, nous demandons au Seigneur : ‘’Pardonne-nous nos offenses comme nous pardons aussi à ceux qui nous ont offensé…’’ Comment Dieu peut-il nous pardonner si nous ne faisons pas l’effort de pardonner nous aussi à celui ou à celle qui m’a fait du mal ? Si je retourne la formule, ça veut dire à peu près ceci : Seigneur, donne-moi autant de coup de poing que moi-même j’en donne aux autres !

Le pardon, j’ai coutume de penser que c’est le baromètre de l’amour : Plus ion pardonne, plus on aime : le baromètre est au beau fixe : c’est soleil, il fait bon vivre.

Moins on pardonne et plus ça bat froid, ça devient invivable et c’est alors que les conflits s’enveniment.

Si le mal appelle le mal, n’oublions pas que le bien appelle le bien. C’est alors que l’on comprend mieux la parole de Jésus ‘’Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés’’.

On comprend pourquoi Jésus répond à Pierre ce n’est pas 7 fois qu’il faut pardonner mais 70 fois 7 fois… Ce qui revient à dire : toujours !

On ne pardonne pas pour oublier… On pardonne pour ne pas recommencer et tenir compte de l’expérience négative vécue.

En ce weekend où nous mettons en valeur le patrimoine, n’oublions pas celui de notre Foi transmise par nos parents, par l’Eglise. N’oublions pas que celui qui nous demande de conserver le patrimoine de l’amour, C’est le Christ ! En visitant les églises, les cathédrales, souvenons-nous que tous ces édifices ont été érigé pour rendre gloire à Dieu, et pour pouvoir nous rassembler et grandir en fraternité sous son regard bienveillant. Dieu est patent, bienveillant, il sait avoir pitié de nos détresses et de nos difficultés à nous entendre vraiment. Il est lent à la colère et plein d’amour. Enracinons en nos cœurs ses mêmes sentiments et attitudes. C’est avant tout une question de cœur. Osons le défi du pardon libérateur ! Amen.

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 23° Dimanche ordinaire - 2017 Chenebier – Ronchamp – Ternuay 

   Les textes bibliques de ce jour veulent nous aider à mieux vivre en Église. Ils nous parlent de la correction fraternelle qui est une composante de la vie fraternelle. Dans la première lecture, nous lisons que le prophète Ézéchiel reçoit la mission de guetteur pour la Maison d’Israël. Dieu ne lui demande pas d’espionner ni de surveiller ses proches. Il lui demande simplement d’être attentif. ‘’On surveille au nom de la Loi, mais on veille au nom de la tendresse.’’Le vrai guetteur veille sur les autres, en particulier sur ceux qui risquent de s’orienter vers des chemins de perdition. La mission de l’Église, notre mission, n’est pas de se sauver mais de sauver le monde.

   Dans sa lettre aux Romains, Saint Paul nous apporte un éclairage nouveau ; il nous parle de la dette de l’amour mutuel : « L’amour ne fait rien de mal au prochain. » C’est l’amour qui doit être au cœur de nos relations humaines, que ce soit dans l’Église ou dans la société. En nous disant cela, saint Paul sait de quoi il parle : dans un premier temps, il avait eu une attitude rigide et écrasante pour les autres ; il en était venu à être un persécuteur acharné des chrétiens. Ce qui l’a sauvé, c’est la découverte de l’amour miséricordieux du Christ Sauveur. Plus un amour est grand, plus on voit ce qui l’offense.

   Dans son Évangile, saint Matthieu nous parle de la correction fraternelle à l’intérieur de la communauté des croyants. Il nous dit ce que nous devons faire quand un chrétien a mal agi. Jésus nous enseigne que si mon frère commet une faute contre moi, s’il m’offense, je dois faire preuve de charité envers lui. Je dois lui parler personnellement en lui expliquant que ce qu’il a fait n’est pas bien. Il ne s’agit pas de le corriger ni de lui faire la morale. Le Seigneur nous envoie vers lui pour témoigner de l’amour qui est en Dieu. Notre mission n’est pas de soup-çonner, d’épier le pécheur mais de lui montrer le chemin qui peut le sauver.

   Et s’il ne m’écoute pas, Jésus suggère une intervention progressive, d’abord deux ou trois personnes, puis la communauté de l’Église. « S’il n’écoute pas la communauté, considère-le comme le païen et le publicain. » (quand on sait l’accueil de Jésus pour les païens et les publicains, cela laisse présager qu’il y a toujours une chance à saisir).  Ce n’est pas la condamnation finale qui exclut le pécheur. C’est lui qui s’est mis en dehors. Mais la communauté va tout faire pour le porter dans sa prière et le ramener à Dieu. Nous connaissons tous la parabole de la brebis perdue. L’Évangile nous dit que son maître fait tout pour la retrouver. Notre mission c’est de participer activement à cette œuvre du Seigneur.

   Tout cela suppose une attitude de délicatesse, de prudence, d’humilité et d’attention à l’égard de celui qui a péché. Nous devons éviter les mots qui peuvent tuer ou blesser notre frère. Quand je dis du mal, quand je dis une critique injuste, quand j’écorche mon frère avec ma langue, cela signifie que je peux tuer la réputation de l’autre. C’est vrai, les paroles peuvent tuer. Nous devons tout faire pour éviter la clameur du fait divers et le commérage de la communauté. St Jacques dit : ‘’ Si quelqu’un croit être un homme religieux, alors qu’il ne sait pas mettre un frein à sa langue, il se trompe lui-même, sa religion ne mène à rien.’’(1/26)

   Le but c’est d’aider la personne à se rendre compte de ce qu’elle a fait : par sa faute, elle n’a pas seulement offensé une personne. C’est toute la communauté qui est éclaboussée par le contre témoignage qu’elle a donné. Mais nous devons faire preuve d’humilité en nous rappelant que nous aussi, nous sommes tous pécheurs. Nous avons tous besoin du pardon. La correction fraternelle est un service que nous pouvons nous rendre les uns aux autres. Nous en avons tous besoin car nous aussi, nous commettons souvent des erreurs.

   C’est pour cette raison qu’à chaque messe, nous sommes invités à reconnaître devant le Seigneur que nous sommes pécheurs. Nous le disons avec des mots et des gestes : « Prends pitié de nous, Seigneur ». Nous ne disons pas : « prends pitié de celui qui est à côté de moi parce qu’il est pécheur » mais « prends pitié de moi ». Nous sommes tous pécheurs et nous avons tous besoin du pardon du Seigneur. Et surtout, n’oublions pas cette parole de saint Paul : « Là où le péché a abondé, la miséricorde a surabondé ».

   Cet Évangile se termine par un appel à nous unir dans la prière. Quand nous sommes réunis en son nom, Jésus est là. Il est présent aujourd’hui dans l’Eucharistie qui nous rassemble. Il nous rejoint pour mettre son amour divin en nos cœurs de pécheurs. C’est avec lui que nous pourrons refaire la communion qui est cassée. Et surtout, n’oublions jamais que pour gagner tous ses frères, Jésus s’est donné jusqu’au bout, jusqu’à la mort sur une croix. Alors « aujourd’hui, demain, ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur ! » en la vivant concrètement. Amen

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22° Dimanche Ordinaire (A) - St Germain –Ronchamp – Melisey 2017

   Les textes bibliques de ce dimanche sont un appel à suivre les pensées de Dieu qui ne sont pas celles des hommes. C’est ce qui s’est passé pour le prophète Jérémie. Dieu lui a confié une mission extrêmement difficile. Il a été envoyé pour appeler le roi, les prêtres et le peuple à se convertir. Il leur annonce de la part de Dieu que leurs fautes auront des conséquences dramatiques. À plusieurs reprises, le prophète a essayé de se soustraire à cette mission qui lui a causé bien des ennuis. Mais c’est comme un feu dévorant qu’il ne peut maîtriser. Il a été séduit par plus grand que lui. Dans toutes nos épreuves, le Seigneur nous apprend à nous abandonner avec amour à lui.

   Dans la seconde lecture, nous avons le témoignage de Paul. Nous savons qu’au départ, il pensait sauver l’honneur de Dieu en persécutant les chrétiens ; mais un jour, il a été saisi et entièrement transformé par le Christ. Il a abandonné ses certitudes pour s’ajuster au vrai Dieu qui est amour. Aujourd’hui, il nous recom-mande de ne pas prendre pour modèle le monde présent. Ce qui est important, ce n’est pas ce que nous pouvons penser mais ce que le Seigneur nous dit dans son Évangile ; c’est pour nous un appel à renoncer aux idées du monde et à changer nos cœurs et nos esprits afin de pouvoir discerner la volonté de Dieu.

   Avec l’Évangile, nous arrivons à un moment crucial de la vie de Jésus : il vient de vérifier que Pierre et les autres disciples croient en lui comme Messie. Mais nous nous rappelons que cet évangile se terminait par la consigne du silence. Aujourd’hui, nous comprenons mieux pourquoi. C’est vrai, Jésus est le Messie, le Fils du Dieu vivant. Mais dans l’esprit de Pierre, il y a une confusion : Comme la plupart des gens de son pays, Pierre attendait un Messie qui prendrait le pouvoir et chasserait l’occupant romain de son pays. Or voilà que Jésus annonce qu’il doit « partir à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des prêtres et des scribes, être tué et le troisième jour ressusciter ». Jésus est un Messie qui va mourir de mort violente. Le supplice de la croix était la torture la plus terrifiante. Pour les juifs, c’était le sommet de la honte. C’était le signe visible de la malédiction divine.

   Nous comprenons la réaction de Pierre. Peu de temps auparavant, il avait vu Jésus transfiguré « sur la montagne sainte » et il avait entendu la voix du Père disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoutez-le. » Aujourd’hui, Pierre ne comprend plus. Il refuse le destin tragique d’un Messie promis à la croix et il le dit. Jésus le réprimande car ses pensées ne sont pas « celles de Dieu mais celles des hommes ». Sans se rendre compte, il joue le rôle de Satan, le tentateur. Il barre la route à Jésus au lieu de le soutenir et de marcher avec lui. Et nous trouvons là ce qu’on pourrait appeler le premier reniement de Pierre.

   Comprenons bien : La tentation d’aujourd’hui est terrible : Jésus doit se défendre contre ses amis les plus chers, en particulier contre Pierre. Croyant bien faire, ces derniers l’appellent sur un autre chemin que le chemin pascal. C’est alors que Jésus élargit son propos : Si Pierre a cette réaction c’est parce qu’il n’a pas compris ce que veut dire « être disciple ». Une mise au point s’impose. Il est impossible d’être sauvé sans accepter de « perdre sa vie » et de s’en remettre à Dieu. Ce sont les paroles mêmes de Jésus. Nous vivons dans un monde qui recherche la gloire, les honneurs et surtout l’argent. Mais le risque est grand d’oublier que nous sommes nés pour aimer. Dieu qui est amour nous a créés pour nous rendre participants à son amour. Il nous appelle à progresser dans l’amour et à offrir notre vie par amour pour Jésus.

   Cet évangile nous rejoint dans ce que nous vivons, en particulier dans nos tentations. Comme Pierre, il nous arrive souvent de nous éloigner des pensées de Dieu. Nous rêvons un peu trop d’une Église triomphante. Le pape François nous met en garde contre le risque d’être des « mondains » en nous laissant entraîner par les idées du monde. À ce moment-là, nous  devenons comme le sel qui vient à s’affadir. C’est ce qui se passe quand le chrétien vit dans la mentalité du monde. Là encore, le pape nous dit que ces chrétiens ressemblent à du vin coupé avec de l’eau. On ne sait pas s’ils sont chrétiens ou mondains. Ils sont comme le sel qui perd de sa saveur parce qu’ils sont livrés à l’esprit du monde.

   Voilà ces textes bibliques qui nous provoquent à nous ajuster à Dieu et à son projet. C’est une conversion de tous les jours qui ne sera possible que dans la méditation de l’Évangile chaque jour et dans la prière. Si nous le voulons bien, le Christ sera toujours là pour nous guider sur le chemin de la vie et nous accompagner dans notre lutte contre la tentation. Avec lui, les forces du mal n’auront jamais le dernier mot. Il en a été victorieux et il veut nous associer tous à sa victoire.

   C’est pour mieux répondre à cet appel du Seigneur que nous nous réunissons chaque dimanche pour célébrer l’Eucharistie. C’est là que nous nous nourrissons de la Parole et du Corps du Christ. Grâce au don qu’il nous fait, nous apprenons à ne pas nous conformer au monde mais à lui et à son amour. En lui, nous entrons dans une vie féconde source de joie et de partage, source de paix et d’amour. La Vierge Marie nous précède sur ce chemin ; laissons-nous guider par elle. Amen

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21° Dimanche Ordinaire 2017 - Genevreuile – Champagney – Servance

Pour vous, qui suis-je ?      

   C’est près de Césarée de Philippe, près des sources du Jourdain, là où la tradition fixait l'entrée de la Terre Promise que jésus interpelle ses apôtres :  Le Fils de l’homme qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? ” (Mt 16, 13) - Jésus pose ainsi à ses disciples la question de son identité. Qui est-il ? “Ils répondirent : Pour les uns, il est Jean-Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie, ou l’un des prophètes. ”(Mt 16, 14)L’opinion publique est partagée dans le détail, mais finalement unanime sur le fond : En effet, Jésus n’est pas un homme ordinaire : ses paroles, ses gestes font de lui une personnalité religieuse exceptionnelle. Dans les réponses données, sont cités les prophètes les plus prestigieux du passé. Aujourd’hui encore, la grande majorité des hommes reconnaît en Jésus une personnalité hors du commun.

   Mais toi, Jean-Pierre…Toi, Yves… Toi, Monique… Toi Françoise…que dis-tu de Jésus ? Pour toi, qui est Jésus ? Qui est pour moi le Seigneur ?  Cette question, chacun se doit de l’entendre. Je peux me dérober en donnant une réponse de catéchisme. Mais le Seigneur me regarde dans les yeux pour que je dise vraiment qui il est pour moi.

   Si nous ne l'avons pas reconnu comme notre Sauveur, envoyé par le Père… nous n'avons rien à dire, car il n'est “rien” pour nous ! Certains se disent croy-ants, de “grands croyants” même, mais n'ont peut-être pas compris que Dieu les voulait pierres vivantes de son Église. Pierres appuyées sur d'autres pierres, avec les apôtres pour fondations et le Christ comme pierre d'angle, pour devenir le temple saint de sa gloire.

   “Prenant la parole, Simon Pierre déclara: ‘’Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant” (Mt 13, 16)  C'est Simon qui prononçe les mots clés de la foi, donnant à Jésus sa dimension unique : ” Fils de Dieu vivant”

   La question de Jésus -comme toute question humaine d'ailleurs- provoque un vrai face à face. Elle oblige à dire ” je” et ” tu”, à exister l'un pour l'autre, l'un par l'autre. L'interrogation ne porte plus sur un savoir ; mais sur un engage-ment : elle engage deux vies.

  Pour la première fois,  Pierre vient d'affirmer en notre nom la foi pascale. Le premier parmi les apôtres, Pierre a reconnu Jésus comme le Fils du Dieu vivant. Et dès cet instant, il met une confiance indéfectible en Jésus, il est prêt à donner sa vie pour lui. Il aura un seul moment d'hésitation, le moment d'hésitation bien connu, au cours de la Passion.

   De son côté, le Maître a désormais une confiance totale en son ami Pierre, une confiance telle qu'il lui répond: sur toi, “je bâtirai mon Église, et la puis-sance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clefs du Royaume des cieux; tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux.” (Mt 13, 18-19) C'est la première fois que Jésus parle de l'Église, dont la mission est la mise en œuvre du dessein grandiose de Dieu de rassembler dans le Christ l'humanité entière dans une seule famille.

   Ainsi  Pierre est devenu le premier chef visible de l'Église dès l'instant où il a exprimé sa foi en Jésus, dès qu'il l'a reconnu comme le Fils du Dieu vivant. Aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est un pêcheur de Galilée qui devient le premier chef de l'Église. C'est à un pêcheur de Galilée qu'est donné le pou-voir d'introduire dans l'Église ou d'en exclure. Dans un geste de confiance inouï, Jésus vient de confier à un être humain, à un simple pêcheur qui a la foi, la direction de son peuple. Et pour la suite des âges, l'Église que nous sommes, la communauté des croyants, sera ainsi confiée à un chef visible.

   Il faut bien comprendre la portée du geste de Jésus. Il n'a pas donné à saint Pierre la propriété de l'Église!  La communauté des croyants appartient au Christ. C'est le Christ qui la convoque : c'est lui qui nous a convoqués ici. C'est le Christ qui la rassemble: c'est lui qui nous a rassemblés. C'est le Christ qui la bâtit : c'est lui qui a bâti le peuple que nous sommes. C'est le Christ qui l'inspire et la dirige: c'est lui qui nous conduit.

   La foi n'est pas “une croyance”, c'est un attachement confiant à quelqu'un. Puis-je dire que je suis attaché à mes parents, ou à un ami, quand je refuse de tenir compte de ce qu'ils me disent ? L'Église a reçu mission du Christ lui-même de nous accompagner sur les chemins du Royaume. L'Église ne nous parle pas pour nous maintenir sous son pouvoir, mais pour faire de nous des hommes libres ! Refuser de l'écouter c'est souvent se maintenir sous le pouvoir de forces obscures.

   Le ministère de Pierre, voulu par Jésus, nous rappelle que la Foi est un don qui nous vient de Dieu, et que nous ne pouvons pas l’inventer à notre convenance

Puisse notre communauté chrétienne être témoin par sa foi, sa charité et son espérance, de la présence et de  l’action dans le monde du Christ Sauveur. Amen.

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                                                                                                        20° Dimanche ordinaire (A) - 2017

 L'évangile de ce dimanche a quelque chose de détonnant. Nous y voyons Jésus se retirer dans la région de Tyr et Sidon. Ces deux villes font partie du Liban actuel. A l'époque, cette région était complètement étrangère à la religion juive. Les habitants étaient considérés par les juifs comme des marginaux et des païens infréquentables. Ils avaient même l'habitude de les traiter "comme des chiens". C'est dans ce contexte qu'il nous faut comprendre la rencontre des juifs avec la Cananéenne. Voilà donc cette femme qui se met à crier : "Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David. Ma fille est cruellement tourmentée par un démon". Pour cette maman, c'est vraiment un cri de souffrance. Elle est déchirée par la maladie de sa fille et elle cherche tous les recours possibles.

