Écrit par Père Jean Kita

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 FETE DU CHRIST, ROI DE L’UNIVERS – 25 Novembre 2018

  Qui donc est Jésus dont on parle tant ? « Es-tu roi ?», demande Pilate à Jésus. Non, Jésus ne ressemble pas aux rois avec leur luxe et leur protocole. Il est né sur la paille d’une étable, il travaillait le bois de ses mains à Nazareth, il touchait les lépreux et mangeait à la table des pécheurs, il « triomphait » à Jérusalem certes, mais monté sur un petit âne, il était cruellement fouetté puis crucifié. Et lorsque nous les voyons face à face : Jésus l’inculpé et Pilate le juge du plus grand empire qui dominait le monde, de l’Angleterre à la Syrie, il est clair que Jésus n’est pas roi ! Pilate est d’ailleurs déconcerté pas cet étrange prévenu qui n’a ni armes ni gardes pour le protéger. Malgré tout, non sans curiosité, il lui pose la question : « Es-tu le roi des Juifs ? » La réponse de Jésus lève toute ambiguïté : « Ma royauté ne vient pas d’ici… »

  Il y a au moins trois manières d’être roi :

  1° la royauté politique à la manière de Rome : on domine les autres en les asservissant ; 
  2° la royauté messianique à la manière de l’attente juive : un descendant de David remonterait sur le trône et vaincrait les ennemis d’Israël et de Dieu ; 
  3° et puis enfin, la royauté à la manière de Jésus, très différente des deux premières…

    Ce dimanche du Christ Roi s’est ouvert par la grande vision du chapitre 7 de Daniel : les empires qui se sont succédé dans l’histoire sont comparés à des bêtes sauvages et cruelles, lion, aigle, léopard. Et voici, en contraste, qu’apparaît, « venant avec les nuées du ciel, comme un Fils d’homme ».Ce n’est donc pas un personnage quelconque : son pouvoir à lui est plein d’humanité : il n’est pas bestial, et il vient de Dieu, car les « nuées » sont le symbole du monde divin. Jésus, précisément, a très souvent utilisé ce titre de « Fils de l’homme » pour se désigner. Contrairement aux apparences, cette expression ne souligne pas son humanité, mais son contact intime avec Dieu, ce qui s’appelle : sa transcendance.

    La seconde lecture décrit « Jésus Christ, premier-né d’entre les morts, souverain des rois de la terre… à Lui gloire et puissance… Il vient parmi les nuées… celui qui est, qui était et qui vient ! » Mais en quoi consiste cette royauté si particulière de Jésus ? Ecoutons ce qu’il en dit lui-même : « Oui, je suis roi. Je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Tout homme qui appartient à la vérité écoute ma voix. » Jésus règne par la Foi que nous lui donnons. Honorer ce roi-là, ce n’est pas d’abord lui organiser des cérémonies triomphales ressemblant aux vanités terrestres. Rendre honneur à Jésus, c’est écouter sa voix, c’est conformer notre vie personnelle, familiale, professionnelle, sociale, à la vérité. C’est imiter Jésus qui n’est pas venu « se » servir lui-même, mais qui n’est que le « témoin fidèle », comme le disait la seconde lecture, témoin d’un Autre, témoin de la vérité de Dieu.

    Ne nous laissons pas griser par ces « rois » de pacotille que sont l’argent, le confort, la vie superficielle, le succès mondain… Mais laissons-nous envahir nos cœurs par le seul vrai roi dont le règne n’est que service et qu’amour. Amen.

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 33° Dimanche ordinaire (B) Amblans – Notre Dame du Haut – Lure 2018

   Nous approchons de la fin de l’année liturgique. Et en cette période, l’Église nous propose des  textes bibliques qui nous parlent du futur de notre humanité, et même de la fin du monde. On trouve ces prédictions dans des textes assez particuliers, au style étrange, qu'on appelle les apocalypses. Ces textes ont été écrits à des périodes particulièrement troublées de l'histoire d'Israël, où se succédaient conflits sanglants, persécutions et malheurs de toutes sortes. Le mot apocalypse signifie « lever le voile », révéler. L'auteur se situe à la fin du temps et dévoile le sens du présent de son époque, qui est aussi notre présent. Les évangiles, comme celui qu’on vient d’entendre, mettent dans la bouche de Jésus des prophéties « apocalyptiques » concernant la fin des temps. A nous de les entendre avec intelligence non pas comme des annonces de catastrophes mais comme des appels à l’espérance en période de catastrophes.

    C’est de cette espérance que témoigne le livre de Daniel (1ère lecture) qui date du 2° siècle avant Jésus Christ. Il s’adresse à un peuple persécuté. Beaucoup sont mis à mort parce qu’ils n’ont pas voulu renier leur foi. Le prophète leur annonce que le mal n’aura pas le dernier mot. Après cette escalade du mal, viendra le temps du salut pour ceux qui seront restés fidèles. Les martyrs s’éveilleront  pour vivre avec Dieu. Comment ne pas penser aux chrétiens d’aujourd’hui qui sont persécutés ou tournés en dérision à cause de leur foi ?

       Comment ne pas penser à Ste Cécile qui, avant d’être la patronne des musiciens, a été martyrisée à cause de sa Foi qu’elle a refusé d’abjurer ? Son témoignage comme celui de tant d’autres, ne peuvent nous laisser indifférents.

     L’Évangile nous rapporte un discours de Jésus à Jérusalem. Il nous parle lui aussi de guerres, de famines et de catastrophes naturelles : « Le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière et les puissances des cieux seront ébranlées ». Il faut savoir qu’à l’époque de Jésus, le soleil, la lune et les étoiles étaient des dieux auxquels on rendait un culte. Avec Jésus, c’est fini : il a vaincu le mal ; le ciel est comme nettoyé. Nous devons donc recevoir cet Évangile comme une bonne nouvelle.

Le point central de ce discours c’est la personne même de Jésus, sa mort, sa résurrection et son retour à la fin des temps. Un jour viendra où nous nous trouverons face à lui. Nous n’attendons pas un temps ou un lieu ; nous allons vers la rencontre de la personne même de Jésus. Il convient de s’y préparer chaque jour en vivant le présent et en construisant notre avenir avec sérénité et confiance. Il est hors de question d’avoir peur. Dans un monde bousculé qui vit des situations de détresse, le Seigneur nous assure de sa présence. Il a vaincu le mal. « Rien ne peut nous séparer de son amour. 

    La petite parabole du figuier qui bourgeonne est un signe que l’été est proche. Cette parabole nous parle de tous les bourgeonnements que nous pouvons observer : c’est le fleurissement du partage, de la tendresse, du pardon. C’est ce qui se passe quand des chrétiens vivent la solidarité et le partage en lien avec les œuvres caritatives comme le Secours Catholique. Tous ces gestes sont le signe d’un monde nouveau qui nait. C’est lui qui est à notre porte. Il est notre présent et notre avenir. Et à ce titre, n’oublions pas ce que nous répétait souvent le saint pape Jean-Paul II : « N’ayez pas peur… »

    Oui, n’ayons pas peur car le Seigneur est toujours là, présent à nos côtés. Il nous accompagne toujours. Il s’élève contre les faux prophètes qui prévoient la fin du monde proche. Alors que  «Nul ne sait ni le jour ni l'heure, pas même le Fils », nous dit Jésus.

  Nous vivons une époque qui connaît beaucoup de catastrophes naturelles et morales. On se lamente beaucoup mais cela ne sert à rien. C’est vers le Christ qu’il nous  faut regarder. Il est la Lumière qui guide et encourage nos pas. Son pardon nous est toujours offert. C’est auprès de lui que nous retrouvons la force d’aimer et de servir nos frères au quotidien. Alors oui, « Redressons-nous, relevons la tête, car notre délivrance approche. » Amen.

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 32° Dimanche ordinaire St Germain et Lure 2018

    Ce dimanche 11 novembre est spécial, c’est l’anniversaire de l’Armistice, et la fête de saint Martin, patron secondaire de la France. De plus, aujourd’hui est célébré le centenaire de l’armistice de la guerre qu’on appelle « grande », non pour sa gloire mais ses batailles longues et meurtrières impensables pour des millions de jeunes soldats. Le Pape François disait en juin 2015, à Sarajevo : « Vous n’avez pas le droit d’oublier votre histoire. Non pas pour vous venger, mais pour faire la paix… Reprendre la mémoire pour faire la paix… Faites toujours le contraire de la cruauté qui règne sur la terre encore aujourd’hui : ayez des attitudes de tendresse, de fraternité, de pardon. Et portez la Croix de Jésus Christ… » Dans son Évangile St Marc, nous relate le dernier moment que Jésus passe dans le Temple, et son dernier enseignement. Il nous rapporte une remarque de Jésus devant un fait banal.

    Jésus attire l’attention des disciples sur cette pauvre veuve et la donne en exemple dans son enseignement. C’est devant le geste de cette femme démunie de tout, que Jésus leur donne pour ainsi dire la clé pour comprendre l’offrande qu’il va faire lui-même de sa propre vie. Les riches donnent beaucoup, mais prennent souvent de leur superflu. Tandis qu’elle donne tout ce qu’il lui reste pour vivre : deux piécettes sans valeur, une somme dérisoire. Elle est semblable à la veuve de Sarepta dont on nous rapporte l’histoire dans la lecture tirée du premier livre des Rois. Elle aussi était dans le plus total dénuement.

    Cette femme avait donné au prophète Elie le peu qu’il leur restait à elle et son fils, un peu de pain et d’huile. C’est avec ce don du presque rien, que Dieu avait multiplié pour elle et son fils le pain d’une espérance inépuisable. Ce récit préfigure la multiplication que fera Jésus pour les foules affamées, à partir du peu de pain et de poissons qui leur restaient.

 Mais revenons à l’Évangile de ce dimanche. Plus que les scribes, les gens riches, ou la pauvre veuve, c’est Jésus qui est le personnage central du récit. Il parle sans doute autant de lui-même que des scribes et de la veuve, et il enseigne ses disciples à partir de ce qu’ils voient et de ce que lui-même est en train de vivre. N’imitez ni les prétentieux, ni les parvenus, leur dit-il, mais plutôt cette pauvre veuve. Ne donnez pas seulement de votre savoir et de votre superflu, mais faites don totalement de votre personne, de votre vie. Moi aussi, je vais agir comme cette pauvre veuve. Son geste préfigure ce que je vais faire. Je n’ai rien, ni argent, ni maison, et cependant je vais tout donner et faire le sacrifice de moi-même, de ma vie, de mon sang, de ma dignité. Vous aussi, faites comme cette pauvre veuve, comme moi et en mémoire de moi.

  Nous faisons mémoire aujourd’hui des millions d’hommes qui ont été victimes de la barbarie de la première guerre mondiale. On peut dire qu’ils ont fait l’offrande de leur vie, du peu de vie qu’il leur restait. Leur sacrifice n’a pas servi de leçon. Une deuxième guerre est venue pire encore et d’autres encore qui déchirent des peuples aujourd’hui.

  C’est par l’ouverture et la générosité du cœur que nous parviendrons, comme les 2 veuves de Sarepta et du Temple de Jérusalem, et comme Jésus lui-même,  à éviter la contagion de la violence et de la guerre. ‘’Aimer Dieu et aimer ses frères, c’est le même commandement !’’ nous a dit Jésus.

 Soyons des artisans de paix et prions pour qu’elle règne dans notre humanité, celle d’aujourd’hui et celle de demain. Amen.

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  Toussaint 2018 Lure

  En cette fête de la Toussaint, nous avons rendez-vous avec la Foi. Il ne s’agit pas seulement de vénérer ceux qui nous ont quittés et qui ont fait du bien sur terre. Parmi ceux-là, certes, certains sont canonisés et des milliers sont inconnus. Mais fêter la Toussaint en ne pensant qu’à ceux qui sont partis, amputerait la fête de bon nombre de personnes à savoir : nous, les vivants d’aujourd’hui, répandus par toute la terre : nous tous, appelés à devenir saints, à entrer dans la sainteté de Dieu, le seul vrai Saint. La fête de la Toussaint n’est peut-être pas tant la fête de quelques personnes, aussi nombreuses soient-elles, que la fête de la communion des saints, de la communion des hommes et des femmes de toutes langues, histoires et cultures cherchant à vivre de l’amitié et de l’amour, de la bonté et de la joie, de la miséricorde et du pardon... La fête de la Toussaint est peut-être d’abord fête de la communion, de la relation d’unité de tous les hommes.

     Malgré les verbes utilisés au futur, les paroles de Jésus que nous entendons ce matin ne sont pas des promesses pour demain. Elles sont des invitations pour aujourd’hui. Oui, des Invitations à vivre et à grandir dans la sainteté de tous les jours, par la douceur, la simplicité, la miséricorde, la compassion, la pureté de cœur, le travail de la paix, la lutte pour la justice... Invitations qui ne cherchent pas d’abord l’adhésion à une foi ou à une croyance, ni à l’adhésion de la pratique d’une religion ou d’une morale, mais qui s’adressent à tous les hommes, de bonne volonté, quels qu’ils soient. Ce sont là des Paroles universelles qui rejoignent chacun de nous dans ce que nous avons de plus beau à partager et à vivre. Qui d’entre nous ne recherche pas la douceur, la pureté du cœur, la paix et la justice ? Quel homme, quelle femme, quel jeune ne désire pas au fond de lui ou d’elle un bonheur vrai et profond, loin des bonheurs artificiels vendus de toutes parts ? Je lisais qu’un lycéen revenant de Taizé témoignait ainsi : « A Taizé, on peut parler à tout le monde sans crainte d’être rejeté ou calculé ; la vie est simple, on peut être soi-même, et on est joyeux. » Chacun de nous peut faire mémoire d’un lieu, d’une rencontre, d’un moment, d’une lutte, d’une expérience de bonheur profond, d’une plénitude de vie si difficile, parfois, à trouver, et parfois donné, comme par surprise. 

  « Heureux », dit Jésus, à neuf reprises. C’est ainsi qu’il nous veut voir vivre ! Et le voilà déployant comme un autoportrait de ce qu’il est lui-même, nous invitant à entrer dans son mystère par toute notre vie. Ces paroles ne sont pas une recette à suivre pour atteindre le ciel, mais un chemin à prendre pour trouver la vraie joie en soi et entre nous. Oui, un chemin à prendre... pour nous mettre à l’unisson avec Celui qui est ‘’le chemin, la vérité et la vie’’.

  Je vais me taire maintenant, et vous inviter, dans le silence, (vous avez le texte de l’Evangile sur votre feuillet) à relire, chacun  dans notre cœur, chacune de ces béatitudes... Oui, les relire encore, plus lentement, jusqu’à les faire descendre dans la profondeur de notre existence... 

     Il faudrait les choisir toutes, les embrasser d’un seul cœur et d’un seul corps... nous avons toute la vie pour cela. Ce matin, nous allons en choisir une. Une béatitude qui résonne davantage que les autres. Une béatitude qui prend du relief et qui sonne comme un appel, ou comme une joie retrouvée. Et nous allons la laisser nous réveiller, puis nous envahir. Ce n’est plus nous qui allons la choisir, mais la béatitude elle-même qui va nous choisir pour faire le chemin en nous. Et du silence, chacun de nous pourra retenir « sa » façon d’entrer dans la vie de Jésus et dans l’amour du Père. « Son » chemin de sainteté. « Sa » béatitude. 

     Nous serons ainsi, davantage en communion les uns avec les autres, pour ensemble nous porter les uns les autres, jusqu’à nous offrir humblement et plein de confiance, dans l’eucharistie et l’action de grâce. 

  Faisons silence... Relisons ces paroles... laissons-nous être choisi par l’une d’entre elles... et laissons la résonner en nos cœurs ! Amen.

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 30° Dimanche du Temps Ordinaire (B) - Lure 2018 

   L’Evangile qu’on vient d’entendre nous amène à suivre Jésus à Jéricho. C’est là que se trouve le magnifique palais d’Hérode. Cette ville se trouve à 250 mètres au-dessous du niveau de la mer. Symboliquement, elle représente le monde du péché, éloigné de Dieu. Jésus y entre et en ressort aussitôt. Il vient dans ce monde du péché pour nous en sortir. Il ne veut pas nous y laisser seuls, livrés à nous-mêmes. Et c’est là qu’il rencontre Bartimée, un mendiant aveugle qui est assis au bord de la route.

   Quand Bartimée apprend que Jésus est en train de passer, il se met à crier : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Ce titre, «  Fils de David  » est l’équi-valent de « Messie ». Voilà qui est  dangereux car si les autorités juives apprennent une pareille chose, cela risque de mal se terminer. Elles craignent les mouvements de foule qui pourraient inquiéter l’occupant Romain. Alors on cherche à le faire taire. Mais plus on lui impose le silence, plus il crie fort. Et voilà que Jésus entend son cri : il s’arrête et le fait appeler.

   Il y a là, je crois, une bonne nouvelle pour nous aujourd’hui. En effet, Il y a des jours où nous n’arrivons pas à prier. Alors, comme ce mendiant, nous pouvons CRIER vers le Seigneur.  C’est ce que nous lisons dans le psaume 129 : « Des profondeurs, JE CRIE vers toi Seigneur… Que ton oreille se fasse attentive au CRI de ma prière. » Ce cri est une prière que le Seigneur entend.

   Aujourd’hui encore, la vie de tant d’hommes, de femmes et d’enfants n’est plus qu’un cri qu’on ne veut pas entendre. Nous pensons aux malades qui n’ont plus la force de prier, aux personnes isolées, aux peuples qui ont tout perdu dans les guerres, aux victimes des inondations… Aujourd’hui comme autrefois, le Seigneur nous invite à les appeler. Tous les hommes sont appelés à Jésus. Voilà un message de la plus haute importance pour nous qui fonctionnons souvent sur le mode de l’exclusion.

   Cet évangile nous annonce une bonne nouvelle : L’aveugle a été guéri, oui bien sûr, mais le plus important est ailleurs ; C’est surtout sa confiance absolue en Jésus qui l’a sauvé. Il a quitté son manteau, son seul bien, sa seule protection pour  « bondir et courir vers Jésus »,  pour aller vers Celui qu’il appelle « Fils de David ». C’est absolument le contraire du jeune homme riche qui n’a pas eu ce courage et qui est reparti tout triste car il avait de grands biens.

   Nous pouvons demander au Seigneur de nous donner la même foi que ce mendiant aveugle ; qu’il nous donne de rejeter le manteau qui nous empêche d’aller vers lui, le manteau de notre aveuglement spirituel, de notre manque de foi, le manteau de notre repli sur nous-mêmes. Oui, qu’il nous guérisse de nos aveuglements. Car c’est vrai, nous sommes aveugles quand nous ne voyons pas la trace de Dieu dans notre monde, ou encore quand nous ne voyons pas la souffrance qui est à notre porte.

   En ce dimanche, nous sommes venus au Christ. Nous nous sommes rassemblés autour de lui. Et il nous repose la même question qu’à Bartimée : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » C’est la question d’un Dieu qui veut passer dans notre vie pour nous sauver. Mais sans notre confiance, il ne peut rien faire. Comme l’aveugle de l’évangile, nous crions : « Fais que je voie ! »  Aie pitié de moi qui ne vois trop souvent que l’affreuse nuit du doute. Aie pitié de moi qui ne vois pas toujours le sens de ma vie et le pourquoi des épreuves qui m’accablent. Aie pitié de moi qui ne vois pas combien tu m’aimes.

   Le Seigneur est là pour nous guérir de nos aveuglements, pour nous ouvrir à l’amour de Dieu et à celui de tous nos frères. Laissons Bartimée nous apprendre à avoir cette confiance inébranlable en Jésus. Des gens chercheront peut-être à nous en dissuader. Les mêmes pourront nous y encourager plus tard. La confiance est un combat de tous les jours, parfois dans l’obscurité de la foi. Mais grâce au fils de Timée, nous savons que la nuit n’a pas le dernier mot. C’est de cette espérance que nous avons à témoigner tout au long de notre vie auprès de tous ceux et celles qui nous entourent. Demandons au Seigneur qu’il nous guide sur ce chemin de conversion.

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29° Dimanche du Temps Ordinaire (B) Frahier – Lure 2018

   Il faut l’avouer, l’évangile est décapant. ‘’Elle est vivante la Parole de Dieu, et plus coupante qu’une épée à deux tranchants’’ nous disait dimanche dernier l’auteur de la lettre aux Hébreux. St Marc, aujourd’hui, nous place devant un problème aussi sensible que celui de l’argent dont il parlait dimanche : celui de l’usage des places d’honneur. Jésus nous dit ce qu’il pense : « Celui qui veut devenir grand sera votre serviteur... celui qui veut être le premier sera l’esclave de tous ». Il ne faudrait pas sourire trop vite à la demande des deux frères Jacques et Jean, les fils de Zébédée, qui  voudraient obtenir les meilleures places dans le Royaume de Dieu. Ah ! Le goût pour les places d’honneur !

   Tous les êtres humains cherchent à dominer, à se placer aux premiers rangs. Notre société ne se gêne pas pour attiser ce désir, jusqu’à la frénésie. Elle adule les premiers, les plus forts, les plus riches, les plus beaux, les gagnants, les battants. Les premières places : que ne fait-on pas pour y arriver ? Tous ne les atteignent pas, mais tous, de manière plus ou moins avouée, en rêvent.

   Face à ce besoin de la nature humaine, Jésus répond en rappelant un enseignement de base, que nous avons tant de mal à mettre en œuvre. Pas plus que l’argent, l’autorité n’est mauvaise en soi. Mais pour Jésus, la situation de responsabilité n’est pas d’abord une domination, mais un service plus étendu. Ceux qui sont grands devant Dieu, ce ne sont pas ceux qui se font servir, mais ceux qui servent. Ceux qui seront aux bonnes places, ce ne sont pas ceux qui se contentent d’en rêver, mais ceux qui imiteront le Christ, en buvant la coupe des épreuves comme lui, en devenant serviteur comme lui.

   Servir de façon désintéressée, dans l’oubli de soi jusque dans la souffrance face aux ingratitudes ou aux agressivités, ce n’est pas facile. Que de gens se disent au service des autres, et ne le sont que fort peu. Les partis politiques se disent au service des citoyens, les syndicats affirment être au service des travailleurs, les médecins se veulent au service des malades, les professeurs au service des élèves, les parent au service des enfants, les curés au service des paroissiens, les cardinaux au service du peuple de Dieu... mais qu’en est-il dans la réalité ?

   Les meilleurs chefs sont ceux qui savent faire participer leurs subordonnés. Les meilleurs professeurs sont ceux qui savent susciter l’initiative de leurs étudiants. Les meilleures paroisses sont celles où les fidèles participent le plus à tous les services. Le mot latin « auctoritas » (autorité) vient de la racine faire croître (« augere »), augmenter. Pour Jésus, c’est bien cela : l’autorité est le service qui aide les personnes à grandir, à devenir elles-mêmes responsables. Le vrai chef est celui qui sait écouter, comprendre, mettre en valeur et respecter.

Ce n’est pas facile. C’est une grâce à demander. Et la raison fondamentale de cette conception radicalement nouvelle du pouvoir, c’est tout simplement d’imiter Jésus. « Le Fils de l’homme est venu pour servir... » Et moi, là où j’en suis ? Qui ai-je à aimer ? Qui ai-je à servir, à valoriser, à promouvoir ?

   Ce dimanche, nous clôturons la Semaine Mondiale de prière pour les Missions. Le thème d’année est celui-ci : ‘’J’ai soif de toi, viens !’’ Nous n’oublions pas que la mission de l’Église c’est d’annoncer la bonne nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre comme nous l’a demandé le Christ. Notre horizon et notre cœur doivent s’élargir aux dimensions du monde et cela est possible si nous aimons le Christ, si nous pratiquons son message.  Nous pensons à tous ces prêtres, religieux, religieuses et laïcs qui ont quitté leur famille et leur pays pour être les messagers de l’Évangile dans des pays qu’ils ne connaissaient pas. Et actuellement, nous accueillons des prêtres, religieux et religieuses qui viennent  de l’Afrique, de l’Inde ou d’ailleurs pour nous évangéliser. Dieu a soif de nous. Entendrons-nous son appel à servir le Christ et sa Bonne Nouvelle au sein de nos villages qui se déchristianisent, auprès des enfants et des jeunes  de nos familles, de notre entourage qui ne connaissent pas ou peu l’Evangile parce qu’on ne leur en parle pas ? Puissions-nous rendre compte de l’espérance qui nous anime ! Amen. 

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28° Dimanche ordinaire (Année B) - Vouhenans

‘’Elle est vivante la Parole de Dieu, et plus coupante qu’une épée à deux tranchants’’. Elle nous bouscule et nous dérange. Voyons comment !

    Voici donc ce qu’on peut appeler un « bon jeune homme ». Il ne vole pas, il ne boit pas, il ne fume pas, il ne court pas après les jupons... Bien des mères se contenteraient d’un si bon fils. D'autant que la question qu'il pose révèle un cœur ouvert : « Maître, que faut-il faire pour avoir en partage la vie éternelle ? » Saint Marc note que Jésus « se mit à l’aimer »,avant de lui dire : « Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel, puis viens, et suis-moi ».