En cette période de vacances, nous pouvons penser à tous ceux qui souffrent chez eux ou dans leur chambre d'hôpital. D'autres vivent enfoncés dans la précarité et l'exclusion. La jeune cananéenne dont nous parle l'évangile est l'image des hommes loin de Dieu. C'est moi, c'est chacun de nous chaque fois que nous nous éloignons de lui. Le démon guette, toujours prêt à nous entrainer dans des maladies dont Dieu seul peut nous guérir. Aujourd'hui, nous sommes invités à crier vers le Seigneur : "Jésus, Fils de David, aie pitié de moi". Comme la Cananéenne, nous sommes invités à insister dans notre prière. Cette demande a besoin d'être purifiée : le vrai Dieu ne correspond pas à l'image que nous nous faisons de lui. Il n'est pas un guérisseur qui fait appel à des pouvoirs magiques. Il est le "Tout Autre".

Dans cette scène de l’Evangile, nous voyons la Cananéenne faire preuve d'une hardiesse inouïe. Elle est prête à tout pour sauver son enfant. Son cri de foi est tout à fait étonnant. N'oublions pas qu’elle est totalement étrangère à la religion d'Israël. De plus, elle ignore tout de la véritable identité de Jésus. Et pourtant, elle l'appelle "Fils de David" et "Seigneur". Ceux qui connaissent la Bible savent que ce sont là des titres divins. Après un premier refus de Jésus, elle insiste. Et quand elle entend qu'on ne peut pas "donner le pain des enfants aux petits chiens", elle a une réponse admirable : "C'est vrai, Seigneur, mais les petits chiens mangent les miettes qui tombent sous la table de leur maître."

En entendant cette parabole, nous pouvons penser à la parabole du "mauvais riche" et du pauvre Lazare. Ce riche faisait des festins somptueux. Au dehors, Lazare se serait bien contenté des miettes tombées de la table du riche. Mais ce sont justement les chiens qui venaient lécher les ulcères du pauvre Lazare. De son côté, Jésus ne peut pas se mettre dans la situation du riche qui repousse un exclu. Il est venu pour que tous les hommes aient la vie en abondance. Se tournant vers la Cananéenne, il lui dit : "Femme, ta foi est grande ; que tout se fasse pour toi comme tu le veux." Elle obtient gain de cause !

Il me semble que cet évangile nous adresse un appel de la plus haute importance : il nous interpelle sur la manière dont nous prions. Bien souvent, nous avons l'impression que Dieu ne nous entend pas. Nous nous heurtons à son silence. Nous avons beau insister, prier encore et encore ; mais nous ne recevons aucune réponse. Aujourd'hui, c'est la Cananéenne, une étrangère à la foi, qui nous montre le vrai chemin : Elle nous apprend une attitude : celle de la pauvreté du cœur : "Heureux les pauvres de cœur, ils seront rassasiés". Cette attitude nous rendra entièrement ouverts au don de Dieu ; Il nous promet de ne pas nous donner les miettes mais de nous faire asseoir à la table des enfants.

Quand St Matthieu a écrit son évangile, il s'adressait principalement à des juifs convertis. Des païens de tout bord adhéraient également à la foi. Parmi eux, il y avait aussi des anciens cananéens. Ils n'étaient pas toujours bien accueillis ; on les suspectait de manger le pain des judéo-chrétiens. Cette situation historique est dépassée aujourd'hui. Mais elle reste toujours d'actualité : aujourd'hui encore, des étrangers viennent frapper à la porte de l'Eglise. Nous les voyons lors des baptêmes, mariages ou sépultures, ils viennent aussi tendre la main…. Beaucoup sont "mal croyants", marginaux de la foi. Certains ont adopté des superstitions qui les laissent insatisfaits. Et puis, nous pensons aussi à tous ces baptisés qui, pendant des années, se sont éloignés de la foi. Mais le Seigneur s'arrange toujours pour les mettre sur notre route. Alors, nous pouvons nous poser la question : qu'avons-nous à leur offrir ? Des miettes ou du pain ?

En ce dimanche, l'Evangile nous invite à rectifier le regard que nous portons sur notre Dieu. Il n'agit pas que dans le cœur des bons catholiques pratiquants que nous sommes. Pour Jésus, il n'y a plus ni juifs, ni païens. Il y a une fraternité universelle dans la foi. "Jésus Christ est le Seigneur de tous les hommes". (Actes 10,36) C'est ce même message que nous trouvons dans la première lecture : "Ma maison sera appelée Maison de prière pour tous les peuples." Plusieurs siècles avant Jésus Christ, cette parole a dû faire l'effet d'une bombe car il était impensable que des étrangers puissent désormais appartenir au peuple de l'alliance. C'est l'amour universel de Dieu qui nous est annoncé. Il aime tous ses enfants comme un père. Il agit dans le cœur des étrangers comme dans celui de ses fidèles serviteurs. Prions-le dans ce sens !

Nous te louons, Seigneur, pour cet amour universel que tu portes envers tous. Dans l'Eucharistie, tu nous donnes "le Pain des enfants". Donne-nous d'accueillir en ton nom tous ceux et celles qui ont faim de ta présence. AMEN

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                                                                                                                             Assomption - 2017  Lure

   Comme chaque année, les chrétiens sont nombreux à se rassembler pour fêter l'Assomption de la Vierge Marie. Beaucoup ont choisi de se rendre à Lourdes, Fatima, La Salette et dans divers autres lieux de pèlerinages à travers le monde. Ensemble, en communion les uns avec les autres, nous nous tournons vers Marie pour invoquer sa protection. Dans la grande famille des chrétiens, elle joue un rôle maternel. C'est Jésus qui l'a voulu quand il était sur la croix. S'adressant à Jean, il dit "Voici ta mère". À travers lui, c'est l'ensemble des disciples qui sont confiés à l'amour maternel de Marie.

   Les lectures bibliques de ce jour nous apportent un enseignement de la plus haute importance. Nous avons tout d'abord le récit de l'Apocalypse de Saint Jean. C'est un texte écrit en période de persécution. C'est pour cette raison qu'il est écrit en langage codé et symbolique. Cette femme qui intervient dans l'histoire est d'abord la communauté juive restée fidèle à l'attente du Messie. C'est elle qui donne le jour à l'enfant promis, celui qui va sauver son peuple. Les forces du mal n'auront aucun pouvoir contre lui. Jésus ressuscité est vainqueur du mal et de la mort.

   L'apocalypse nous parle d'un énorme dragon, rouge feu. L'auteur de ce livre ne donne aucune précision sur ce dragon. Est-ce Lucifer, l'ange révolté ? L'empereur Romain qui persécute les chrétiens ? Ou tout simplement chacun de nous avec ses tendances égoïstes. En fait, c'est sûrement les trois en même temps. Les chrétiens persécutés sont prévenus que la vie chrétienne est un combat de tous les jours contre les puissances du mal. Ils ne doivent pas prendre de risques inutiles mais en même temps, ils doivent rester fermes dans leur foi.

   St Jean nous annonce une bonne nouvelle : il nous dit que le mal n'aura pas le dernier mot. Le Christ vainqueur veut nous associer tous à sa victoire sur le mal et la mort. Et Marie est là pour nous apprendre à faire naître le Christ dans le cœur de tous ceux qui nous sont confiés. Malgré nos chutes et nos échecs, nous pouvons la prier de nous garder courageux dans notre combat contre le péché. Si nous le voulons bien, elle sera toujours là pour nous aider à nous relever et nous inviter à suivre le Christ. Comme à Cana, elle ne cesse de nous dire : "Faites tout ce qu'il vous dira".

   Dans sa lettre aux chrétiens de Corinthe, saint Paul nous adresse une bonne nouvelle. Il insiste sur la conséquence inouïe de la résurrection de Jésus : c'est un événement majeur qui nous concerne tous : "Jésus n'est pas ressuscité pour lui tout seul mais pour tous." Par sa mort et sa résurrection, il nous a ouvert un passage vers ce monde nouveau qu'il appelle le Royaume de Dieu. Nous sommes tous appelés à cette victoire. Notre Dieu n'est pas le "Dieu des morts" mais le "Dieu des vivants". Il veut que nous ayons la vie en abondance. Cette fête du 15 aout est une fête de la vie.

   C'est pour cette bonne nouvelle que Marie rend grâce à Dieu. Avec lui, les premiers sont les derniers. Les petits, les humbles, les exclus ont la première place dans son cœur. Marie se reconnait proche d'eux; elle le montre dans sa prière mais aussi dans son engagement. C'est cet amour qui l'a poussée à faire ce long déplacement pour se rendre chez sa cousine Élisabeth. Et c'est au nom de ce même amour qu'elle accueille tous ses enfants. Elle est là pour nous ramener au Christ et à son Évangile. Avec Marie, notre vie actuelle est une marche à la suite du Christ vers cette grande fête que Dieu nous prépare.

   Cette fête de l'Assomption de Marie est donc pour nous l'occasion d'une grande joie. Mais en disant cela, il nous faut éviter une confusion. Nous ne prions pas Marie comme une déesse. La prière que nous faisons passer par elle est orientée vers Dieu. Quand nous implorons "Marie", l'écho répond "Jésus". La fête de l'Assomption nous est donnée pour rendre "grâce à Dieu avec le cœur de Marie".  Avec elle, nous chantons et nous proclamons : "Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur’’. Tout le magnificat est entièrement tourné vers le Seigneur qui réalise des merveilles.

   En ce jour, nous nous associons à la joie de Marie. Elle est proclamée bienheureuse parce qu'elle a cru. Elle a rejoint son Fils dans la gloire du Père.  Amen

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                                                                         Transfiguration du Seigneur - Magny Vernois – Ronchamp  A  2017

   En cette fête de la Transfiguration du Seigneur, la liturgie nous propose des textes bibliques qui nous parlent de la gloire de Dieu. Le premier est tiré du livre de Daniel dans l’Ancien Testament. C’est un texte un peu déroutant pour ceux qui le découvrent ; mais ce qu’il faut y voir, c’est la bonne nouvelle qu’il nous laisse : il annonce le jugement des empires mondiaux, la délivrance du peuple de Dieu et l’avènement de son règne. Ce récit nous prépare à l’événement de la Transfiguration.

   Dans la seconde lecture, nous avons le témoignage de l’apôtre Pierre. Il tient à préciser que sa parole n’a rien à voir avec des récits imaginaires. Il revendique avec force l’authenticité de son témoignage : « Nous avons contemplé… Nous avons entendu… » Nous, chrétiens d’aujourd’hui nous croyons en Jésus transfiguré et ressuscité parce que nous faisons confiance au témoignage de ceux qui ont vu sa gloire.

   Avec l’Évangile, nous entrons dans l’événement de la Transfiguration. Jésus prend avec lui Pierre, Jacques et Jean ; et il les emmène avec lui sur une haute montagne. Il faut savoir que dans la Bible, la montagne représente le lieu de la proximité de Dieu et de la rencontre intime avec lui. C’est vraiment LE lieu de la prière en présence de Dieu. C’est là que les apôtres font cette découverte extraordinaire de Jésus transfiguré et lumineux. Son visage devient si resplendissant et ses vêtements si lumineux que Pierre en est ébloui. Il voudrait rester là pour fixer cet événement.

   Mais le plus important, c’est le message qui sort de la nuée lumineuse : la voix du Père qui nous dit: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le. » Cette parole est importante. Ce Jésus illuminé c’est le Fils bien-aimé du Père. Nous devons écouter Jésus. Ce n’est pas le pape ni les évêques ni les prêtres qui disent cela, c’est Dieu lui-même qui nous le dit à tous. C’est d’une première importance : même pendant les vacances. Le Seigneur est là au cœur de nos vies, de nos loisirs et de nos soucis. Mais trop souvent, nous sommes ailleurs. Nous organisons notre vie en dehors de lui. Est-ce que nous prenons le temps de l’écouter vraiment ?

   Nous, disciples du Christ, nous sommes appelés à être des personnes qui écoutent sa voix et qui prennent au sérieux ses paroles. Pour écouter Jésus, il faut être proche de lui, il faut le suivre, il faut accueillir son enseignement. C’est ce que faisaient les foules de l’Évangile qui le poursuivaient sur les routes de Palestine. Le message qu’il leur transmettait était vraiment l’enseignement du Père. Cet enseignement, nous pouvons le trouver chaque jour dans l’Évangile ; quand nous le lisons, c’est vraiment Jésus qui nous parle, c’est sa Parole que nous écoutons.

   Dans cet épisode de la Transfiguration, nous trouvons deux moments significatifs : la montée et la descente. Le Seigneur nous appelle à l’écart, à monter sur la montagne. Comprenons bien, il ne s’agit pas de faire de l’alpinisme mais de trouver un lieu de silence et de recueillement pour mieux percevoir la voix du Seigneur. C’est ce que nous faisons dans la prière. Pendant l’été, beaucoup choisissent de passer quelques jours dans un monastère. Ils ont besoin de ce temps de ressourcement pour leur vie chrétienne.

   Mais nous ne pouvons pas rester là. La rencontre avec Dieu dans la prière nous pousse à « descendre » de la montagne. Nous sommes invités à retourner en bas, dans la plaine et à rejoindre le monde dans ce qu’il vit. Nous y trouverons tous ceux et celles qui sont accablés par le poids du fardeau, des maladies, des injustices, de l’ignorance, de la pauvreté matérielle et spirituelle.

   Nous sommes envoyés pour être les témoins et les messagers de l’espérance qui nous anime. Cette parole que nous avons reçue doit grandir en nous. Cela ne se réalisera que si nous la proclamons. Si nous l’accueillons, ce n’est pas pour la mettre dans un conservateur mais pour la donner aux autres ; c’est cela la vie chrétienne : accueillir Jésus et le donner aux autres. C’est tout le sens de nos eucharisties : On n’assiste pas à l’Eucharistie : ce n’est pas un spectacle ! Mais on vient faire le plein de  la présence du Seigneur et de son amour, pour, à notre tour, en être les messagers, les portes paroles effectifs autour de nous.

   Dans quelques jours, nous fêterons l’Assomption de la Vierge Marie. Elle est là pour nous inviter à écouter Jésus et à faire chaque jour ce qu’il nous dira. Nous pouvons vraiment nous confier à elle. C’est avec elle que nous apprendrons à « monter » à travers la prière. Après avoir été imprégné de l’Amour qui est en Dieu, nous pourrons « descendre » pour le communiquer à ce monde qui en a bien besoin. C’est avec le Christ et avec Marie que ce témoignage portera du fruit.  Amen

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                                                                                           17° Dimanche Ordinaire (A)  - St Germain – Lure 2017    

    L'évangile de ce dimanche nous parle d'un trésor de grande valeur. De quel trésor s'agit-il ? L'évangéliste ne le dit pas. Mais il insiste sur la valeur exceptionnelle que l'homme reconnaît dans cette trouvaille. Vendre tout ce qu'on a pour acheter le champ avec le trésor, c'est une manière de montrer que ce dernier vaut tous les sacrifices. Il est vrai que certains se laissent duper par de faux trésors. On croit être plus heureux en accumulant le plus grand nombre de richesses. Pour les obtenir, certains n'hésitent pas à utiliser la violence et les compromissions. Mais au bout du compte, l'accumulation de l'argent et des biens matériels ne peuvent vraiment nous combler parfaitement.

   Le Seigneur nous propose aujourd'hui un autre trésor. Il s'agit d'une valeur sûre qui nous est offerte gratuitement et sans mérite de notre part. Il dépasse infiniment tout ce que l'homme peut posséder. Nous l'avons compris, ce trésor c'est l'amour de Dieu, c'est sa vie divine. C'est l'évangile. Les autres biens de ce monde sont secondaires face à ce bien inestimable. Celui qui a trouvé ce trésor décide de tout vendre pour l'obtenir. Il est heureux car il a trouvé ce qui peut donner sens à sa vie. En définitive, ce trésor ne désigne pas une chose mais une personne. C'est un peu comme une maman qui appelle son enfant "mon trésor". Pour nous chrétiens, c'est de Jésus qu'il s'agit. Il est venu "pour que tous les hommes aient la vie… en abondance."

   Alors, ne laissons pas passer notre chance. La foi découverte et accueillie c'est vraiment LA chance de notre vie. Cette rencontre avec le Seigneur est tellement extraordinaire qu'elle nous fait lâcher des choses sans valeur. C'est là qu'une mise au point s'impose : on a trop souvent tendance à ne voir que ce qui coûte dans la vie chrétienne, les sacrifices, les renoncements, les privations. Aujourd'hui, le Seigneur nous invite à regarder ce que nous recevons au lieu de gémir sur ce que nous perdons. Ce qu'il nous offre surpasse infiniment tous les biens de la terre. Le Royaume de Dieu ne consiste pas à détruire l'homme ni à étouffer ses désirs légitimes. C'est au contraire une invitation au bonheur et à la joie parfaite. C'est la vie éternelle qui nous est offerte

   En ce jour, nous pouvons nous unir à la prière d'action de grâce qui a été lue avant l'évangile : "Tu es béni, toi qui révèles aux petits les mystères du Royaume’’. C'est avec cette humilité que nous recevons cette annonce de la bonne nouvelle. Nous demandons au Seigneur qu'il nous donne ce regard positif ; qu'il nous donne d'accueillir avec joie ce don qu'il nous offre, sans regret pour ce qu'il nous faut abandonner.

   Heureusement il y a toujours dans l'Eglise des personnes pour témoigner que le seul vrai bonheur est ailleurs. C'est ce trésor-là qui peut donner à tout homme, même au plus blessé, sa première place au centre, au cœur du Royaume de Dieu. C’est ainsi que le diacre St Laurent, arrêté au cours des persécutions de l’empereur Valérien, vers 250, fut sommé de livrer tous les trésors de l’Eglise. Sa réponse fut de lui amener les pauvres et les infirmes de Rome en lui déclarant : ‘’Voilà les trésors de l’Eglise qui ne diminuent jamais mais augmentent toujours’’.

   L'évangile de ce jour se termine par une question de Jésus : "Avez-vous compris tout cela ?" C'est à nous tous, à moi comme à vous, que Jésus continue à poser cette question. Il ne s'adresse pas à notre intelligence mais à notre cœur ; quand on a vraiment compris que Jésus est notre seul trésor, on ne peut que l'accueillir avec beaucoup de joie et beaucoup d'amour. Mais pour bien l’accueillir, il faut sans cesse partir à sa recherche ! Son amour est la perle rare qu’il nous faut désirer et acquérir. Et cet amour une fois acquis, nous pourrons alors le vivre et le prouver chaque jour, avec joie, à travers nos comportements positifs envers lui et envers les autres.

   Sans doute, que notre présence à la messe, ce matin est le signe nous avons choisi de suivre le Christ, que nous croyons au Christ, que nous voulons le suivre fidèlement et être ses témoins.. C'est peut-être vrai. Le choix est fait pour le Christ. Mais il nous reste à vivre avec lui. Et c'est là qu'il nous faut être acteur, DURER, APPROFONDIR retrouver sans cesse des yeux neufs, un cœur nouveau, être toujours et sans cesse capable de nous émerveiller pour le Royaume de Dieu.

   Ensemble, nous allons célébrer le sacrement de l'Eucharistie. Est-ce que nous nous rendons compte qu’il fait partie des trésors que Dieu nous offre ? Oui, C'est toi, Seigneur, qui viens à nous et qui te donnes à nous. Tu n'en finis pas d'éveiller en nous le désir du Royaume. Montre à chacun la joie de ton amour. Amen.

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Pour que germe le fruit, il faut savoir attendre.

Pour que grandisse la vie, il faut savoir espérer

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16° Dimanche Ordinaire (A) - Ternuay – Champagney -  Melisey 2017

   Cette histoire de l’ivraie qui pousse dans le champ semé de bons grains, nous la connaissons bien. Elle fait suite à la parabole du semeur que nous avons entendue dimanche dernier. Nous nous rappelons que la semence en question c’est la Parole de Dieu qui est semée en abondance sur tous les terrains, c’est son amour qui est offert à tous les hommes sans exception. La terre, bonne ou mauvaise, c’est chacun de nous, c’est le monde dans lequel nous vivons. Dieu n’y a semé que du bon grain. Mais voilà qu’il est envahi par de l’ivraie. Et Jésus nous dit qu’il est Inutile de l’arracher, ce serait prendre le risque d’abîmer aussi les bonnes pousses.

   Jésus nous raconte cette parabole d’abord pour nous dire qui est Dieu. Comme nous, il voit toute cette ivraie dans le champ. Il voit la violence, la haine, les injustices, les incivilités, les trafics et les mensonges en tous genres. Ceux qui en ont été les victimes n’ont pas envie d’être indulgents. On peut comprendre certaines attitudes de révolte, certaines paroles excessives … Il n’est pas question ici de polémiquer mais de revenir à la Parole de Jésus.

   Tout d’abord, Jésus compare le Royaume à un homme qui a semé une bonne semence dans son champ. Retenons que c’est d’abord cela qui compte en premier : la bonne semence qui va donner l’herbe puis l’épi. L’ivraie vient après.

   L’évangile nous rappelle que le mal ne vient pas de Dieu. Il n’est pas responsable des violences faites aux plus faibles, ni du racisme ni de la montée de la délinquance. Quand il a créé le monde et tout ce qui existe, « Dieu vit que tout cela était bon.» (Gen 1) On ne peut tout de même pas l’accuser d’avoir saboté son œuvre. Bien sûr, Dieu comprend que la douleur peut excuser et expliquer nos cris de révolte. Nous disons facilement que « si le Bon Dieu existait, il ne permettrait pas tout cela. »

   L’évangile désigne clairement celui qui sème l’ivraie (la zizanie) : c’est le diable, celui qui divise. C’est celui qui, dans la parabole du semeur, enlève la Parole. Il disperse dans le monde des graines de violence et de mort. Il sème le dérèglement des relations de l’homme avec Dieu et de l’homme avec ses semblables. Jésus nous appelle à la vigilance car l’ennemi agit dans l’ombre de la nuit, son terrain de prédilection, pendant que nous dormons, quand nous sommes vulnérables

   A une époque où les désherbants sélectifs n’existaient pas, il était impossible d’extraire les mauvaises herbes qui poussaient en même temps que le blé. La suggestion des serviteurs n’est donc pas réaliste. Le maître leur interdit une opération intempestive qui aurait pour effet d’arracher les jeunes tiges de froment. En effet les racines sont trop proches et même entremêlées.

   Dans le champ humain, c’est la même chose. On pourrait mettre en catégories bien délimitées les bons et les mauvais, les justes et les pécheurs, le sale et le propre. S’attaquer au mal serait alors facile et sans risque. Les choses ne se présentent pas ainsi dans la réalité. Telle personne peut à nos yeux être pleine de défauts et de faiblesses ; elle peut aussi être capable d’une grande générosité et d’un grand sens du service. Telle autre qui est admirable pour sa prière et pour ses bonnes œuvres peut aussi être insupportable pour son entourage. Parfois, elle se permet les pires bassesses. Cela est vrai jusque dans les familles, les groupes, les communautés chrétiennes. Tout cela nous oblige à beaucoup de discernement et à nuancer bien des appréciations

   Et dans le cas où nous nous imaginerions que nous nous trouvons du côté du bon grain, soyons assez lucides et humbles pour reconnaître nos propres mélanges de meilleur et de pire. Sur terre et dans le cœur des hommes, grâce et péché cohabitent, non pas en bonne intelligence mais comme des lutteurs noués l’un à l’autre par le combat qui les oppose. Cela devrait modérer nos jugements.

   Il faut se protéger d’un optimisme béat mais aussi d’un pessimisme déprimant. Le grand appel de cet évangile c’est d’entrer dans l’espérance du maître de la parabole. Pour lui, celui qui fait le mal n’est pas irrémédiablement perdu. Avec Dieu, nous sommes sûrs que le mal n’aura pas le dernier mot. Le grand appel de cet évangile c’est une invitation à changer notre regard sur le monde et les hommes de notre temps. Notre Dieu continue inlassablement à semer le bon grain de sa parole. Il est passionné d’amour pour tous les hommes et il est toujours capable de venir les chercher très loin et très bas.

   Profitons de cette chance que Dieu nous offre. Devenons témoins de la patience. Et surtout, évitons d’être des inquisiteurs pressés et des juges hâtifs. Nous ne sommes pas habilités pour cela. La moisson appartient à Dieu. Notre Dieu est patient mais n’abusons pas non plus de sa patience ! Il est urgent de se convertir c’est à dire de ne pas rester fixé sur l’ivraie comme le font la plupart des mass-médias. Jésus veut nous recentrer sur celui qui sème le bon grain, à ne pas nous livrer à la violence de l’arrachement, mais au discernement, aux choix de vie qui nous font ressembler davantage au Christ, ‘’doux et humble ‘’. Le tri, c’est le travail du semeur. En attendant, quant à nous, faisons tout notre possible pour porter du fruit de ce bon grain qu’il a semé dans le cœur de chacun. Amen

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Etre chrétien, c’est enfouir une mesure d’Evangile dans chacun de nos jours

Pour que germe le fruit, il faut savoir attendre. Pour que grandisse 

la vie, il faut savoir espérer !

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                                                                     14° Dimanche ordinaire (A) - Miellin – Ronchamp – Melisey  2017

 Il est proposé à notre méditation des images et des propos étonnants pour nous parler de l’amour de Dieu, un Dieu qui se montre juste, victorieux et humble.

 1° lecture : l’annonce d’un nouveau roi pour Jérusalem : tout le monde s’en réjouit ! Un roi…oui,  mais dont l’arrivée se fera… juché sur un âne ! Imaginez un instant, un président de la république remontant les Champs Elysées, assis sur un âne !

Dans l’Evangile, autre image, autre propos: Jésus qui, dans sa prière, rend grâce à son Père parce que les ‘’tous petits’’ semblent connaître des choses que ‘’les sages et les savants’’ ignorent ! Tiens donc ! Et pourtant, que d’avancées, à travers l’histoire, les sages et les savants ont  permis et suscité ! Il y a de quoi être déconcerté : c’est un peu jouer à ‘’Qui perd gagne’’ ! Pourquoi cette préférence affichée par le Christ, pour ce qui semble n’avoir guère de valeur, pour les petits, alors que la mentalité ambiante nous pousse à penser qu’il vaut mieux être malin, être un ‘’battant’’.... ?  Dans nos sociétés qui encouragent les forts, les surdoués, de tels propos ne risquent-ils pas de faire du christianisme une religion des minables, de ceux qui n’ont pas réussi, des ‘’sans voix’’ qui auraient besoin de compensations religieuses ?

      Etre un ‘’petit’’ selon l’Evangile, n’est pas lié au fait d’appartenir à telle ou telle couche sociale. Dans tous les milieux, on rencontre des hommes et des femmes enfermés dans leurs systèmes de pensée, prisonniers de leur suffisance. Dans tous les milieux également, y compris chez les sages et les savants,  on rencontre des hommes et des femmes qui  ont su et savent garder un cœur de ‘’petit’’, un cœur ouvert, capable d’accueillir les dons du Père, son Amour et sa Vie.

Le ‘’petit’’, selon Dieu, est celui qui possède la sagesse, la ‘’science du cœur’’, un cœur qui, simplifié, unifié, éclairé par l’Esprit, permet de découvrir l’identité profonde de l’homme, ses qualités d’amour.

      Cela va dans le sens de ce que Jésus nous dit par ailleurs, avec ses formules chocs : « les premiers seront les derniers ».

La foi n’est pas une question de notoriété ou de diplômes. Il n’est pas nécessaire d’être dans la cour des grands pour avoir accès à la sagesse de Dieu. ‘’Venez à moi, vous tous qui peinez’’ lance Jésus. Depuis que cette parole a été prononcée, il s’est trouvé tout au long de l’histoire de l’Eglise, des hommes et des femmes pour la mettre en pratique. Ils soulagent, aident, libèrent, et consolent les gens meurtris par une vie difficile. Combien d’organismes sont nés pour mettre en pratique cette parole !  Ils rejoignent ainsi l’attitude même du Christ, ils en sont mêmes en quelques sorte, ses disciples, faisant l’expérience de ce qu’il est : « doux et humble de cœur ».

    Il y a de quoi être admiratif et se réjouir. Ces comportements sont des réponses concrètes au « venez à moi » de Jésus. Oui, venez, n’ayez pas peur, je vous enseignerai la route à suivre, le chemin qui est tellement plus simple que tous ces itinéraires compliqués, parfois tordus que vous cherchez pour avoir le bonheur ! « Venez à moi ! Mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger ».

    ‘’Un fardeau léger, un joug facile à porter’’, voilà des mots qui apparemment se contredisent. Qu’est-ce à dire ? Sinon : « Faites tout par amour ». C’est l’amour qui allège tout. La vie du Christ est légère, bien qu’elle ne manque pas de gravité, parce que l’amour y rayonne. Jésus nous aime  du même amour qu’il vit en communion avec son Père et l’Esprit  Saint. Et c’est cet amour qu’il veut nous donner.  Sa croix est lourde sur ses épaules, mais elle est un joug facile à porter parce que c’est son amour qui la porte et lui donne d’en faire la source de la vie véritable. Quand je regarde le monde, je me dis aussi que beaucoup se mettent des fardeaux sur les épaules par manque de foi. Ils se compliquent la vie, s’encombrent et font peser sur eux-mêmes et sur leur entourage une charge dont dispense l’Evangile.

      Finalement, Jésus nous engage, quoi qu’il arrive, à grandir dans un profond respect de la vie, avec humilité, plus de simplicité, à la manière des petits avec leur cœur d’enfant, en faisant l’apprentissage de son amour divin.  Vous connaissez la formule : « la vérité sort de la bouche des enfants »… Marion, qui a 8 ans, rencontre un jour sa grand-mère qui a à cœur de lui transmettre les premiers rudiments de la foi. Elle lui dit : « Tu sais, Marion, nous sommes tous des enfants de Jésus. Et toi aussi, plus tu avanceras et plus tu pourras être une enfant de Jésus » Et Marion d’apporter cette étonnante réponse : « Ah non alors ! Pas une enfant, mais une adulte de Jésus ! »

      Malgré tous les aléas de la vie, laissons-nous toucher par la vie de Dieu, par la puissance de son amour. Nous y trouverons que, contrairement à l’opinion publique, la foi n’est pas un fardeau, et que la vraie sagesse et la vraie science donnent, à qui les possèdent, le bien le plus précieux et le plus fragile :’’ un cœur d’enfant’’, entièrement libre. Nous gagnerions peut-être à redire plus souvent, une prière qu’on disait autrefois avec la simplicité des enfants :’’Seigneur Jésus, doux et humble de cœur, rendez  mon cœur semblable au vôtre’’. Amen.

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13° Dimanche ordinaire - Vy les Lure – Champagney – Servance 2017

   Les vacances vont commencer. Et déjà dans la tête et le cœur de chacun, il y a le rêve des voyages et des découvertes de l’été. C’est dans cette ambiance que nous avons à recevoir les paroles de Jésus qui nous invitent à aimer plus, ainsi que la lecture du livre des Rois qui nous montre comment pratiquer l’accueil.

   Mais les propos de Jésus sont surprenants et même brutaux. Il utilise des formules quasi lapidaires qui dictent des exigences excessives, voire inhumaines. « Qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi. » « Qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi. » « Qui veut garder sa vie la perdra. »

1-L’amour vrai est exigeant

   Jésus ne cherche évidemment pas à négliger l’amour que nous devons à nos parents. Au contraire ! d’ ailleurs, dans un autre passage de l’évangile, il dénonce l’hypocrisie de certains pharisiens qui, sous prétexte de servir Dieu, privent leurs familles de leur héritage légitime. (Marc 7/11-13). Dans ce passage, il nous invite à aimer nos proches, non point selon les critères de la terre, mais à la manière de Dieu. Cette façon d’aimer nous la découvrons dans la lettre de St Paul aux Romains : Il nous parle du jour le plus important de notre vie, celui où nous avons été accueillis dans la grande famille des chrétiens. Nous l’avons compris, c’est du baptême qu’il s’agit. Au jour de notre baptême, nous avons été immergés dans cet océan d’amour qui est en Dieu, Père Fils et Saint Esprit. Désormais nous choisissons d’accueillir le Christ et de le mettre au cœur de notre vie.Ainsi on peut dire que par le baptême, nous mourons au mal pour ressusciter à une vie nouvelle.

   Et dans le domaine des affections familiales, adopter un comportement nouveau c’est aimer dans un certain ordre. Il y a des hiérarchies dans l’amour. Il n’y a pas d’amour vrai, sans des choix exigeants. Nous admettons tous qu’il est anormal d’aimer plus sa voiture que sa femme, de préférer son chien à son enfant ou la télévision à un dialogue familial ! Quand Jeanne d’Arc commente l’exigence de Jésus par sa phrase célèbre « Messire Dieu premier servi ! », elle nous donne une des lois les plus importantes de l’amour. En aimant Dieu par-dessus tout, on donne à tous ses autres amours leur fondement solide.   

2-L’amour vrai est accueillant

   Nous avons toujours tendance à nous évader dans de belles idées. Jésus, lui, ramène toujours  au concret et à la simplicité. Il parle d’ « accueillir », de « donner un simple verre d’eau fraîche ». La femme de Sunam invitait le prophète Elisée « pour qu’il vienne manger chez elle ».(2 Rois 4/8). Dans notre monde d’anonymat, ces simples gestes d’hospitalité ne sont pas si faciles ni spontanés ! Accueillir l’autre et se laisser accueillir par lui, ouvrir sa porte et ne pas fermer son cœur : ce ne sont pas là des actions d’éclat, mais des gestes modestes qui sauvent le monde. « Il n’y a pas de petits rôles, il y a de petits comédiens », disait la grande tragédienne du début du siècle dernier, Sarah Bernhardt. On pourrait transposer en disant : « il n’y a pas de petits gestes, il n’y a que de petits esprits. » Le moindre comportement, lorsqu’il est rempli d’amour, a une valeur d’éternité. Voilà une « bonne nouvelle » pour nos vacances d’été.

Pensons-y ! Amen.

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                                                                               1° communion - Champagney 28/05/2017

   Chers enfants, vous allez recevoir Jésus pour la première fois… Je sais que vous attendez ce moment avec désir ! Combien je souhaite que cette démarche soit source de Joie parce qu’elle veut vous aider à devenir davantage des amis du Christ. Combien je souhaite que naisse en votre cœur, un désir ardent de l’accueillir souvent pour que vous compreniez mieux, au fur et à mesure que vous allez grandir, combien Jésus vous aime et veut votre bien.

Jésus ne viendra pas en vous pour vous déranger tel un intrus ni vous empêcher de jouer,: Il n’est pas non plus un gadget ou une récompense…Il est votre ami, le Fils de Dieu, sur qui vous pouvez compter pour être heureux et pour affronter les difficultés de la vie. Un tel ami, on ne le laisse pas tomber, on ne l’abandonne pas…on ne l’achète pas…on le suit pour rester toujours à son écoute et découvrir les chemins de la vraie joie !

   Ce que je vous dis là, je le dis également à vos parents, à vos familles et à tous les membres de la communauté : Aimez venir recevoir souvent le Corps du Christ, aimez venir communier souvent à son amour. Le concile Vatican II nous le rappelle à sa manière : l'Eucharistie est source et sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation. Alors, ne vivons pas en intermittents de sa nourriture d’amour ! Jésus n’a pas fait semblant de nous aimer et son amour est permanent ! Encourageons-nous mutuellement, à notre tour, à faire la joie de Dieu en répondant fidèlement et régulièrement à ses rendez-vous eucha-ristiques, à ses rendez-vous d’amour où il nous offre le pain de sa vie en partage pour que ‘’nous nous aimions les uns les autres comme il nous a aimés !’’, pour que nous soyons davantage en communion avec lui et entre nous.

   Je crois que les chrétiens de notre temps sont souvent déçus parce que, les ¾ du temps, reconnaissons-le, ils ne pensent qu’à demander l’aide de Dieu uniquement lorsque qu’ils ont des problèmes ! Dieu n’est pas une bouée de sauvetage ! Il est une oasis de resourcement. Allons à la rencontre du Seigneur ! Prenons soin de Dieu dans notre propre vie, prenons soin de l’inviter en nous pour accueillir sa Bonne Nouvelle : source de paix et de joie.  Sa présence, à nos côtés et en nous est capitale ! C’est même le seul havre de paix dans un monde qui s’entredéchire sans cesse, le seul phare de vérité parmi les mensonges du monde, le seul feu d'amour qui ne s'éteint jamais.

  Chers amis, si le Christ tient tellement à se donner à nous, c’est pour nous aider à tenir le coup dans cette société si compliquée et divisante, en perte de points de repère, où les moqueries, les calomnies de toutes sortes tendent à vouloir nous éloigner de Dieu ! Malgré tout, n’ayons pas peur ! Unis au Christ, nourris par sa parole et son Pain eucharistique, nous serons certainement plus fort pour transformer ce monde et l’orienter vers les chemins de bonheur qui lui font tant défaut ! Alors, aujourd’hui et demain, osons devenir des êtres de communion sur lesquels Dieu se plait à vouloir compter. Amen

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                                                                           12° Dimanche ordinaire A – Haut du Them et Champagney 2017

   Porter la Parole du Seigneur a toujours été une grande et belle mission. Mais nous savons tous qu’elle comporte son lot de difficultés et de souffrances. La liturgie de ce jour nous a fait entendre les lamentations du prophète Jérémie : « J’entends les calomnies de la foule… Dénoncez-le ! » Il lui en coûte de proclamer la parole que Dieu a mise dans sa bouche. Sa foi est une mise à l’épreuve. Mais il se tourne vers le Seigneur pour qu’il prenne sa défense. Dieu lui a promis d’être avec lui pour le délivrer de ses persécuteurs.