 Quelle exigence ! Certes, cela ne veut pas dire que Jésus rejette l’usage de l’argent. Les saintes femmes qui le suivaient et pourvoyaient de leurs deniers à ses besoins, sont là pour le prouver. Marie,  la sœur de Marthe et de Lazare n’hésite pas à « gaspiller » pour son ami Jésus un parfum que Judas - faisons lui confiance sur ce point ! - estime valoir « 300 deniers », c’est-à-dire environ 7.500 de nos euros. C’est beaucoup pour un flacon de parfum ! Jésus, enfin, ne refuse pas des invitations à dîner de la part de riches pharisiens et de riches publicains.

Alors, sur quoi porte sa condamnation ? Jésus stigmatise et déplore  tout simple-ment ceux qui ne savent pas maîtriser leurs richesses. Il blâme l’attachement aux biens. Il condamne ceux qui s’en rendent esclaves. Il critique l’avare. Le jeune homme posait une bonne question, mais en se trompant de verbe : « Que faut-il faire pour AVOIR la vie éternelle ? » Tant qu’on reste au niveau de l’avoir, le Royaume de Dieu est inaccessible. On EST, on EXISTE dans la vie que dans le partage. Parce que partager, c’est adopter les manières de Dieu. Dieu partage tout ce qu’il a et tout ce qu’il est.

« Viens, et suis-moi »,  dit Jésus à son interlocuteur. Oui, ‘’Viens et suis-moi,’’ moi qui suis le Dieu bon sur ta route. Moi, qui marche devant toi, je vais te rendre possible ce partage. A la manière de Pierre et d’André, qui ont laissé leur filet, de Jacques et de Jean qui ont quitté leur père et ses salariés, à la manière de Matthieu qui a lâché son bureau de perception, Jésus t’invite à la suivre et te rendra possible ce qui est impossible aux hommes.

Nous savons bien que la frénésie de la consommation ne peut rendre heureux. Le seul bonheur c’est d’aimer et d’être aimé. Et l’argent doit servir à cela. Il est un bon serviteur, mais le plus tyrannique des maîtres. Lorsqu’il sert à délocaliser des entreprises, à sacrifier des vies humaines, à refuser un salaire décent, à souiller la planète, cet argent est mauvais, parce qu'il est mal utilisé. Les efforts des économistes, des sociologues, des chercheurs et des politiques sont voués à l’échec s’ils ne sont pas accompagnés d’une conversion des cœurs qui vient du Seigneur.

Telle est cette sagesse dont nous parle la première lecture. « Tout l’or du monde, auprès de la sagesse, n’est qu’un peu de sable ». Un vieux proverbe affirme avec clairvoyance : « On a que ce qu’on a donné ». Jésus lui-même, dit dans une parole rapporté au livre des Actes des Apôtres : « Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir ». Dieu soit loué, il y a depuis 2000 ans, et encore aujourd’hui, des hommes et de femmes qui ont tout quitté pour suivre le Christ. La canonisation du Pape Paul VI, de Mgr Romero et de 5 autres chrétiens, aujourd’hui à Rome en sont la preuve. Ne croyez-vous pas qu’ils sont une ‘’sacrée’’ espérance pour le monde ?  Rendons grâce à Dieu ! Amen.

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27° Dim.  Ord. (B) Week-end Confirmation au Prieuré St Benoît - Chauveroche 7/10/2018

A l’écoute ces textes que nous venons d’entendre, comment  ne pas penser à tous les commentaires et débats que l’on fait chaque jour à la radio  et à la télévision sur les événements de notre actualité. Et chacun y va bon train !

  De quoi est-il question dans ce que ce que nous rapporte St Marc ? Du mariage. Voilà que des pharisiens viennent mettre Jésus à l’épreuve, le tester à propos non pas du mariage, mais de ses échecs. ‘’Est-il permis à un mari de renvoyer  sa femme ?’’. A l’époque de Jésus, l’homme était dominateur... Déjà, en ce temps-là, fonder une famille et lui donner des assises solides n’allait pas forcément de soi. La fidélité n’était pas toujours facile à tenir… Avouons que de nos jours, ce thème est devenu très préoccupant. Bref ! Quelle réponse, Jésus peut-il apporter ?

Flairant le piège que lui tendent les pharisiens, Il ne tombe pas dans le panneau.  Jésus va parler des plans de Dieu dès la Création de l’homme et de la femme dont nous avons entendu le récit dans la 1° lecture. Il est clair que le plan de Dieu un plan d’amour et non pas de séparation ni de division. Avant la loi de Moïse qui permettait la séparation par un acte de répudiation, la volonté d’amour de Dieu est et reste prioritaire : elle dépasse celle de Moïse, elle dépasse celle des hommes. Et Jésus va mettre le doigt là où ça fait mal : il va dénoncer la cause de cette situation  souvent dramatique : ‘’la dureté du cœur des hommes’’. S’appuyant sur le récit de la Genèse, Jésus place en premier lieu la dignité du mariage et non pas celle de la possibilité du divorce. Pour lui, il n’y a pas de supériorité de l’homme sur sa femme. : ‘’Les deux feront une seule chair’’. Cela veut dire que l’homme et la femme sont appelés à vivre  en pleine communion d’amour, dans une égale dignité. 

En disant cela, Jésus apporte un regard nouveau sur la dignité de la femme et les relations entre femme et homme. Il veut changer la mentalité de ses interlocuteurs.

Ne nous y trompons pas, il y a encore beaucoup de cœurs endurcis qui ne le voient pas ainsi. Mais sans cette égalité, l’amour est faussé, car il n’est alors vécu que comme une possession.

Il nous est bon, je crois,  d’entendre et de méditer cette vision du Christ sur l’amour et la fidélité, sur le respect des personnes, non seulement dans l’engagement au mariage, mais aussi au niveau de notre foi de baptisés. Tout est question de mentalité mais surtout de bon ou de mauvais esprit. Reconnaissons-le, les manières des hommes ne sont pas toujours conformes aux manières de Dieu ! Les lois humaines ne favorisent pas toujours le bonheur auquel tous nous aspirons ! Il y a sans doute des conversions à faire !

Avec les jeunes du Doyenné de Lure, nous sommes heureux de nous retrouver ici, dans ce havre de silence et de paix, le temps  de ce weekend, pour préparer leur confirmation. Il est proposé à chacune et à chacun de vivre une expérience : celle de vivre un ‘’cœur à cœur’’ plus intense avec le Seigneur, en nous mettant davantage à son écoute et à celle de son Esprit, dans le silence et la prière. Ce temps fort, comme on l’appelle, loin des habitudes, nécessite un certain désencombrement pour se laisser davantage habiter intérieurement par la parole de Dieu. Comme une étoile dans la nuit, elle veut illuminer et inonder le cœur de tous de son amour infini et ô combien mal perçu, de nos jours. Vous les jeunes, aimez Dieu ! Aimez Jésus ! Branchez les ordinateurs de votre cœur sur son amour ! Il saura vous combler bien au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer !

 Puisse cette eucharistie, célébrée avec toute la richesse de nos différences nous réjouir tous, car nous sommes le peuple bien-aimé de Dieu. Demandons Lui  qu’il nous bénisse ! Que son Esprit nous aide ‘’ à marcher selon ses voies’’  Amen.

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  26° Dimanche ordinaire (B) Amblans – Lure 2018

 Décidément, si on veut être fidèle à la pensée de Jésus, il faut se garder de tout simplisme. Dans la même  page, aujourd’hui,  Marc a rapproché deux attitudes apparemment contradictoires de Jésus : d’une part une très grande largeur de vue, de l’autre une rigoureuse exigence.

Une grande largeur de vue…

Un jour, donc, les apôtres viennent se plaindre à Jésus parce qu’ils avaient vu quelqu’un « chasser les esprits mauvais » sans appartenir à leur groupe. C’est une réaction très humaine de vouloir conserver un certain monopole. Nous sommes naturellement portés à nous méfier de ceux qui ne sont pas de notre bord. Le sectarisme n’est pas d’aujourd’hui. Déjà, au temps de Moïse, Comme on l’a entendu dans la 1° lecture, on voulait interdire à Eldad et Médad de prophétiser parce qu’ils n’étaient pas au bon endroit. Moïse, loin de s’en offusquer, avait répondu : « Ah! Si tout le monde pouvait être prophète ».

 Jésus a le même réflexe de grande ouverture : n’empêchez pas ceux qui font le bien même s’ils ne sont pas de votre clan. On n’enchaîne pas l’Esprit, on ne  le met pas en bouteille. Il agit aussi en dehors de nos structures, en dehors de l’Eglise. L’Esprit souffle où il veut. Qui pourrait faire taire le vent ?

... et  une rigoureuse intransigeance

Cela ne veut pas dire que Jésus soit indifférent au mal. Il y a aujourd’hui une certaine tolérance qui n’est qu’un laisser-aller criminel : le tout est permis !...  Les scandales qui frappent l'Eglise en sont hélas une dramatique illustration. Jésus, lui, s’il demande qu’on laisse faire le bien qui s’accomplit même en dehors de nous, s’indigne néanmoins qu’on puisse sciemment entraîner quelqu’un au mal « Celui qui entraînera la chute d’un seul de ces petits... mieux vaudrait le précipiter dans la mer avec une meule au cou !... Si ton œil t’entraîne au péché, arrache-le ! »

Seul Jésus a le droit de prononcer de telles paroles impitoyables. Lui seul sait véritablement ce qu’est le mal, le péché. Si nous n’avons pas à juger les personnes, nous avons pourtant à appeler un chat un chat. Le mal est le mal. Nous devons le dénoncer et le combattre. Et s’il fallait encore nous en convaincre, il suffirait d’écouter St Jacques, dans la seconde lecture : voilà un langage clair de prophète ! « Vous qui exploitez les pauvres, pleurez... Si vous n’avez pas payé le salaire juste à ceux qui ont travaillé pour vous, leur salaire crie vengeance... Vous avez recherché sur terre le plaisir, le luxe, vous avez fait bombance pendant qu’on massacrait des gens... vos richesses sont pourries... »

Si nous voulons vraiment suivre Jésus, nous ne pouvons justifier  ni nos étroitesses de clocher, ni nos silences teintés de lâchetés. Il nous demande, aujourd’hui comme hier, à la fois la tolérance et la rigueur. C’est difficile. C’est un don à demander à Dieu dans la prière : savoir discerner l’œuvre de l’Esprit qui souffle où il veut, en nous, dans l’Eglise et aussi loin de nos catégories et de nos chasses gardées.

Dans cette Eucharistie, accueillons l’Esprit de Dieu ; qu’il nous apprenne la vraie mesure de nos jours et qu’il pénètre nos cœurs de sa Sagesse. Amen. 

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25° Dimanche ordinaire (B)  Magny Vernois – Lure  2018

    Dans ce passage d’Évangile que l’on vient d’entendre, Jésus dénonce une tentation qui divise l’Église ; Selon l’expression du pape François, c’est « l’envie mondaine d’avoir le pouvoir », l’envie et le désir « d’aller plus haut ». Tout cela arrive au moment où Jésus parle « de service et d’humiliation ». Il annonce à ses disciples que « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »

   En lisant cet Évangile, nous voyons bien que les apôtres n’ont rien compris ; Jésus vient de leur parler un langage d’humiliation, de mort et de rédemption. Alors qu’eux parlent « un langage d’arrivistes » « Ils discutaient entre eux pour savoir qui était le plus grand ». Leur seule préoccupation c’est d’aller le plus haut possible dans le pouvoir. Ils sont tentés par la façon de penser du monde. Pour Jésus, c’est l’occasion de faire une mise au point très ferme : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »

  Cet enseignement de Jésus vaut aussi pour nous tous. Sur la route que Jésus nous montre pour aller de l’avant, le service est la règle : le plus grand est celui qui sert, celui qui est le plus au service des autres. Ce n’est surtout pas celui qui se vante ni celui qui cherche l’argent et le pouvoir. La vraie grandeur c’est l’accueil et le service des petits. Ce service est élevé au rang de service de Dieu.

   Jésus perturbe notre logique humaine en nous disant simplement que la vie authentique se vit à travers l’engagement concret pour le prochain.

    L’invitation au service possède une particularité à laquelle nous devons être attentifs. Servir signifie, en grande partie, prendre soin de la fragilité. Prendre soin des membres fragiles de nos familles, de notre Eglise. Ce sont les visages souffrants, les personnes sans protection et angoissées que Jésus nous propose de regarder et nous invite concrètement à défendre, à protéger  et à aimer. En effet, être chrétien implique notre devoir de servir la dignité de nos frères.

    Mais faisons attention  nous dit le Pape François: Il y a un « service qui sert » ; mais nous devons nous prémunir contre la tentation du « service » qui « se » sert.». Ce service-là ne peut générer qu’une dynamique d’exclusion. Nous sommes tous appelés par vocation chrétienne au service qui sert et à nous aider mutuellement à ne pas tomber dans les tentations du « service qui se sert ». Jésus nous dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier et le serviteur de tous. »

   À travers ces trois lectures, c’est Dieu qui nous parle ; le juste qui souffre dont nous parle la 1ère lecture nous renvoie aux chrétiens persécutés qui sont obligés de fuir leur pays. Nous pouvons aussi nous reconnaître à travers l’intriguant, l’homme attiré par les convoitises, dont nous parle saint Jacques. Le Seigneur veut nous libérer de cette recherche de nous-mêmes. Et dans l’Évangile, il nous rappelle que les vrais grands ne sont pas ceux qui recherchent les premières places et les honneurs mais ceux et celles dont le cœur est ouvert aux autres.

    Nous sommes donc tous appelés à être une Église « au service » des autres, en particulier des plus fragiles. Nous nous rappelons ce que Jésus a dit un jour : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait ». Pour cette mission, nous ne sommes pas seuls. À chaque Eucharistie, le Seigneur est là pour nous nourrir de sa Parole et de son Corps. Cette rencontre avec lui c’est vraiment LE moment le plus important de la journée, de la semaine. Le Christ est présent avec nous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. Il veut nous entraîner à sa suite jusqu’au bout de l’amour. Son Pain Eucharistique nous est distribué pour nous donner la force d’aimer comme lui et avec lui. Prions-le ! Qu’il nous donne force et courage pour rester toujours en « tenue de service ». Amen.

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 24° Dimanche ordinaire (B) - La COTE 2018

 Voilà des textes qui tombent bien pour ce temps de reprise et de rentrée de la catéchèse ! Nous entendons Jésus s’entretenir avec ses apôtres et les interpeler sous forme de sondage pour, peut-être, mieux mesurer l’impact de sa mission. Qu’est-ce que les gens de son entourage disent de lui ? Et même, pour eux, les Apôtres ‘’Qui est Jésus ?’’. Cette question, nous pouvons nous la poser et chacun essayer d’y répondre.

 Souvent, je constate qu’en dehors de nos rencontres religieuses et nos eucha-risties,  on n’en parle pas beaucoup ! Et pourtant, si nous sommes là, c’est que nous le connaissons un peu, qu’il est notre ami…qu’il donne sens à notre vie. Nous savons qu’en tant que baptisés, nous avons mission de le faire connaitre en paroles, mais aussi par des actes qui nous engagent à être son témoin. Demain, je dirai aux enfants de la catéchèse combien il est important de se passionner pour Jésus. D’où l’importance de vivre les séances de catéchisme avec  appétit, avec le désir de côtoyer Jésus régulièrement comme on aime rencontrer son meilleur ami. Qu’ils en  discutent en famille, avec leurs parents et leurs proches. Que les aînés n’essaient pas  de se soustraire à cette question car, au passage, c’est aux apôtres que Jésus pose la question : ‘’pour vous qui suis-je ?’’ Autrement dit, à des adultes. Et c’est bien à nous, les adultes que revient la mission de transmettre la Foi à la jeune génération actuelle !

 2- Jésus annonce qu’il va souffrir beaucoup, qu’il va être rejeté, mis à mort et ressuscité. Il est important d’entendre cette annonce car elle fait partie de la mission de Jésus qui est venu en notre monde pour le sauver de toutes ses difficultés, de ses drames, de son péché. Et Jésus va interpeler vivement  Pierre  qui lui reprochait son annonce. ‘’Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes’’.  Nos pensées rejoignent-elles de pensées de Dieu ? Sont-elles en cohérence avec l’esprit de Dieu ?

 Nous qui sommes baptisés, si nous voulons changer l’esprit de notre monde, il est important, plus que jamais, de connaitre, de nous réapproprier les pensées de Dieu, celles que les Evangiles nous permettent de connaitre, de méditer et de vivre. Ne négligeons pas la prière quotidienne ! Essayons dans l’année de suivre quelques moments de formations comme celle de ThéoFil qui va démarrer dès le début d’octobre. Pourquoi ne pas rejoindre une équipe liturgique pour approfondir les textes de nos liturgies dominicales… participer à un service dans l’Eglise …Bref ! Il y a bien des moyens de vivre notre vie chrétienne en harmonie avec les pensées de Dieu

 En vous disant cela, je rejoins St Jacques quand il dit, un peu provocateur : ‘’Si quelqu’un prétend avoir la Foi sans la mettre en pratique, à quoi cela sert-il ?’’ Honnêtement : à rien ! C’est de la littérature ! Or, la Foi, qu’est-ce que c’est sinon qu’une adhésion à l’esprit du Christ, non seulement en paroles, mais surtout en actes. Il s’agit d’avoir des comportements concrets qui prouvent que l’on croit au Christ, que nous vivons à son imitation, en étant attentif aux autres, en tissant des liens fraternels avec tous, sans faire de différence, en ayant le souci de respecter les autres, de les considérer non comme de rivaux, mais comme des amis. Le regard humain est une chose, le regard chrétien en est une autre ! Rappelez-vous la parole de Jésus : ‘’Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés’’. Avoir la Foi, c’est grandir, chaque jour dans l’amour de Dieu et des autres. Voilà ce qui nous est demandé et c’est par de telles attitudes que nous pourrons prouver notre Foi.

 On a du travail ! Alors essayons de prendre de bonnes résolutions ! Essayons de ne pas décevoir le Christ ! Et de la même manière de ne pas décevoir les autres !

 Soyons des sources d’encouragement les uns envers les autres et pour cela, essayons de sortir des critiques négatives. Soyons heureux de savoir que Dieu compte sur chacun de nous pour que le respect et l’amour des autres habitent notre cœur et nos pensées ! Fidèles à la prière personnelle et communautaire, puissions-nous tous, faire la fierté de l’Eglise et de notre Dieu ! Pour cela, ayons toujours à cœur de répondre à la question de Jésus : ‘’Pour vous, qui suis-je ?’’

 A chacun, bonne route dans la Foi ! Amen !

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23° Dimanche ordinaire (B) Vy les Lure – Lure 2018

 Dans son Evangile, St Marc nous présente souvent Jésus en train de guérir bien des personnes atteintes de maladies graves. Ça se disait et on recherchait Jésus pour obtenir la guérison ! Mais le risque était grand, de ne voir en Jésus qu’in homme extraordinaire, un super thaumaturge. Jésus pourtant, comme dans le récit de ce jour,  prend bien soin de recommander « de n’en rien dire à personne ». Comme s’il nous disait : « N’en restez pas à la superficialité... », à cette curiosité malsaine des journaux à sensation, au scoop !  A bien regarder, ne serait-ce pas  chacun de nous, aujourd’hui, que le Seigneur voudrait également guérir de nos surdités et de nos mutismes spirituels.

Ce jour-là, Jésus traverse la Décapole, une région païenne et fait un signe visible et palpable envers un sourd-muet. Résultat : « Ses oreilles s’ouvrirent, et sa langue se délia et il parlait correctement... » Les témoins présents font le constat d’un véritable miracle : Il entend, il parle !  Tous peuvent voir s’accomplir les promesses du prophète Isaïe : « Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie ».

A bien réfléchir, n’y a-t-il  pas aussi en nous, un sourd muet qui existe, fermé à ses frères et imperméable à la Parole et à la grâce, incapable de parler à Dieu et de communiquer avec les autres ? Ecouter, parler... cela semble naturel ! Et pourtant combien y a-t-il de personnes parfois tout proches de nous que nous n’entendons plus, à qui nous ne parlons plus ! Par lui-même, l’homme est souvent enfermé dans son égoïsme, incapable d’une vraie écoute.

Pour écouter Dieu, nous sommes terriblement sourds. Pour proclamer la Parole de Dieu, nous restons souvent muets... Jésus, lui, est l’homme ouvert aux autres. Alors que scribes, pharisiens, élèvent des barrières pour s’isoler des pécheurs, des publicains, des païens et des Samaritains, Jésus, lui, recherche le contact avec tous. L’évangile d’aujourd’hui nous le montre en Phénicie et en Décapole, à l’aise partout, et mettant tout le monde à l’aise. Il est le Maître qui sait écouter. Il est l’Ami qui sait parler. Alors que Satan est fermé à tout et ferme l’homme en lui-même, Jésus brise ce monde clos d’un mot : « Effata, Ouvre-toi ! » Il nous ouvre à Dieu et aux autres.

Au temps de saint Marc, à Rome, on touchait les oreilles et les lèvres du baptisé en disant « Effata ». Nous naissons dans un monde clos. La foi, don du Christ à notre baptême, nous ouvre à Dieu et aux autres. Et nous pouvons remarquer que c’est par des gestes parlants, concrets que Jésus sauve ce sourd-muet et que Jésus nous sauve : le repas de la Cène, le sang versé de la croix, la pierre roulée du tombeau vide. Les sacrements sont dans ce droit fil : rencontrer Dieu réellement passe par les oreilles, et par la langue, par les yeux et par les signes sacramentels.

En ce temps de reprise, approchons-nous de Jésus pour qu’il fasse de nous des êtres neufs, guéris de leur surdité et de leur mutisme. Demandons-lui qu’il nous donne la patience de l’écoute et l’audace de parler, l’audace de proclamer sa Bonne Nouvelle dans ce monde où les tentations du repli sur soi et de  l’exclusion deviennent de plus en plus latents.

Oui, entendons Jésus nous dire, qui que nous soyons : ‘’Effata’’ , ‘’ouvre-toi et que cet appel nous incite à nous décentrer de nous-mêmes pour nous tourner davantage vers les autres, en son nom ! Amen

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 22° Dimanche ordinaire (B) Bouhans les Lure – Lure 2018

    On vient d’entendre un passage d’Evangile où St Marc nous rapporte une situation conflictuelle entre Jésus et un groupe de pharisiens et quelques scribes. Ce sont des religieux ; ils connaissent bien la Bible, ils ont une pratique scru-puleuse de la loi. Ils s’en prennent à Jésus parce que ses disciples outrepassent les usages et la tradition des anciens. ‘’Ils prennent leur repas avec des mains impures’’.

   Jésus invite ses contradicteurs à être logiques, à être vrais. Ce qui est premier ce n’est pas l’accomplissement de gestes religieux mais la pratique effective de l’amour. C’est sur notre amour que nous serons jugés.

   Alors Jésus pose la question : à quoi bon se laver les mains, si le cœur n’y est pas ? Jésus ne dit pas que c’est bien de manger avec les mains sales !  Il ne parle pas d’hygiène, mais de religion. C’est sûr qu’il faut se laver les mains avant de passer à table autant pour ne pas tomber malade que pour ne pas dégoûter les autres.

    Mais, pour les pharisiens, ces gestes étaient religieux. A l’origine de ces coutumes, il y a un sentiment de grande délicatesse à l’égard de Dieu. Se laver les mains donne au repas une signification sacrée : on mange devant Dieu et on le remercie de nous fournir le pain.  C’est d’ailleurs ce que normalement on doit faire avent chaque repas : remercier Dieu d’avoir la chance de pouvoir manger régulièrement. C’est très beau et respectueux !

    Seulement voilà, c’est souvent le cas dans l’histoire des  hommes, les plus belles traditions se dénaturent vite avec le temps. Pour les pharisiens, ces prati-ques de respect sont devenues une manière de séparer les hommes. Les Juifs se préservaient des contacts mauvais avec les païens, les justes sont s’écartaient des pécheurs, les bien portants s’éloignaient des malades.

    Jésus va rappeler à ses contradicteurs dit que Dieu est ouvert à tous les hommes. Il ne fait ni différence ni exception ! Il accueille de la même manière  le centurion de l’armée d’occupation, le contrôleur d’impôts méprisé, le lépreux ou la femme de mauvaise vie. A quoi sert de se laver les mains, selon les rites, si le cœur est plein de pensées de mépris, de haine, de mesquinerie ou d’envie ? Cela s’appelle de l’hypocrisie.

   Jésus dit qu'il faut changer la mentalité de notre cœur ! Sinon, le risque est grand de faire comme Pilate, qui se lave les mains en condamnant l’innocent. Sinon nous serons semblables aux grands prêtres qui croient rester purs et qui mènent à la croix le Fils de Dieu. Quelle fausseté !