   Jusque dans l’adversité Dieu reste proche de nous. En signe de reconnaissance, le prophète termine sa prière par une louange. « Chantez le Seigneur, louez le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants. » C’est aussi cette reconnaissance que nous faisons monter vers le Seigneur. Comme le dit l’apôtre Paul, « rien ne peut nous séparer de son amour. »

   Dans sa lettre aux Romains, l’apôtre Paul nous parle de l’humanité plongée  dans le péché : « …par un seul homme, le péché est entré dans le monde… » Cette présence du mal, nous la constatons tous les jours. Mais ce régime du péché ne peut pas avoir le dernier mot. Par sa mort et sa résurrection, le Christ a inauguré le régime universel du salut. Un autre jour, l’apôtre Paul écrira : « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé. » On a beaucoup parlé du « péché originel » mais peut-être pas assez de la « grâce originelle » obtenue par le Christ.

   Alors oui, nous ne devons pas craindre ; c’est ce que Jésus nous rappelle en ce dimanche. À la suite du prophète Jérémie, de l’apôtre Paul et de bien d’autres, nous sommes envoyés pour porter la Parole de Dieu. Notre mission est de révéler Celui qui a « les Paroles de la Vie éternelle ». Cette mission ne va pas sans de nombreuses difficultés. Les chrétiens sont chaque jour affrontés à l’incroyance, l’in-différence, la dérision… On les accuse de propager une « idéologie obscurantiste ». Mais le Seigneur nous rassure : « Ne craignez pas… Je suis avec vous. »

   Quand saint Matthieu écrit son Évangile, les chrétiens sont persécutés, pourchassés et mis à mort. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui. Mais il nous faut ré-entendre cette parole du Seigneur : « Ne craignez pas… N’ayez pas peur… Je suis avec vous ». Les hommes les plus mal intentionnés peuvent tuer le corps mais ils ne peuvent tuer l’âme. Ils ne peuvent rien contre notre dynamisme, notre confiance. Ils ne peuvent pas nous faire douter de l’amour de Dieu. Ce n’est pas le moment de chanceler car le mal n’aura pas le dernier mot. Le Christ ressuscité veut nous associer tous à sa victoire sur le péché et la mort.

   Nous chrétiens, sommes donc tous appelés à accueillir le Christ et à le mettre au centre de notre vie. Cet amour qu’il met en nous, il nous faut l’annoncer, le rayonner autour de nous. De nombreux chrétiens s’organisent pour relayer son message à la télévision, la radio, la Presse, Internet et par tous les moyens qui sont à leur disposition. Le Christ compte sur l’engagement de tous ses disciples pour que son Évangile soit proclamé à toutes les nations. Personne ne peut le  faire à leur place.

L’Évangile de ce jour se termine par un avertissement très ferme : « Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. » Nous ne devons pas craindre de nous compromettre sans réticence pour le Christ. Dans un milieu hostile ou indifférent, il n’est pas facile d’affirmer sa foi. Et pourtant, même des enfants nous donnent l’exemple. Beaucoup préfèrent mourir plutôt que de renier leur foi au Christ. C’est important pour nous : nous pouvons toujours compter sur lui, même quand tout va mal.

Permettez que je vous lise ici 2 prières d’enfant sde notre doyenné :

Un enfant de CM1

Merci Seigneur de m’avoir mis sur le chemin de ma Foi ! Donne-moi la force d’avoir moins peur quand je veux sortir dans la foule à cause du terrorisme ! Reçois ma prière pour ma famille, mes amis et tous les gens qui font le bien sur cette terre !

Une prière d’un enfant de 5°

Seigneur, je voudrais être un chat, pour avoir des câlins et dormir quand je veux.

Seigneur, je voudrais être une TV, pour que ma famille me regarde.

Seigneur, je voudrais être un jardin, pour qu'on aide ma nature à donner de bons produits.

Seigneur, je voudrais être une fenêtre, pour pouvoir m'ouvrir chaque jour à ta présence

Seigneur, je voudrais être un miroir, pour que ceux qui me regardent voient comme tu les aimes.

    Comme Jérémie, comme Jésus et comme Paul, comme ces enfants, témoins de l’amour de Dieu, nous sommes des ‘’envoyés’’. Nous arrivons à la veille des vacances. C’est aussi le moment  favorable pour être de simples et authentiques témoins. Que l’Esprit Saint soit toujours avec nous pour nous aider à rendre compte de l’espérance qui nous anime. Et que Marie, notre maman du ciel, nous accompagne sur ce chemin. Amen.

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Fête du Saint Sacrement(A) 1ères communions  - LURE 2017 

      Il y a XXI siècles, un jeudi soir, à la veille de quitter ses amis, Jésus a pris un repas avec eux. Un repas…pas comme d’habitude où on prend le temps de manger pour nourrir son estomac… Un repas qui va tisser à travers tous les apôtres conviés des liens uniques d’amitié et de Foi durables avec Jésus. Oh ce repas n’était ni princier ni une grande ‘’bringue’’, mais un repas partagé dans la simplicité et dans l’Amour. Depuis, ce repas est devenu tellement important, qu’il a traversé les siècles et qu’encore aujourd’hui, tous les amis de Jésus y participent  fidèlement: c’est ce repas de l’Eucharistie. A travers la liturgie de ce dimanche, l’Eglise veut fêter dignement ce repas où c’est justement le Corps et le Sang du Christ qui sont mis à l’honneur. Et il est heureux qu’en ce jour, 31 enfants de notre Unité pastorale y participent pleinement pour la première fois.

     Un autre jour, Jésus avait dit à ses Apôtres : ‘’Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis’’…Donner sa vie !Ce repas, c’est le repas du don de soi, le don de l’Amour inventé  par Jésus justement pour nous donner sa vie ! D’un morceau de pain, il en a fait son Corps d’un peu de vin, il en a fait son Sang pour s’offrir à chacun de nous, à tous ses amis : ’’Prenez et mangez, prenez et buvez…Faites ceci en mémoire de moi’’. Il n’y a rien de plus grand que de donner sa vie pour les autres ! Malgré son départ, sa mort et sa résurrection annoncées, Jésus veut rester avec nous, ses amis, être vraiment là, au milieu de nous, continuer à nous parler, à nous écouter, à nous nourrir du Pain de sa vie, nourrir notre cœur, notre âme, pour nous encourager à faire le bien, mais aussi pour nous corriger quand nous faisons le mal et pour nous pardonner, pour brûler nos péchés dans le feu de son amour, bref, pour nous aider en toute occasion. Sa présence, à nos côtés et en nous est capitale ! C’est même le seul havre de paix dans un monde qui s’entre déchire sans cesse, le seul phare de vérité parmi les mensonges du monde, le seul feu d'amour qui ne s'éteint jamais.

     Communier au Corps du Christ, c'est un cadeau merveilleux, d'une valeur inestimable que Jésus nous offre et que vous recevez  aujourd'hui, chers enfants, pour la première fois. Dites-moi, vous aimez les cadeaux ? Font-ils votre étonnement ? Eh bien, communier au Corps du Christ, c'est sans doute le plus beau cadeau d’amour de Dieu, que tous, nous pouvons recevoir tous les jours, ou au moins chaque dimanche, pour soutenir notre marche de croyants avides de bonheur. Et ce cadeau n’a pas de prix ! Ce cadeau fait toujours mon étonnement !

     C'est au nom de cet amour offert, que Jésus accueille tous ceux qui viennent à lui, les malades, les pécheurs, les exclus de toutes sortes. Tous ses gestes d'accueil, de pardon, de guérison de Jésus que nous livrent les Evangiles , nous disent l'amour de Dieu pour tous les hommes.

     C’est au nom de ce même amour que Jésus vous accueille aujourd’hui , vous les enfants, qui allez recevoir  Jésus pour la première fois dans votre cœur ! Souvent, vous avez trépigné d’impatience, pour pouvoir le recevoir dans la communion, non seulement pour faire comme les plus grands, mais parce que vous aimez Jésus avec votre cœur d’enfant.

     Chers enfants, vous aimez Jésus, votre première communion est une belle étape dans votre désir de l’accueillir et de grandir dans son amour. Il faudra continuer pour connaître encore d’autres étapes. Jésus vous aime beaucoup plus que vous pouvez l’imaginer, même si parfois, vous êtes indisciplinés, intrépides, espiègles ! C’est lui qui un jour a dit à ses Apôtres et aux grandes personnes qui l’entouraient : ’Laissez venir à moi les petits enfants, le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemble’’.

     Vous les parents, les parrains-marraines, les membres de la communauté, montrez-leur l’exemple de ce que c’est que de vivre dans l’esprit de Jésus, simple-ment mais fidèlement. Ne vous dérobez pas au témoignage que vous avez à leur montrer ! Soyez leur force d’encouragement pour qu’ils grandissent et persévèrent dans leur vie chrétienne ! Il en va de la vitalité de notre Foi à tous, petits et grands : ‘’Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son Sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang a la vie éternelle’’, nous dit Jésus qui insiste en disant encore :’’Celui qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi en lui’’. Ainsi, Jésus veut nous faire vivre de sa vie, je dirais, nous sanctifier, éclairer notre cœur, encourager et faire grandir notre Foi en lui et nous aider à vivre dans une charité et une harmonie plus grande les uns envers les autres. C’est la vie du ciel qui nous est donnée par Jésus ! Puissions-nous en vivre avec beaucoup d’appétit et nous en nourrir souvent !

     La communion n’est pas un dû, mais un don de Dieu à accueillir sans cesse, à partager et à faire connaître. Ce n’est pas une chose que nous recevons, mais  quelqu’un qui se donne à nous. Recevoir le pain  de vie est donc une véritable communion de personnes : nous rencontrons le Christ et son cœur parle à notre cœur.  Demandons à la Vierge Marie, notre maman du ciel, de nous accompagner pour demeurer les fidèles amis de son Fils Jésus, notre Sauveur. Amen.

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    SAINTE TRINITE 2017/ PROFESSION DE FOI - LURE

 Chers Amis, avez-vous enregistré comment St Paul, dans la 2° lecture de ce dimanche, au nom de sa Foi au Dieu unique, s’est adressé aux premiers chrétiens de Corinthe ? « Que la grâce de Jésus Christ, l’amour de Dieu et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous… » Ces Paroles combien je souhaite qu’elles s’enracinent dans votre cœur !  Elles sont à  recevoir comme une invitation à accueillir l’amour de Dieu et à en vivre. La Sainte Trinité que nous célébrons aujourd’hui, c’est la fête de Dieu qui est Père, Fils et Saint Esprit : Fête d’un Dieu passionné d’amour pour toute l’humanité. Et nous en sommes !

C’est devant ce Dieu que nous sommes réunis chaque dimanche, pour faire provision de son amour et lui redire, comme aujourd’hui avec vous les jeunes,  notre Foi de baptisés !. Vous êtes venus portant un cierge : il rappelle celui que vos parents, parrain et marraine ont reçu à votre baptême pour vous transmettre la Foi. Tout à l’heure, c’est vous qui, avec votre jeunesse, votre enthousiasme et vos fragilités, allez dire au Seigneur en qui et en quoi, à 13 ans, vous croyez. C’est une belle étape de votre aventure chrétienne : Etre chrétien : c’est être un chercheur de Dieu et un marcheur à sa suite !

        La Trinité, c’est Dieu unique en 3 personnes à égalité, qui s’entendent parfaitement ! Ce qui les caractérise : c’est l’amour parfait qui les unit. Bien sûr, quand on parle de Dieu, on a plus facile de parler de Jésus car il est venu vivre, il y a XXI siècles au milieu de nous. Il nous a parlé de son Père, il nous a envoyé l’Esprit Saint… Dans l’Evangile qu’on a entendu, St Jean nous dit jusqu’où Dieu aime notre monde : ‘’Dieu a tellement aimé le monde qu’il nous a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais obtienne la vie éternelle’’. En Jésus, c’est Dieu qui vient à notre rencontre. Par ses paroles et ses actes, Jésus nous montre ce qu’est l’amour de Dieu. Lui-même avait dit ‘’qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime’’. C’est un appel à éliminer de notre vie le poison de la violence et celui des accusations méchantes qui ne font qu’enfoncer les autres. De tels comportement sont indignes et sont même une offense grave à Celui qui a livré son corps et versé son sang pour nous et pour le monde entier.

A notre tour, nous sommes invités à accueillir le défi de l’amour auquel le Christ nous convoque. A la suite des Apôtres, nous avons à être des messagers de réconciliation et de paix au cœur des violences de ce monde, des moqueries ambiantes qui vous font mal parce que vous êtes chrétiens. Cela vous l’avez dénoncés au cours de la retraite.

           La Profession de Foi que nous célébrons nous invite tous à faire le point, à voir jusqu’où nous sommes à même d’ouvrir  notre cœur au souffle et au feu de l’Esprit de Dieu ? Vous les jeunes, Je vous souhaite d’être toute votre vie  des chercheurs et des marcheurs  en quête de lumière et de vérité.! Rappelez-vous le thème de la retraite : ‘Aimés de Dieu, nous sommes appelés à vivre ‘’ de sa présence, de sa parole. Ça vaut le coup d’être chrétien, d’être ami de Dieu ! Amoureux de Dieu, amoureux des autres ! Même s’il n’est pas toujours facile, les chemins qu’il nous propose de prendre, sont fabuleux !  N’hésitez pas à les prendre ! Vous avez du cœur, ne l’oubliez pas ! Vivre ‘’par cœur’’ vaut mieux que de vire ‘’par tête’’ uniquement ! L’aventure de votre vie n’en sera que plus belle et pleine d’enthousiasme ! .Autour de vous, les chrétiens ne manquent pas ! Comme eux, n’ayez pas peur de ce que vous croyez, devant les copains : vous les respectez, ils vous respecteront. Soyez fiers de croire, mais aussi d’être au service des autres, par amour. N’oubliez pas de prier souvent, pour rester branchés à Jésus Christ. En effet « Dieu n’est pas le concurrent de notre bonheur » mais au contraire il en est « le garant ».

 Voilà ce que, moi votre prêtre, je tenais à vous dire. Continuez à entretenir la flamme de votre Foi ; à l’aumônerie, dans les sorties, les camps, les célébrations du dimanche. Visez déjà l’étape future de la Confirmation ! La profession de foi n’est pas une fin, c’est une rampe de lancement pour poursuivre votre chemin de baptisés!

Alors, Soyez heureux de vivre, soyez heureux de croire ! Que vos parents, vos parrains et marraines et tous ceux qui vous aiment, vous encouragent ! AMEN.          

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                                                                                  PENTECOTE 2017/ PROFESSION DE FOI -  CHAMPAGNEY

 La fête de Pentecôte, c’est le don de l’Esprit Saint, promis par Jésus, pour nous soutenir et nous accompagner ! Et c’est aussi, pour la Paroisse de Champagney, le renouvellement de notre foi avec vous les jeunes. Vous êtes venus portant un cierge : il rappelle celui que vos parents et parrain-marraine ont reçu à votre baptême pour vous transmettre la Foi. Tout à l’heure, c’est vous qui, avec votre jeunesse, votre enthousiasme et vos fragilités, allez dire au Seigneur en qui et en quoi, à 13 ans, vous croyez. C’est une belle étape de votre aventure chrétienne : Etre chrétien : c’est être un chercheur et un marcheur.

C’est beau, ce que vous allez célébrer aujourd’hui, vous les jeunes ! C’est beau, ce que vos familles font et ont fait pour vous ! C’est beau, ce que vos catéchistes et vos animateurs vous ont transmis ! C’est beau, ce que la communauté chrétienne vit avec vous. Ensemble, nous formons l’Eglise, l’Eglise de Jésus Christ : une Eglise en marche animée par la présence de l’Esprit Saint !  Soyons en heureux et fiers !

La fête de la Pentecôte, c’est la fête de l’Esprit Saint : 3° personne de Dieu que nous mentionnons souvent quand nous faisons le signe de la croix. (Au nom du Père et du Fils et du St Esprit…)

Je ne sais pas si vous les jeunes, vous seriez capables de donner une définition de l’Esprit-Saint,! Et vous, les adultes ? Je vous propose quelques indices…

La 1° lecture nous disait qu’au jour de la Pentecôte, ‘’ils se trouvaient réunis tous ensemble’’…un peu comme nous aujourd’hui.et il y eut ‘’comme un grand coup de vent’’ et ‘’des langues de feu’’ se posant sur chaque personne présente.

 L’Esprit St est à la fois souffle et feu : souffle qui rappelle la présence de Dieu, invisible, imprévisible, mais sensible au fil des étapes de notre vie ; souffle qui pousse en avant, qui donne courage et espérance. Et feu qui réchauffe, qui éclaire, qui indique une direction…

On ne le voit pas comme une personne. On le voit à ses effets. Un jour, un jeune de votre âge avait comparé le St Esprit au morceau de sucre que l’on met dans une tasse de café !

Dans le café, le morceau de sucre a fondu. On ne le voit plus. Mais il a changé l’arôme du café : il lui a donné un bon goût ! Il transforme sa saveur.  Eh bien c’est ainsi qu’il se manifeste en nous. Il est l’esprit de l’Evangile qui veut insuffler dans le cœur de chacun le bon gout de la Bonne Nouvelle de l’Evangile.

Ainsi, Il fait de nous des acteurs audacieux de fraternité et de paix, des apôtres du bien vivre. D’ailleurs, vous l’avez entendu dans l’Evangile, Jésus ressuscité ne parle que de Paix à ses apôtres et il les envoie même, avec la force de l’Esprit, combattre les forces du mal :

‘’Recevez l’Esprit Saint. A qui vous remettrez les péchés ils seront remis’’ A la suite des Apôtres, nous avons à être des messagers de réconciliation et de paix au cœur des violences de ce monde, des moqueries ambiantes qui vous font mal parce que vous êtes chrétiens. Cela vous l’avez dénoncés au cours de la retraite.

           La Profession de Foi que nous célébrons nous invite tous à faire le point, à voir jusqu’où nous sommes à même d’ouvrir notre cœur au souffle et au feu de l’Esprit de Dieu ? Vous les jeunes, Je vous souhaite d’être toute votre vie  des chercheurs et des marcheurs  en quête de lumière et de vérité.! Rappelez-vous le thème de la retraite : ‘Aimés de Dieu, nous sommes appelés à vivre ‘’ de sa présence, de sa parole. Ça vaut le coup d’être chrétien, d’être ami de Dieu ! Même s’il n’est pas toujours facile, les chemins qu’il nous propose de prendre, sont  fabuleux !  N’hésitez pas à les prendre ! L’aventure de votre vie n’en sera que plus belle et pleine d’enthousiasme ! .Autour de vous, les chrétiens ne manquent pas ! Comme eux, n’ayez pas peur de ce que vous croyez, devant les copains : vous les respectez, ils vous respecteront. Soyez fiers de croire, mais aussi d’être au service des autres, par amour. N’oubliez pas de prier souvent, pour rester branchés à Jésus Christ. En effet « Dieu n’est pas le concurrent de notre bonheur » mais au contraire il en est « le garant ».

 Continuez à entretenir la flamme de votre Foi ; à l’aumônerie, dans les sorties, les camps, les célébrations du dimanche. La profession de foi n’est pas une fin, c’est une rampe de lancement pour poursuivre votre chemin de baptisés. Amen

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                                                                                                          1° communion - Champagney 28/05/2017

Chers enfants, vous allez recevoir Jésus pour la première fois… Je sais que vous attendez ce moment avec désir ! Combien je souhaite que cette démarche soit source de Joie parce qu’elle veut vous aider à devenir davantage des amis du Christ. Combien je souhaite que naisse en votre cœur, un désir ardent de l’accueillir souvent pour que vous compreniez mieux, au fur et à mesure que vous allez grandir, combien Jésus vous aime et veut votre bien.

Jésus ne viendra pas en vous pour vous déranger tel un intrus : Il n’est pas non plus un gadget ou une récompense, mais votre ami, le Fils de Dieu, sur qui vous pouvez compter pour être heureux et pour affronter les difficultés de la vie. Un tel ami, on ne le laisse pas tomber, on ne l’abandonne pas…on ne l’achète pas…on le suit pour rester toujours à son écoute.

Ce que je vous dis là, je le dis également à vos parents, à vos familles et à tous les membres de la communauté : Aimez venir recevoir souvent le Corps du Christ, aimez venir communier souvent à son amour. Le concile Vatican II nous le rappelle à sa manière : l'Eucharistie est source et sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation. Alors, ne vivons pas en intermittents de sa nourriture d’amour ! Jésus n’a pas fait semblant de nous aimer et son amour est permanent ! Encourageons-nous mutuellement à faire la joie de Dieu en répondant fidèlement et régulièrement à ses rendez-vous eucharistiques, à ses rendez-vous d’amour où il nous offre le pain de sa vie en partage pour que ‘’nous nous aimions les uns les autres comme il nous a aimés !’’, pour que nous soyons davantage en communion avec lui et entre nous.

Je crois que les chrétiens de notre temps sont souvent déçus parce que, les ¾ du temps, reconnaissons-le, ils ne pensent qu’à demander l’aide de Dieu uniquement lorsque qu’ils ont des problèmes ! Dieu n’est pas une bouée de sauvetage ! il est une oasis de resourcement. Allons à la rencontre du Seigneur ! Prenons soin de Dieu dans notre propre vie, prenons soin de l’inviter en nous pour accueillir sa Bonne Nouvelle : source de paix et de joie.

Chers amis, si le Christ tient tellement à se donner à nous, c’est pour nous aider à tenir le coup dans cette société si compliquée et divisante, en perte de points de repère ! Unis au Christ, nourris par sa parole et son Pain eucharistique, nous serons certainement plus fort pour transformer ce monde et l’orienter vers les chemins de bonheur qui lui font tant défaut ! Alors, aujourd’hui et demain, osons devenir des êtres de communion sur lesquels Dieu se plait à vouloir compter. Amen

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7° Dimanche de Pâques (A) - Bouhans les Lure 2017

   Dans le prolongement du mystère de Pâques et de l'Ascension, les lectures de ce dimanche nous annoncent une bonne nouvelle. Elles nous montrent l’Église en train de naître. C'est une Église en prière. Le Christ qui va bientôt disparaître définitivement est également en prière. A quelques heures de son arrestation, de sa passion et de sa mort, il se tourne vers Dieu son Père. Il lui confie ses disciples. Ils auront bien besoin de sa force pour la mission qui les attend.

   Au jour de l'Ascension, Jésus a disparu au regard des siens. Ils s'en sont retournés du mont des Oliviers à Jérusalem. La mort de leur Maître les avait éparpillés. Mais pendant quarante jours, ils ont fait l'expérience de Jésus vivant. Ce n'est plus seulement l'ami d'autrefois. Ils reconnaissent en lui "Mon Seigneur et mon Dieu". Désormais, il vit d'une vie toute nouvelle. Ils se rendent au Cénacle pour un temps de prière. Une grande mission les attend ; mais pour cette mission, ils ne seront pas seuls. Jésus leur a promis la venue de l'Esprit Saint. Pendant dix jours, ils vont rester en prière pour se préparer à sa venue.

   C'est également important pour nous : toute décision importante devrait être précédée par un temps de prière. Quand un jeune se prépare à être ordonné prêtre, il va dans un monastère pour un temps de retraite. Dans une vie, il y a aussi d'autres décisions importantes : le mariage, le baptême d'un enfant, tel ou tel engagement dans une mission d’Église ou dans la société. Nous avons alors besoin de temps de prière pour être bien ajustés à ce que Dieu attend de nous. C'est très important car nous ne sommes pas à notre compte. Ce n'est pas notre parole que nous annonçons mais celle de Dieu. C'est son amour et son visage que le monde doit reconnaître en nous.

   Dans la première lecture, saint Luc nous signale la présence de Marie. Comme toujours, c'est une présence discrète. Nous la retrouvons à l'Annonciation, à Bethléem, à Jérusalem quand Jésus a eu 12 ans. Elle était aussi à Cana, et, plus tard au pied de la croix. Elle est désormais la "mère de l’Église". Avec les apôtres, elle implore par sa prière la venue de l'Esprit Saint. N'hésitons pas à

faire appel à elle et à nous unir à sa prière. Avec elle, et avec les apôtres, nous sommes la même Eglise. Marie est toujours là pour nous renvoyer au Christ. Elle ne cesse de nous redire : "faites tout ce qu'il vous dira."

   La première lecture nous dit aussi qu'ils prient "d'un même cœur". C'est ce que doit faire toute assemblée : être unanime dans la prière au Dieu unique. Cette unanimité, nous la retrouvons bien des fois chez les premiers chrétiens. Et nous ? Où en sommes-nous ? Sommes-nous unanimes dans la foi, l'espérance et la charité ? Nous avons peut-être tendance à négliger la prière et à penser que c'est du temps perdu. Les lectures de ce dimanche voudraient nous ramener à quelque chose d'essentiel : L'Eglise ne peut pas se passer de la prière. Elle lui est aussi nécessaire que l'oxygène l'est au corps.

   Si la prière devait cesser dans l’Église, celle-ci étoufferait aussi sûrement que le corps qui manquerait d'oxygène. Quand nous parlons de l’Église, il ne s'agit pas seulement de l'institution. L’Église, c'est chacun de nous. Nous en sommes tous membres. Si nous ne prions pas, nous étouffons la présence de Dieu en nous. Prendre quelques minutes pour prier chaque jour, ce n'est pas du temps perdu. Se rassembler le dimanche à l'église est absolument essentiel. Le concile Vatican II nous le rappelle à sa manière : l'Eucharistie est source et sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation.

   La prière permet à 'Esprit Saint de s'infiltrer en nous, dans notre intelligence et notre cœur ; c'est comme un goutte-à-goutte qui nous permet de recevoir la vie de Dieu. Elle nous entraîne à vivre de plus en plus au rythme de Dieu. Elle nous débarrasse progressivement des obstacles qui encombrent notre cœur et notre esprit. Ces obstacles, nous les connaissons bien : c’est orgueil, l’égoïsme, le mensonge, les préjugés, les  violences, le jugement des autres… La prière nous permet de retrouver peu à peu la présence de Dieu en nous. L’Église est née de la prière du Christ et de celle des apôtres. C'est aussi par notre prière que l’Église continue à naître chaque jour.

   En fait, ce n'est pas nous qui prions mais le Christ en nous. Il reste entièrement tourné vers le Père et vers ses disciples. Il nous apprend à ne pas rapetisser la prière au niveau de nos seuls besoins personnels et familiaux. La prière est la respiration de l'âme. Quand nous prions, c'est l'air d'en haut que nous respirons. Alors oui, donne-nous Seigneur d'avoir envie de te prier. Aide-nous à lever souvent les yeux vers le ciel. Tu nous envoie dans le monde pour témoigner que tu es le Fils de Dieu. Prends-nous tous dans ton amour. Amen

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 Jeudi de l' Ascension 

   Il y a 40 jours, nous fêtions avec joie la résurrection du Christ. C’était la grande fête de Pâques. Aujourd’hui, en cette fête de l’Ascension nous fêtons le retour de ce même Jésus ressuscité auprès de son Père. C’est une fête importante : L’Ascension du Christ représente en effet, de manière anticipée, la victoire de chacun et de chacune d’entre nous dans sa lutte contre le péché. En Christ, nous sommes déjà vainqueurs.

« Nous sommes les membres de son corps, il nous a précédés dans la gloire auprès de toi, et c’est là que nous vivons en espérance ».

   La tradition iconographique représente toujours le Christ ressuscité revêtu d’un vêtement d’une blancheur immaculée. Seule l’icône de la fête de l’Ascension le représente avec un vêtement brun. Cette couleur inhabituelle signifie que lorsqu’il monte « vers son Père et notre Père, vers son Dieu et notre Dieu » (Jn 20, 17), Jésus, qui a pris chair de notre chair, monte avec toute l’humanité, je dirais avec tous les “Adams”, qu’il est venu sauver. Jésus est revêtu de la couleur de la terre dont l’homme a été fait et en lui c’est toute l’humanité qui monte vers le Père.

L’Ascension de Jésus ressuscité, c’est le jour où il disparaît au regard de ses apôtres. Comme eux, nous avons notre regard tourné vers le ciel. Mais en même temps, nous ne devons pas oublier de regarder vers la terre ; c’est le message de l’ange aux apôtres : « Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? » En d’autres termes, nous chrétiens, nous sommes « citoyens du ciel » ; nous marchons ici-bas vers notre patrie définitive. Oublier notre foi au Christ ressuscité serait pour nous un aveuglement mortel. Mais cela ne doit pas nous faire négliger la mission confiée par le Christ : « Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples… »

   Tout au long du temps pascal, nous fêtons le Christ mort et ressuscité ; c’est le grand passage de Jésus vers son Père. Cette période est là pour raviver et fortifier notre foi. C’était vrai pour les disciples. L’évangile nous dit que ‘’certains eurent des doutes’’. Mais si le Christ ressuscité est resté visible quarante jours, c’est précisément pour les faire passer du doute à la foi. N’oublions pas que le Vendredi Saint, ils ont subi un grave traumatisme. Ils ont vu leur Maître mis à mort sur une croix et enfermé dans un tombeau. Pour eux, c’était la fin d’une belle aventure. Mais voilà que le jour de Pâque, Jésus ressuscité les rejoint. Sa première parole est un message de paix.

   C’est ce message d’espérance que nous avons à transmettre à notre monde. Beaucoup vivent dans l’indifférence. D’autres sont hostiles à la foi chrétienne. Ils sont également nombreux ceux et celles qui sont douloureusement marqués par la souffrance, la maladie, le découragement.

   C’est là que nous avons mission d’apporter notre aide à tous ceux qui sont dans le questionnement ou qui connaissent des moments difficiles. Nous pouvons leur communiquer l’espérance qui nous anime. Mais cela ne sera possible que si cette espérance, nous l’entretenons en nous. Il ne suffit pas de regarder ce qui va mal dans le monde. Il nous faut aussi regarder vers le ciel. Des moments de ressourcement sont nécessaires. Se ressourcer, c’est prendre du temps pour la prière ; c’est se nourrir de la parole de Dieu et de l’Eucharistie. C’est surtout se rappeler que l’Esprit Saint nous précède dans le cœur de ceux et celles qu’il met sur notre route.

   A la suite des apôtres, nous sommes donc envoyés pour proclamer la Bonne Nouvelle à toute la création. Le jour de l’Ascension, c’est le temps de l’Eglise qui commence. Ce que Jésus a fait, l’Eglise doit le continuer. Il a pardonné ; l’Eglise pardonne par le sacrement de la réconciliation. Jésus a donné l’Esprit Saint ; l’Eglise le donne par le sacrement du baptême, celui de la confirmation et celui de l’Ordre. Pour cette mission, nous ne sommes pas seuls. Jésus reste avec nous. Le principal travail, c’est lui qui le fait dans le cœur des hommes.

   Cette fête vient donc nous rappeler le but de notre vie. Nous avons pris l’habitude de parler du « pont de l’Ascension ». Quatre jours de congé, c’est très apprécié. Mais en parlant de pont, on ne croyait pas si bien dire. Avec Jésus, l’Ascension est un pont qui nous permet de passer d’une rive à l’autre, de la terre vers le ciel ; nous sommes en marche vers ce monde nouveau que Jésus appelle le Royaume des cieux ; c’est là qu’il veut rassembler tous les hommes. C’est cette Bonne Nouvelle que nous avons à annoncer aux hommes et aux femmes de notre temps. Rien ne doit l’arrêter. Les violences, les guerres, les catastrophes n’auront pas le dernier mot. Le Christ ressuscité veut nous associer définitivement à sa victoire sur la mort et le péché.

  Nous sommes à dix jours de la Pentecôte. Les apôtres en ont profité pour réfléchir, faire une retraite. Avec eux, supplions le Seigneur de nous envoyer  son Esprit pour qu’il renouvelle notre regard, notre Foi et la face de la terre. Amen.

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                                                                                        6° Dimanche de Pâques – St Barthélémy 2017

 Une nouvelle fois, Jésus nous parle de son Père... « Je prierai le Père... » « Je suis en mon Père »… « celui qui m'aime sera aimé de mon Père ». Jésus  n'est venu que pour cela : nous révéler, par ses paroles et ses gestes, la véritable identité de Celui que personne n'a jamais vu, ce Dieu que les hommes, depuis la nuit des temps, ont recherché, comme à tâtons, en lui donnant les noms les plus divers, Celui-là même dont les prophètes d'Israël ont témoigné, et que Jésus a l'audace d'appeler familièrement « Abba : c’est-à-dire : Papa »

   Oui, Jésus prête sa voix et ses mains à Dieu son Père pour que la Parole de Dieu puisse retentir à nos oreilles d'hommes, pour que la tendresse de Dieu puisse nous être signifiée. Quand Jésus parle, c'est Dieu qui parle. Quand Jésus guérit et pardonne, c'est Dieu qui guérit et pardonne.

Mais quand Jésus nous parle de son Père, il ne peut pas ne pas nous parler aussi de l'Esprit, puisque cet Esprit-Saint, c'est précisément l'Amour qui les unit l'un à l'autre, le Père au Fils et le Fils au Père : « moi je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. C'est l'Esprit de vérité. » 

   Ce défenseur, l’Évangile de Saint Jean l’appelle par ailleurs : « le Paraclet ». Dans le monde juif le paraclet c’était le notable qui s’interposait entre le juge et l’accusé. C’était un homme au-dessus de tout soupçon qui était écouté et respecté ; il avait la possibilité de casser une condamnation et de faire libérer l’accusé sous sa responsabilité et au nom de sa propre réputation.

   L’Esprit Saint est pour nous ce Paraclet, ce défenseur qui intervient quand nous sommes mis en accusation au nom de notre foi. Nous le voyons tous les jours, l’Église est tournée en dérision dès qu’elle prend position contre des orientations qui sont contraires à l’Évangile du Christ. Mais l’Esprit Saint intervient pour nous conseiller, nous encourager, nous consoler et nous soutenir dans les moments difficiles de notre vie. Il nous pousse inlassablement au sursaut et à l’initiative libératrice.

   C'est à une méditation trinitaire qu’avec St Jean je voudrais vous conduire, en vous invitant à faire le point sur notre vie de baptisés.

   J'ai été baptisé au nom du Père... Est-ce que vraiment Dieu est un Père pour moi? Est-ce que je Le reconnais comme l'origine et le terme de ma vie, Celui dont l'amour me façonne jour après jour? Est-ce que je sais encore m'émerveiller de sa création, et participer, à ma petite mesure, à son œuvre de création en contribuant, là où je travaille, là où je vis, à ce que la terre soit plus habitable, à ce que le monde soit plus juste? Est-ce que, pour moi qui prie Dieu en lui disant « notre Père », tout homme est bien un frère créé lui aussi à l'image de Dieu ?

   J'ai été baptisé au nom du Père et du Fils... Est-ce que je suis le familier du Fils... non pas esclave ou serviteur, mais confident et ami?... Est-ce que je lis avec assez d'attention l'Évangile pour corriger les caricatures de Dieu que j'ai tendance à me fabriquer par paresse ou commodité?... Jésus est-il vraiment le Seigneur de ma vie, Lui qui s'offre à moi dans les sacrements de son Église ?

   J'ai été baptisé au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit...
Cet Esprit-Saint de ma Confirmation, est-ce que je le laisse agir en moi? Si c'est l'Esprit de vérité, il a forcément quelque chose à voir avec la vérité d'où qu'elle vienne. Est-ce que je sais l'entendre?... Est-ce que je prends du temps chaque jour dans la prière pour relire ma journée, mes rencontres... en disant à Dieu, comme autrefois le jeune Samuel : « Parle, Seigneur, ton serviteur écoute! » Défenseur et Consolateur, l'Esprit nous est donné pour nous encourager à ne pas faiblir dans notre combat contre les violences du péché. L'Esprit m'invite à ne jamais désespérer, ni des autres, ni surtout de Dieu, ni même de moi-même. L'Esprit est assez puissant en moi pour vaincre toutes mes résistances. Il est assez patient pour me mener là où Dieu veut, si toutefois je lui confie ma vie. Chers amis, vous êtres chrétiens, n’oubliez jamais : que vous avez été baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ! Amen.

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                                                                                 5ème dimanche de Pâques - Lure

Je rentre de Lourdes et je vous avouerai que je n' ai pas beaucoup de temps pour préparer l' homélie de ce dimanche.De ces textes qu'on vient d' entendre, je relève 3 choses:

1)l L' organisation de la primitive Eglise autour des Apôtres. La tentation était grande de devoir s' occuper de résoudre des problèmes matériels dus au fait que le nombre des disciples augmentait et cela au détriment de l' annonce de la Bonne Nouvelle pour laquelle le Christ les avait envoyés.Réflexion faite : " il n' est pas bon que nous délaissions la Parole de Dieu pour servir aux tables."Les Apôtres décident donc de  nommer 7 frères choisis au sein des nouveaux convertis pour remplir les taches matérielles. Quand aux apôtres, ils resteront assidus à la prière et au service de la Parole de Dieu.                                       De tout temps et aujourd'hui encore, l' Eglise s'organise en fonction des réalités existantes, des besoins. Nous le voyons aujourd'hui, suite au Concile Vatican II, la mission n' est pas seulement confiée aux prêtres, mais aussi aux laïcs : par exemple, l' appel des diacres, des catéchistes, des délégués pastoraux, des équipes de coordinations, des conseils économiques, des équipes liturgiques, des membres du SEM (service évangélique des malades )etc...C'est dans la complémentarité que la Parole de Dieu reste vivante et devient féconde et que la Foi au Christ ressuscité grandit ! Tous les baptisés peuvent apporter beaucoup à la communauté. On n' est pas chrétien pour soi tout seul, mais ensemble.