 Changer notre propre cœur : c’est à cette exigence que Jésus nous convie car dit-il : c’est  ’’Ce qui sort de l’homme, voilà ce qui rend l’homme impur’’

 Oui, c’est de notre cœur, pas de la boue des chemins, que vient tous les maux qui divisent les hommes et font parfois de la terre une sorte d’enfer. Aucune eau de nos fontaines ne peut ôter cette saleté-là. C’est le mauvais de notre cœur qui nous sépare de Dieu et des autres et suscite tant de divisions. Alors que faire ? Recevons cet Évangile comme un appel à nous convertir. Pour changer notre cœur, permettons à la Parole de Dieu d’y prendre racine. Nous pouvons le purifier, en laissant le regard de pardon de Jésus le laver. Alors, comme saint Pierre, qui a pleuré amèrement sa lâcheté, Jésus fera de chacun de nous, un homme, une femme, au cœur doux et pacifié, aimant Dieu et ses frères.

  Pour conclure, permettez-moi ces pensées tirées du livre : L’imitation de Jésus Christ :

  Ton repos sera tranquille si ton cœur ne te reproche rien ; ne cherche d'autre joie que celle d'avoir fait le bien… Ceux qui ont la conscience pure seront facilement calmes et heureux… Si tu prêtes seulement attention à ce que tu es véritablement, tu t'inquiéteras peu de l'opinion des hommes à ton sujet. « L'homme voit le visage, mais Dieu voit le cœur » (1S 16,7).

        Bonne rentrée scolaire !

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Fête de l’Assomption – Lure 2018

    Depuis hier soir l’Eglise est en fête pour célébrer la Vierge Marie. Processions, eucharisties vont rassembler une foule de croyants  à travers le monde. Beaucoup sont sensibles au rôle et au témoignage de Marie ! 

   Marie rassemble autour d’elle tous les chercheurs de Dieu. En la priant, ils se sentent en sécurité comme des enfants qui aiment se retrouver dans les bras de leur mère. Les prières que nous lui adressons nous conduisent vers son Fils Jésus, vers son Evangile porteur de vie, d’amour et de paix. Marcher avec Marie comme des pèlerins, c’est faire une démarche d’amour, une démarche physique, voire intellectuelle. La Foi, ça passe par le cœur, les pieds et l’intelligence,

   Etre pèlerin de l’Assomption, cela veut dire, « prendre avec soi Marie » C’est le sens du mot Assomption : Prendre avec soi Marie. Prenons donc l’exemple de Marie !

   Dans l’Evangile de ce jour, elle s’en va « rapidement » nous dit St Luc, vers sa cousine Elisabeth. Elle se met en marche. Elle a accueilli le message de l’ange, elle le porte dans son cœur. Marie est devenue pour l’Eglise le modèle de l’attention portée à Dieu, le modèle de l’attention portée à la solidarité humaine. Regardez combien à Lourdes, elle accueille la vie et l’histoire de chacun, le poids de ses souffrances, les inquiétudes de toute l’humanité.

   Marie est devenue « parfaite image de l’Eglise à venir, aurore de l’Eglise triomphante » comme le dit la préface d’aujourd’hui. Par cette fête de l’Assomption, l’Eglise présente à l’humanité entière le signe de Marie, transportée au ciel, transfigurée par la résurrection de son Fils Jésus. A la suite du Christ, premier de cordée, Marie est la première sur le chemin de la Résurrection. Et c’est sur ce chemin qu’elle nous entraîne. Ainsi se réalise ce que St Paul écrivait aux Corinthiens (2° lecture)(15/20-27) « Dans le Christ, tous recevront la vie, mais chacun  à son rang : en premier, le Christ et ensuite, ceux qui lui appartiennent…Alors tout sera achevé quand le Christ remettra son pouvoir royal à Dieu le Père, après avoir détruit toutes les forces du mal…Et le dernier ennemi qu’il détruira, c’est la mort. »

   Elevée dans la gloire du ciel, Marie est « l’image parfaite de l’Eglise à venir », de l’avenir de chacun d’entre nous.Ce qu’elle est, nous sommes appelés à le devenir. L’aurore qui l’éclaire, aurore qui éclaire déjà notre humanité. En contemplant Marie, l’humanité peut découvrir ce qu’elle deviendra elle-même. Toute la création se prépare à cette transformation. Nous pouvons chanter le Magnificat ! « Mon âme exalte le Seigneur, son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent…Il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères… »

   L’espérance et la louange ne devraient pas nous quitter. Cette espérance nous engage aussi dans un réel combat spirituel. Nous sommes sûrs du chemin, du sommet et du guide ; mais nous ne sommes pas encore arrivés. Nous sommes sûrs de la victoire du Christ sur toutes les forces du mal ; mais actuellement encore, ces forces persistent et font rage dans tous les domaines.

   Les trois textes bibliques choisis pour cette fête expriment le combat à mener. La Première lecture tirée de l’Apocalypse nous présente une femme qui porte la vie, menacée par un dragon rouge feu voulant dévorer l’enfant : dragon de la violence  et de l’intolérance, de la maladie et de la mort, dragon de la pollution et des puissances maléfiques, dragon d’un système économique dévoreur d’hommes et d’innocents… Oui, les forces de vie et d’espérance sont menacées. Mais le dragon ne pourra rien contre les forces de vie. Il ne pourra pas détruire les projets de l’humanité ni la vitalité de l’Eglise. Pour lui échapper, nous pouvons imiter Marie, qui du pied, écrase la tête du serpent, 1°symbole du dragon et qu’il convient de combattre pour revenir à l’essentiel.

    La lettre de Paul aux Corinthiens montre le Christ engagé dans un combat spirituel contre tous les ennemis de l’homme, à savoir le mal et la mort. Comment ne pas s’engager alors plus résolument avec lui ? Ne laissons pas Jésus seul dans les combats qu’il mène pour nous.

Rejoignons  Marie dans son Magnificat. Plein de confiance, elle loue Dieu pour ses bienfaits : ‘’Déployant la force de son bras, il disperse les superbes’’. Il veut renverser ceux qui dominent au lieu de servir, ceux qui accumulent au lieu de partager. Marie nous invite à rejoindre  notre Dieu qui élève et éduque les humbles, nourrit les affamés et guérit les cœurs blessés.

   Cette fête de l’Assomption est une bénédiction. Elle soutient notre espérance chrétienne. Elle nous montre aussi l’urgence d’un engagement tenace et joyeux pour faire grandir déjà tous les humains. Puisque nous sommes tous destinés à une si haute destinée,  il est urgent de retrouver le chemin engagé à notre baptême, d’annoncer et d’ouvrir les cœurs des enfants et des jeunes à la Bonne Nouvelle de Jésus. Il est urgent de nous remettre en marche, de réfléchir et de prendre le chemin des serviteurs de l’amour.  Aidons-nous les uns les autres à prendre avec confiance et détermination, la direction de cette belle Assomption. Amen.

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18° Dimanche ordinaire (B) Roye – Lure 2018

   Nous poursuivons aujourd’hui la réflexion de Jésus sur l’importance et la signification du pain. Nous avons de la chance, nous, de vivre dans une région du monde où le pain quotidien ne manque pratiquement pas. Mais savons-nous apprécier cette chance. Depuis mon enfance, j’ai toujours entendu mes parents nous dire de ne pas gaspiller le pain, de ne pas laisser une tranche à moitié mangée à la fin d’un repas. Plus tard, jeune prêtre, j’ai été marqué par ce clochard qui faisant les poubelles, a sorti de l’une d’entre elles, une baguette de pain dont les 2 bouts avaient sans doute été mangées et le reste jeté. Je l’ai entendu murmurer : ‘’Ah les salopards ! ’’ Je crois qu’il avait raison !

   Le pain a constitué chez nous, pendant de longs siècles, la nourriture de base et ceci lui a valu de symboliser la nourriture en général, et tout ce dont l'homme a besoin pour vivre. Quand on a le souvenir collectif de disettes ou que l'on voit à la télévision des millions d'hommes, de femmes et d'enfants souffrant aujourd'hui encore de malnutrition, jeter délibérément du pain semble donc s'apparenter à une cynique indécence.

   Mais ce « pain de chaque jour » est, pour les chrétiens d'autant plus respecté qu'il évoque inévitablement l'initiative de Jésus au soir du Jeudi Saint. Et ce pain que Jésus donne à ses disciples, à la veille de mourir en cette Pâque juive de l'an 30 à Jérusalem, il était déjà chargé de tout un poids d'histoire et d'une étonnante symbolique religieuse. C'était le pain emporté hors d'Egypte en toute hâte, de nuit, avant même qu'il ait eu le temps de lever, un pain commémoré chaque année par les galettes de pain azyme dans le rituel de la pâque juive. Nous en faisons d'ailleurs encore mémoire avec nos hosties utilisées à chaque messe.

   Aujourd’hui, c'est encore à un autre épisode biblique qu'il faut nous référer pour entrer dans la méditation sur l'Eucharistie que St Jean nous propose, depuis dimanche dernier et pendant encore trois dimanches. C'est l'épisode de la manne rapporté dans la première lecture. « Voici que, du ciel, je vais faire pleuvoir du pain », dit le Seigneur à Moïse. Un pain miraculeux, qui ne doit rien au travail des hommes et tout à la bonté de Dieu, un pain qui suscite la surprise et l’étonnement du peuple « Mann hou ? »...disaient-ils. ‘’Man hou ?’’ = « Qu'est-ce que c'est ? » Telle était la manne ; telle est surtout l'eucharistie. C'est en effet cet étonnement admiratif devant ce que Dieu fait pour nous, devant ses merveilles d'hier et d'aujourd'hui, qui inspire nos prières eucharistiques et notamment la préface qui en est l'introduction. Cette conviction que Dieu n'a pas fini de nous surprendre, puisse-t-elle se renforcer par notre participation à l'eucharistie ! Un pain pour la route, dont on ne reçoit que la ration quotidienne et que l'on ne peut pas stocker... C’est là, encore une belle image pour l'eucharistie.

   Faut-il rappeler ici que la coutume qui consiste à conserver des hosties consacrées dans le tabernacle de nos églises est née du souci de porter la Communion aux malades et de disposer ainsi d'une petite réserve. Cet aliment de vie éternelle dont Dieu nous fait le don, ce n'est pas une relique à conserver dans un coffre ou même à regarder, c'est une nourriture à manger, dimanche après dimanche, pour continuer la route... un peu comme cette autre galette de pain que le prophète Elie, épuisé et désespéré, trouve à son réveil: « Lève-toi et mange. Autrement le chemin sera trop long pour toi! » (1 Rois 19). C’est un pain pour la route... pour se mettre en marche ! Que la grâce de Dieu en nous, qui venons communier chaque dimanche, ne soit pas vaine!

   Oui, c’est un pain qui ne se perd pas, mais « une nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle », telle est l'Eucharistie, éclipsant en cela cette manne qui ne faisait que la préfigurer. Promesse et aliment de vie éternelle, l'Eucharistie du Seigneur nous situe dans le temps provisoire de l'Eglise et en attente du Royaume éternel. Elle nous donne d'accepter sans révolte ni désespérance la mort de nos proches et la perspective de la nôtre. Elle exprime la communion de l'Eglise du ciel avec celle qui est encore en chemin. Elle nous invite à « travailler aux œuvres de Dieu », les seules qui ne craignent pas de vieillir !

   Que nos communions fassent de nous, non des consommateurs par routine, mais des affamés de l’Amour de Dieu. 

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 17° Dimanche ordinaire (B), Les Aynans Lure 2018

   En lisant les textes bibliques de ce dimanche, nous sommes impressionnés par la place donnée aux chiffres : vingt pains d’orge apportés à  Elisée -1° lecture- pour nourrir cent personnes ; cinq pains et deux poissons –dans l’Evangile- pour nourrir cinq mille hommes, douze paniers pleins de restes… Et comment ne pas penser à d’autres chiffres qui en disent long : des centaines de tués dans les guerres, des centaines de milliers de réfugiés, des millions d’affamés dans le monde, des dizaines de millions d’euros pour le transfert d’un footballeur… Ces chiffres et bien d’autres nous dispensent de paroles ; ils deviennent parole ; d’un côté c’est le cri d’admiration, de l’autre c’est l’horreur.

   Ces chiffres nous en disent bien plus qu’un simple calcul mathématique. Dans les textes bibliques de ce dimanche, ils nous montrent la disproportion entre la nourriture disponible et les énormes besoins des hommes : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? »  Nous aussi, nous sommes affrontés à  ces mêmes questions : devant les catastrophes meurtrières, devant l’afflux des réfugiés qui fuient la guerre, nous nous sentons désemparés et impuissants. Que pouvons-nous faire ?

   Et c’est là qu’il nous faut revenir à l’Évangile et regarder ce que fait Jésus. En ce jour, il nous propose de revoir d’une autre manière notre table de multiplication. Tout d’abord, il accepte le modeste goûter d’un enfant. Rien n’aurait été possible si cet enfant n’avait accepté de tout donner. Dieu a besoin de nos gestes de partage pour réaliser de grandes choses. C’est ainsi que cinq pains et deux poissons ont servi à nourrir cinq mille hommes. Une précision : le pain d’orge c’est celui des pauvres. C’est avec ce pain des pauvres que Jésus nourrit toute cette foule. Un jour, une pauvre femme a dit à Saint Vincent de Paul : « Si les pauvres ne partagent pas, qui le fera ? »

   Cet Évangile nous renvoie à l’actualité de notre monde. Nous pensons tous à la famine qui ravage une partie de l’humanité. Et même dans nos pays occidentaux, beaucoup n’ont pas le minimum pour survivre.

   Le problème de la faim dans le monde est un problème de juste répartition plutôt qu'un problème de ressources. Lorsque 6 % de la population mondiale consomme 90 % des ressources naturelles, nous ne sommes pas devant un  problème de ressources ni un problème démographique. Nous sommes devant un problème de justice sociale. Ne pourrait-on pas comprendre dans ce sens du partage, l'exhortation de saint Paul : « ayez beaucoup d'humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ; ayez à cœur de garder l'unité dans l'Esprit par le lien de la paix. » (2° lecture)

   Aujourd’hui comme autrefois, Jésus ne cesse de nous dire : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Il suffit du peu que nous avons, un peu d’amour, un peu de biens matériels et un peu de disponibilité pour vaincre la faim, celle du corps et celle du cœur. Ce peu, nous le remettons entre les mains du Seigneur. C’est avec cela qu’il peut réaliser des grandes choses.

   Saint Jean ajoute ensuite : « Il prit…. rendit grâce … il donna… » C’est la phrase par laquelle les trois autres évangiles racontent l ’institution de l’Eucharistie, et que, depuis des siècles, nous entendons à la messe. L’allusion eucharistique est claire, et sa place, nous fait percevoir que l’Eucharistie ne commence pas par un rite, mais par l’écoute de la faim des hommes.

   Après ce grand partage, les disciples sont invités à « rassembler les morceaux en surplus pour que  rien ne se perde ». Lorsque le Seigneur donne c’est toujours en abondance, et les restes serviront à nourrir d’autres foules. Lorsque le célébrant dit « Heureux les invités au repas du Seigneur », il ne s’adresse pas qu’à ceux et celles qui sont rassemblés dans l’église. Tous les hommes sont invités à partager le Corps du Christ.

   Ce pain que Jésus vient nous donner, c’est le pain de Dieu. En lui, c’est Dieu qui se donne à nous, les hommes. Il vient nous combler toutes nos famines spirituelles ; il vient changer notre cœur pour qu’il partage en abondance le pain de la justice et de la fraternité, le pain de pauvreté. Il nous recommande de travailler « pour la nourriture qui demeure jusque dans la Vie éternelle ».

   En ce dimanche, Jésus nous invite à partager notre pain quotidien comme il nous partage son Corps eucharistique. Supplions-le de mettre en nous son Esprit Saint pour que nous entrions dans la spirale généreuse de son amour. Amen

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16° DIMANCHE ORDINAIRE, Lure, 22 Juillet 2018

 Voilà donc les Douze qui rentrent de leur première mission. Heureux, mais fatigués. Ils ont tant de choses à raconter à Jésus ! C'est pourquoi il part à l’écart : ses amis ont besoin d'un temps de repos et de calme.

Mais les gens continuent à courir après Jésus. Qu'est-ce qui les fait courir ? Tout au long de l'histoire, et de nos jours plus que jamais, on a vu tant de chefs, tant de guides (führer, duce, petit père des peuples ou autres), tant de meneurs d'hommes, tant de gourous qui attiraient les foules qu’on peut légitimement se demander en quoi Jésus se distingue d'eux.

 Les bergers que Jérémie accuse (dans la première lecture) ont failli à leur tâche parce qu'ils ont divisé et dispersé le peuple. Les « brebis » étaient « à tondre », une source de profits à exploiter. De nos jours encore, tant de gourous créent des sectes où les gens crédules obéissent sans esprit critique et se font abuser.

 Jésus est l'anti-secte par excellence. En lui, en sa propre personne, toute haine, toute jalousie, tout mépris de l'autre sont morts. Jamais il ne s'appuiera sur la certitude d'être supérieur : il est « serviteur ». Un point c'est tout. Nous le voyons bien dans le récit de Marc : la foule a besoin de lui, elle le réclame. Il ne se met pas à sa tête pour la guider, la diriger, la conduire ; il se laisse bousculer par elle. Il avait un projet : prendre quelques heures de repos avec ses apôtres. Le projet ne tient plus. Seule comptent ces gens dont il a pitié « parce qu'ils sont comme des brebis sans berger ». Les besoins et les désirs de ceux qui vont à lui, voilà ce qui commande sa vie. Il n'existe que pour les autres.

 Vous pouvez relire tous les évangiles : vous verrez que c'est l'attitude constante du Christ, et que cette attitude constante le conduira à la croix. Saint Jean l'explique dans une phrase magnifique : « Comme il a aimé les siens qui sont dans le monde, il les a aimés jusqu'à l'extrême ».

 Première conclusion : si nous nous disons disciples de Jésus, nous aussi nous avons à nous laisser devenir « serviteur ». Tel est le programme que Jésus propose à tous ceux qui se réclament de lui. Tel est le ferment qu'il vient mêler à la pâte du monde. Pour que le monde dépasse ses sectes, ses partis, ses partis-pris. Pour Jésus, une seule vérité : aimer. Faire tomber le mur de séparation et d'exclusion.

 Deuxième leçon : Jésus ne se contente pas de se laisser bousculer par ceux qui courent après lui. Sa pitié pour ces gens va le pousser, non pas à les diriger, à prendre leur tête pour changer la situation, mais, simplement « à les instruire longuement ». Instruire, c'est le contraire de dominer. Quand j'instruis quelqu'un, je lui communique ma propre connaissance et ce faisant, il devient au moins mon égal. Instruire, c'est rendre libre. C'est nous donner les moyens de connaître et de juger par nous-mêmes, d'être des « libre-penseurs » au sens vrai du terme, des « penseurs libres ». Jésus instruit la foule pour que chacun puisse se déterminer par lui-même et, faisant un avec le Christ, devenir son propre pasteur, capable de se conduire par lui-même.

 « La vérité vous rendra libres », dit l'Evangile. Aucune pression, aucune contrainte dans les démarches du Christ : c'est toujours « si tu veux.. ! » Entrons maintenant dans le mystère de l'Eucharistie, passons sur l'autre rive, laissant derrière nous au moins pour un moment nos problèmes et nos préoccupations. Nous recevrons alors la manne que le nouveau Moïse nous a préparée.

 (D’après Kérit)

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14° Dimanche ordinaire (B), Lure 2018

    De tous temps existent les critiques, les commérages ! Dans l’Evangile qu’on vient d’entendre, imaginez un instant, les commérages sur la place du village de Nazareth au sortir de l'office un jour de Sabbat. Les uns disent : « Qu'est-ce qu'il parle bien, ce Jésus ; on est ému, on est accroché en l'entendant ! » D’'autres ajoutent : « Et ses miracles, alors ! C’est tout de même extraordinaire ce qu'il fait ! »… Attention : admirer Jésus n’est pas forcément croire en lui ! Etre intrigué par sa popularité n’est pas Le recevoir de l’intérieur ! Et puis, il y a la réaction de ceux qui minimisent ses propos : « Bof... ! Après tout, ce n'est que le fils à Joseph, le fils du menuisier ! » - « Oui ! C’est vrai ! »

   Sans doute, en est-il ainsi, parfois, à la sortie de nos messes ??? Bref ! Voilà que tout tombe par terre : on ne s'émerveille plus, ni sur les commentaires, ni sur les guérisons ! D’où ce constat de Jésus : ‘’un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison’’.

    Ceci, d’emblée, doit nous mettre en garde : évitons de juger un peu trop vite, les gens sur leur apparence ! Le petit que nous serions portés à mépriser peut être plein de sagesse, de bon sens, et savoir-faire bien des choses que nous ne saurions pas faire nous-mêmes. Seulement, il risque fort d'être paralysé, d'être écrasé, justement parce que nous ne lui faisons pas confiance, parce que nous le dédaignons.

    Ensuite, nous pourrions peut-être nous examiner en nous demandant quelles sont les occasions dans la vie où nous essayons d'exercer le pouvoir sur les autres. Il y a une soif du pouvoir innée en tout être humain. Combien de fois nous laissons-nous guider subtilement par cette soif du pouvoir ? Sommes-nous attentifs aux prophètes dépouillés de tout pouvoir mais qui parlent avec autorité, ou sommes-nous plutôt fascinés par ceux qui exercent le pouvoir ? Nous connaissons tous de ces personnes (nous peut-être…) qui croient qu’en criant plus fort que les autres, elles arriveront à mieux imposer leurs idées. Elles ont l’impression de gagner une bataille, mais en fait elles restent constamment sur la défensive de peur de devoir à nouveau se battre pour leur vérité. En s’imposant ainsi, elles font en réalité le vide autour d’elles.

    L’évangile nous montre à l’opposé un Jésus qui ne s’impose pas, mais qui en impose. Il y a une nuance importante entre s’imposer et en imposer, entre user d’autorité et faire autorité. Jésus refuse le pouvoir qui violente. Il choisit d’en imposer par la connaissance intime qu’il a de Dieu, par la manière dont il vit sa vie et bouscule ceux qui croisent sa route. Il choisit de convaincre et non de contraindre. Il permet à chacune et chacun de faire son propre chemin de foi, d’avancer et de reculer. Ainsi remplit-il sa mission de Fils de Dieu en étant un vrai prophète. Dans la 1° lecture, quand Dieu envoie Ézéchiel annoncer sa parole au peuple d'Israël, il ne lui donne pas de pouvoir spécial qui puisse forcer l'assen-timent du peuple. Il l'invite simplement à parler, en son nom, avec autorité : « ...tu leur diras: 'Ainsi parle le Seigneur Dieu... « Alors, qu'ils écoutent ou qu'ils refusent, ils sauront qu'il y a un prophète au milieu d'eux. »  Le prophète ne cherche pas à forcer l’adhésion. Ainsi, comme le Christ, saint Paul sait que c’est dans la fragilité que se trouve la vraie puissance. « C’est parce que je suis faible qu’alors que je suis fort », confie-t-il aux chrétiens de Corinthe. (2e lecture)

   Il sait que Jésus n’est pas une vedette, ni une star mais le parfaitement humble ; Il ne s’est pas enorgueillit d’être Fils de Dieu. Sa force a été son humilité, l’esprit des béatitudes. Sa force a été de se comporter en véritable serviteur de l’amour vrai, en Parole et en actes, qu’il a tant voulu nous enseigner et enraciner dans le cœur de chacun.

   Vous savez, la force, par elle-même, ne procure que des réussites illusoires, tandis que partir de ses propres fragilités tout en permettant à Dieu de nous y rejoindre, cela lui permet d’habiter nos mots, nos gestes, notre vie tout entière. Les gens que nous respectons et qui nous touchent sont souvent ceux qui construisent leur vie à partir de leurs fragilités. C’est en agissant de la sorte que nous apprendrons à mieux nous accepter mutuellement tels que nous sommes pour avancer ensemble sur le chemin de notre vraie mission.

Pensons-y ! On peut tous, ainsi, devenir ‘’prophète’’ pour notre temps ! Amen.

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 13° Dimanche Ordinaire (B), Lure 2018

    Des trois  textes bibliques que nous venons d’entendre, je voudrais retenir la première phrase tirée du livre de la Sagesse : ‘’Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants’’. Voilà une parole certainement difficile à entendre lorsque la mort s’insinue dans notre vie quotidienne et nous touche plus particulièrement dans notre chair. Pourtant, le désir de Dieu est bien que l’homme vive ! Les attitudes et les actes de Jésus le montrent au regard de l’Evangile en particulier, rejoignant le désir de tout homme d’être préservé de la mort. Un signe nous est donné : c’est celui de Jésus. Annonçant sa propre résurrection en venant relever la fille de Jaïre, il est bien le Vivant qui fait vivre.

    Reconnaissons-le, nous portons tous notre part de souffrances physiques, morales et spirituelles. Mais nos manques, nos faiblesses, nos vides sont autant de raisons de vouloir toucher au Christ, entrer en contact avec Lui. Ô il ne fera pas nécessairement disparaitre nos maladies, mais  il a le pouvoir d’apaiser nos angoisses et de raviver notre espérance.

    A l’exemple de Jaïre, nous sommes invités à passer de l’impuissance à la Foi.

   St Marc nous dit que Jaïre ‘’supplie instamment’’ Jésus et, Jésus, sans dire un mot, part avec lui. Pendant ce temps, en chemin, une femme est désespérée. Marc insiste sur son état : elle perd son sang, c’est-à-dire sa vie,  depuis 12 ans. Elle vient par derrière avec le secret désir de pouvoir toucher le vêtement de Jésus. Et Jésus se retourne car ‘’une force était sortie de lui’’. La femme guérie ‘’saisie de crainte’’, vient avouer sa démarche. Quel émouvant face à face ! A chaque rencontre, Jésus propose de faire un pas de plus. Dès lors, le dialogue s’enclenche, la Parole de l’un va entraîner la Parole de l’autre. Jésus veut que la femme dépasse sa croyance teintée de magie, de superstition, pour entrer dans une Foi plus vraie : ‘’Ma fille, ta Foi t’a sauvée ! Va en paix et sois guérie de ton mal !’’

    Jaïre, témoin de ce qui s’est passé avec cette femme, avait demandé à Jésus  d’imposer les mains pour guérir sa fille…mais entre temps, elle est morte. Il n’y a plus de raison de déranger le Maître. Jésus affirme alors :’’Ne crains pas, crois seulement !’’ Face à l’incrédulité de tous ceux qui sont présents et aux moque-ries, la Foi de Jaïre est mise à l’épreuve…Guérir un malade : oui ! Mais ressus-citer un mort : c’est impossible ! Et pourtant, les faits sont là : la jeune fille est ‘’réveillée’’. Pour Jésus, la mort n’est plus tout à fait la mort : c’est un sommeil avant un réveil. La vie qui triomphe de la mort met les assistants au cœur du mystère : ‘’Ils furent frappés de stupeur’’, notre St Marc !

    Jésus demande la Foi, une Foi en un Dieu d’amour qui ‘’n’a pas fait la mort et ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants’’. (1° lecture) Les miracles de Jésus sont l’annonce de ce ‘’salut par la Foi’’ dont nous sommes bénéficiaires si nous reconnaissons Jésus. C’est là un appel qui nous est adressé, à suivre un véritable itinéraire de Foi. Par notre baptême, nous sommes passés de la mort à la vie et non le contraire. Nous sommes assurés d’être relevés, c’est-à-dire ressuscités, comme la fille de Jaïre. Notre vie éternelle est déjà commencée.    Mais le seul désir de vivre ne suffit pas ; pour vaincre la mort, il faut croire au désir premier de Dieu de nous voir vivre en plénitude. Et pour vivre cette plénitude, sans doute avons-nous besoin, comme la femme de l’Evangile, d’être guéris de nos maux, de nos enfermements, de nos idoles, de notre manque de Foi.

    C’est donc à un chemin de Foi que le Christ nous convie. Pour ne pas voir en lui qu’un thaumaturge, un faiseur de miracles, celui que l’on appelle quand tous les recours humains sont épuisés, Jésus nous invite à entrer dans une relation qui nous fait l’appeler et tendre la main vers lui pour le toucher. De là naitra une foi plus grande, voire plénière en Celui qui ressuscite les morts.

   En nous rassemblant chaque dimanche pour l’Eucharistie, nous venons toucher le Christ dans sa Parole et dans son Pain. Le toucher ne suffit pas ; nous laisser toucher par lui est nécessaire. Il nous guérira de nos peurs, de nos lassitudes et de nos morts, si nous croyons que Dieu est vraiment le Dieu de la vie et que Jésus en est le signe. Amen.

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Nativité de Jean Baptiste  (B), Amblans  - Lure 2018

    L’Eglise fête en ce jour la naissance de St Jean Baptiste. Rapidement, elle s’est diffusée un peu partout, jusqu’en Occident. Elle a été fixée six mois avant Noël. Trois mois plus tôt, c’était l’Annonciation à Marie. Avec elle, Jean est le seul saint dont on fête la naissance. Cela vient du fait que leur vie ne s’explique pas en dehors de leur référence à Jésus. Ils sont nés pour Jésus, Marie pour être sa mère, Jean pour lui préparer la route. C’est avec eux que se réalise l’accomplissement des promesses de Dieu en faveur de son peuple.

   Pour mieux comprendre le message de cet évangile, il faut aussi connaître la signification des noms. Celui de Zacharie signifie : « Dieu se souvient ». C’est important de nous en imprégner. Parfois, nous avons l’impression que Dieu nous a oubliés. Quand on voit toute cette violence dans le monde, beaucoup se demandent où est Dieu et ce qu’il fait. C’était déjà vrai à l’époque de Jésus. Le pays d’Israël était occupé par l’armée Romaine. Aujourd’hui, Dieu nous dit qu’il ne nous oublie pas. Il a toujours été du côté des opprimés et de tous ceux et celles qui souffrent. Il leur annonce que le mal  n’aura pas le dernier mot. L’important c’est de tenir bon et de rester fermes dans la foi.

    Le nom de Jean signifie « Dieu fait grâce ». C’est ce qui s’est réalisé : Dieu a fait grâce à Elisabeth et Zacharie. Il leur a donné la joie d’avoir un fils dans leur vieillesse. Dieu fait grâce à son peuple et à toute l’humanité. Il voit les souffrances de son peuple. Beaucoup sont enfermés dans la violence, la haine, l’égoïsme, la rancune. Tout cela ne fait  qu’enfoncer l’homme dans son malheur. Mais comme il l’a fait au temps de Moïse, Dieu intervient pour lui ouvrir un chemin de libération. Au temps de Moïse, Dieu a libéré le peuple hébreu. Désormais, il va le faire pour tous les hommes de tous les temps quand viendra la mort et la résurrection de Jésus.

    La mission de Jean sera précisément d’annoncer et de préparer la venue du Sauveur. Dieu fait grâce, oui, mais sa grâce invite à la conversion, au retournement. On ne peut accueillir le Christ Sauveur qu’en accueillant le message de Jean Baptiste : « Convertissez-vous », disait-il. Et en signe de cette conversion, il proposait un baptême de pénitence. Ce n’était pas le baptême chrétien que nous avons reçu. C’était simplement une réponse à tous ces gens qui demandaient à Dieu de les purifier de leurs péchés. Mais le plus important était à venir : « Moi, je vous baptise d’eau; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi, et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses souliers. Lui, il vous baptisera dans le Saint-Esprit et le feu. »

    C’est ainsi que Jean Baptiste a préparé la venue du Christ sauveur. Il l’a montré aux foules de son temps et il les a renvoyés vers lui. A la suite de Jean Baptiste, nous sommes tous appelés à préparer la venue du Sauveur dans nos vies, nos familles, nos associations et nos divers lieux de travail et de loisirs. Préparer les chemins du Seigneur c’est enlever toutes les pierres qui font mal, aplanir toutes les montagnes d’égoïsme, combler tous les fossés creusés par l’indifférence. Tout au long de son ministère, Jean insistait sur le partage, la justice et le respect de l’autre. C’était une première étape car il fallait faire une place nette à celui qui vient.

    Fêter la naissance de Jean Baptiste nous prépare à fêter celle de Jésus. C’est ce qui se passera à Noël. Mais nous ne devons pas oublier que c’est en nous, dans nos vies, que le Christ veut naître. Et il nous envoie dans le monde pour annoncer à tous que Dieu fait grâce. Nous sommes nés pour être disciples de Jésus et pour préparer le cœur des hommes à l’accueillir. A l’exemple de Jean Baptiste, nous sommes appelés à donner le meilleur de nous-mêmes à cette mission en évitant de nous disperser dans des futilités.

    Dieu vient à nous pour nous faire grâce. Chaque dimanche, il rejoint les communautés réunies en son nom. Ce rendez-vous qu’il nous donne est LE grand événement de la semaine. Nous sommes tous des pécheurs appelés à nous convertir. Notre mission à tous c’est de travailler chaque jour à la réussite du projet de Dieu qui veut le salut de tous les hommes. C’est en vue de cette mission que nous sommes invités à nous nourrir de la Parole du Christ et de son Corps. Dieu a besoin de chacun d’entre nous pour faire connaître son salut. Prions, pour qu’à l’exemple de Jean-Baptiste, nous osions proclamer sans cesse l’avènement du Royaume. Amen

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11° Dimanche ordinaire (B) Profession de Foi, Lure 2018

    Nous sommes nombreux ce matin pour célébrer notre Foi avec les 22 jeunes de notre paroisse, ici présents devant l’autel de Dieu. Nous nous en réjouissons  sans oublier que le premier  de cette fête, c’est Dieu : Père, Fils et Saint Esprit ! Mettons-nous à son écoute ! On vient d’entendre Jésus nous parler du Règne de Dieu. Qu’est-ce que c’est que ce règne ? En quoi cela nous concerne ? Essayons de comprendre ! Jésus prend une comparaison, celle du grain de blé qui est semé et qui, au moment de la moisson, est fauché parce qu’il est plein de fruit et devient nourriture nécessaire pour vivre. Il invente aussi une autre parabole : celle d’un grain de moutarde qu’on sème en terre. Vous avez déjà vu un grain de moutarde ? Dans ce petit flacon, il y en a des milliers ! C’est tout petit ! Mais, pour que le grain de moutarde pousse et porte fruit, il faut un semeur pour le mettre en terre. Le semeur, c’est d’abord Dieu : il est notre Créateur ! Mais c’est aussi chacun de nous. Oui, le Règne de Dieu ne se fera pas sans nous. Dieu s’y active en premier et nous sommes invités à participer à son action. Il est notre Dieu et nous sommes son peuple, appelé à vivre en Alliance avec lui, appelé à construire avec lui, un monde où il fait bon vivre ensemble !

   Avant de vivre cette fête de votre Profession de Foi, avec vous les jeunes, nous avons  passé 3 jours de retraite pour comprendre ce que c’est qu’être chrétien, être un ami de Dieu aujourd’hui.  Le fil conducteur était : ‘’Aimé de Dieu, appelés à vivre’’ On a essayé de comprendre combien en tant que baptisés, il est important de ne pas vivre sans Dieu. Sinon, on a vite fait de s’égarer !

Aujourd’hui, avec vous, les jeunes, posons-nous encore la question : qu’est-ce que ça veut dire : Faire  sa Profession de Foi ?

   Faire profession, c'est dire, c’est exprimer quelque chose d'important devant témoins. En présence de Dieu, du prêtre, des  parents et des amis,  chacun  est invité à répondre par l'amour, à l'amour que Jésus a pour tous. Chacun est  invité à le choisir comme compagnon de marche sur le chemin de la vie. Jésus est crédible et fiable : il est ‘’le chemin, la vérité et la vie’’

   Si l’Evangile d’aujourd’hui nous invite à méditer sur le grain de moutarde, connaissez-vous les tournesols? Savez-vous pourquoi on appelle ainsi cette plante? C'est parce que sa fleur qui ressemble elle-même au soleil, se tourne toujours, vers le soleil. Elle ne peut s'en passer pour vivre. Vous pourrez observer cela cet été! Comme les tournesols ont besoin de soleil, nous, nous avons besoin d'amour pour vivre. Le soleil de notre amour chrétien, c’est Dieu ! Nous ne pouvons nous passer de l'amour de Dieu pour vivre en plénitude et trouver le bonheur.   Nous sommes appelés à être toujours tournés vers Dieu pour recevoir ses dons. Jésus-Christ est le Fils de Dieu, mort et ressuscité, présent aujourd'hui parmi nous par son Esprit. Croire cela, c'est avoir la foi. La foi n'est pas un règlement. Ce n'est pas "Il faut faire ceci ou cela." La foi est une réponse à l'amour du Christ.

Quand on aime, cela se voit, cela se sent. Il ne suffit pas de dire je t'aime, il faut le prouver. Prouver à Jésus qu'on l'aime, c'est faire tout son possible pour que notre vie ressemble à sa vie, faire tout son possible pour être un passionné de sa présence et de sa vie ! C'est rejoindre, dans l'Eglise, ceux et celles qui veulent ensemble répondre à l'amour du Christ et recevoir de son Corps et de son Sang la force d'aimer comme Dieu aime.

  Oh, vous le savez,  il y a bien des jours où chacun rencontre et rencontrera encore des difficultés dans sa vie chrétienne. C'est normal ! Mais à bien regarder, c’est chaque matin que l'on est invité à faire profession de foi, à mettre nos pas dans les pas du Christ, à garder confiance en Celui que nous croyons ! Ne l’oubliez pas ! Et pour cela, priez souvent pour garder contact avec lui ! N’ayez pas peur ! Vous n'êtes pas seul sur le chemin, Dieu vous aime depuis toujours et il ne vous oubliera jamais. Faites tout votre possible pour ne pas lui déplaire ! Vous ferez la joie de Dieu et votre joie ! Vous serez alors un témoin de plus de Son amour pour votre entourage ! Amen.  

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  10° dimanche Ordinaire - Première communion – Lure 2018

 Faire sa première communion…Et si aujourd’hui c’était pour nous tous, ici rassemblés, notre Première Communion ?

Chers enfants, aujourd’hui vous allez pour la première fois communier au Corps du Christ. Vous allez recevoir le plus grand et le plus simple des cadeaux. Le plus grand, car Dieu lui-même se donne à vous ; le plus simple car c’est sous la forme d’une hostie, c’est à dire d’un morceau de pain, qu’Il s’offre à vous.

   Ce que nous célébrons aujourd’hui et que nous vivons chaque dimanche, c’est le Seigneur lui-même qui nous a dit de le faire. Vous écouterez bien les paroles que je vais prononcer et les gestes que je vais faire tout à l’heure. Nous allons vivre « comme en direct » le dernier repas du Seigneur. Comme prêtre, -j’ai été ordonné il y a 42 ans presque jour pour jour, et cela me touche tout particulièrement aujourd’hui - je vais prononcer les paroles que Jésus a dites lors de ce dernier repas, mais en réalité c’est Jésus qui va les dire à travers son serviteur que je suis. C’est Jésus qui vous dit aujourd’hui : « ceci est mon corps livré pour vous », « ceci est mon sang versé pour vous » et « faites cela en mémoire de moi ».  Paroles étonnantes qui ont traversé les siècles et qui résonneront jusqu’à la fin des temps !

Je voudrais revenir sur les deux mots de première communion.

   Celui de communion demande que nous soyons plusieurs. Communier veut dire être en « union avec » une ou plusieurs autres personnes. Ainsi, communier au Corps du Christ, c’est être en union avec le Christ et avec tous ceux qui reçoivent le corps du Christ ici et partout dans le monde où la messe est célébrée. Aujourd’hui, vous serez en communion avec les centaines de millions de catholiques dans le monde qui vont recevoir lors de la messe, le Corps du Christ. Le Corps du Christ que nous recevons fait de nous les membres d’une grande famille : le peuple de Dieu. Ainsi  en partageant le pain de Dieu ensemble, la communion est le signe que vous êtes bien de la famille des catholiques et heureux d’en faire partie.

   Celui de première signifie que cette communion est la première d’une longue série qui ne s’arrêtera qu’avec votre rencontre au ciel avec Jésus. C’est à dire quand vous verrez face à face Celui qui, dimanche après dimanche, vous aura donné son Corps et son Sang pour grandir et vous fortifier dans la foi. Communier au Corps du Christ c’est cheminer dans la foi et une amitié soutenue avec Jésus.

   En effet, si le Seigneur nous invite chaque dimanche à communier à son Corps, c’est qu’à chaque communion, petit à petit, nous devenons le Corps du Christ. En effet, quand vous mangez un morceau de pain, vous ne vous transformez pas en baguette de pain, mais ce pain vous nourrit et vous aide à grandir, à produire de l’énergie pour travailler à l’école, vous amusez, etc. et vous manger du pain chaque jour pour grandir et pour combler votre faim !

J’observe ici que si chacun prend habituellement un soin extrême de son corps, ayant toujours souci de le bien nourrir, ce qui est bien, on est bien plus négligent avec son âme. Bien souvent cette dernière souffre d’une certaine anorexie : on en prend peu soin, on ne la nourrit presque pas. J’ai comme l’impression que Jésus n’a pas grande importance  dans votre cœur…Or si Jésus s’est fait nourriture c’est d’abord pour combler nos âmes. Car en communiant, si possible chaque dimanche, au pain qui est le Corps du Christ, vous nourrissez votre âme et vous  devenez de plus en plus semblables à Jésus Christ. Plus vous serez fidèles à la communion fréquente à son Corps, plus il pourra vous nourrir de sa Vie et vous faire grandir. Il viendra vivre en vous, aimer les autres à travers vous. Par la communion fréquente, Jésus vous aide à imiter son esprit, à aimer comme lui. Vous ne croyez pas que ça vaut le coup et que ça changerait la mentalité de notre monde qui devient de plus en plus dur, égoïste voir dangereux  et trop permissif parce que éloigné de Dieu ?

   De plus, si communier c’est recevoir Jésus en soi, c’est aussi pour le donner à tous ceux, copains et copines, adultes qui ne  le connaissent pas. C’est pour cela qu’il convient de se ressourcer, de se nourrir de Jésus régulièrement pour avoir le courage de parler de Lui à ceux qui nous entourent.

 En étant nourris de Jésus, vous pouvez nourrir les autres de la vie de Jésus, bon pain de Dieu, croustillant de joie, d’amour et de paix.

    Ça fait bien des choses, tout cela, mais aujourd’hui, pour la première fois, Jésus va se donner à vous par la communion. Alors quand vous aurez reçu le Corps du Christ, asseyez-vous, fermez les yeux et faites silence. Alors seulement dites à Jésus « je t’aime » et écoutez dans votre cœur sa réponse : Il vous répondra certainement : « moi aussi je t’aime, tu es mon frère, ma sœur bien-aimé » A vous tous, belle rencontre avec le Seigneur Jésus et bonne route sur les chemins de la foi ! Amen

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 Fête du Corps et du Sang du Christ,  Vy les Lure  - Lure 2018

 C’est au cours d’un repas étonnant et historique le soir du Jeudi Saint que Jésus, prenant du pain et une coupe de vin a prononcé ces paroles étonnantes : ‘’Prenez et mangez en tous : ceci est mon Corps livré pour vous’’, ‘’Prenez et buvez en tous car ceci est la coupe de mon sang le sang de l’alliance éternelle, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés’’ Et il conclut : ‘’Vous ferez cela en mémoire de moi’’. Ces paroles vous les connaissez, il convient de ne pas les oublier et de les approfondir ! Jésus va mourir, ressusciter, repartir vers son Père. Il va renverser son absence  en une autre forme de présence : celle de du pain devenu son Corps, celle du vin devenu son Sang.

C’est sa nouvelle manière d’être présent au cœur du Monde et son histoire : il inaugure une relation nouvelle avec ses disciples, il fonde leur communauté et l’Eglise. Il les veut Alliance et Communion ! Pour cela, il demande aux apôtres de perpétuer ce nouveau rite pour dire éternellement sa nouvelle présence au monde. Aujourd’hui, nous en sommes les héritiers et les relais !

L’Eucharistie est le lieu  de rendez-vous de cette nouvelle présence. C’est notre héritage ! Le pain et le vin, le Corps et le Sang, la mort et la Résurrection, tout cela est donné à l’Eglise, remis entre nos mains. C’est une nouvelle histoire à découvrir. Il n’y a rien de magique, pas de tour de passe-passe ni de science-fiction. L’Eucharistie est devenue une nouvelle façon d’exister et d’aimer. C’est l’Esprit de Dieu qui s’empare du pain et du vin et qui les transforme en son Corps et en son Sang parce que l’Amour change tout et parce que l’Amour est capable de tout. « Rien n’est impossible à Dieu!»  Et Dieu est amour !

L’Eucharistie, c’est l’Amour de Dieu, je dirais : sans bruit, cette sorte de force tranquille qui change le pain et le vin pour que les hommes, à leur tour, soient changés. A l’Eucharistie, ce que nos yeux voient réalise la présence de Jésus qui ne se voit pas. Jésus n’est pas dans l’Eucharistie comme le vin est dans la bouteille ou comme le chocolat est dans un petit pain! Non!

La présence de Jésus, c’est son Amour vivant que personne ne peut attraper pour le mettre en boîte ou en conserve! Sa présence est comme la présence du silence. Personne ne voit le silence et pourtant il est là. Personne ne peut prendre une poignée de silence et pourtant il existe, il nous prend à l’intérieur, il nous habite. De même, la présence de Jésus nous prend tout entier et nous habite intérieurement, mais personne ne la voit.

La présence de Jésus est comme la présence du vent. Tu sens sa présence sur tes mains et ton visage, mais tu ne le vois pas! Mais la présence de Jésus, ce n’est pas du vent, c’est son Amour et la présence de l’Amour ne se voit seulement qu’avec les yeux du cœur… Le baiser que je donne fait voir mon amour qui ne se voit pas, le cadeau que j’offre raconte mon amour qui ne se voit pas.La présence réelle de Jésus ce n’est pas seulement cette hostie que je vois avec mes yeux, c’est aussi tout ce qui ne se voit pas et qui ne peut se voir qu’avec les yeux du cœur!

On peut tous en faire l’expérience. C’est pourquoi, à l’Eucharistie, Jésus est réellement présent par le pain et le vin, mais il est aussi réellement présent par son Peuple qui est aussi son Corps et son Sang… Nous le chan-tons :’’Nous sommes le Corps du Christ, chacun de nous est un membre de ce Corps…’’ Il est aussi présent dans sa Parole annoncée, proclamée, chantée…Il est aussi présent «quand deux ou trois personnes sont réunies en son nom »… Certes, il n’y a pas une présence de Jésus qui vaut mieux qu’une autre. Il n’y a qu’une présence de Jésus : c’est son Amour.

Ainsi, Communier, c’est entrer dans l’Amour du Christ, en faire provision,  pour s’en nourrir et changer le monde. C’est tout cela l’Eucharistie. C’est donc un appel à se laisser gagner intérieurement par l’Amour de Dieu ! Pensez-y à chaque communion ! Amen                      (D’après un passage de «Eucharistie» de Jean Debruynne)

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Dimanche de la Trinité B,  St Germain – Lure 2018

   En préparant cette homélie, j’ai lu ce témoignage d’un enfant de sept ans à qui on demandait ce qu’était, pour lui, la Trinité. Il a répondu : « tu ne sais pas ce que c’est ? Eh bien, je vais te l’apprendre: on ne peut pas aimer tout seul ! » Quelle étonnante et admirable réponse ! Comment dire mieux que cela, sur l'intimité même de Dieu, en cette fête de la Sainte Trinité, que cette réponse de cet enfant de 7 ans et que je qualifierai : d’excellent petit théologien !  Permettez-moi de dire, avec infiniment moins de justesse que lui, deux petites miettes de ce mystère de vie.

Première miette de l'amour trinitaire qui nous est offert en méditation ce matin : Dieu est mystère.

   Oui, Dieu est mystère. Cela ne veut pas dire qu'on ne le connaît pas, mais qu'on n'aura jamais fini de Le connaître. La nuance est importante ! Plus ma familiarité avec l'évangile grandit, plus je me pose de questions sur Jésus : qui est-il donc pour bousculer ainsi les idées qu'on se faisait sur Dieu ? Qui est-il donc pour oser des paroles et des gestes pareils ? Dieu est mystère. Et ‘’plus tu Le connaîtras, écrivait saint Jean de la Croix, plus tu avoueras que tu peux toujours moins exprimer ce qu'Il est !’’

   Dieu est mystère et nous ne découvrons qui Il est que lentement, progres-sivement, et parfois même douloureusement.  Dieu est mystère, et parce qu'Il est mystère, Il nous apprend la patience. Patience à l'égard de Dieu que je connais encore si peu... patience à l'égard de tout homme qui, lui aussi, participe au mystère de Dieu. Je ne connais aucun homme totalement... et il peut évoluer.

   Reconnaître que Dieu est mystère et que tout homme, créé par Lui, participe à ce mystère, c’est quelque chose de très concret. C'est refuser de coller sur les gens des étiquettes et ne jamais désespérer d'eux. C'est considérer chaque homme avec un infini respect.

Deuxième miette de cet amour trinitaire : Dieu est amour

  Dieu me fait découvrir ce qu'aimer veut dire. Je retiens tout spécialement cette espèce de dynamisme centrifuge de l'amour. Loin de tout ramener à soi, il se trouve en se donnant. À travers les évangiles et la liturgie de l'Eglise, cela est flagrant : le Père, le Fils et l'Esprit... chacun renvoie aux deux autres et semble s'effacer pour mettre les autres en valeur.

   Le Père ? ... Lui ‘’que nul n'a jamais vu’’ et que l'on ne peut donc pas représenter, s'efface devant le Fils (dans le Symbole des Apôtres, deux lignes seulement pour le Père et dix lignes pour le Fils !). Le Père convoque l'Esprit dès sa première œuvre relisez la Genèse) et lui donne une place de choix dans son œuvre créatrice. Le Père ne fait rien sans l'Esprit.

   Le Fils ? ... Dans le « Gloire à Dieu », on le réfère tellement au Père qu'on dit de Lui : « Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, le Fils du Père »... «le Fils du Père » ! Il est impossibilité de parler de Jésus sans parler de Dieu son Père ! « Le Père, dit Jésus, est plus grand que moi » ... et encore « non pas ma volonté, mais celle de mon Père ». Jésus renvoie toujours au Père et s'efface devant l'Esprit qu'il annonce et promet : « il est bon pour vous que je m'en aille »... « l'Esprit vous donnera de faire des choses plus grandes encore ».