2) Dans l' Evangile, Jésus se veut rassurant.Le soir du Jeudi Saint, il annonce son départ vers le Père.Il ne s' agit pas d' un abandon ni d' une fuite de sa part.Jésus leur annonce qu'il part leur préparer une place dans la Maison de son Père. Cette annonce est une bonne nouvelle, un appel à vivre dans l' espérance car il est le chemin à suivre pour atteindre à l' éternité promise. " Je suis le chemin, la vérité et la vie " dit-il à  l'apôtre Philippe interloqué et questionneur. Quand on suit le Christ, on ne va pas n' importe  où. Il veut le meilleur pour tous. Et le meilleur, c' est que nous connaissions le bonheur parfait: où ça? Près du Père, dans son éternité bienheureuse où il y a une place pour tous. Donc, Jésus invite chacun à lui faire confiance. Il veut tous nous sauver et nous préparer une place pour chacun auprès de son Père. Et Jésus de clarifier sa situation, sa mission....." Qui me voit, voit le Père.....Je suis dans le Père et le Père est en moi."                                                                                                                   Croyons-nous que Jésus est bien l' Envoyé du Père ?  Je vous le demande. Que chacun réponde en son coeur !

3) Jésus nous parle de ses oeuvres pour justifier ses paroles. A-t-il menti quand il a dit au paralysé: " lève-toi, prends ton brancard et marche !" A-t-il menti lorsqu'il a rendu la vue à l'aveugle Bartimé. ? A-t-il menti quand il a annoncé sa mort et sa résurrection? Tout ce que Jésus a dit s' est révélé vrai car des oeuvres concrètes ont accompagné ses dires.

Je rentre de Lourdes et j'ai vu combien d' hommes et de femmes, hospitaliers, hospitalières, brancardiers, prêtres et évêques en donnant une semaine de leur temps pour accompagner les quelques 190 malades des diocèses de Besançon et Belfort-Montbéliard, ont donné du poids, du crédit à leur Foi. Il arrive parfois qu' on se pose des questions sur notre façon de prier, d' aimer les autres....J'ai été émerveillé, une fois de plus par la qualité de l' accompagnement réalisé par chacun et chacune, par leur sourire, leurs paroles d'encouragement, leur écoute, la prière commune.....Quand on aime les pauvres, on aime Dieu ! quand on soutient un malade, on soutient Dieu. Quand on prie ensemble, on sert l' Eglise et on la construit, animé par le souffle de l' Esprit Saint. C'est ainsi que les oeuvres de Jésus se poursuivent au jour le jour. 

Chacun, petits et grands, posons-nous la question : Quelles sont les oeuvres que je suis capable de faire pour témoigner de ma Foi au Christ ? Croire en la Parole du Christ est une bonne chose: mais la meilleure, c'est de la prouver par des actes bienfaisants réels, concrets. Amen.

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                                                                                         4° Dimanche de Pâques – Ronchamp 2017

    C’est une longue tradition dans l’Eglise : le dimanche, où la liturgie propose comme évangile le texte qu’on vient d’entendre sur le Bon Pasteur, est aussi la journée mondiale de prière pour les vocations. Il s’agit essentiellement des vocations particulières : celles des prêtres, des religieux, des religieuses, des diacres…

    Rappelons-nous que tout baptisé a une vocation, c’est-à-dire une place et un rôle irremplaçable dans le monde et dans l’Eglise. Il vit dans le monde qu’il est appelé à rendre plus beau et plus humain. Il est une pierre vivante dont le Christ se sert pour construire son Eglise. Prier pour les Vocations, c’est donc prier pour que chacun soit fidèle au rôle qu’il a à remplir, fidèle à sa mission, fidèle à sa vocation.

    Les vocations sacerdotales et religieuses reposent en partie sur cette fidélité qui a besoin, à son tour, du service des prêtres ou des diacres, qui a besoin du témoignage et de la prière des religieux et des religieuses.

    En choisissant ce jour du Bon Pasteur pour prier pour les vocations, l’Eglise choisit pour ses pasteurs un exemple exigeant : le Christ lui-même. En lui, tout se résume et s’accomplit : il est Dieu et homme, Fils de Dieu et Fils de l’Homme. Par lui et en lui, Dieu rencontre l’homme et l’homme rencontre Dieu. Il est la Porte toujours ouverte pour la vie. Sans passer par lui, il n’y a pas de chemin vers Dieu ni vers le peuple de Dieu. On peut être déïste, mais pas forcément chrétien !

    Jésus est le Bon Pasteur par opposition aux gourous, voleurs et bandits de toutes sortes qui osent se manifester. L’Evangile nous invite ici à la vigilance et au discernement pour ne pas tomber dans le panneau et savoir qui il convient d’écouter et de suivre en toute confiance.

    Pour nous mettre sur la bonne piste, Jésus se présente comme la Porte des brebis : « Amen, je vous le dis, je suis la porte des brebis ». Etonnante comparaison ! Pas une porte en bois, ni une porte de prison ! A bien regarder, la porte qu’est le Christ nous invite à passer dans les 2 sens : pour entrer d’abord et trouver ‘’un bon  pâturage’’ c’est-à-dire un lieu de paix, de ressourcement et d’intériorité, un lieu où l’on peut apprécier la vie. Et puis, également pour sortir : le pasteur appelle « ses brebis et les fait sortir. Quand il conduit dehors toutes ses brebis, il marche à leur tête et elles le suivent car elles connaissent sa voix».  Concrètement, cela veut dire qu’en entrant ici, nous avons ouvert la porte et nous sommes venu reconnaître la voix du Christ, nous nourrir de sa présence et de sa vie. Quand nous sortirons de la messe, par cette même porte, nous ne serons pas envoyés à notre isolement ni à nos routines habituelles. Le Christ marchera devant nous sur les chemins que nous prendrons et nous serons en communion avec lui et avec le monde : ce sera un témoignage pour le monde ! C’est ainsi que doit se jouer la partition de notre vocation de baptisés.

    Jésus, comme un vrai berger connaît par son nom chacun de ses amis, chacun de ses frères humains. Il nous rassemble, nous tous qui, ressuscités avec lui, croyons en lui. Il marche à notre tête pour nous conduire au Père. Du troupeau que nous sommes, Jésus veut faire un peuple, une Eglise, son Corps.

   Il ne cesse d’appeler d’autres pasteurs, chargés, en son nom, de veiller sur son peuple, de le conduire sur les verts pâturages de son Evangile, de le nourrir de la force et de la grâce des sacrements. Ceux-ci savent qu’ils n’ont comme pouvoir que celui de berger, de berger-serviteur. Ils savent qu’ils font le choix de consacrer toute leur vie pour cette mission dans laquelle ils ne sont pas seuls, mais animés par la présence mystérieuse et active de l’Esprit-Saint.

    Il n’y a donc pas à avoir peur de devenir prêtre à la suite du Christ ! Il n’y a pas à avoir peur d’en parler autour de soi et d’appeler des jeunes à ce haut service à la suite du Christ.  Il est peut-être bon de s’interroger sur la manière dont nous considérons la vie et le rôle du prêtre, comment nous l’encourageons puisqu’il est chargé de rappeler et de transmettre les valeurs de l’Evangile ! Mal parler du sacerdoce est certainement une manière de discréditer le Christ et un contre témoignage de son message. Bien sûr, le prêtre n’est pas un saint ! D’ailleurs, il le sait bien ! C’est pour cela qu’il est un perpétuel chercheur de Dieu et de sa volonté. Il n’a pas qu’un rôle social dans lequel on voudrait souvent l’enfermer, mais une dimension spirituelle qui souvent est incomprise mais qui fait la richesse de son existence, la source de ses espérances et de ses joies. Personnellement, devant la crise des vocations que l’on connaît en France, j’ai bien des raisons de penser que si nous vivions notre foi sur un terrain de confiance et de joie, nous susciterions davantage, chez les jeunes, le désir  d’être prêtre. J’en suis convaincu : des vocations existent ! Mais ce qu’elles attendent pour éclore, ce sont les encouragements et le soutien de leur environnement ! S’il nous faut prier pour les vocations, je crois qu’il faut surtout prier pour leur environnement, c’est-à-dire nos communautés pour qu’elles soient réellement désireuses de susciter en leur sein des serviteurs du Christ et des sacrements. Le Pape Benoît XVI disait : ‘’C’est seulement dans un terrain spirituellement bien cultivé que fleurissent les vocations au sacerdoce ministériel et à la vie consacrée. Les communautés chrétiennes qui vivent intensément la dimension missionnaire du mystère de l’Eglise, ne seront jamais portées à se replier sur elles-mêmes. La mission, comme témoignage de l’amour divin, devient particulièrement efficace quand elle est partagée d’une manière communautaire ‘afin que le monde croie’.’’ (Jn 17/21)

Que notre prière se fasse audacieuse et engageante ! Ne fermons pas la porte au Christ, Bon Pasteur ! Ne le laissons pas à la porte de notre cœur ! Reconnaissons sa voix familière et ne restons pas sourds à ses appels ! Oui, aimons ses appels ! Prenons les chemins d’une vraie communion avec lui. Il nous a donné l’exemple du vrai don de soi. Si nous l’aimons vraiment, n’ayons pas peur de nous donner totalement à lui et pour certains de lui consacrer toute votre vie ! Amen.

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                                                                                                 3éme Dimanche de Pâques (A)-  2017 Adelans - Lure

Ce récit des disciples d’Emmaüs est une des pages les plus belles sur la résurrection du Christ. St Luc l’a écrite environ une cinquantaine d’années après la mort et la résurrection de Jésus. Il nous livre le témoignage de ces 2 disciples, témoignage que je qualifierai de Bonne Nouvelle pour les communautés chrétiennes de l’époque et pour celles d’ aujourd’hui .  L’essentiel pourrait se résumer dans le mot : « partage. »

Dans un premier temps, nous avons le partage du chemin. Cléophas et son compagnon repartent de Jérusalem pour s’en retourner chez eux. Cléophas est nommé, mais pas son compagnon… J’ai comme l’idée que ce compagnon, c’est peut-être chacun de nous.

Nous aussi, sur nos chemins, on aime parler…surtout des évènements qui nous marquent. Ces jours-ci, pendant le retraite de profession de Foi, on essaie de mieux connaitre le Christ, sa parole, ce qu’on pense de lui, de nos doutes, des questions que ça nous pause. Dans notre pays, en ce moment, on parle des élections présidentielles. Les uns sont inquiets, d’autres moins…Comme les disciples d’Emmaüs on parle souvent de ce qui ne va pas plutôt que du contraire…Cà nous ressemble. Mais il arrive aussi qu’’en chemin, on rencontre quelqu’un qui nous parle différemment, qui nous étonne et nous interpelle. 

 « Jésus s’approcha et marchait avec eux. » C’est une approche discrète, en forme d’accompagnement. Il prend le temps de les écouter attentivement et de les « laisser vider leur sac ». C’est important pour eux de pouvoir dire toute leur détresse à quelqu’un qui s’intéresse à eux. Et Jésus marche avec eux, à leur pas. Le fait de marcher ensemble est déjà une forme de partage. Cela crée des liens profonds d’amitié et de sympathie.

Le même Christ nous rejoint sur nos routes ; il est là, au cœur de nos vies. Tout comme les deux disciples, nous sommes, nous aussi, affrontés à des situations douloureuses. Mais nous ne sommes pas seuls : Jésus marche avec nous. Il met ses pas dans les nôtres, mais trop souvent, nous sommes incapables de le reconnaître. 

C’est alors qu’intervient le deuxième partage, celui de la parole. Sur la route, Jésus prend le temps de leur expliquer toutes les Ecritures, Moïse, les prophètes. Il leur fait comprendre que tous ces textes parlaient de lui. C’est une sorte de catéchèse. « Il fallait que le Christ souffrit tout cela pour entrer dans la gloire du Père. » Il fallait que l’amour du Christ aille jusque-là pour que nous croyions que nous sommes follement aimés. C’est en prenant le temps de ce partage de la Parole que nous comprenons tout cela.

C’est dans cette catéchèse que petit à petit, les disciples comprennent  l’évènement pascal. Et Jésus les rassure à tel point qu’ils sentent naître entre eux une amitié. D’étranger que Jésus était au départ, il devient un ami intéressant à entendre. Ses propos rassurent. Les disciples vont passer de  la tristesse à l’espérance. Ils diront plus tard : ‘’notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait des Ecritures ?’’. Dites, quand vous lisez la Parole de Dieu, quand vous l’entendez, vous atteint-elle au plus profond de votre cœur comme une brûlure intérieure qui réchauffe votre vie et lui redonne le goût d’avancer et de vivre ? Cette parole entendue vous met-elle davantage en appétit de Dieu ?

Troisième partage, celui du Pain : Les deux disciples sont arrivés chez eux à Emmaüs. L’étranger qui chemine avec eux semble vouloir continuer sa route. Mais ils le retiennent pour qu’ils passent la nuit avec eux. Au moment du repas, selon la tradition juive, c’est l’étranger qui dit la bénédiction à la place du chef de famille. C’est donc Jésus qui prend le pain, le bénit et le partage devant eux. Alors, leurs yeux s’ouvrent et ils le reconnaissent. A l’époque de Luc, les communautés chrétiennes avaient l’habitude de se réunir pour la « fraction du pain. » C’est le nom qui était donné à l’Eucharistie.

Pour nous aussi, c’est l’Eucharistie qui nous permet de reconnaître le Christ et de devenir témoins de sa résurrection.

Dites, tout à l’heure quand j’élèverai le Corps du Christ et la coupe de son sang, les yeux de votre cœur et de votre foi seront-ils brûlants de joie et de vie de savoir que c’est le Christ qui est là au milieu de nous ? Tout à l’heure, quand vous le recevrez dans le creux de vos mains et que vous le mangerez, laissez-le illuminer votre cœur de sa présence intérieure et de son amour pour vous ! Si vous dites comme les disciples : ‘’Notre cœur est brûlant en nous’’. Alors vous l’aimerez davantage et vous aurez à cœur de le reconnaitre vivant en vous et envie d’en témoigner comme eux !

Chaque dimanche, nous apprenons à reconnaître le Seigneur dans le partage de la Parole et de l’Eucharistie. A la fin, nous sommes envoyés pour témoigner bien simplement, mais avec du feu au cœur : « C’est vrai, le Seigneur est ressuscité ; il est vivant au milieu de nous.

Apprenons à découvrir le Christ toujours présent à nos côtés ! Parmi les témoignages que nous avons reçu, pensons à celui de la sœur qui nous parlant de sa vocation disait : ‘’J’ai un grand copain avec moi. J’ai toujours su que je pouvais compter sur lui’’. Puissions-nous toujours compter sur lui, il saura toujours illuminer et éclairer notre route, celle de notre Foi. Amen !

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CATHEDRALE SAINT JEAN-SAINT ETIENNE

JOUR DE PÂQUES 2017

Ce matin-là, elle s’est levée bien tôt. La nuit fut courte, perturbée par la mort de son Maître et Seigneur, celui qui lui a rendu la dignité et la vie. Elle l’a beaucoup pleuré et veut  lui rendre un ultime hommage. Tous ceux qui l’ont rencontré, ont perçu chez lui quelqu’un d’autre !

Mais qui donc est-il celui qui a disparu dans le jeu des pouvoirs religieux et politiques ? Il s’agit d’un prophète galiléen qui a fait un certain bruit dans sa région jusqu’en Judée. Le territoire de son action n’est pas bien grand. Sa parole n’est pas parvenue à tous les habitants de ce petit morceau de l’empire romain. Pourtant, très tôt, des questions se posent sur son identité : Qui est-il ? D’où vient-il ?  Quelques disciples l’ont suivi attirés par sa parole, par toutes ses actions et sa personnalité. Les autorités ont choisi de s’en débarrasser pour ne pas avoir d’histoires ! 

Aucune trace écrite ne restera de son passage sur cette terre sinon un écriteau au-dessus de sa tête de supplicié. Arrive une nouvelle inouïe : il est vivant. Impossible. Des témoins l’ont vu vivant, ressuscité. Quelques témoins pèsent-ils plus que la puissance de la mort ? Mystérieusement, de plus en plus de gens se sont mis à croire que Jésus de Nazareth et le ressuscité ne font qu’un. C’est bien  un mystère car les témoins sont des êtres de parole et d’action. L’acte de foi repose bien sur des témoins et   sur l’expérience intérieure d’une présence « mystérieuse » de Dieu en nous. 

La résurrection de Jésus n’est pas une « preuve ». Le tombeau vide est signe pour les témoins qui l’ont rencontré, qui l’ont vu,  qui l’ont touché et qui ont mangé avec lui. Les témoins ont trouvé une grande force dans la foi en la résurrection de Jésus de Nazareth. Ils sont pris par une passion de la parole. Ils ne peuvent se retenir de dire celui en qui ils croient.

« La puissance qui a ressuscité Jésus est aussi à l’œuvre dans les croyants. »

Ce matin-là, Marie-Madeleine bute sur la pierre, celle du tombeau qui n’est plus là. Elle n’entre pas mais va prévenir les piliers du groupe de Jésus : Simon-Pierre et celui que Jésus aimait. Elle dit ce qu’elle n’a pas vu, l’absence du Seigneur du tombeau et l’incertitude du lieu où Il est maintenant. 

Alors, ces deux disciples se mettent en route à bride abattue. Le cœur n’a fait qu’un tour. Qu’est-ce qui se passe ? Ils arrivent l’un après l’autre,  le plus jeune en premier comme il se doit. Il ne fait que se pencher. Il laisse son aîné à qui il doit le respect entrer le premier. L’évangéliste ne dit pas qu’il voit mais qu’il aperçoit les linges et le suaire. Celui-ci est mis à part, à sa place. Il n’est plus recouvrant la tête de Jésus mais de côté comme la mort a été mise de côté, à sa place. 

L’autre disciple entre, voit et croit. Arrivé le premier au tombeau, il est le premier à croire. 

Avant nous, des hommes et des femmes ont cru en la résurrection de Jésus de Nazareth et en ont témoigné. Aujourd’hui, l’Esprit nous invite à faire de même, croire et témoigner.

Le Christ est ressuscité d’entre les morts. Alléluia.

 + Jean-Luc BOUILLERET

Archevêque de Besançon

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 Jour de Pâques - 2017 - Lure

 Ces jours-ci, un journaliste a souhaité m’interviewer au sujet de de la fête de Pâques. Il a été un surpris quand je lui ai dit que Pâques, ce n’était pas la fête des chocolats, mais que c’était avant tout une fête religieuse : la fête d’un ‘’passage’’, celui de la mort à la vie que Jésus a vécu, il y a 2000 ans. Pâques veut dire ‘’Passage’’. La 1° Pâque s’est passée au temps de Moïse (1250 av. J.Ch.) : le peuple hébreu a été libéré de l’esclavage d’Egypte. Il a « passé » la Mer Rouge pour s’acheminer progressivement vers la terre promise. Et au matin de Pâques, nous fêtons le Christ qui est « passé » de la mort à la Vie.