   L'Esprit ? ... C'est Lui qui nous fait nommer Dieu « Père » : « l'Esprit fait de nous des fils qui crions vers Dieu en l'appelant : 'Abba!' » nous rappelle St Paul dans sa lettre aux Romains  . L'Esprit nous oriente vers le Père et nous renvoie toujours à Jésus : « Nul ne peut dire 'Jésus est Seigneur' si ce n'est sous l'action de l'Esprit ». L'Esprit nous fait reconnaître en Jésus : le Christ.

   Alors, si aimer c'était cela : ne pas chercher sa propre gloire, mais vouloir que l'autre grandisse, aime et soit aimé... alors, je peux me poser bien des questions sur ma manière d'aimer mes proches. Est-ce que vraiment je les aime pour eux-mêmes, selon l’Esprit, ou pour l'avantage que je pourrais en tirer ? Devant ce grand mystère du seul et unique Dieu qui est à la fois Père, Fils et Saint Esprit, faisons silence et rappelons-nous que puisque Dieu est Amour, c’est lui qui nous apprendra à mieux aimer les uns les autres à l’image de l’amour parfait qui règne au sein des 3 personnes de la sainte Trinité. Amen.

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Pentecôte 2018, Magny Vernois et Lure

   C’est par un bruit venu du ciel, un violent coup de vent, des langues de feu... que s’est manifestée  la venue de l'Esprit Saint en cette fête de la Pentecôte ! On pourrait dire que le Souffle Divin a fait une entrée fracassante dans la vie des apôtres.

   Pourtant, cette irruption n'est pas un coup de théâtre ! Dès la Résurrection (Luc 24,49) et avant de monter au Ciel, le Christ avait promis à ses apôtres : « vous recevrez une force, celle de l'Esprit Saint... qui fera de vous des témoins » (Ac 1.7-8).

   Au commencement, lorsque Dieu a créé le ciel et la terre (Gn 1,2), il était déjà question de « l'Esprit du Seigneur qui planait sur les eaux », un peu comme un mystérieux personnage cherchant une piste d'atterrissage...

 À la Pentecôte, le Souffle Divin veut trouver en nous une terre d'accueil.

   Comme un fort coup de vent, le don de l'Esprit vient bousculer nos existences et faire voler en éclat nos habitudes et nos certitudes. Parce qu'il est souffle de vie, souffle qui renouvelle tout l'univers, il a la capacité de traverser les murs de l'habitation même des apôtres. Sa puissance créatrice va bien au-delà des murs : elle désire changer nos cœurs de pierre en cœurs de chair. Un cœur de chair est un cœur qui se laisse entièrement pétrir, transformer, transfigurer par l'Amour miséricordieux et gratuit de Dieu. Seul un tel Amour peut faire de chacun de nous, des êtres nouveaux, des êtres entièrement renouvelés par le Christ ressuscité.

   Comme un bruit venu du ciel, le don de l'Esprit nous réveille de notre sommeil. Il nous fait passer de la peur à l'assurance ; de la timidité à l'ouverture d'esprit et à la solidarité ; du repli sur soi à l'audace de partager notre foi. Il nous donne le courage de prendre la parole et de témoigner, au cœur de ce monde, de l'Espérance qui nous anime. Mais, plus encore, il nous donne l'intelligence pour passer de la mésentente, à la connaissance et à l'harmonie ; de la trahison à la bienveillance et à l'écoute mutuelle, dans le respect de nos différences et l'accueil de nos richesses respectives.

   Comme une flamme, le don de l'Esprit ravive en nous le désir de proclamer la Parole de Dieu, d'annoncer la Joie de l'Évangile. Les langues de feu, signes venant d'en haut, deviennent paroles claires sur les lèvres des envoyés.

    Comme ceux d’hier, les hommes et les femmes d’aujourd’hui aspirent à une vie spirituelle ; l'Esprit nous invite à ne pas faire écran à leur recherche de sens. La Parole annoncée aujourd'hui, expliquée, commentée... peut devenir une véritable Lumière sur leur route, une flamme d'Amour dans leur cœur, une vraie nouvelle, une bonne nouvelle dans leur vie.

   Et, au fond, n'est-ce pas ce que, tous, nous désirons, ce qu'il nous faut  au-delà de tous les baratins quotidiens? -Une Parole nourrissante et apaisante. Une Parole qui nous recrée et nous apprend à tisser des relations humaines vraies et profondes ; une Parole qui nous donne la force de surmonter les obstacles que nous rencontrons dans nos existences quotidiennes ; une Parole qui nous permet de communiquer sans artifices et de nous positionner clairement ; une Parole qui nous permet de vivre en hommes et femmes sauvé(e)s. La Pentecôte nous invite à être des missionnaires !

   La mission consiste seulement et uniquement à dire « les merveilles de Dieu ». Oui, nous n’avons qu’à dire les merveilles de Dieu dans notre vie à nous et les merveilles que nous voyons dans le cœur de ceux et celles que nous rencontrons. C’est tout ! C’est ce que signifie  le verbe ‘’témoigner’’ ! Il s’agit de partager sa foi, partager notre histoire d’amour avec le Christ ! Sinon ça n’intéresse pas les gens ! Nos contemporains ont besoin de rencontrer des hommes et des femmes qui soient vivants grâce à Celui qui les fait vivre !

   Alors en ce dimanche de la Pentecôte, laissez-vous, vous aussi, déplacer, dérouter, emporter dans l’élan du Ressuscité, pour oser parler de votre foi avec vos frères et sœurs chrétiens. Oui, comme les disciples au début du livre des actes des apôtres, osez dire dans votre langue personnelle les merveilles que Dieu a faites en vous ! Et si vous doutez de votre capacité à y arriver, rappelez-vous les paroles de Jésus dans l’Evangile de ce jour : « Vous aussi vous allez rendre témoignage, car je vous enverrai l’Esprit que le Père a promis ».

   Alors allez-y, ne tardez pas, ne faites pas mentir Jésus mais participez à la réalisation de sa promesse en témoignant de Lui. N’est-ce pas là, la meilleure façon de célébrer la fête de la Pentecôte et de permettre que cet évènement continue encore aujourd’hui à avoir lieu dans notre monde ?  Amen.

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7° Dimanche de Pâques (B) Vouhenans  - Lure 2018

    Nous avons fêté jeudi dernier l'Ascension de Jésus. C'était sa dernière apparition à ses disciples. Il disparaît à leur regard. Désormais, c'est le temps de l'Eglise qui commence. Les disciples qui ont suivi Jésus pendant trois ans sont appelés à devenir des apôtres. Ils seront envoyés dans le monde entier pour être les messagers de la bonne nouvelle. De générations en générations, cette mission a été accomplie;    Nous sommes bénéficiaires de leur témoignage ; nous avons à transmettre le flambeau autour de nous. Le Seigneur compte sur nous dans nos familles, nos villages, nos quartiers. Rien ne doit arrêter la Parole de Dieu.

    La première lecture nous montre que ce témoignage a besoin d'une communauté organisée. Judas n'est plus là. Après avoir trahi Jésus, il a mis fin à ses jours. Lors d'un rassemblement de la communauté, Pierre se lève et prend la parole. Il explique ce qu'ils vont faire pour remplacer Judas. Il faut le remplacer par un témoin de la résurrection. Il n'est pas question de voter. On va simplement tirer au sort en demandant à Dieu de manifester ainsi sa volonté. C'est Mathias qui est choisi pour être associé aux onze apôtres. Ce passage du livre des Actes des Apôtres nous rappelle que l'Esprit Saint est très présent dans la vie de son Eglise. Il ne cesse d'éclairer sa route et il continue à agir pour faire de nous des hommes et des femmes de foi, témoins de Jésus.

    Dans la seconde lecture, saint Jean nous rappelle que pour ce témoignage, il est indispensable d'être en communion avec Dieu. Il ne peut y avoir de vie chrétienne authentique sans amour. Cet amour nous vient de Dieu et s'enracine dans la foi au Fils de Dieu. Le vrai chrétien c'est celui qui est fidèle à la foi enseignée depuis le commencement et à la pratique de l'amour fraternel. C'est à cela que le monde peut le reconnaître. Et c'est l'Esprit Saint qui nous permet de donner ce témoignage. Personne n'a jamais vu Dieu. Mais la foi nous permet de le reconnaître dans l'amour que nous avons les uns pour les autres.

    L'Evangile de saint Jean nous rapporte la grande prière de Jésus au moment de passer de ce monde à son Père. Nous y entendons des paroles fortes : "Garde mes disciples dans la fidélité à ton nom !" La fidélité est au cœur de cette prière. Elle est demandée comme une grâce car elle est bien fragile. C'est important car il ne peut y avoir de véritable amour que dans la durée. La mission des disciples, notre mission à tous, c'est d'être des témoins authentiques de Dieu parmi les hommes. S'adressant à son Père, Jésus lui demande de protéger les siens dans cette mission difficile. Ils seront affrontés aux persécutions, à la dérision, à l'indifférence. Mais le Seigneur veille sur nous et rien ne peut nous séparer de son amour.

    Autre préoccupation de Jésus : "qu'ils soient un comme nous-mêmes !" C'est absolument essentiel pour que la bonne nouvelle porte du fruit. Le message de l'évangile ne peut être transmis que par des croyants unis par les liens de l'amour. Nous pensons tous aux divisions entre les religions et même au sein de L’Eglise. N’oublions pas non plus celles qui existent à l'intérieur de nos communautés paroissiales, nos familles, nos villages et nos quartiers. Toutes ces rivalités et ces rancunes sont des contre témoignages et discréditent l'Eglise. Comment croire des chrétiens qui n'arrêtent pas de se critiquer pour un oui ou pour un non ? Toutes ces paroles méchantes qui détruisent l'autre sont un obstacle à l'annonce de la bonne nouvelle.

    Mais n'attendons pas d'être parfaits pour nous tourner vers le Christ. Lui-même nous invite à nous associer à sa prière pour l'unité de ses disciples. Nous connaissons nos fragilités, notre péché. Nous vivons dans un monde qui nous regarde vivre et qui ne pardonne pas les scandales dans l'Eglise. Alors, plus que jamais, unissons-nous à la prière du Christ pour l'unité et la fidélité des siens. C'est à travers nos gestes d'amour, de partage et de solidarité que nous serons reconnus comme disciples du Christ. C'est cela qui fait la valeur d'une vie.

En ce dimanche, prions pour la réconciliation des peuples, la progression de la justice et la résolution des conflits. Que le Seigneur nous donne force et courage pour travailler ensemble à la construction d'un monde plus juste et plus fraternel, un monde rempli de l'amour qui est en Dieu. C’est certainement notre premier devoir de baptisé. Amen.

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 Située entre Pâques et Pentecôte, la fête de l’Ascension risquerait de passer un peu inaperçue. Ce serait bien dommage, car le mystère qui y est célébré est très vivifiant. En effet, L’Ascension nous apprend d’abord à ne pas mettre la main sur Jésus. Le Christ échappe aux disciples, il échappe aussi à nos mainmises possessives voire égoïstes. Le Christ ne s’enfuit pas et ne nous laisse pas tomber !  Son Ascension vers son Père nous oblige à croire en sa nouvelle manière d’être présent. L’Ascension nous fait même découvrir le sens profond de l’Eucharistie. Jésus n’a plus à être à nos côtés puisqu’il veut être en nous. Il n’a plus à être notre compagnon de route, puisqu’il est notre force pour marcher. Il n’a plus à être un copain que l’on peut côtoyer et toucher, puisqu’il devient notre vie. Il n’a plus à être vu puisqu’il devient notre regard. Il n’a plus à être notre ami puisqu’il est devenu notre force d’aimer. Nous sommes, désormais, son unique présence auprès de nos frères. Accueillons la joyeuse mission qui nous est donnée en cette fête. « Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création... » Jésus veut, par nous, continuer sans cesse continuer à aimer, à rencontrer et à sauver tous les hommes. Un anonyme du XV° siècle écrivait ceci : ‘Christ n'a pas de mains : Il n'a que nos mains Pour faire son travail aujourd'hui. Christ n'a pas de pieds : Il n'a que nos pieds Pour conduire les hommes sur son chemin. Christ n'a pas de lèvres : Il n'a que nos lèvres Pour parler de lui aux hommes. Christ n'a pas d'aides : Il n'a que notre aide Pour mettre les hommes à ses côtés. Nous sommes la seule Bible Que le public lit encore. Nous sommes le dernier message de Dieu Écrit en actes et en paroles’’. 

     L’Ascension du Christ est l’achèvement de son Incarnation. Saint Athanase, que nous avons fêté la semaine passée, rappelait avec force que « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu.» Jésus ne repart pas vers son Père comme il est venu parmi nous. Par sa venue dans notre monde, c’est toute la création, toute notre humanité qui sont épousés par Dieu. Ce mystère de prise en charge de l’homme par Jésus va, de Noël où il a commencé, en s’approfondissant. Il se creuse dans le scandale de la croix où il a pris sur lui toutes nos détresses et nos folies. De tout cela il triomphe à la résurrection  où  la vie l’em-porte sur toute mort. Il s’accomplit enfin dans l’Ascension. En rentrant dans le sein du Père, mais avec tout son poids de chair et d’humanité, Jésus nous divinise. Il nous fait partager l’amour de Dieu. Et avec nous, tout l’univers est transfiguré, car nous sommes composés de « poussière d’étoiles »  comme le dit l’astrophysicien Hubert Reeves. Le pape saint Léon écrit cette phrase lumineuse : « L’Ascension du Christ est notre promotion. »

   Cette fête vient donc nous rappeler les enjeux de notre vie. Nous avons pris l’habitude de parler du « pont de l’Ascension ». Quatre jours de congé, c’est très apprécié. Mais en parlant de pont, on ne croit pas si bien dire. Avec Jésus, l’Ascension est un pont qui nous permet de passer d’une rive à l’autre, de la terre vers le ciel ; nous sommes en marche vers ce monde nouveau que Jésus appelle le Royaume des cieux ; c’est là qu’il veut rassembler tous les hommes. C’est cette Bonne Nouvelle que nous avons à annoncer aux hommes et aux femmes de notre temps. Rien ne doit l’arrêter. Les violences, les guerres, les catastrophes n’auront pas le dernier mot. Le Christ ressuscité veut nous associer définitivement à sa victoire sur la mort et le péché.

  Nous sommes à dix jours de la Pentecôte. Les apôtres en ont profité pour réfléchir, faire une retraite. Avec eux, supplions le Seigneur de nous envoyer  son Esprit pour qu’il renouvelle notre regard, notre Foi et la face de la terre. La mission se poursuit. Elle est la joie d’annoncer au monde sa plus belle destinée : l’éternité. Amen

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 6° Dimanche de Pâques - Frahier – Melisey 2018

  Si dimanche dernier, nous avons médité à partir de la parabole de la Vigne. Aujourd’hui, nous sommes invités à regarder le fond de notre cœur et à réfléchir sur notre capacité d’aimer. Aimer…Que ce verbe est donc difficile à accueillir et surtout à conjuguer ! « Qu’il est difficile d’aimer » chante le poète !  Et pourtant, c’est la clé de toute vie … Ce verbe revient 12 fois dans l’Evangile qu’on vient de lire !

 Quand Jésus parle d’amour, il ne nous parle pas de n’importe quel amour. Il nous dit que c’est un don de Dieu : là est son origine, qu’il en a lui-même fait l’expérience et que c’est cet amour-là qu’il veut rendre contagieux et communiquer à tout homme. « Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés : demeurez dans mon amour ». En disant cela, il nous montre le chemin : si nous voulons aimer comme lui, ne pas nous égarer, nous sommes invités à prendre connaissance de ses manières. Ce n’est pas nous qui allons inventer la route de l’amour de Dieu, mais c’est sa Parole qui nous l’indique. Nous sommes donc invités à entendre et méditer cette parole, à la laisser raisonner en nous et à l’observer avec fidélité. Nous laissant ainsi apprivoisés, nous en ferons le riche apprentissage.

  « Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme, en observant les commandements de mon Père, je demeure dans mon amour ». Aimer à la manière du Christ est bien autre chose que de faire simplement du sentiment : il s’agit d’accorder notre volonté à celle de Dieu, d’harmoniser notre vie à celle du Christ. Et ce travail, car c’en est un, ne laisse aucun repos comme il en va quand on veut bâtir une demeure solide où il fait bon vivre.

    Au passage, il est un petit mot très important dans le discours de Jésus : c’est le mot « comme ». « Je vous ai aimés comme le Père m’a aimé ! » « Soyez fidèles comme j’ai gardé fidèlement les commandements de mon Père ». « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ».

   Le modèle de l’Amour : c’est celui qui existe entre le Père, le Fils et  l’Esprit Saint. Le modèle, c’est cette unité sans faille qui existe au sein même des 3 personnes de la Trinité où tout est relation parfaite. Le modèle  et la source: c’est le cœur de Dieu qui ne connaît aucune division !

   Quand Jésus parle d’amour à ses apôtres, c’est à la veille de sa Passion, de sa mort sur la croix. C’est dire combien, aimer à la manière du Christ est exigeant et difficile ! C’est vrai qu’il place la barre à son niveau le plus haut quand il dit : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » et encore : « Celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour ».

   Par ces paroles denses et insistantes, Jésus  leur donne une clé de son mystère ; cette clé : c’est de demeurer dans l’amour de Dieu : Père, Fils et Esprit Saint. Là seulement se trouve le vrai bonheur de la vie. 4 fois, Jésus emploie le verbe ‘demeurer’, c’est en dire toute l’importance !

   Mais l’amour de Dieu ne peut pas se garder pour soi-même ; offert à tous, il s’atteste dans un amour fraternel, car il est un héritage à vivre en partage, sans privilèges. Et il n’y a pas à se dérober non plus quand on est, depuis notre baptême, héritier de cet amour unique. Et Jésus a cette belle parole encore pour nous encourager à vivre ce partage : « Je vous appelle mes amis…C’est moi qui vous ai choisis pour que vous partiez, que vous donniez du fruit et que votre fruit demeure ». Je crois qu’il y a là matière à faire chacun notre révision de vie.

En conclusion : Jésus nous appelle à être des passionnés sans cesse à l’affut de son amour et pour cela, il nous demande de l’imiter. Comme lui, aimer son Père et aimer les autres de la même manière, c’est le même commandement. Quel beau défi ! Le bonheur que nous recherchons est à ce prix !

   La joie de Jésus, celle qu’il nous promet, celle qu’il nous donne, c’est celle d’être aimé : aimé du Père et c’est celle d’aimer : d’aimer nos frères. La joie alors, fruit de l’amour : que Dieu nous y garde ! Amen !

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5° Dimanche de Pâques (B)

L’évangile de dimanche dernier nous parlait du bon Berger. Aujourd’hui, le Christ utilise l’image de la vigne. Dans le texte de ce jour, il ne s’agit pas d’un vignoble mais d’un seul plant. Dans les pays orientaux, certains ceps pouvaient être gros comme des arbres, si bien qu’on pouvait aller se reposer dessous. C’est cette image que Jésus utilise pour nous parler de lui et de nous. Il y a dans cet évangile un message de la plus haute importance qui nous concerne tous.

La véritable vigne c’est Jésus. Son Père est le vigneron. Les disciples sont des sarments. Ces derniers ne pourront porter du fruit que s’ils demeurent rattachés au cep. C’est pour nous que Jésus ajoute : « Ce qui glorifie mon Père c’est que vous portiez du fruit en abondance. » Ces fruits que Dieu attend de nous c’est d’abord notre amour de tous les jours pour tous ceux et celles qui nous entourent. C’est une attention toute particulière aux petits, aux pauvres, aux exclus qui sont de plus en plus nombreux en cette période de crise. Nous ne devons jamais oublier qu’ils ont la première place dans le cœur de Dieu. Si nous les rejetons, nous nous coupons de Jésus lui-même.

Nous chrétiens, nous sommes associés au Christ par la foi et par le baptême. Nous sommes envoyés par lui pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres, pour être les témoins et les messagers de son amour auprès de tous ceux qui nous entourent. Cette mission ne pourra porter du fruit que si nous sommes reliés au Christ comme le sarment est relié au cep. « Demeurez en moi comme moi je demeure en vous », nous dit Jésus. Demeurer cela signifie habiter quelque part et y rester. Nous chrétiens, nous sommes des hommes et des femmes appelés à demeurer dans le Christ et à l’accueillent dans leur vie. En étant reliés à lui comme le sarment au cep de vigne, nous recevons la sève qui nous fait vivre, celle de son amour. Cet amour, nous le recevons de Dieu pour le transmettre aux autres tout au long de la semaine.

L’évangile nous dit que pour produire du fruit, la vigne a besoin d’être taillée. A la bonne saison, le vigneron sacrifie un certain nombre de pousses latérales pour améliorer la récolte. Il accepte de perdre pour gagner. Ces images empruntées à l’art du vigneron nous rappellent plusieurs paroles de Jésus que nous retrouvons tout au long des évangiles.

En effet, de nombreux textes nous parlent de renoncement, de rupture. Quand Jésus appelle des disciples, ces derniers doivent tout laisser derrière eux. Au jeune homme riche qui lui demande ce qu’il doit faire pour avoir en héritage la Vie éternelle, Jésus répond : « Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. » (Marc 10) Un autre jour, il recommande à ses disciples de prendre la dernière place pour être premiers. A plusieurs reprises, il les met en garde contre le danger des richesses. Nous convertir à Jésus Christ c’est nous libérer de toutes ces chaînes qui nous empêchent d’aller à lui. L’évangile est une rude école d’émondage, il nous invite à pratiquer des coupes sombres dans nos vies, à nous libérer de notre orgueil et de notre égoïsme, à nous désencombrer du superflu qui nous paralyse.

Si nous acceptons tous ces renoncements, c’est en vue d’un bien supérieur. Ce qui est premier dans l’image de la vigne c’est que la sève puisse circuler. C’est elle qui alimente les sarments porteurs de raisins. Elle irrigue tout l’organisme de la vigne. Les sarments coupés n’ont plus de sève. Ils dépérissent et on les brûle. Pour l’évangile, la sève c’est le lien vital qui relie les disciples au Maître. C’est cela qui nous permet de demeurer en Jésus et de porter du fruit. Ceux qui se coupent de lui vont à la dérive. Ceux qui restent reliés à lui bénéficient du ressourcement permanent assuré par la sève. Nous porterons du fruit en écoutant Dieu, en ayant foi en Jésus, en observant les commandements, en étant serviteurs, en priant, en accueillant l’Esprit Saint.

Pour cette mission, nous ne sommes pas seuls ; nous sommes enracinés dans une communauté qui s’appelle l’Église. Rappelons-nous ce qui s’est passé pour l’apôtre Paul : Il a été un grand prédicateur de l’évangile. Mais tout cela n’a été possible que parce qu’il était en communion avec le groupe des apôtres et envoyé par eux. C’est parce qu’il était en communion avec le Christ et avec la communauté des chrétiens que sa mission a pu porter du fruit. Ce qui fait la valeur d’une vie, ce n’est pas les belles paroles mais l’amour mutuel, les gestes de partage, d’accueil et de solidarité. Un chrétien isolé est un chrétien en danger ! Un chrétien relié à Dieu est un chrétien sauvé.

Chaque dimanche, nous nous rassemblons en Eglise pour nous nourrir de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie. Le Christ est là présent: Il rejoint les communautés réunies en son nom. La prière que nous lui adressons nous invite à nous tenir debout devant lui. C’est auprès de lui que nous puisons la force de prendre part à la lutte contre le mal et le malheur des hommes. Dieu accueille notre prière et il nous envoie l’Esprit Saint en vue de cette mission. Demandons-lui qu’il nous garde reliés, branchés sur lui pour que notre mission porte les fruits qu’il attend de nous. Amen.

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2° Dimanche de Pâques  Vy les Lure – Lure  2018

ON VEUT DES PREUVES ! ON VEUT… !!!

   «Je ne crois que ce que je vois !» disent certains ! «Je ne vois pas Dieu!» disait Gagarine le premier cosmonaute del’histoire!Le premier constat de la résurrection du Christ, c’est le tombeau vide! La résurrection ne s’impose pas d’unemanière évidente ! Dans tous les récits de l’Evangile, il estquestion de le découvrir ressuscité, à travers une expériencepersonnelle! Pas étonnant que pour certains, comme Thomas,la certitude n’aille pas de soi et que le doute prenne le dessus!

   Le doute signifie  «contester la vérité, manquer de confiance!» (cf Larousse).Mais Méfiance, car le doute peut aussi  donner des œillères et empêcher parfois une certaine objectivité ! Paradoxalement, dans Evangile de ce jour, Jésus est bien vivant, mais ce sont ses disciples qui sont enterrés, verrouillée à double tour, enterrés par la peur qui rend soupçonneux! Et, si on ne sait comment, Jésus se trouve au milieu de ses disciples enfermés! Les oreilles des apôtres l’ont entendu : Il ne répand pas la peur mais la paix ! Il montre son humanité blessée, ses mains et son côté, les traces de sa mort. C’est bien le Jésus crucifié qui est là vivant et qu’ils ont vu de leurs yeux !!