   Avez-vous remarqué comme la nature a changé depuis 40 jours : le début du carême ? Nous sommes passés de l’hiver au printemps. La vie reprend : elle est belle, elle chante !

   Des passages, il y en a beaucoup dans notre existence.  Ils sont parfois célébrés par une belle fête. Ainsi le passage de l’enfance à l’adolescence puis à l’âge adulte. Certains sont appelés à des examens de passage. Plus tard, il y aura des passages qui mèneront d’une vie de célibataire à une vie conjugale ou une vie religieuse. Plus tard encore, ce sera le passage d’une vie active à la retraite. Puis, arrivés au terme de notre vie terrestre, la mort marquera notre envol vers la Maison du Père, vers la Vie définitive. Nous avons toute une vie pour nous préparer à ce grand passage.

   La fête de Pâques nous éclaire sur tous ces passages qui marquent notre existence. Le grand passage de Jésus nous ouvre le chemin qui nous permettra d’aller plus loin. Célébrer la résurrection du Christ, c’est passer avec lui de la mort à la vie, c’est passer du pays de la servitude à la libération et au salut. Par notre baptême, nous sommes ressuscités avec le Christ. Avec lui, nous sommes entrés dans une vie nouvelle et rien ne peut nous séparer de son amour. Alors oui, nous pouvons chanter Alléluia et rendre grâce au Seigneur qui fait des merveilles. Il est présent avec nous tous les jours et jusqu’à la fin du monde. (chant  I 165-1:  Ref  Alléluia ! Alléluia Jésus est vivant…)

   Les 4 évangiles nous disent que ce sont des femmes qui furent les premiers témoins de la résurrection du Christ. Certains se demandent peut-être pourquoi elles et pas les Apôtres. Pour comprendre cela, il faut revenir au récit de la Passion. Alors que les apôtres s’étaient enfuis, elles sont restées jusqu’au bout au pied de la croix. Aujourd’hui, St Jean nous donne le témoignage de Marie Madeleine. Elle fut la première à voir le tombeau vide. Pour elle, c’est vraiment le choc. Elle court prévenir les apôtres. A leur tour, Pierre et Jean arrivent sur les lieux. Jean est plus rapide, mais il laisse entrer Pierre qui regarde sans comprendre. Quand nous sommes accablés par le malheur, quand nous voyons toutes ces guerres et ces violences dans le monde, nous avons du mal à reconnaître la présence du Christ ressuscité.

   Pour Jean, c’est différent : ‘’Il voit et il croit’’. Cette attitude vient de son lien  privilégié avec Jésus. L’évangile le désigne comme étant ’’ le disciple que Jésus aimait ‘’. C’est l’amour qui le lie à Jésus qui le fait courir plus vite. C’est par cet amour qu’il croit à la Bonne Nouvelle de Jésus ressuscité. C’est très important pour nous. Cet évangile nous révèle à quel point l’amour peut stimuler notre Foi. Il n’y a pas d’amour sans la Foi ! Trop souvent, nous en restons à des discussions qui n’en finissent pas. L’important ce n’est pas de parler de Jésus mais d’avoir une vraie relation avec lui. Il nous aime tels que nous sommes et il ne demande qu’à être présent dans toute notre vie. Rien de ce que nous vivons ne peut lui être étranger.  Il nous arrive de chanter : « Tu es là au cœur de nos vies… » Le problème c’est que bien souvent, nous sommes ailleurs, loin de lui. Mais il ne cesse de nous appeler car il veut nous associer à sa victoire sur la mort et le péché.

   L’apôtre Pierre a eu beaucoup de mal à croire. Il lui faudra des rencontres personnelles avec le Christ ressuscité. C’est à la suite de ces rencontres qu’il a pu devenir un témoin audacieux de sa victoire sur la mort. Son témoignage est clair : ‘’ Nous avons mangé et bu avec lui’’. Après la Pentecôte, tout ira très vite. Le souffle de l’Esprit Saint va pousser Pierre et les apôtres à sortir du Cénacle pour annoncer la bonne nouvelle du Salut. Désormais, ceux qui croiront au Christ ressuscité recevront le pardon des péchés.

   A notre tour, nous sommes envoyés pour transmettre le flambeau, dire notre Foi en Jésus ressuscité. Ce n’est pas toujours facile. Nous vivons dans un monde imprégné par l’incroyance et l’indifférence. Mais l’évangile doit à tout prix être annoncé aux hommes de notre temps. Nous pouvons faire nôtre cette parole de Paul : ‘’Malheur à moi si je n’évangélise pas’’. Et nous pensons aussi à celle de Bernadette de Lourdes : « Je ne suis pas chargée de faire croire mais de dire ». Le principal travail, c’est l’Esprit Saint qui le fait dans le cœur de chacun.

   Que cette fête de Pâques nous stimule notre Foi et soit pour nous l’occasion de retrouver l’audace des 1° témoins ! Le Christ ressuscité nous invite à choisir la vie et à nous laisser envahir par son amour sauveur. Soyons heureux d’être le peuple qui ‘’croit à la résurrection de la chair et à la vie éternelle ‘’ . Amen !

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                                                                                                             Jeudi Saint (A) - 2017 LURE

    Comment ne pas faire le lien entre la célébration de la messe chrismale vécue mardi, avec notre archevêque entouré d’environ 80 prêtres et cette célébration du Jeudi Saint où Jésus invite ses disciples au repas de son amour et au service des autres ?

   A la messe chrismale, l’archevêque a béni les Saintes Huiles qui seront utilisées, tout au cours de l’année, pour les sacrements en particulier du baptême, des malades, de la Confirmation. Ces huiles sont confiées aux prêtres qui tous ensemble, à la fin de la célébration, ont renouvelé leur engagement sacerdotale à savoir : ‘’vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus en cherchant à lui ressembler, en renonçant à eux-mêmes et en restant fidèles aux engagements attachés à leur mission dans l’Eglises…et cela avec désintéressement et charité’’…C’est ce à quoi se sont engagés les prêtres, ‘’à la suite du Christ notre chef et notre Pasteur’’.

   C’est dans cet esprit-là, que prêtres, nous essayons de vivre et de témoigner du Christ à travers notre mission au milieu de vous. Serviteurs du Christ, nous essayons de privilégier la méditation et l’écoute de sa Parole : Bonne Nouvelle pour tous les hommes.

   Serviteurs du Christ, nous essayons de lui ouvrir notre cœur pour qu’il se laisse animer de la force de son Esprit bien souvent diffèrent, voire contraire à l’esprit de  ce monde. 

Serviteurs du Christ, nous aimons ces temps de rencontres avec lui à travers les sacrements qu’il nous a confiés et qui nous confèrent, de par notre ordination, la mission d’être des traits d’union entre Lui et tous les chrétiens. Nous en sommes conscients et en même temps parfois scrupuleux, mesurant aussi nos limites, mais nous en sommes heureux. Ce n’est pas rien d’être les dépositaires d’un trésor aussi prestigieux …parce qu’il est sacré ! Et en même temps, c’est une chance incomparable que de se voir appelé, choisi pour cette mission sans pareille ! Notre joie de prêtre, ce n’est pas de remplir des rites par nécessité, c’est de vivre ces rites par amour du Christ et de pouvoir communiquer cet amour à tous !  Qu’il devienne contagieux !

   L’Eucharistie que nous célébrons ce soir est celle d’un anniversaire que nous voulons fêter par fidélité à la demande du Christ lui-même : « Faites cela en mémoire de moi ». Nous faisons mémoire de ce repas inédit que le Christ a réalisé la veille de sa passion, de sa mort et de sa résurrection. Ce repas, souvent mal compris, porte en lui la présence du Christ et toute la force de son amour. Christ ne s’est jamais absenté de notre humanité depuis ce soir-là ! Et c’est au cœur de son peuple, l’Eglise, qu’il manifeste sans cesse sa présence que l’on peut voir, toucher et accueillir concrètement. « Prenez et mangez, ceci est mon corps livré pour vous …Prenez et buvez, ceci est mon sang versé pour la multitude en rémission des péchés ». C’est avec le regard et la certitude de la Foi que ce repas est à vivre comme une communion avec lui et entre nous, avec le désir de communier de la même intensité avec lui et avec les hommes nos frères. Et cette démarche est une force majeure pour faire reculer le mal qui nous environne !  Christ a cette audace et cette humilité de se livrer à chacun d’entre nous comme il a eu l’audace et l’humilité de se mettre à genoux devant ses disciples pour leur laver les pieds et leur dire combien son ‘’je t’aime’’ est sans mesure pour tous ! Jésus veut nous faire entrer ici dans le mystère de son amour. Aimer n’est pas qu’un mot à l’infinitif, mais un mot à conjuguer; comme le Christ : aimer par une vie toute donnée,  pain et vin partagés, Corps et Sang de Jésus Christ livrés.

   Il est peut être bon, ce soir de vérifier nos manières d’accueillir le Christ… Bien sûr que nous l’aimons ! Mais une certaine habitude ne risque-t-elle pas d’atténuer le désir, ce désir du cœur qui rend amoureux de Dieu et des autres ? Nos communions sont-elles vraiment source de joie et désir de grandir en relations fraternelles sans exclusives ? D’ une communion à l’autre, faisons-nous des progrès pour aimer davantage ? Nous donnant l’exemple, Jésus nous invite à devenir des serviteurs de l’amour, des serviteurs à genoux, comme lui qui va jusqu ’à laver les pieds de ses disciples. N’avons-nous pas à être à notre tour, à genoux, des prêtres au service des fidèles ; à genoux, des chrétiens au service des pauvres, à genoux, l’Eglise au service du monde ? Si le Christ est vraiment notre référence, notre 1° de cordée plein d’amour et de vérité, pouvons-nous faire fi de son interpellation : « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns les autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous ».

            Ce soir, entendons bien le message, méditons-le souvent ! Tout passe par l’amour !

’’Aimer c’est tout donner et se donner soi-même’’ disait Ste Thérèse. Soyons les acteurs fidèles et les messagers passionnés de cet amour ! Amen.

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                                                        Dimanche des Rameaux et de la Passion - Ternuay et Lure 2017    

  Ce dimanche porte deux noms. Il rappelle et célèbre deux événements: l’entrée triomphale de Jésus à Jérusalem et sa Passion. Deux événements contrastés. L’un, joyeux, festif, triomphal, et l’autre, tragique. L’un, verdoyant avec ces rameaux que cueille et porte la foule, L’autre aux couleurs du drame et du deuil, qui rapporte comment la folie meurtrière a jugé et condamné un innocent, a fait condamner lâchement à mort le prince de la vie.

   Ce prince, ‘’Prince de la Paix’’, comme on le nommait à Noël, qui vient au nom du Dieu tout Puissant, choisit pour son entrée triomphale non un cheval, symbole de force guerrière, mais une ânesse et son petit, symboles de bénédiction et de simplicité, Jésus est un roi sans arme, ni armure, ni armée, doux et humble de cœur. Il s’offre à l’accueil ou au refus de la ville de Dieu, à l’accueil ou au refus du monde des hommes. Un roi qui ne règne pas par la violence, l’intimidation, l’apparat, l’arrogance et ne dispose d’aucun soldat comme Pilate. Monté sur une bête de somme, il sait que sa mission est de porter sur ses épaules la brebis perdue, de se charger des péchés de la multitude des humains qu’il vient arracher à leurs pulsions de haine et de cupidité.

   Ce récit de la Passion nous invite à une conversion sur le plan de notre foi et de notre vie. Comment reconnaissons-nous en Christ, l’envoyé de Dieu, le Fils de Dieu sauveur ? Jusqu’où lui faisons confiance ?

   Fête des rameaux et célébration de la Passion... Disons-nous bien que les rameaux sans la Passion, ce serait risquer de tomber dans la superstition en attribuant des pouvoirs quasi magiques à de simples feuillages. Ce serait surtout se méprendre sur la royauté de Jésus: Jésus n'est vraiment roi que sur la croix... lorsqu'il est dépouillé de tout et, par amour, fait le don suprême de sa vie. Nous sommes nombreux aujourd'hui à le suivre pour faire la fête en ce dimanche des rameaux, et c'est bien. Mais combien serons-nous demain à le suivre sur le chemin du service lorsqu'il s'agira de prouver, par notre manière de vivre la vie professionnelle ou familiale, que nous sommes disciples de Celui qui s'est fait serviteur ? Nous sommes comme ces foules de Jérusalem, tout aussi inconstants... parfois heureux d'accueillir Jésus dans nos vies... mais tout aussi capables de refuser de le voir et même capables de l'éliminer lorsque sa rencon-tre risque de trop chambouler notre vie... Les rameaux sans la Passion, ce serait se tromper de bonheur: Jésus ne promet pas un bonheur facile. Si l'on prend le même chemin que Jésus, tôt ou tard il nous faudra rencontrer la croix. Les rameaux sans la Passion et sans Pâques, c'est passer à côté de l'essentiel.

   Mais la Passion sans les rameaux, ce n'est guère mieux! Ce serait en effet se complaire de manière malsaine dans la douleur. Ce ne sont pas les souffrances du Christ qui nous protègent, mais c'est l'amour qu'elles révèlent qui nous sauve! La croix du Christ n'est notre fierté que parce qu'il est vraiment le Seigneur Ressuscité! Son chemin, même difficile, est bonne nouvelle parce qu'il ne s'est pas arrêté au Golgotha !

Ces rameaux seront dans nos maisons le rappel que nous voulons être les disciples du Ressuscité; et la croix de Jésus nous empêchera de rêver d'un autre chemin que celui qu'il nous a montré.

Cette semaine, laissons-nous prendre par l’amour inégalé du Christ pour chacun de nous et pour le salut de l’humanité. Amen.

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                                                     5° dimanche de carême - Roye – Ronchamp – Melisey 2017

      Le récit de la résurrection de Lazare est tout frémissant d’amitié et d’huma-nité. « Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare », rapporte saint Jean. Il nous montre tout au long de cette longue marche vers le tombeau de Lazare, les sentiments de Jésus : la tristesse, l’émotion, le frémissement qui prélude à la crise des larmes. Gagné par la contagion de la douleur, chaviré par le drame terrifiant de la mort, Jésus finit par pleurer. Il pleure son ami. Oui, Jésus laisse couler des larmes silencieuses, celles que verse un homme dont le cœur est brisé. Un homme qui, dans sa douleur, reste pourtant maître de lui.

    Pourquoi Jésus pleure-t-il ? Parce qu’à certaines heures, c’est la seule façon qu’il nous reste d’aimer et de prier. Fraternel et sensible à l’extrême, il y exprime toute sa douleur devant la mort d’un ami. Mais, en même temps, ces pleurs ont une portée bien plus profonde. Jésus voit encore dans la tombe de Lazare l’annonce de sa propre mort, imminente… Surtout, il verse les larmes de Dieu devant la mort, qu’il n’a pas voulue, et qui sépare les êtres. Il se trouve, en cet instant, face à l’Adversaire. A son Adversaire. Lui qui est la Vie, lui qui est le Seigneur de la Vie, venu en ce monde pour donner la Vie, va devoir affronter la mort, son adversaire la mort.

    Sa vie, donnée en toute liberté, va briser ce cercle infernal, ouvrir l’homme à la grande espérance. Ce n’est pas Lazare seulement qu’il lui faut faire sortir de la mort, c’est l’humanité toute entière qu’il lui faut arracher à l’Adversaire. Ce sont tous les hommes qu’il veut ravir aux griffes de la mort redoutable : la mort provoquée par le péché.

    Signe de la mort de Jésus, Lazare est aussi signe de sa résurrection« Je suis la résurrection et la vie »...CesParoles sont immenses : elles ont une résonance d’éternité. Dans le grand hiver qui s’attarde encore sur les plaines humaines, le printemps a déjà fait explosion dans le cœur de Jésus. Jésus, après avoir connu la mort et traversé le royaume des enfers, a manifesté au matin de Pâques sa condition ensoleillée de Fils de Dieu. Il s’affirme comme l’homme intégral, le Nouvel Adam. Il est l’homme debout, vivant tout entier de la vie même de Dieu, dans un univers repris de fond en comble par le souffle de l’Esprit créateur.

 « Tout homme qui vit et croit en moi ne mourra jamais, crois-tu cela ? » dit Jésus.  Cette vie n’est pas pour demain ni pour l’au-delà. Elle est accordée aujourd’hui à celui qui croit. Elle traverse, intacte, la mort. Car elle est communion de vie éternelle avec Dieu. Elle est semence cachée, semence annonce de résurrection.

 La mort, avec son horrible odeur de putréfaction, est bien le signe de la mort totale où nous plonge le péché. Mais Lazare, pécheur aimé de Jésus, du plus profond du royaume de la mort, entend son cri : « viens dehors ! » Il revient du tombeau, comme le baptisé remonte de la piscine baptismale. Amen

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                                                                               3° Dimanche de Carême 2017 - Magny Vernois - Champagney

   Cette rencontre entre Jésus et la Samaritaine aurait pu ne pas avoir lieu. Théoriquement, Jésus n'aurait pas dû traverser la Samarie. Les juifs pieux évitaient cette région à cause d'une rivalité ancestrale d'ailleurs largement partagée Quant à la Samaritaine, elle n'aurait pas dû venir puiser à l'heure la plus chaude de la journée. L'approvisionnement en eau se faisait le matin ou le soir. Et pourtant, ce qui a amené Jésus et cette femme à se rencontrer c'est leurs "soifs" respectives ; pour Jésus, c'est la soif de "chercher et sauver ce qui était perdu’’. Pour la samaritaine, c'est la soif matérielle ; mais pour elle, le fait de venir puiser cette eau devient le reflet d'une recherche intérieure d'amour et de vérité.

  Tout commence par un dialogue de sourds. On n'est pas sur la même longueur d'ondes. C'est Jésus qui prend l'initiative en osant demander à boire. Selon la loi juive, il n'aurait jamais dû entrer en contact avec cette étrangère Même les récipients sont impurs. Mais à travers cette rencontre, nous découvrons que le Messie n'est pas venu seulement pour le Peuple Juif. Il est venu appeler au Salut tous les hommes, y compris les païens. Tout au long de la Bible, nous découvrons un Dieu qui vient à la rencontre des hommes et qui fait sans cesse le premier pas vers eux. C'est ce qui se passe avec cette femme de Samarie. Et c'est vrai aussi pour chacun de nous. Ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu. C'est lui qui nous a aimés le premier pas. Notre amour ne peut être qu'une réponse au sien.