 «Tant que je ne verrai pas…tant que…je ne croirai pas !». Ne nous arrive-t-il pas  aussi de tenir de tels propos ? Ne sommes-nous pas parfois les « jumeaux » de Thomas ? Et si nous l’étions jusqu’au bout ? Un doute peut-il être une preuve ? Non ! Et si un doute n’était seulement qu’une épreuve c'est-à-dire «un conflit éprouvant le courage ou la résistance de quelqu’un.» (cf Larousse). Sportivement, l’épreuve est un challenge à gagner ! C’est bien en remportant plusieurs épreuves que le vainqueur gagne le trophée !  L’épreuve du doute est un appel à réfléchir, à rechercher, à faire confiance au témoignage! «Le doute est une échelle pour monter vers Dieu» disait un Saint ! …La confiance éprouvée est un véritable chemin de la Foi!… Je pense à Catherine, jeune fille aveugle de naissance qui me disait : «La Foi pour moi, c’est quand quelqu’un me prend par la main et me prête ses yeux pour me conduire là où je ne peux pas aller toute seule. C’est ma chance et ma joie! »

Autour de nous, des signes nous sont donnés de la certitude de la résurrection : Les Evangiles d’abord trop méconnus, les gens qui en vivent, qui s’aiment en vérité, se pardonnent et repartent de plus belle…les gens,  visages de béatitudes  qui sont joyeux et pacifiés, pleins de miséricorde et d’attention pour les autres, …les gens qui sont visages d’Evangile au quotidien, qui ne s’embarrassent pas de 1000 suppositions même si des questions demeurent et qui sont passés comme l’Apôtre du « tant que je ne verrai pas… je n’y croirai pas » à « Mon Seigneur et mon Dieu  »  Chrétiens de 2018, et vous les jeunes , à votre tour, voulez-vous être les « jumeaux » de Thomas, c’est-à-dire passer du doute à la confiance, de la méfiance à l’Espérance, de la religion à la Foi ? Faites-le ! Osez ! Et vous  découvrirez alors, en chemin, le Christ ressuscité !

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Jour de Pâques (B), Lure 2018

 Chers amis                                                                                                                                                                                                                                                                       

Je vous souhaite à tous  une Sainte fête de Pâques! Le Christ est vraiment ressuscité ! Alléluia ! Pâques illumine ! Le ressuscité nous enveloppe de sa lumière, il donne à nos cœurs une joie immense et une grande espérance et il les remplit de son amour .Aujourd’hui nous est relatée dans l’évangile la course haletante de Pierre et Jean qui suivent Marie-Madeleine vers le tombeau où le corps de Jésus a été déposé. Mais ils découvrent un tombeau vide avec le linceul. Pourtant, instantanément Jean vit et crût que Jésus n’a pas été enlevé mais qu’il est ressuscité. C’est le 1° acte de Foi exprimé dans la reconnaissance de Jésus ressuscité ! La foi est donc un don et elle est aussi personnelle. C’est pourquoi une relation intime avec Dieu est nécessaire.  Elle s’établit par la prière dans le secret des cœurs devant une “présence absente”, dont témoigne le tombeau vide.  Le tombeau vide comme on le voit aujourd’hui, est le chemin de la foi qui commence. Cette foi – notre foi – s’appuie sur le témoignage des Apôtres. Il nous est demandé de croire sans voir : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »  (Jean 20, 29).La résurrection est au centre de la foi chrétienne : « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi » (1Co 15,17).

Oui, le Christ est vraiment ressuscité ! Les apôtres vont faire une expérience incontestable et pourtant inconcevable. Leur vie va en être radicalement bouleversée. Ils vont devenir les témoins jusqu’à donner leur vie. Et si nous sommes là ce matin, c’est à cause de leur témoignage. La résurrection du Christ est un évènement qui bouleverse aussi l’histoire de l’humanité. De cet évènement découle la joie véritable.

C’est cette joie dont notre monde a tant besoin. Notre monde est souvent marqué par de multiples drames qui engendrent la peur, la tristesse et le repli sur soi. Et cependant, l’aspiration à la joie est imprimée dans le cœur de l’homme, au-delà des satisfactions immédiates et passagères. Notre cœur cherche la joie profonde, parfaite et qui puisse donner goût à l’existence.

En ce matin de Pâques, nous sommes invités à accueillir la joie. Nous aspirons tous à être aimé et à aimer. Dieu nous a créés par amour et veut nous faire participer à sa propre joie, divine et éternelle. C’est en Jésus, mort et ressuscité, que se manifeste le plus clairement l’amour infini de Dieu pour chacun d’entre nous. C’est dans la rencontre avec lui, victorieux du mal et de la mort, que nous sommes libérés de l’angoisse et de la tristesse. En ce matin de Pâques, c’est la joie du Salut qui nous est donnée. Le Christ est vivant. Il est celui qui a vaincu le mal, le péché et la mort. Il est désormais présent avec nous comme le ressuscité jusqu’à la fin du monde. Le mal n’a pas le dernier mot sur notre vie. L’amour de Dieu est vainqueur.

A notre tour, nous sommes conviés à être témoin de la joie, à être missionnaire de la joie. Tant de gens ont besoin de savoir que la joie est possible. Partageons la nôtre !  Nous sommes invités à aller dire notre joie d’avoir trouvé ce trésor qui est Jésus lui-même. Nous ne pouvons pas garder pour nous cette joie de la foi. Pour qu’elle puisse demeurer en nous, nous devons la transmettre.
Parfois, certains de nos contemporains ont une image du christianisme qui serait une proposition qui opprimerait la liberté et irait à l’encontre du désir de bonheur et de la joie. Ce n’est pas la vérité, nous le savons. Les chrétiens sont des hommes et des femmes vraiment heureux, des personnes ordinaires, porteuses d’un message extraordinaire : celui de savoir que nous ne sommes jamais seuls, que le pardon nous a été donné, que le dernier mot n’est pas la mort mais la vie éternelle. Si parfois notre façon de vivre semble aux autres ennuyeuse et fatiguée, c’est que nous avons à nous interroger sur nous-mêmes, à nous rapprocher du Christ et à enlever de nos vies ce qui serait contraire à la joie chrétienne. En tous cas, ce matin de Pâques, accueillons encore la vie nouvelle qui nous est donnée dans la résurrection du Christ.

Nous vivons dans un monde difficile, traversé par des interrogations profondes. Certains sont tentés par la désespérance, le doute ou la révolte. La fête de Pâques est aussi une invitation à la confiance. Confions nos vies, notre avenir personnel et celui de notre monde à celui qui a vaincu la mort et le péché. Le Christ ressuscité répète sans cesse : « n’ayez pas peur. » Jésus n’a pas promis que tout serait facile. Il n’a pas promis que l’on plairait à tout le monde, et que l’on ne se tromperait jamais. Il a promis qu’il serait toujours là, avec nous.

En ce matin de Pâques, regardons le Christ ressuscité. Il a vaincu le mal et la mort. Il est notre confiance et notre espérance.

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Veillée pascale -Lure  2018

   Le Christ est ressuscité…Voilà l’étonnante nouvelle historique que nous célébrons en Eglise et qui a surgi au petit matin de Pâques ! La nuit de la mort s’en est allée pour laisser place à la lumière de la Résurrection ! Quel passage inattendu !  Pâques veut dire ‘’passage’’ … Passage, évoqué dans la 2° lecture, de la Mer Rouge par le peuple hébreu prisonnier en Egypte pour aller en direction de la terre Promise, vers la liberté retrouvée. Passage pour Jésus de la mort sur la croix à la gloire de sa résurrection !

   Marie Madeleine, et les quelques femmes venues au tombeau pour embaumer le corps de Jésus sont bouleversées de découvrir son tombeau vide. Qu’est-ce-que ça veut dire ? On peut tout imaginer…

   Cet évènement est unique dans l’histoire de toute l’humanité ! Cela fait partie  des surprises de Dieu. La Résurrection, c’est la surprise de Dieu ! Dieu nous surprend toujours. Car ‘’Rien ne lui est impossible !’’

Chers amis, , ne nous fermons pas à cette nouveauté de Dieu !

   Entendons la question des 2 hommes en vêtement éclatant qui disent : « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, il est ressuscité » (Lc 24,5-6).  Voilà qui change tout. Rien ne peut plus être comme avant, non seulement dans la vie de ces femmes, mais aussi dans notre vie et dans l’histoire de l’humanité. Jésus n’est plus dans le passé, mais il vit dans le présent : il est l’«aujourd’hui» éternel de Dieu. Ainsi la nouveauté de Dieu est là : elle se présente aux yeux des femmes, des disciples, de chacun nous : c’est la victoire sur le péché, la victoire sur le mal, la victoire sur la mort, la victoire sur tout ce qui opprime la vie et lui donne un visage moins humain. Christ est ressuscité, alors oui, ‘’pourquoi chercher le Vivant parmi les morts ?’’ Les problèmes, les préoccupations de tous les jours tendent à nous faire replier sur nous-mêmes, dans la tristesse, dans l’amertume…Cela donne des œillères et c’est là que se trouve la mort ! Non ! Ne cherchons pas là, Celui qui est vivant !

   Acceptons que Jésus Ressuscité entre dans notre vie, accueillons-le avec confiance comme un ami fidèle, sûr. Il est la vie ! Si jusqu’à présent nous l’avons écarté de nos préoccupations, si nous avons même douté de lui, faisons un petit pas : il nous accueillera à bras ouverts. Si nous sommes indifférents, acceptons de risquer sa rencontre : nous ne serons pas déçus. S’il nous semble difficile de le suivre, n’ayons pas peur, faisons-lui confiance, soyons sûrs que Lui, il nous est proche, il est avec nous et nous donnera la paix que nous cherchons et la force pour vivre comme Lui le veut.

   Comme les femmes rencontrant la nouveauté de Dieu, accueillons l’événement avec foi. Je dirai même avec un cœur non seulement étonné, mais amoureux ! Laissons-nous attirer par cette vie nouvelle qui s’ouvre au matin de Pâques et que la mort ne pourra jamais anéantir. Notre Dieu n’est pas le Dieu de la mort, mais de la vie et qui plus est, de la vie éternelle ! Que cela fasse toute notre joie !

  C’est le message que nous avons à retenir, à méditer et à faire nôtre : il donne sens à notre propre existence, à notre vie de chrétiens !

  Cette nuit, à travers la France  4258 adultes reçoivent le baptême,!  Il y en aura 22 dans notre Diocèse. Le vent de la résurrection continue à faire son œuvre, animé par le souffle de l’Esprit Saint. Ce soir, 7 enfants en âge de scolarité  en seront les signes pour notre communauté paroissiale, et pour la jeunesse. Rendons grâce à Dieu ! Soyons dans la joie ! Réjouissons-nous !

     Tout à l’heure, nous serons invités à renouveler notre engagement de baptisé et de chrétien…Que cette démarche nous fasse réfléchir, nous conforte dans la Foi et stimule notre attachement au Christ ressuscité ! Nous sommes les membres de son Corps ! N’ayons pas peur, à notre tour, d’être les relayeurs et les témoins de la résurrection du Christ : Bonne Nouvelle  au sein de notre monde en perte de points de repère. Amen.

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Vendredi Saint – Lure 2018

Seigneur Jésus, ta mort est un baptême, Et ton Esprit nous transfigure en toi

Ce soir, contemplons la croix du Christ. N’ayons pas peur de la regarder. Celui qui avait dit : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime »(Jean 14, 13) est là.  Il ne peut pas nous laisser indifférents. C’est la Passion d’un homme abandonné, trahi et bafoué. Elle nous montre un chemin déroutant, révoltant où apparemment Dieu se tait.

Ce soir, avec notre Foi  questionnée voire fragilisée, nous sommes là pour communier au sacrifice volontaire de Jésus qui donne sa vie, par amour, pour sauver tous les hommes.

La croix est la victoire de l’amour. Voilà une affirmation absolument capitale qui résume bien le message de ce Vendredi Saint. A nous de nous demander si nous sommes capables de l’accueillir en vérité, si nous sommes capables d’en témoigner aujourd’hui dans le quotidien de nos vies ? Vous les jeunes de la profession de Foi, penses-y quand vous recevrez la croix tout à l’heure : êtes-vous prêts à vivre votre vie de jeunes croyants en témoin de Jésus ?

En ce Vendredi Saint, n’ayons pas peur de porter notre regard vers la Croix du Christ. Cette croix symbolise la souffrance de l’homme, notre souffrance. Pour beaucoup, elle s’appelle longue maladie, souffrance, échec, violence, le deuil. Nous n’oublions pas les victimes de la haine et de la violence des hommes, en particulier les chrétiens persécutés, bien plus nombreux qu’aux premiers siècles de l’Eglise

Cette croix du Christ n’est pas une croix comme les autres. Elle est pour tous les hommes et pour chacun absolument UNIQUE. Elle est notre unique espérance parce qu’elle est la victoire de l’amour. En ce Vendredi Saint, plus que la souffrance et la mort, nous célébrons le signe de l’immense amour de Jésus Christ et de Dieu notre Père pour tous les hommes sans exception. Ce n’est pas une croix déshonorante, c’est une croix glorieuse, c’est la Croix de l’Amour de Dieu victorieux.

Pour progresser dans l’intelligence du mystère de la croix, il ne suffit pas d’acclamer la croix ou de la vénérer. Le plus important c’est de prendre modèle sur le Christ : Il n’a pas attendu le Calvaire pour donner sa vie. Il l’a fait jour après jour au hasard des rencontres, chaque fois qu’il s’est mis au service des petits, des malades et des pauvres.

Beaucoup ont compris que la meilleure manière de porter sa croix c’est de porter celle des autres ; c’est de faire renaître et aider à renaître à l’espérance tous ceux qui sont méprisés, asservis, malades, découragés. C’est ainsi que nous sommes appelés à célébrer la croix du Christ. Mais à travers ces petits, ces exclus, ces personnes qui souffrent, le Seigneur est là. Il se reconnaît dans celui qui a faim, celui qui est malade et seul, celui qui est persécuté. Il nous rejoint dans notre vie et notre mort pour que nous soyons avec lui dans sa résurrection. En ce Vendredi Saint, nous contemplons la gloire de Celui qui nous a aimés jusqu’au bout. Forts de tout cela, unis à toute l’Église, osons chanter et proclamer : « Victoire, tu règneras, O croix, tu nous sauveras… »  Amen.

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Jeudi Saint 2018, Messe de la Cène du Seigneur, Lure

   C’est émouvant ce qu’on vient d’entendre ! Jésus qui lave les pieds de ses disciples. Pierre ne comprenait pas, il refusait. Mais Jésus lui a expliqué. Jésus – Fils de Dieu – a fait cela ! Et lui-même explique aux disciples : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m’appelez ‘Maître’ et ‘Seigneur’, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous » (Jn 13, 12-15).

   C’est l’exemple du Seigneur : Lui qui est le plus important, lave les pieds de ses disciples, parce que parmi nous celui qui veut  être le plus grand doit être au service des autres. Et cela est un symbole, c’est un signe ! Laver les pieds, cela veut dire : ‘je suis à ton service’. Et nous aussi, parmi nous, n’est-ce pas que nous aussi, nous devons faire : laver les pieds tous les jours l’un à l’autre ? Cela signifie que nous devons nous aider, les uns les autres. Le message est clair. Parfois il nous arrive de nous mettre en colère avec telle ou telle personne…. C’est là que j’entends Jésus nous dire : ‘’laisse tomber, laisse tomber, et cette personne te demande un service, fais-le !’’   Nous aider les uns les autres : c’est ce que Jésus nous enseigne et c’est cela qu’il convient que nous fassions, et que nous fassions de tout cœur, parce que c’est notre  devoir. Comme prêtre, je dois être à votre service. C’est un devoir qui me vient du cœur : je l’aime. J’aime cela et j’aime le faire parce que le Seigneur me l’a enseigné ainsi. Mais vous aussi, aidez-vous : aidez-vous toujours. L’un l’autre. Et ainsi en nous aidant avec cœur, nous nous ferons mutuellement du bien.

   Maintenant nous allons faire cette cérémonie du lavement des pieds… Que chacun de nous réfléchisse : ‘Est-ce que vraiment je suis disposé, à servir, à aider l’autre ?’ Pensons à cela, seulement. Et pensons que ce signe est une caresse de Jésus, une caresse que fait Jésus, parce que Jésus est venu précisément pour cela : pour servir, pour nous aider et nous faire comprendre ‘’qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis’’.

   Et puis, tout à l‘heure, quand vous communierai, pensez que c’est le même service que Jésus nous offre. Il est le pain vivant qui nous livre sa vie. Il est le pain de l’amour qui veut nous rendre, à notre tour, amoureux de Dieu et d’avantage attentionné à nos frères. …Je vous inviterai à lire et méditer ce grand texte du Père Jean Debruynne : L’Eucharistie est une communion…pas n’importe laquelle. Belle fête du Service et du partage ! Amen.

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Dimanche des Rameaux  - Lure 25 Mars 2018

   Nous venons d’entendre le récit pathétique de la Passion et de la mort de Jésus.

    Quel contraste entre le début et la fin : l’enthousiasme de la foule qui acclame Jésus en scandant des ‘’Hosanna’’ joyeux et la fin où la même foule manipulée s’acharne contre Jésus en criant : ‘’Crucifie-le’’ ! La mort de Jésus peut nous apparaître comme un échec. Tous l’ont quitté. Les apôtres se sont enfermés, par peur, dans leur maison au Cénacle. Le seul acte de Foi est venu d’un soldat romain, un étranger, un païen : ‘’Vraiment cet homme était le Fils de Dieu !’’

   Oui, Jésus est le Messie sauveur, le Roi qu’on attendait. Mais le trône de ce roi, c’est la croix. Il est reconnu même par des étrangers.

   Aujourd’hui commence pour toute l’Eglise, la Semaine Sainte. Il ne tient qu’à nous de tout faire pour ne pas la banaliser, pour qu’elle ne passe pas inaperçue. Pour nous, c’est la plus importante de toute l’année. Elle est le socle solide de notre Foi chrétienne. Essayons de la vivre en communion avec les chrétiens du monde entier, en particulier ceux qui souffrent la persécution notamment en Syrie, en Egypte, au Pakistan et- dans bien des régions à travers le monde. Ils ont besoin de notre prière, de notre soutien et de notre fidélité. Ensemble, cette semaine, levons davantage les yeux vers la croix du Christ. C’est pour nous et pour le salut du monde entier que jésus a livré son Corps et versé son Sang. Il nous appartient de tout faire pour que notre réponse soit vraiment à la mesure de cet amour pour nous.

  Quand une personne est malade et inconsciente, on doit parfois lui faire une perfusion. Notre monde malade a besoin d’une perfusion d’amour. C’est cela qui va se passer tout au long de cette Semaine Sainte. Le Christ est descendu au fond de notre désespérance pour y déposer cet amour qui vient de Dieu. Il est venu ouvrir un chemin qui permet à l’humanité de sortir de ses impasses et d’entrer dans la gloire du Père.

   Que le Seigneur nous accorde à tous, la force et le courage pour le suivre tout au long de cette Semaine Sainte. Fais-nous comprendre ce mystère inouï du don de ton amour et de ta vie pour le salut du monde. Que notre cœur se laisse toucher  par l’espérance dont ta croix est le signe et nous ouvre déjà les portes de la Résurrection. Amen.

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 4° dimanche de Carême - Vouhenans 2018

Le texte d’aujourd’hui n’est pas facile. Il ne raconte ni un épisode de la vie de Jésus, ni une parabole. Il s’agit plutôt d’une méditation devant la croix.

La croix nous révèle le visage et le cœur de Dieu, le Dieu de Jésus Christ, le Dieu qui n’est qu’Amour. L’amour s’est fait chair dans le sein de la jeune fille de Nazareth. L’amour est devenu l’un de nous dans une vie semblable à la nôtre, avec seulement plus de risques, plus d’épreuves, plus d’obscurité. L’amour s’est fait bouchée de pain et gorgée de vin afin que nous ne fassions qu’un seul corps avec lui. L’amour s’est laissé clouer sur une croix. Il n’est pas une page de l’évangile qui ne trahisse cet amour bouleversant de Dieu pour nous. « Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné son Fils unique »Et pourtant, qu’est-ce que nous restons lents à croire à tant d’amour ! Qui donc est Père comme Dieu ? « Dieu a envoyé son Fils dans le monde, non pas pour juger le monde, mais pour que, par lui, le monde soit sauvé ».

 Je ne peux m’empêcher de situer cette méditation dans le contexte actuel de notre histoire, avec toutes ces violences qui font la « Une » de toutes nos informations, qui nous scotche parfois de longues heures devant les écrans de nos télévisions…comme si les serpents de la violence étaient plus importants que les soleils de la réconciliation et de la paix !

 Vous l’avez entendu, le début de l’Evangile de St Jean fait allusion justement d’un « serpent de bronze élevé par Moïse dans le désert »…De quoi s’agit-il ? Le peuple de Dieu, au désert, connaît un temps de révolte et de rébellion contre Dieu. La 1° lecture datant du IV° siècle avant jésus Christ disait que : « le peuple multipliait les infidélités, imitait les pratiques sacrilèges des païens, profanait le Temple de Jérusalem… tournait en dérision les envoyés de Dieu, méprisant sa parole… » Bref ! Dieu n’a plus la cote dans le cœur des gens, il est même rejeté de leur cœur ! A bien regarder, quand on regarde ce qui se passe aujourd’hui, n’est-ce pas un peu la même chose ? Que de fois Dieu est délaissé, rejeté, voir même accusé d’être l’auteur de tous nos maux! Irrespectueusement on parle même de ‘’droit au blasphème’’!!! Jusqu’où va-t-on aller ?  Le philosophe athée Glugsmann dit que c’est la mort de Dieu qui est ainsi souhaité ! Autrement dit, c’est l’apologie des ténèbres et de la mort sur la lumière et la vie, l’apologie du Vendredi Saint sur Pâques ! C’est le monde à l’envers ! C’est du non-sens !

 En son temps, Moïse sur son bâton qui avait ouvert la mer Rouge pour libérer le peuple esclave en Egypte, avait érigé un serpent de bronze sur une haute colline, et tous ceux qui regardaient vers ce serpent, avec le désir de ne pas mourir mais de se laisser gagner par Dieu, étaient arrachés à la mort. Ce n’était pas de la magie ; ce qui sauvait, ce n’était pas l’objet dressé et regardé, mais l’acte de Foi en « Dieu sauveur de tous » !

 Vous l’avez compris, St Jean utilise cette comparaison audacieuse du serpent de bronze fabriqué par Moïse et Jésus en croix pour nous rappeler combien Dieu n’est pas absent à notre monde mais bien présent à notre histoire : combien il vient nous révéler l’intensité d’amour qu’il continue à vouloir prodiguer à tous ! C’est sur la croix de la colline du Golgotha qu’en Jésus Christ lui-même, il vient offrir le salut à tous ceux qui regardent vers lui et croient en lui. Cette croix est donc le lieu de la révélation définitive de Dieu : c’est là que, uni à son Fils donné, il dévoile son vrai nom : Il est Amour ! Dieu est amour et rien d’autre ! « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique… » Vous savez la suite !

 Ainsi,  pour le croyant, la croix est glorieuse parce qu’elle veut nous irradier de la lumière de Dieu, des « richesses infinies de sa grâce et de sa miséri-corde » comme le précise St Paul. De l’autre côté de la croix, il y a déjà le Dieu de la résurrection qui vient effacer de sa pleine lumière, les lourdeurs de nos ténèbres. Et sur ce chemin vers Pâques, nous pouvons toujours nous demander de quelle lumière nous souhaitons que le Seigneur nous illumine, nous fasse grandir et éclaire notre chemin.

  Dans cette Eucharistie, que chacun fasse le point et corrige, si besoin est, la trajectoire de son regard et de ses désirs. Ensemble, laissons-nous éclairer intérieurement par la présence amoureuse de Dieu. Ne passons pas à côté de son amour infini ! Oui, qu’il illumine nos vies et nos chemins durant cette 2° partie du Carême. Ayons le courage de mener le bon combat de la vérité, il nous rendra libres et heureux ! Comme Marie, nouvelle Eve, écrasons du talon les serpents tentateurs et diviseurs qui nous poursuivent, et relevons la tête !  Regardons davantage vers la croix du Christ où Dieu se donne pour tous nous sauver. Amen !

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3° Dimanche de Carême, St Germain – Lure 2018

   Dieu fait tout pour créer des liens avec nous. Il est le Dieu de l’Alliance : il ne veut pas nous voir nous perdre dans les méandres du mal, de l’individualisme, de la violence, de l’égoïsme…Tout cela est œuvre u mal, tout cela est péché.

  Alors, il nous lance des signes pour créer ou retisser des liens avec nous.

  J’en vois trois : 3 liens qui sont comme des clignotants, des signes pour nous aider à grandir selon son amour qui ne souhaite que vie, bonheur et paix à tous !

1°lien : les 10 commandements. C’est le don de la Loi : loi de liberté et de vie pour nous apprendre à bien vivre les uns avec les autres. Notre Dieu nous aime tous de la même manière. Il veut le salut de tous. Les dix commandements qu’il nous laisse commencent par des interdits : « Tu n’auras pas… Tu ne feras pas… » Ces paroles nous disent les impasses qu’il nous faut éviter pour ne pas retomber dans l’esclavage. Le fameux slogan de 68 ‘’Il est interdit d’interdire’’ n’est pas la bonne solution pour être heureux.

    Il s’agit ici de renoncer aux idoles, ces faux dieux qui prétendent assurer le bonheur de l’homme. Ces idoles, nous les connaissons bien, c’est la course à l’argent, aux richesses matérielles, au « toujours plus ». Tout cela ne fait que nous enfermer sur nous-mêmes, dans notre égoïsme. Nous devons également éviter toutes les critiques négatives qui ne font qu’ajouter un peu plus de poison à la société dans laquelle nous vivons. Les dix paroles que le Seigneur nous laisse sont un chemin de liberté et de vie. Elles se présentent comme des points de repères solides pour une vie digne d’être qualifié d’humaine, ouverte à Dieu et aux autres.

Le 2° lien c’est celui de la croix. Dans sa lettre aux Corinthiens (2ème lecture), Paul insiste sur le caractère inimaginable de la croix : « Nous proclamons un Messie crucifié… » Tant pis pour ceux qui s’efforcent de dénigrer la croix. Si nous voulons comprendre quelque chose à l’amour de Dieu, c’est vers elle que nous devons regarder. Le vrai Dieu se révèle là où les hommes ne voient que la honte et l’échec. Le signe de la croix se présente comme la seule attestation d’un Dieu dont le nom est ‘’Miséricorde’’.

  Après la loi et la croix, l’Évangile nous présente un troisième lien de l’amour de Dieu : le temple. Aujourd’hui, nous voyons Jésus arriver au temple de Jérusalem. Il réagit très fortement contre le trafic qui se pratique en ce lieu. Il devient même violent. La maison de son Père n’est pas destinée à cela. En ce temps de Carême, Jésus veut nous apprendre à adorer Dieu « en esprit et en vérité ». Nos relations avec lui ne se négocient pas. On ne va pas lui offrir ceci ou cela pour qu’il nous donne ce que nous lui demandons.

    En purifiant le culte qui se pratique au temple, Jésus veut nous aider à retrouver la vraie signification de ce lieu. Le temple est la demeure de Dieu, sa présence au cœur de l’humanité. Il faut donc chasser tout ce qui perturbe le climat de prière qui doit y régner en permanence : Je crois que nous avons à rectifier la manière dont nous entrons à l’église et à éviter toutes ces discussions d’avant messe  qui perturbe notre entrée en célébration… Si j’ai bien compris l’Évangile de ce jour, c’est avec un fouet que s’ouvre le règne de Dieu. !  De victime du saint sacrifice, il n’en restera plus qu’une, c’est Jésus lui-même. Il sera « fouetté » et crucifié hors de la ville. Mais ce ne sera pas la fin de l’histoire. Le nouveau sanctuaire sera le Corps de Jésus ressuscité.

    Ces trois signes, la loi, la croix et le temple nous sont donnés pour nous appeler à une vraie conversion. Ils nous disent ce qu’il nous faut éviter et ce qu’il faut faire pour ne pas retomber dans l’esclavage. Mais pour ce combat, nous ne sommes pas seuls. Jésus l’a gagné sur la croix et il veut nous associer tous à sa victoire. Il est désormais le seul vrai temple où nous pourrons rendre à Dieu un culte « en esprit et en vérité ». Chaque année, le temps du carême nous aide à recentrer notre vie sur Dieu, à nous lier à Lui et ainsi à retrouver son amour. Il nous appelle inlassablement : « Convertissez-vous… Revenez à moi de tout votre cœur… ». Prions ensemble pour que ce carême soit une vraie réponse à l’amour infini de Dieu. Amen.                                                                                  

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2° Dimanche de Carême, Les Aynans et Champagney 2018

    Tout au long de ce Carême, le CCFD-Terre Solidaire nous propose un chemin de progression pour nous préparer à vivre dans la joie et avec Foi, la résurrection du Christ. Dimanche dernier, nous étions invités à nous rapprocher les uns des autres, quelles que soient nos différences…Avec les textes que nous entendons aujourd’hui, nous sommes invités à nous laisser toucher par Dieu et pour les autres.

   La première lecture nous nous propose de méditer sur le témoignage d’Abraham, mis à l’épreuve par Dieu. La 1° fois que Dieu lui a parlé, il a été touché par son appel ‘’Va dans la direction que je t’indiquerai, je rendrai ta descendance aussi nombreuses que les étoiles du ciel et que les sables de la mer’’. Séduit par cet appel, et avec une confiance absolue, il accepte ce défi.

  Dans la séquence entendue, Abraham va jusqu’à accepter le sacrifice de son fils  unique Isaac… Etonnante demande de la part de Dieu ! Il faut dire qu’à son époque, ce genre de sacrifice se pratiquait d’une manière habituelle dans les religions païennes du Moyen Orient. Pour Abraham, c’était évident qu’il devait offrir son fils à Dieu. Mais au dernier moment, Dieu lui fait comprendre qu’il ne veut pas de sacrifices humains. Contrairement aux dieux du monde païen, il est le Dieu des vivants.

   Nous pouvons alors imaginer la joie d’Abraham de découvrir un Dieu d’amour et de vie à la différence des dieux païens. Sa confiance est récompensée.  Dieu le comble de ses bénédictions, lui et sa nombreuse descendance. Les descendants d’Abraham, ce sont les juifs, les chrétiens et les musulmans. Tous doivent se rappeler que Dieu n’est pas un Dieu contre l’homme,  mais un Dieu pour l’homme. Dieu les aime  tous pareils : il souffre de les voir se faire la guerre ! Oui, il souffre en ce moment de voir ce qui se passe en Syrie, l’exode massif des réfugiés, les sans-logis, des courants religieux s’entredéchirer… et même, en son nom ! C’est affreux et inadmissible ! Et pourtant, c’est pour eux et pour la multitude que Jésus est mort sur une croix. Et c’est ce sacrifice du Christ que nous célébrons à chaque messe.

  L’Evangile nous relate la transfiguration de Jésus. J’imagine l’étonnement et la joie des 3 apôtres  Eux aussi se laissent toucher par l’imprévu de Dieu : s’attendaient-ils à une telle manifestation de sa part ? Comme s’ils voulaient arrêter le temps, ils veulent planter 3 tentes…Dans leur contemplation du Christ resplendissant de beauté, ils sont touchés par la révélation venue de la nuée lumineuse qui les couvrait de son ombre : ‘’Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le !’’. Ils ne sont pas en train de vivre un rêve ni une hallucination ! Ils sont confortés dans leur choix de suivre le Christ, de se laisser guider par sa Parole et plus tard, de témoigner de son message.

  Et St Paul, lui aussi, touché par la grâce de sa conversion ne peut s’empêcher d’attirer ses auditeurs vers Dieu qui n’est pas ‘’contre nous, mais pour nous’’, la preuve étant faite que Jésus étant mort, ‘’Dieu l’a ressuscité, il est à la droite du Père, il intercède pour nous’’.

  A notre tour, sur notre route vers Pâques, laissons-nous toucher par la Parole de Dieu et les témoignages de foi qui en découlent : la Parole n’est pas mensonge mais vérité de Dieu. Comme Abraham, laissons-nous toucher par la confiance, cette confiance qui fait grandir nos cœurs sous le regard bienveillant de Dieu. Oui, cette confiance et cette bienveillance, exerçons-les, sans distinction, mais avec compassion auprès de ceux qui nous entourent, qui sont en difficultés et en souffrance. Servir les autres, c’est servir Dieu. Rappelez-vous : ‘’Ce que vous avez fait aux plus petits qui sont les miens, c’est à moi que vous l’avez fait’’ nous dit Jésus, le Bien-aimé du Père que nous sommes invités à écouter. Amen.

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 1° Dimanche de Carême  Roye – Lure 

’Jésus venait d’être baptisé ; aussitôt, l’Esprit le pousse au désert’’. Et là, il ‘’est tenté durant 40 jours par Satan’’. Voilà comment St Marc nous relate les premiers jours de la mission de Jésus. Avant d’aller à la rencontre des gens, il se retire dans le désert. Qu’est-ce que ça veut dire ?

 Le désert n’est pas une fuite du monde, c’est un lieu de silence où on se retrouve seul entre sable et soleil. Cette expérience, je l’ai personnellement vécue, l’année de mon ordination durant une semaine dans le désert du Sinaï. Expérience forte, propice à la méditation, où on mesure ses forces et ses limites, où on réfléchit aux responsabilités prises, à ses engagements. Le carême dans lequel nous sommes entrés depuis mercredi, est aussi un appel à vivre l’Esprit du désert, à ouvrir notre cœur de baptisé à l’Esprit Saint.

 Où veut-il nous conduire ? Certainement, à ne pas nous enfermer sur nous-mêmes,  à ne pas nous rendre indifférent aux autres. mais à nous ouvrir à Dieu et aux autres, à nous approcher davantage, selon l’invitation du CCFD en ce dimanche, à ne pas avoir peur de nous approcher les uns des autres et de Dieu afin de mieux nous connaitre, nous apprivoiser et fuir les démons de la peur.  Vous savez bien qu’une dimension importante du carême est précisément cette ouverture aux autres. C’est pourquoi le pape François a pris la lutte contre l’indifférence comme thème de son message du carême.

« Dieu n’est pas indifférent à nous. Il porte chacun de nous dans son cœur, il nous connaît par notre nom, il prend soin de nous et il nous cherche quand nous l’abandonnons. Chacun de nous l’intéresse ; son amour l’empêche d’être indifférent à ce qui nous arrive.   Mais il arrive que, quand nous allons bien et nous prenons nos aises, nous oublions sûrement de penser aux autres (ce que Dieu le Père ne fait jamais), nous ne nous intéressons plus à leurs problèmes, à leurs souffrances et aux injustices qu’ils subissent… alors notre cœur tombe dans l’indifférence : alors que je vais relativement bien et que tout me réussit, j’oublie ceux qui ne vont pas bien. Cette attitude égoïste, d’indifférence, a pris aujourd’hui une dimension mondiale, au point que nous pouvons parler d’une mondialisation de l’indifférence. Il s’agit d’un malaise que, comme chrétiens, nous devons affronter. (…) Nous sommes saturés de nouvelles et d’images bouleversantes qui nous racontent la souffrance humaine et nous sentons en même temps toute notre incapacité à intervenir.  Que faire pour ne pas se laisser absorber par cette spirale de peur et d’impuissance ? »   Le pape nous donne quelques pistes :

 1-« prier dans la communion de l’Église terrestre et céleste.» en union avec tous les priants du quotidien,

 2-« aider par des gestes de charité, rejoignant aussi bien ceux qui sont proches que ceux qui sont loin, grâce aux nombreux organismes de charité de l’Église. »

 On peut évoquer ici St Martin, partageant son manteau avec un pauvre transi de froid.

3-« vivre ce temps de Carême comme un parcours de formation du cœur (…). Celui qui veut être miséricordieux a besoin d’un cœur fort, solide, fermé au tentateur, mais ouvert à Dieu. Un cœur qui se laisse pénétrer par l’Esprit et porter sur les voies de l’amour qui conduisent à nos frères et à nos sœurs. »

   Conclusion :  Nous pourrions appliquer au carême cette parole de Jésus : "de la mesure dont vous mesurez, on mesurera pour vous en retour". Il ne faut donc pas entrer à moitié dans ce carême. Par Marie, demandons la grâce de soigner notre relation avec Dieu, de renouveler notre mentalité et de sortir de toutes nos indifférences.

 Comme on aime s’approcher de Lui à l’Eucharistie, osons nous approcher des autres : ils sont nos semblables. Amen.

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 6° Dimanche ordinaire :Dimanche de la santé  Lure 2018

 HOMELIE à plusieurs voix       

Le célébrant  A la suite de ce qu’on vient d’entendre, observons ce que fait Jésus en ce  Dimanche du Malade et de la Santé, voulu par le pape St Jean Paul II, il y a 26 ans.

Dialogue entre une personne du SEM et un enfant :

L'enfant : « Aujourd'hui c'est le dimanche de la santé. Qu'est-ce que ça veut dire ?

L'adulte: - C'est le dimanche où on va penser plus particulièrement aux malades, aux handicapés, aux personnes âgées, à tous ceux qui les visitent et les soignent. 

L'enfant : Je cherche ton visage, Seigneur ! Ne me cache pas ton visage !

L'adulte et L'enfant

Il porte des guenilles :  c'est le visage du Christ !

Elle porte son enfant  : c'est le visage du Christ !

Il est immigré :              c'est le visage du Christ !

Il aide son voisin :         c'est le visage du Christ !

L'enfant : Je cherche ton visage, Seigneur ! Ne me cache pas ton visage !

L'adulte et  L'enfant

Il a faim, il a soif :        c'est le visage du Christ ! 

Il est en prison :          c'est le visage du Christ !

Ils préparent leur mariage :   c'est le visage du Christ !

Elle prend la main de sa grand-mère :   c'est le visage du Christ !

L'enfant :Je cherche ton visage, Seigneur ! Ne me cache pas ton visage ! 

Le célébrant  Je cherche ton visage Seigneur ! Combien de fois disons-nous cela dans notre prière,  rejoignant la complainte du psalmiste : ‘’Ne me cache pas ton visage ! ‘

Le lépreux de l’Evangile, n’a pas eu peur de demander à Jésus de le regarder malgré les ravages de la lèpre qui défigurait son visage, l’interpelant comme le psalmiste : ‘’si tu le veux, tu peux me purifier’’.

Au temps de Jésus, un lépreux était mis à l’écart, exclu de la communauté ! La loi  interdisait de l’approcher sous peine d’impureté.

Bravant l’interdit, Jésus ne se détourne pas de lui, Il le regarde : ‘’Il étend la main et le touche’’ nous dit St Marc, il le guérit.

Il existe des lèpres qui peuvent nous pourrir du dedans, nous détourner des autres : la lèpre de l’égoïsme, la lèpre de la non résistance au mal, celle de la violence, du racisme, de  l’exclusion, du ‘’je m’en foutisme’’ … 

Dans la main tendue au lépreux, ce n’est pas Jésus qui est contaminé, c’est le lépreux qui est guéri, qui est sauvé ! Jésus lui redonne sa place au milieu des autres. Il est redevenu un vivant comme les autres. Et réintégré dans la communauté, il devient à son tour un témoin sans complexe. 

Nul n’est exclu pour Dieu notre Père. Laissons-nous, à notre tour, regardé, toucher par le Christ ! Il saura guérir des maux dont souffre notre cœur, en particulier  la lèpre de notre péché. 

L’Eucharistie est aussi un sacrement de guérison. Christ se donne à voir, à toucher, à manger.  Pensons-y quand nous l’accueillerons à la communion par ces paroles : ’Dis seulement une Parole, et je serai guéri !’’  .

Oui, Seigneur, guéris mon cœur et donne-moi la joie de te servir et de te chanter contagieusement ! Amen.

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5° Dimanche du temps ordinaire  Lure 2018

 De ces 3 lectures de ce dimanche, je voudrais m’arrêter à cette parole de St Paul, entendue dans la  2° lecture et qui dit ceci : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile ! » Annoncer la Bonne Nouvelle du Christ, n’est-ce pas la mission confiée à tous les baptisés ? On n’est pas devenu chrétien pour faire pitié, pour engendrer la mélancolie et entretenir un climat de morosité permanant ! Si tel est le cas, notre baptême ne sert strictement à rien ! Ne nous a-t-il pas fait devenir « enfant de Dieu », enfant d’un Dieu qui veut le bonheur de l’homme et non son malheur, sa réussite et non ses échecs, son Salut et non sa perte ? Trop de  chrétiens, (et parfois j’en suis)  sont aujourd’hui muets, tristes, voire « pisse-vinaigre » : l’envers et le contre témoignage de l’Evangile ! La Bonne Nouvelle n’est plus sur leurs lèvres, parait même occultée comme si elle était devenue tabou… Pourvu qu’elle ne déserte pas leur cœur !

 « Si j’annonce l’Evangile…, c’est une nécessité qui s’impose à moi » dit encore  l’intrépide St Paul. Le message de Jésus est-il une priorité pour moi qui me dit chrétien ?  En consultant l’horloge du quotidien, que de temps perdu en palabres stériles et en commentaires désespérants sur les évènements de notre monde ! Quel gâchis ! Oh bien sûr, il ne s’agit pas de fermer les yeux sur les souffrances et les injustices de notre humanité, à l’image de Job, qui a tout perdu ! Mais savons-nous, avec autant d’intérêt et d’intensité ouvrir nos yeux pour nous enthousiasmer entre autres, des merveilles de la création, des découvertes qui rendent les hommes plus fraternels, des solidarités entre les peuples, de tous les liens tissés qui ont permis certaines  réconciliations, des gestes d’accueil, d’amitié et de convivialité ? Ce sont là des flashs de l’Evangile contemporain, des petits morceaux de l’Amour possible dont l’Evangile est porteur ! Le discernement est nécessaire aujourd’hui, pour ne pas se tromper de discours, s’égarer, mais res-pecter la dignité des hommes, les toucher de cet Amour premier et parfait que le Christ veut faire connaître et partager avec tous !

  On pourrait traduire aujourd’hui, « malheur à moi, si je ne suis pas contagieux de la Bonne Nouvelle », de ce trésor inestimable que le Seigneur m’a confié à mon baptême ! Merci à tous les témoins connus et inconnus qui ont transmis l’Evangile à travers l’histoire ! Aujourd’hui, c’est à chacun de nous de prendre le relais et de continuer à rendre plus communicatif son message de joie et de bonheur ! L’Evangile n’est pas un best-seller ni un livre de collection à la couverture doré qu’on empile dans une bibliothèque, il est message d’amour ouvert et toujours offert à la méditation pour la transformation de nos cœurs !

   C’est en l’ouvrant qu’on apprend et commence à Aimer, c’est en le lisant qu’on découvre le désir d’Aimer, c’est en le vivant qu’on devient un témoin passionné de l’Amour ! On peut tous être  un « Evangile  vivant » pour notre temps!  Le synode diocésain qui nous est proposé, profitons-en pour, justement faire le point et voir comment, ensemble, nous pouvons mieux nous encourager, faire des pro-positions pour une certaine visibilité des valeurs de l’Evangile, apporter notre pierre à la construction de l’édifice Eglise.  

   Je voudrais, pour terminer, en cette journée de la vie consacrée avoir une pensée pour tous ceux et celles qui ont choisi de privilégier l’amour de Dieu dans leur vie, de lui donner la priorité. A l’imitation de Jésus, ils et elles mènent une vie de prière et de service au sein même de l’Eglise. De la vie consacrée, le pape François  dit ceci :.                         

  ‘’  La vie consacrée naît et renaît de la rencontre avec Jésus tel qu’il est : pauvre, chaste et obéissant. Il y a une double voie qu’elle emprunte : d’une part l’initiative d’amour de Dieu, d’où tout part et à laquelle nous devons toujours retourner ; d’autre part, notre réponse, qui est la réponse d’un amour authentique quand il est sans ‘’si’’ et sans ‘’mais’’, quand il imite Jésus pauvre, chaste et obéissant. Ainsi, tandis que la vie du monde cherche à accaparer,/ la vie consacrée renonce aux richesses qui passent pour embrasser Celui qui reste. La vie du monde poursuit les plaisirs et les aspirations personnelles,/ la vie consacrée libère l’affection de toute possession pour aimer pleinement Dieu et les autres. La vie du monde s’obstine à faire ce qu’elle veut,/ la vie consacrée choisit l’obéissance humble comme une liberté plus grande. Et tandis que la vie du monde laisse rapidement vides les mains et le cœur/, la vie selon Jésus remplit de paix jusqu’à la fin, comme dans l’Évangile, où les anciens arrivent heureux au soir de leur vie, avec le Seigneur entre les mains et la joie dans le cœur’’.

  Que leur présence et leur témoignage soutiennent notre Foi, nous soient une source de confiance et d’encouragement spirituel. Vivons cette Eucharistie dans l’action de grâce ! Amen.

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 4° Dimanche du temps ordinaire Plancher les Mines – Lure 2018

     Les textes bibliques de ce dimanche nous adressent un message d’espérance dont notre monde a bien besoin. La première lecture nous invite à méditer sur les paroles adressées à Moïse, porte-parole de Dieu : « Je ferai se lever au milieu de leurs frères, un prophète comme toi. Il leur dira tout ce que je lui prescris. » Le rôle du prophète c’est précisément d’écouter et d’expliquer que Dieu n’abandonne pas son peuple. Il est toujours là pour nous guider et nous enseigner. Ce qu’il attend de nous, c’est que nous l’écoutions. Plus tard, les chrétiens qui reliront ce passage l’appliqueront à Jésus. L’apôtre Pierre comprendra que lui seul a « les paroles de la Vie éternelle ». Lui seul peut libérer l’humanité et reconstituer son peuple. Alors, « aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur. » Cet appel est important. Ils sont nombreux en effet ceux et celles qui ont abandonné toute pratique religieuse. Pour eux, la foi est devenue secondaire.

 C’est alors qu’on peut faire de constat suivant : quand on chasse le côté religieux de notre vie, il revient sous sa forme la plus perverse. Les superstitions occupent un terrain de plus en plus important. On court ceux qui prédisent l’avenir, les voyants, les gourous en tous genres. C’est de ce danger que le Seigneur veut nous prévenir. Et il s’arrange pour mettre sur notre route des hommes et des femmes qui portent son enseignement.  Dans l’Évangile, nous voyons Jésus entrer à Capharnaüm avec ses disciples. Le jour du Sabbat et se met à enseigner. Cela nous rappelle que la Parole de Dieu est une priorité absolue ; c’est une parole à écouter, à accueillir et à annoncer. La principale préoccupation de Jésus c’est précisément de communiquer la parole de Dieu avec la force de l’Esprit Saint.  Les gens qui sont là sont frappés car « il enseignait avec autorité, et non pas comme les pharisiens ». Ces derniers ainsi que les docteurs de la loi ne faisaient qu’imposer des lois. Dans les paroles humaines de Jésus, on sentait l’autorité même de Dieu. Une des caractéristiques de la parole de Dieu c’est qu’elle fait ce qu’elle dit. C’est une parole qui libère.  Etymologiquement, le terme ‘’autorité’’ vient d’un mot latin, (auctor) qui désigne ‘’celui qui fait grandir, celui qui augmente’’. Quand les disciples diront plus tard à Jésus :’’Augmente en nous la foi’’, ce sera une autre manière de lui dire : « Donne-nous une parole forte qui nous fasse grandir de l’intérieur ». Après avoir prêché, Jésus démontre son autorité en libérant un homme possédé par un démon. C’est précisément l’autorité divine qui avait suscité la réaction de Satan. Jésus le reconnaît et l’interpelle vivement : « Silence, sors de cet homme ! » Par la seule force de sa Parole, Jésus libère les personnes du malin. Ceux qui sont présents s’émerveillent car sa parole réalise ce qu’elle dit. L’Évangile est Parole de vie. Il libère ceux qui sont esclaves de tant d’esprits mauvais de ce monde, l’esprit de vanité, l’attachement à l’argent, l’orgueil, la sensualité. L’Évangile change le cœur, il transforme les inclinations au mal en intentions de bien. C’est de cela que nous avons à témoigner en devenant missionnaires et messagers de la Parole de Dieu Cet Évangile a été écrit pour nous. Il est la bonne nouvelle qui nous transforme quand nous nous laissons transformer par elle. Le pape François nous recommande d’avoir un contact quotidien avec l’Évangile : « Il faut se nourrir chaque jour de cette source intarissable de salut. » La Parole de Dieu manifestée en Jésus est bien plus forte que tous les démons et tous les esprits mauvais. Avec lui, le mal n’aura pas le dernier mot. Comme autrefois dans la synagogue, le même Jésus rejoint les communautés réunies en son nom dans toutes les églises du monde. Il nous fait entendre sa Parole. Il vient nous libérer de toutes nos possessions. Ouvrons-nous à cette Parole qui guérit d’elle-même. Avec lui, nos actes et toute notre vie deviendront conformes à cette parole. En accueillant le Christ libérateur, nous pourrons chanter avec plus de force : « Ta Parole, Seigneur est vérité, et ta loi délivrance. » Amen

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3° Dimanche du temps ordinaire 2018 -  Haut du Them et Champagney

Dimanche dernier, les textes de la liturgie nous invitaient à méditer sur les appels de Dieu à le suivre et à travailler pour lui. Rappelez-vous l’appel de Samuel, celui d’André et de son frère Pierre, les premiers apôtres. Aujourd’hui, nous venons d’entre l’appel de Dieu fait à Jonas pour aller annoncer aux gens de Ninive que son péché entraînera sa destruction. Ninive est en Irak. Ce pays est déjà le pire ennemi d’Israël ; il l’avait écrasé d’une manière implacable. Après bien des aventures, Jonas va s’acquitter de cette mission que Dieu lui a confiée. Il y va avec la peur au ventre car il craint de se faire massacrer. Mais les choses ne se passent pas comme il l’avait prévu. En effet Jonas qui croyait assister à la destruction de cette ville voit les gens se convertir et la ville n’a pas être détruite.