  Voilà donc Jésus qui essaie d'expliquer à cette femme que la vraie soif n'est pas celle qu'elle croit. Il la pousse dans ses retranchements : "Va, appelle ton mari et reviens." A travers cet appel, il descend dans le puits trouble de la conscience de cette femme qui, avec ses cinq maris, se contente de l'eau sale. Jésus fait remonter à la surface, si j’ose dire,  l'écume du péché pour l'enlever. Il veut éveiller en elle une autre soif, la soif de Dieu. Cette transformation pourrait tout changer jusque dans sa manière de croire et de prier.

 L'évangile nous parle aussi des cinq maris de cette femme. En fait, c'est une situation irréelle dans un milieu qui ne tolérait que trois mariages successifs. Mais, ici, le mot mari est symbolique. Il désigne les cinq divinités païennes des Samaritains (2 Rois 17. 25-34) En fait, le mari que la femme a maintenant n'est pas le vrai Dieu. C'est pour nous l'occasion de nous laisser interroger sur les faux dieux vers lesquels nous nous tournons, divinités qui s'appellent confort, pouvoir, réputation, désir de paraître, individualisme, argent…Le Carême nous donne l'occasion de nous arrêter au bord du puits. C'est là que Jésus veut nous rejoindre pour creuser en nous une soif nouvelle. "Ne fermons pas notre cœur comme au désert !" Accueillons la bonne nouvelle que le Christ sauveur est venue apporter au monde.

  La symbolique du puits, c'est quelque chose de très fort. Dans notre monde occidental, on l'a beaucoup perdue car l'eau arrive par des canalisations jusque dans les maisons. Mais dans les textes bibliques, le puits est une image très forte ; il symbolise les commandements de Dieu. L'eau c'est la vie de Dieu à laquelle on s'abreuve. Aujourd'hui, Jésus se présente comme l'eau vive qui donne la vie. C'est auprès de lui que nous sommes tous appelés à nous désaltérer, même les plus grands pécheurs. Cette eau qui donne vie, c'est aussi celle qui purifie. Quand le vêtement de notre baptême est sale, c'est l'eau de Jésus qui le lave. Notre marche chrétienne est souvent fatiguée par les doutes, les échecs, les aspirations non satisfaites. On croit trouver le bonheur dans les objets de consommation, mais au bout du compte, on est déçu.
   Alors, comme la Samaritaine, nous sommes invités à venir au puits et à nous asseoir près de Jésus qui nous attend. C'est cette démarche que nous faisons chaque fois que nous allons rencontrer un prêtre pour le sacrement du pardon. Et bien sûr, cette rencontre personnelle avec le Christ se fait dans la prière, la méditation des textes bibliques et surtout l'Eucharistie. Le Carême est un temps favorable pour nous désaltérer auprès du Christ et puiser à la Source de la vraie Vie.

   Quand on a rencontré le Christ, l’espérance ne déçoit pas : ça change tout dans la vie. C'est ce qui s'est passé pour la Samaritaine. Porteuse d’eau, elle devient porteuse d’Évangile ! Elle a abandonné sa cruche car elle vient de découvrir une source intérieure extraordinaire. Elle revient à la ville pour dire aux gens de son peuple : "venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait ; ne serait-ce pas le Messie ?" Son témoignage a été primordial. Mais ce qui a amené les samaritains à croire c'est l'action de Dieu dans leur cœur. Il en est de même aujourd'hui. Nous sommes envoyés pour témoigner de la bonne nouvelle. Mais l'Esprit de Dieu nous précède auprès de ceux qu'il met sur notre route. Avec la Samaritaine et des millions de croyants à travers le monde, nous proclamons : "Nous savons que Jésus est vraiment le Sauveur du monde".

Ce matin, le Seigneur nous a convoqués pour puiser et recevoir à pleines mains l'eau vive, l'eau qui comble toutes les soifs. Il vient "demeurer" en nous. Qu’il nous donne d'être, comme la Samaritaine, des messagers de son amour. Amen

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                                                                 2ème dimanche de Carême

   A travers ces textes entendus, nous sommes invités à nous déplacer, à sortir de notre jardin, celui de notre petite vie bien tranquille. Ces textes bibliques évoquent trois mouvements qu’il faut avoir en permanence : quitter son « chez soi », monter pour découvrir la Lumière, puis accepter de redescendre vers la vallée (qui peut être une « vallée de larmes )

   C’est ce qui s’est passé pour Abraham (1ère lecture) : il a été appelé à quitter une vie où Dieu est inconnu ; il a marché vers le pays que Dieu lui destinait. Plus tard, Jésus demandera à ses disciples de tout quitter pour le suivre. Nous sommes appelés à nous libérer des entraves qui nous tiennent éloignées de Dieu et de la bénédiction qu’il veut répandre sur nous. Vivre le Carême, c’est sortir de notre vie tranquille, c’est nous nourrir chaque jour de l’Évangile du Christ, c’est suivre le Seigneur sur des chemins que nous n’avions pas forcément prévus.

   La lettre de saint Paul à Timothée rejoint le texte de la première lecture qui vient d’être proclamé. Elle nous redit le grand projet de Dieu : il ne souhaite rien d’autre que de déployer la bénédiction confiée à Abraham. La grande préoccupation de St Paul, c’est que l’Évangile soit connu de tous : ‘’Dieu nous a sauvés. Il nous a donné la grâce dans le Christ Jésus avant tous les siècles…’’ ‘’Il fait resplendir la vie et l’immortalité par l’annonce de l’Évangile’’. La force de Dieu accompagne le missionnaire du Christ.

   L’Évangile de ce jour nous montre Jésus qui prend avec lui trois de ses disciples : Pierre, Jacques et Jean. « Il les emmène à l’écart sur une haute montagne ». Dans le monde de la Bible, « la montagne représente la proximité avec Dieu et la rencontre intime avec lui ». C’est le lieu de la prière. On y est vraiment en présence du Seigneur. Jésus laisse entrevoir à ses disciples la beauté de sa divinité. Nous nous rappelons qu’un jour, il a dit : « Je suis la lumière du monde ».  Aujourd’hui  il laisse transparaître un peu de cette  lumière qui est en lui. Si le Christ nous appelle à lui, c’est pour nous faire contemple les choses du ciel.

Pierre est ébloui par cette vision. Il a envie de rester là, de s’installer. Mais voilà que la voix du ciel se fait entendre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui, je trouve ma joie. ÉCOUTEZ-LE ! » Cette parole est très importante ; elle est pour chacun de nous aujourd’hui : « Écoutez car il est mon Fils bien-aimé ». Écoutez Jésus ! Ce n’est pas le prêtre qui vous dit cela ; c’est Dieu le Père qui le dit à chacun de nous.

Nous qui sommes des disciples de Jésus, nous devons être de ceux qui écoutent sa voix et qui prennent au sérieux ses paroles. Pour écouter Jésus, il faut être proche de lui, il faut le suivre comme faisaient les foules de Palestine. Jésus était un itinérant, un marcheur qui proposait ses enseignements ou plutôt les enseigne-ments du Père.

Nous sommes donc tous appelés à  suivre le Christ pour l’écouter, écouter sa Parole écrite, dans l’Évangile. C’est important que nous puissions en lire un passage chaque jour, en particulier pendant le Carême. À travers ces textes que nous lisons, c’est Jésus qui nous parle.

Dans l’Évangile de la Transfiguration, nous pouvons souligner deux moments significatifs : la montée et la descente. Nous avons besoin d’aller à l’écart, de monter sur la montagne dans un espace de silence. C’est là que nous pourrons mieux percevoir la voix du Seigneur. C’est ce que nous faisons dans la prière, en particulier dans l’Eucharistie. Ce rendez-vous avec le Christ est un événement qu’il ne faut surtout pas manquer.

Mais nous ne pouvons pas rester là. La rencontre avec le Christ nous pousse à « descendre de la montagne ». Nous sommes envoyés ver les « périphéries », vers ceux et celles qui souffrent à cause de la maladie, des injustices, de la pauvreté matérielle et spirituelle. Nous sommes envoyés pour leur apporter les fruits de l’expérience que nous avons faite avec Dieu. Nous avons écouté la Parole de Dieu ; nous l’avons dans le cœur. Mais elle ne pourra grandir que si nous la donnons aux autres. C’est cela la vie chrétienne. C’est une mission pour tous les  baptisés, pour nous tous : Écouter Jésus et le donner aux autres.

Tout au long de ce Carême, nous sommes tous appelés à sortir de notre vie tranquille et à gravir la montagne pour aller à la rencontre du Seigneur. Rappelons-nous que ses paroles sont celles « de la Vie éternelle ». C’est de cette bonne nouvelle que nous avons à témoigner dans un monde défiguré par tant de souffrances, de mensonges et de mépris de la dignité des personnes. Nous sommes attirés par l’espérance de la  transfiguration finale. Alors comme Abraham et bien d’autres, mettons-nous en route pour suivre le Seigneur. Qu’il soit toujours avec nous et nous toujours avec lui pour que toute notre vie témoigne de l’amour qu’il nous porte. Amen

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                                                     1° Dimanche de Carême (A) - Plancher les Mines – Ronchamp – Servance 2017

  Mercredi dernier, nous sommes entrés dans le temps du Carême. Ces quarante jours nous sont donnés pour nous préparer à la grande fête de Pâques. Ce jour-là, nous fêterons dans la joie la victoire du Christ ressuscité, vainqueur de la mort et du péché. Ce qui est extraordinaire, c'est qu'il veut nous associer tous à sa victoire.

   Le grand message de ce dimanche c'est que toute notre vie est un combat, une lutte contre l'esprit du mal : Satan est son nom. Ce dernier cherche à nous détourner de Dieu. La première lecture nous dit qu'Adam et Eve ont cédé au tentateur. Ils ont voulu être "comme des dieux". Satan insinue le doute dans leur cœur : "Tout ça c'est des histoires pour vous empêcher de vivre et de faire ce dont vous avez envie". En réalité, celui qui cède à la tentation ne devient pas comme Dieu. Il se trouve au contraire dans une situation misérable. Adam et Eve prennent conscience de leur fragilité, de leur faiblesse, de leur incapacité à se défendre. Au lieu de devenir comme Dieu, ils découvrent qu'ils ne sont que des humains fragiles et mortels.

   Dans sa lettre aux Romains, Saint Paul relit notre première lecture mais sous une logique nouvelle. Par la faute d'un seul, tous les hommes sont constitués pécheurs. Mais par le sacrifice du Christ, nous retrouvons la vraie vie. Dieu n'a pas créé la mort. Mais, par leur péché, les hommes ont fait entrer la mort dans le monde. Cette mort n'est pas seulement la mort physique mais tout ce qui est poison de mort : l'exploitation de l'homme par l'homme, le viol des consciences, l'oppression, le racisme, la violence en ses multiples formes… Mais la vie nouvelle que Jésus nous offre pèse bien plus lourd que la mort. Elle est bien plus grande que tous les péchés du monde. C'est dans la croix et la résurrection du Christ que s'enracine notre espérance d'une victoire des hommes sur la mort et le péché. C'est de cette bonne nouvelle que nous avons tous à témoigner.

  Comme Adam et Eve, Jésus a connu, lui aussi, la tentation. Quelque part, cela me rassure ! Christ a connu les mêmes sentiments que nous, affronté des tentations humaines comme nous !  Nous voyons que Satan va jusqu’à utiliser la Parole de Dieu pour le détourner de Dieu. La méthode est perfide et vicieuse ! C'est aussi ce que nous voyons avec les sectes. Elles utilisent la Bible pour semer le doute. Mais Jésus ne s'est pas laissé avoir par le discours de Satan. C'est vrai qu'en tant que Fils de Dieu, il peut accomplir des miracles. Le diable lui propose d'en faire un en sa propre faveur.

   La première tentation que Jésus a connue est due à la faim : "Ordonne que ces pierres deviennent du pain". La réponse de Jésus est sans appel : "Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu". Jésus se présente comme le nouvel Adam qui reçoit du Père sa mission de Fils. Désormais ce ne sont plus des pierres qui seront transformées en pain. Mais les cœurs durs comme des pierres deviendront tendres comme du bon pain en se laissant pétrir par l'amour même de Dieu.

   L’Évangile nous parle ensuite du temple. (2° tentation) C'était l'endroit privilégié d’où montait la prière d'Israël. A plusieurs reprises, les prophètes avaient dénoncé le "culte inutile" qui s'y pratiquait. Jésus dira plus tard  : "Ce peuple m'honore des lèvres mais son cœur est loin de moi". Au lieu de servir Dieu, on se servait de lui. Jésus refuse ce marchandage. Il n'utilisera pas le temple pour ses intérêts personnels. Sa mission sera de purifier ce temple qui est devenu une "maison de trafic’’. Le miracle de Jésus ne sera pas de jouer superman, de sauter du haut du temple mais de remettre debout tous les handicapés du corps, du cœur et de l'esprit.

   Dans la troisième tentation, Satan montre à Jésus comment lui, le démon, domine le monde. Ce pouvoir, il le propose à Jésus à condition qu'il se prosterne devant lui. C'est la tentation de la puissance et de l'avidité. Dans l'Ancien Testament, nous lisons que le peuple d'Israël s'est prosterné devant le veau d'or. Notre monde actuel continue à se prosterner devant l'argent, le pouvoir et les biens de consommation, ces veaux d’or des temps modernes ! Jésus a fait le choix inverse. C'est sur ce chemin exigeant qu'il veut nous entraîner tout au long de ce Carême.

   Le Christ a été victorieux d'abord par le discernement. Il a bien vu que le diable trahit l’Écriture. C'est la tentation du mensonge, de l’hypocrisie et de l'orgueil qui tendent à nous détourner de Dieu. Durant ce carême, nous serons invités à suivre le Christ au désert pour nous associer à son combat et à sa prière. Aller au désert, c'est rechercher des temps de silence pour une vraie rencontre avec Dieu. Avec lui, nous serons plus forts dans notre lutte contre les forces du mal. Avec lui, nous apprendrons à rejeter toutes les publicités mensongères qui courent dans le monde et qui nous détournent de l’esprit de l’Évangile. La Lumière de la Parole de Dieu nous est offerte pour éclairer notre vie. Que cette bonne nouvelle ravive notre espérance et notre joie !

   Le pain que nous recevons de toi, Seigneur, vient renouveler nos cœurs ; il nourrit la foi, fait grandir l'espérance et nous donne la force d'aimer ; apprends-nous à toujours avoir faim du Christ, seul pain vivant et vrai, et à vivre de toute parole qui sort de ta bouche. Amen.      

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                                                                            Mercredi des Cendres - Melisey – Lure 2017

 Nous entrons dans le temps du Carême  et j’entends comme vous, le Seigneur nous lancer de multiples appels urgents et pathétiques à une véritable démarche de conversion :

-Au livre de Joël : « Revenez à moi de tout votre cœur…. Déchirez vos cœurs et non pas vos vêtements, Revenez au Seigneur votre Dieu car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour… »

-St Paul, dans sa lettre aux premiers chrétiens de Corinthe : « Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu …C’est le moment favorable… »

-Et dans l’Evangile : « Si vous voulez vivre comme des justes …pratiquez l’aumône, la prière, le jeûne…pas pour vous faire remarquer, mais dans le secret…car le Père voit ce que tu fais dans le secret »

 Je crois que le ton et l’esprit dans lequel nous avons à vivre ce temps de préparation à Pâques, nous sont donnés. Nous sommes invités à vivre en véritable partenaire de l’Alliance, nous qui sommes son peuple et même qui « sommes  les ambassadeurs du Christ » comme le rappelle St Paul.

 Faire Carême, ce n’est pas plonger dans la tristesse, dans les mortifications et les privations exagérées ! C’est retrouver la simplicité d’un cœur à cœur avec Dieu pour renouer le contact si souvent coupé avec lui. Il s’agit de tordre le coup à nos infidélités, à notre péché qui trahissent nos bonnes relations avec lui !  Prendre la route du Carême, c’est prendre la route du cœur…où Dieu, en secret, aime nous parler et nous dire les choses essentielles pour notre existence. Me revient ici une parole d’une jeune fille juive et mystique morte dans le camp de concentration à Auschwitz, Etty  Hillesum, qui écrivait ceci : « Il y a en moi un puits très profond, et dans ce puits, il y a Dieu ». En chacun de nous il y a ce puits où Dieu nous donne rendez-vous pour nous parler et nous abreuver de son eau vive, comme la samaritaine de l’Evangile. Durant ces 40 jours, n’ayons pas peur d’aller puiser à ce puits ! N’ayons pas peur de nous remettre à l’écoute de Dieu qui, voyant dans le secret nos actions et nos manques, n’essaie pas de nous piéger, mais porte toute son attention à vouloir nous voir vivre debout et heureux. N’est-il pas un Dieu plein de tendresse, d’amour et de miséricorde qui n’attend que notre conversion ? N’est-il pas ce Dieu à qui on peut dire en toute confiance comme le psalmiste : « Oui, je connais mon péché, ma faute est toujours devant moi. Contre toi et toi seul j’ai péché, ce qui est mal à tes yeux je l’ai fait ». Oui, il ne faut pas se boucher les yeux, c’est le mal qui est la cause de tous nos maux, qui sécrète la violence et la mort ! Mais c’est la grâce qui nous ouvre à la béatitude de la joie et le chemin de la sainteté.

Le temps du carême n’est donc pas un temps de répit, mais le temps d’un véritable combat, contre les forces du mal qui, en nous et autour de nous, tendent à nous séparer de Dieu et à semer la zizanie entre nous. C’est pour cela qu’à travers tous ses appels, le Seigneur nous demande de tout mettre en œuvre, concrètement, pour que notre cœur soit en paix, qu’il soit pétri de paix pour pouvoir en vivre véritablement et l’offrir à tous ceux que nous rencontrons. C’est l’appel à une certaine maîtrise de soi que peuvent nous apporter l’exercice de l’aumône, de la prière et du jeûne. Il s’agit par-là, de nous entraîner à transformer le train-train de nos habitudes pour pouvoir retrouver notre juste place devant Dieu et avec les autres. « Si vous voulez vivre comme des justes… » nous dit Jésus.

            Le Carême est donc un temps guérison intérieure pour mieux répondre aux exigences de l’amour de Dieu. Et quand on est guéri intérieurement, quand on est pacifié, c’est là que notre cœur peut découvrir et expérimenter ce qu’est la vraie joie de Dieu. Cette joie est celle d’un cœur qui, se sentant aimé de Lui, est alors débordant d’amour pour les autres.

            Je crois qu’on ne perdra pas son temps, si, dans le secret et loin de toute fanfaronnade, chacun se met en route…vers le puits de son cœur où Dieu l’attend. Nous avons 40 jours pour retrouver notre élan de baptisés, pour traduire en actes notre capacité d’aimer revigorée et pour savourer le parfum de la joie retrouvée. Notre conversion passe par là et  « le Père qui voit dans le secret nous le revaudra ».  Bonne et belle route de Carême à chacun ! Amen.

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