   L’Évangile nous montre Jésus qui prêche la bonne nouvelle du Royaume de Dieu. Tout commence en Galilée. Cette région dont on disait qu’il ne pouvait sortir rien de bon est devenue un carrefour des païens, une terre de ténèbres et de débauche. Tout comme Jonas, Jésus se rend vers ce lieu de perdition. Mais au lieu d’annoncer la catastrophe, il lance un appel pressant : « Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle. Le Royaume de Dieu est tout proche. » En Jésus, c’est Dieu qui vient à notre rencontre pour nous sauver. Il veut nous communiquer son amour ; il nous demande d’éliminer tous les obstacles qui nous détournent de lui.

Pour embraser le monde, Jésus fait appel à des hommes et des femmes. L’Évangile nous raconte la vocation des premiers apôtres. Il ne les choisit pas parmi les notables du temple mais parmi de simples pécheurs. Ces hommes surpris dans leur travail laissent tout tomber ; ils se mettent à suivre Jésus. Pour André, Simon, Jacques et Jean, c’est le début d’un grand amour. Ils vont accueillir la bonne nouvelle et toute leur vie en sera transformée.

Comme ces apôtres et comme Jonas, nous sommes tous appelés par le Seigneur. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés pour être témoins et messagers de l’Évangile. Cette mission comporte des risques. Nous vivons dans une société qui n’aime pas trop entendre parler de Dieu ni de Jésus. Mais la bonne nouvelle doit être annoncée à tous car Dieu veut le salut de tous les hommes. Face à l’incroyance, la mal-croyance ou l’indifférence, nous ne pouvons pas rester passifs. Notre pape François nous recommande de sortir vers les « périphéries » pour y annoncer le message du Christ. L’Église ne peut vivre qu’en partant pour la « Galilée ». C’est là que vivent ceux qui paraissent les plus éloignés de Dieu. Le Christ compte sur nous pour être témoins et messagers du Royaume de Dieu.

Nous sommes en pleine semaine de prière pour l’Unité des Chrétiens. Depuis des années, des initiatives sont prises pour aider les chrétiens de différentes confessions à se rencontrer, à prier ensemble et à se rapprocher du Christ. C’est autour de lui que se construira l’unité de ses disciples.

Plus près de nous, le 10 décembre dernier, notre archevêque nous a lancé un grand appel : celui d’entrer et de participer à un synode. Qu’est-ce à dire ?

Le mot ‘’synode’’ signifie ‘’cheminer ensemble’’ pour réfléchir à la vie de l’Eglise, telle qu’on la voit dans notre Diocèse. C’est un temps de partage et d’écoute ouvert à tous : chrétiens proches ou éloignés, pratiquants ou non, personnes d’autres églises, personnes intéressées par la présence et les orientations de l’Eglise, afin de participer à la construction et l’avenir de notre Eglise Diocésaine.

Un ‘’carnet de route’’ accompagnera cette démarche pour nous aider à échanger et à faire des propositions. Alors, à mon tour je lance des appels pour qu’au sein de la communauté, des personnes veuillent bien constituer des équipes autour d’elles. Nous les inviterons à une rencontre pour expliquer la démarche à suivre

à l’aide du carnet de route.

Prions ensemble, les uns avec les autres. Que le Seigneur nous rende attentifs à ses appels. Qu’il nous donne plus de générosité pour y répondre. Et qu’il fasse de nous des artisans d’unité, des ‘’disciples-missionnaires’’ de paix et de réconciliation partout où nous vivons.

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2° Dimanche du Temps Ordinaire 2018  - Vouhenans et Lure

    Depuis lundi dernier, nous sommes entrés dans la période du Temps ordinaire. C’est une période moins festive mais elle reste très importante. C’est là que nous avons à grandir dans la fidélité et l’écoute de la Parole de Dieu. Dimanche dernier, c’était la fête de l’Épiphanie. Nous nous rappelons que cette fête évoque la manifestation de Dieu aux mages. Aujourd’hui, il se manifeste en revêtant la forme de l’appel.

   Dans la première lecture, nous avons entendu le récit de la vocation du jeune Samuel. Le mot important c’est le verbe « appeler » qui revient onze fois. Deux points importants doivent être soulignés : le triple appel et la promptitude de la réponse. Cette réponse repose sur un acte de foi : « Parle Seigneur, ton serviteur écoute. » Et le texte ajoute : « L’enfant grandit. Le Seigneur était avec lui et aucune de ses paroles ne demeura sans effet ». Comme pour le jeune Samuel, il y a de nombreux appels dans notre vie ; nous ne les entendons pas toujours ; il nous faut l’aide et le discernement d’autres personnes.

      L’Évangile nous rapporte la vocation des premiers disciples. Ces hommes avaient commencé par suivre Jean Baptiste. Sur la parole de leur maître qui désigne Jésus comme « l’Agneau de Dieu », ils s’empressent de le suivre. Jésus s’en rend compte et il leur pose la question : « Que cherchez-vous ? » C’est une manière de les inviter à creuser leur désir de mieux le connaitre.

   La même question nous est posée à tous aujourd’hui: que cherchons-nous? C’est vrai que, bien souvent, nous ne cherchons pas du bon côté. Beaucoup s’engagent sur des chemins contraires et souvent de perdition. Mais le Seigneur est toujours là pour nous dire : « Venez et vous verrez ! » Ce que vous verrez dépasse tout ce que vous pouvez imaginer. Comme les premiers disciples, nous sommes invités à entendre cet appel de Jésus et à demeurer avec lui. En l’écoutant, nous découvrirons que ses paroles sont celles de la Vie éternelle.

   L’Évangile insiste donc sur l’importance de la rencontre avec le Christ. Mais pour que cette rencontre soit rendue possible, il a fallu des intermédiaires. C’est d’abord Jean Baptiste qui désigne Jésus. Puis c’est André qui lui amène son frère. Philippe qui a été personnellement appelé par Jésus lui amènera Nathanaël. Les chemins des uns et des autres sont différents, mais tous sont appelés à une même vocation : « disciples-missionnaires » comme dit le pape François.

     ‘’Disciples-missionnaires’’…Cela ne vous rappelle rien ? C’est exactement l’expression que notre archevêque Mgr Jean Luc Bouilleret pour nous signifier le but du Synode lancé lors de la fête du Diocèse le 10/12/2017. Parlons-en ! C’est un appel adressé à tous les diocésains pour dynamiser notre pastorale.

     Nous sommes invités à constituer des petites équipes (7-8 personnes) pour partager au sujet de notre vie chrétienne. Ce que nous sommes, ce qui nous anime, les questions de foi qu’on se pose, ce qui nous encourage, les souhaits que nous pouvons suggérer… pour grandir ensemble, non seulement avec les pratiquants habituels, mais aussi avec ceux qu’on voit moins ou pas du tout, ceux qui sont à ‘’la périphérie’’ selon l’expression du pape François, croyants ou non mais intéressés par une recherche spirituelle…

     Le moment est venu d’organiser des rencontres de partage à l’aide du  carnet de route proposé pour guider nos réflexions et pour cela, de constituer des petites équipes (7-8 personnes) pour partager notre façon de vivre notre vie de chrétien, poser les questions qui nous préoccupent, nos attentes, nos suggestions pour rendre le message de l’Eglise plus attrayant, plus vivant etc … Toutes les personnes intéressées croyantes on non-croyantes…sont invitées à une rencontre d’information le Jeudi 25 Janvier à 14h00 et à 20h00, salle Jeanne d’Arc.

Pour les parents des enfants catéchisés, nous les invitons également à participer à 2 soirées : les vendredis 2 et 16 Mars

   Rappelons-nous que si nous avons rencontré le Christ et si nous avons répondu à son appel, c’est grâce à des médiateurs. Il y a eu sur notre route des prêtres, des religieux et religieuses et des laïcs qui nous ont fait partager leur expérience de foi. C’est ensemble, les uns avec les autres que nous marchons à la suite du Christ qui veut nous associer tous à son œuvre. Il compte sur chacun de nous pour être les « médiateurs » et les « messagers » dont le monde a besoin.

   Acceptons ce défi !

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Fête de l'Epiphanie - 7 janvier 2018 - Lure

 « Debout, Jérusalem, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. » Cette Parole du prophète Isaïe entendu au début de la 1° lecture est un appel au peuple à se lever. Cet appel  s’adresse à nous aussi : ‘’Debout, Paroisse de Lure, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. »

    Aujourd’hui comme autrefois, le prophète nous recommande de sortir de nos enfermements. Il nous montre la lumière qui vient illuminer notre existence. Cette lumière c’est la gloire du Seigneur incarnée dans l’étable de Bethléem.

    L’Église ne doit pas croire qu’elle brille de sa propre lumière. C’est ce qu’écrivait saint Ambroise : « L’Église est véritablement comme la lune : elle ne brille pas de sa propre lumière mais de celle du Christ. Elle tire sa propre splendeur du Soleil de justice. » L’Église ne peut éclairer le monde que si elle est éclairée par le Christ. C’est lui-même qui nous le dit : « Je suis la Lumière du monde : Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres ». (Jean 12, 8)

    Nous avons tous besoin de cette lumière qui vient d’en haut. Elle nous est nécessaire pour répondre de manière cohérente à l’appel que nous avons reçu : nous sommes tous appelés et envoyés pour annoncer l’Évangile du Christ. Il ne s’agit pas de faire du prosélytisme en obligeant les gens à se convertir. Être missionnaire c’est d’abord être illuminés par Dieu et réfléchir sa lumière. Notre mission c’est de faire resplendir la Lumière du Christ au cœur de ce monde pour qu’il découvre le visage de Dieu.  

   La prophétie d’Isaïe nous parlait d’une grande procession vers la Lumière. Les mages venus d’Orient sont les premiers de cette procession qui ne s’interrompt plus. À toutes les époques, des hommes, des femmes et des enfants ont suivi  et suivent l’étoile ; ils ont trouvé l’enfant qui indique la tendresse de Dieu. Les mages représentent des hommes et des femmes de toutes les religions du monde entier. Les uns et les autres sont en recherche.

    Ces mages nous indiquent la route sur laquelle nous sommes tous invités à marcher. Ils ont longtemps cherché la lumière véritable. Après avoir vu le signe de l’étoile, ils se sont mis en marche, ils ont fait un long voyage. Et c’est sur ce chemin qu’aura lieu la rencontre avec le vrai Dieu.

    Sur leur route, pourtant, les mages ont dû faire face à de nombreuses difficultés. Arrivés à Jérusalem, ils se rendent au palais du roi Hérode. Pour eux, il était évident que le nouveau roi devait naître dans un palais royal. Or c’est là qu’ils ont perdu de vue l’étoile. Ce qu’ils ont vu, c’est un roi orgueilleux, avide de pouvoir qui ne pense qu’à éliminer tous ceux qu’il considère comme des rivaux. Dans ce palais, les mages ont traversé un moment d’obscurité et de désolation. Dans un tel milieu, l’étoile ne peut pas briller. Il leur a fallu l’éclairage des prophètes pour se remettre en route vers la Lumière.

    Arrivés à Bethléem, ils trouvent « l’enfant avec Marie sa mère ». Ils auraient pu sombrer dans la tentation de refuser la petitesse de ce roi. Or c’est le contraire qui arrive : tombant à ses pieds, ils se prosternent devant lui. C’est l’Esprit Saint qui les a aidés. C’est lui qui les a fait entrer dans ce grand mystère. Guidés par l’Esprit Saint, ils arrivent à reconnaître que Dieu ne se manifeste pas par la puissance de ce monde. Il vient à nous dans l’humilité de son amour. Cet amour de Dieu est grand et puissant car il est humble.

   Cette bonne nouvelle nous rejoint dans notre monde : nous voyons autour de nous des guerres, des injustices, des tortures, des trafics d’armes, la traite des personnes… Ce sont les petits et les faibles qui sont les premières victimes. Si nous cherchons Jésus, c’est vers eux qu’il nous faut nous tourner. La crèche nous présente un chemin différent de celui dont rêve la mentalité mondaine : c’est le chemin de l’abaissement de Dieu.

    Les mages sont entrés dans ce mystère. Ils sont passés des calculs hautains à l’humilité de la crèche. Nous pouvons demander au Seigneur qu’il nous guide sur ce chemin de conversion, qu’il nous libère des tentations qui cachent l’étoile. Il peut arriver qu’au milieu des tromperies mondaines, nous la perdions de vue. Mais comme les mages, n’hésitons pas à poser la question : « Où est l’étoile ? » En la cherchant et en la suivant, nous trouverons le « nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire ».

 Marie, notre Mère est toujours là. La vraie sagesse se cache dans le visage de son enfant qu’elle tient dans ses bras pour nous le montrer : Il est  la Lumière du monde qui veut attirer à lui toute personne dans le monde, et orienter le chemin des peuples sur la voie de la paix. Amen.

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Fête de la Sainte famille - 31  Décembre 2017 - Melisey - 2017.

Noël est une fête qui se célèbre de plus en  plus en famille. Cette période festive est un temps de rencontres où l’on transmet, de génération en génération, les traditions et les rites qui expriment la vie, l’attachement, les bonnes relations, les valeurs du groupe.

La fête d’aujourd’hui s’intègre donc très bien à la fête de Noël. Une vénération spéciale de la Sainte  Famille s’est développée au 17°s. grâce à Mgr. François de Montmorency Laval (1623-1708), le premier évêque de Québec. Sachant que la famille est un environnement privilégié, il en fait la promotion et, à partir de l’Amérique du Nord, cette fête a été adoptée un peu partout dans le monde.

Nous connaissons bien peu de choses sur la vie familiale de Marie, Jésus et Joseph. L’Évangile semble plus intéressé à l’intégration de cette famille dans le peuple d’Israël qu’aux détails de leur vie quotidienne. Marie et Joseph accomplissent fidèlement la loi de leur peuple et se présentent au temple pour y accomplir le rite de purification de la mère et l’offrande  au Seigneur du fils premier-né, tel que c’est prévu au livre de l’Exode.

La famille de Jésus est socialement bien intégrée. Elle connaît les coutumes de son peuple et vit en accord avec ses traditions. C’est un signe de maturité humaine et religieuse de savoir s’intégrer à une communauté, de participer à ses rites et d’assumer les fêtes et coutumes de son peuple.

Dans l’évangile, Marie et Joseph offrent leur enfant à Dieu ne sachant pas ce que l’avenir lui réserve, comme tous les parents qui présentent un enfant au baptême.

Ce n’est pas un hasard que, selon Luc, ce ne sont pas les autorités officielles (les prêtres et les scribes), qui reconnaissent Jésus, mais des gens ordinaires, des pauvres ! Syméon et Anne sont « âgés ». Ils appartiennent à cette catégorie que toute société a tendance à oublier et à mettre de côté. Syméon était un homme ″juste et religieux″. Anneservait Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière″. Tous les deux étaient des contemplatifs ! Au cours de leur vie, au lieu d’accumuler les désillusions, ils ont accumulés l’Espérance ! Ils attendaient « la consolation d’Israël, la lumière qui éclaire les nations et la gloire du peuple de Dieu ».

Tous les deux vont rendre grâce à Dieu : Syméon a vu ″le salut que Dieu préparait à la face des peuples : lumière pour éclairer les nations″. Anneproclamant les louanges de Dieu et parlant de l’enfant à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem″.

La liturgie d’aujourd’hui veut nous présenter la Sainte Famille comme un modèle à suivre, une famille normale avec ses peines, ses joies, ses amitiés, ses rejets, ses drames…

Marie et Joseph ont été de bons parents, de bons éducateurs et le Christ leur doit toute sa formation humaine.

Jésus a appris de sa famille l’honnêteté, le respect des autres, la sincérité, le civisme, la foi, la prière, la justice, l’amour, l’esprit de service et la joie de vivre. Aujourd’hui, la famille passe souvent au second rang. Les lois gouvernementales, les pouvoirs publics, les systèmes scolaires et les médias cherchent à contrôler la croissance des jeunes… Peuvent-ils remplacer l’amour d’une famille ? Nous oublions souvent que la société vaut ce que valent les familles qui la composent. Sophocle, le philosophe grec qui a vécu au 5° siècle avant Jésus Christ, écrivait : « ce qui est bon pour la famille est bon pour l’état ».

Notre façon d’être, de penser, d’agir, d’aimer, d’évaluer les personnes et les situations, nous viennent en grande partie de nos parents. Prions pour eux ! Encourageons leur mission éducative !

Profitons de cette fête de la Sainte Famille et de la période de Noël pour redonner de l’importance à nos contacts familiaux. Essayons de grandir en ″sagesse et en grâce″, en parents ″justes et religieux″ pour le bien, la joie et l’équilibre de tous ! Amen.

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4° DIMANCHE DE L’AVENT - 24 Décembre 2017 - Lure

Nous célébrons ce matin la messe du 4ème dimanche de l’Avent. Tout au long de cette période, nous avons entendu un mot important : c’est le verbe « VENIR«. Le temps de l’Avent nous rappelle que Jésus est venu lors du premier Noël. Ce même Jésus est celui qui vient dans notre vie de tous les jours. Lui-même nous l’a promis : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde ». Il est également celui qui reviendra ; nous attendons son grand retour à la fin des temps. (C’est ce que nous chantons après chaque élévation à l’Eucharistie)

   Cette venue du Seigneur était déjà annoncée dans le 2ème livre de Samuel (1ère lecture). À l’époque, l’Arche de l’Alliance était le symbole de la présence de Dieu au milieu de son peuple. Alors le roi David vient trouver le prophète Nathan : « Regarde ! J’habite dans une maison de cèdre, et l’arche de Dieu habite sous un abri de toile ! » Pour lui, ce n’est pas normal ; il voudrait pour son Dieu un temple grandiose. Mais par l’intermédiaire du prophète, Dieu lui fait com-prendre qu’il n’a pas besoin d’un temple de pierres. À la lumière des Évangiles, les chrétiens comprendront que le seul vrai temple c’est Jésus. En lui, c’est Dieu qui se rend présent au monde.

   Dans l’Évangile de ce jour, nous avons entendu le récit de l’Annonciation ou plutôt celui de la vocation de Marie. L’ange Gabriel se rend chez elle pour lui annoncer qu’elle a été choisie par Dieu pour être la mère de son Fils. Et Marie répond librement : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole ».

Cette phrase étonnante que la jeune fille de Nazareth prononce est l'une des plus belles qu'un être humain puisse adresser à Dieu.

Pleine de gentillesse, Marie invite le Seigneur, s'il le désire, à entrer au cœur de sa vie et à laisser naître en elle le mystère qu'il vient de lui proposer par son messager. Si tu le désires, et bien : que ton projet prenne naissance en moi,  qu'il vive entièrement et qu'il habite au cœur de mon être.

Il est difficile de trouver plus beau modèle de l'Avent. Car l'ange de Dieu est envoyé à chacun de nous pour être le messager de la naissance de Dieu en tout homme.

 Cet Évangile est une réponse à la première lecture. Dieu ne veut pas habiter une maison grandiose. Son grand désir c’est d’habiter le cœur des hommes. Il est « Emmanuel », Dieu avec nous. Son grand désir, c’est que nous devenions familiers de sa présence et que nous cheminions ensemble vers son Royaume d’éternité. Il s’agit d’accueillir Dieu lui-même en son cœur comme Marie a accueilli Jésus dans son sein maternel.

Chacun est appelé à recevoir en soi le germe de la vie divine, à devenir l'auberge de Dieu, la maison où la Parole divine prend chair. Chacun peut être recouvert par la nuée de la Présence divine, dans le sanctuaire de son cœur.

   A Noël, Dieu nous offre son plus beau cadeau, cadeau nous ne pouvons pas  garder pour nous. À la suite de Marie, nous sommes choisis et appelés par Dieu, depuis notre baptême, pour incarner sa bonté, sa tendresse et sa justice. Il a besoin de nos mains pour continuer les siennes. Il a besoin de nos yeux pour voir la souffrance humaine et la soulager. Quelle que soit la question qu’il nous pose, il nous invite à lui dire OUI.

   Je crois que comme la Vierge Marie, Dieu nous confie une mission. Le synode qui commence dans notre diocèse va nous le rappeler : Que chaque personne, quel que soit son âge, puisse se poser la question de son devenir devant Dieu… et de son rôle au service de la communauté paroissiale.  Le Seigneur compte sur nous tous pour témoigner de sa présence et de son amour auprès de tous ceux et celles qui ne le connaissent pas encore ou si peu !

   En nous rassemblant à l’église, nous avons répondu à l’appel du Seigneur. Chaque dimanche, il rejoint les communautés réunies en son nom. En nous nourrissant de sa Parole et de son Corps, il vient habiter en nous. Il veut être avec nous et en nous pour nous conduire vers le Royaume qu’il est venu annoncer. En ce jour, nous pouvons lui adresser cette prière : « Dieu qui veux habiter les cœurs droits et sincères, donne-nous de vivre selon ta grâce. Alors, tu pourras venir en nous pour y faire ta demeure ».  Amen

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3° Dimanche de l'Avent (B) Les Aynans – Lure 2017

Le fil conducteur de ce dimanche, c’est celui de la joie. C’est un fil ténu certes, mais qui apporte un discret éclat dans  la nuit de notre vie. Lajoie : qui de nous n’a pas envie de vivre dans la joie du cœur, la joie de vivre, d’aimer et d’être aimé ? La joie n’est pas le bien-être du consommateur. Elle ne s’achète pas, elle ne se rencontre pas dans les pays parvenus à un haut niveau de vie et parmi les populations aisées. Ce serait souvent même le contraire : des pauvres rayonnent de joie alors que beaucoup d'autres, richement comblés, ne la trouvent pas.

Qu’est-elle donc ? Laissons Isaïe, Jean-Baptiste, St Paul et la Vierge Marie nous l’apprendre.

La joie véritable vient de la rencontre de l’Autre, des autres. Elle naît, nous dit Isaïe, lorsque cet Autre « m'a enveloppé du manteau de l'innocence, il m'a fait revêtir les vêtements du salut, comme un jeune époux se pare du diadème, comme une mariée met ses bijoux » (1ère lecture). Elle éclate en chant et en danse dans le Magnificat de Marie : « Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur. Il s'est penché sur son humble servante ! » Elle est le fruit de la rencontre de Dieu dans la prière, ajoute St Paul : « Frères, soyez toujours dans la joie, priez sans relâche, rendez grâce en toute circonstance : c'est ce que Dieu attend de vous dans le Christ Jésus » (2e lecture). Jean-Baptiste, lui, est le prophète qui se tient en marge du système de consommation. Il puise sa joie ailleurs que dans ce qui nous complique souvent l'existence. Il se présente comme une simple voix qui crie dans le désert. Il n'attire pas à lui mais il désigne celui qui doit venir. Tout son désir se porte sur la venue de l'époux : « c'est ma joie, et j'en suis comblé » (Jean 3, 29).

Le secret de la joie est d’être avec Jésus et de préparer sa venue dans nos cœurs et dans celui des autres. La joie est la rencontre du Dieu vivant, dans la prière et dans la relation avec les autres. La joie c’est de dire que le Messie est déjà présent : « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas : c'est lui qui vient derrière moi, et je ne suis pas digne de défaire la courroie de sa sandale. »  Jean-Baptiste trouve sa joie non pas dans la possession de ce qu'il souhaitait, mais dans un désir toujours renouvelé des noces de Dieu avec les hommes. « Il est ravi de joie à la voix de l'époux. » (Jean 3, 29.)

 Quelle grandeur chez le Baptiste ! Il vivait sur les rives du Jourdain, au bord de la Terre promise. Il va jusqu'à renoncer à jouir de la présence du Christ. Il reste sur le seuil pour mieux nous indiquer le chemin du monde nouveau, de la joie parfaite. Sa joie n'est pas celle d'une possession illusoire, mais ce qui surgit en nous lorsque nous tendons l'oreille de notre cœur à la voix du Christ.

 Nous ne pourrons pas accueillir la joie de Noël sans passer par une certaine expérience de pauvreté et même de renoncement, à la suite de Jean-Baptiste. À Bethléem, Dieu arrive comme un pauvre et il nous faut un cœur d'enfant pour nous réjouir avec Marie, Joseph et les bergers.

 Nous cherchons peut-être Dieu dans la santé, la réussite professionnelle, l’amitié ou le bonheur de vivre, et bien sûr, heureusement, Il est là ! Mais quand vient la maladie, l’échec familial, la pauvreté, il y est encore. Même au sein de l’épreuve, nous pouvons l’accueillir pressentir sa présence.

 Nous sommes à une semaine de Noël. Tout est prévu pour un Noël de fête, les cadeaux, le réveillon, les illuminations dans nos rues et nos maisons. Mais le risque est grand d’oublier Celui qui est à la source de cette fête. Les crèches sont là pour nous le rappeler, mais en de nombreux endroits, on n’en veut plus : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. »

 La question nous est posée : Sommes-nous disposés à accueillir Celui qui vient nous sauver ? C’est le moment de redonner toute sa place à la prière et à tout ce qui peut nous aider à réorienter toute notre vie vers le Seigneur ; par le sacrement du pardon, nous pourrons redresser tout ce qui est tortueux en nous. Le Christ ne demande qu’à nous combler de son amour. Ses paroles sont celles de la Vie Éternelle. Il ne faudrait l’oublier !

Nous allons célébrer l’Eucharistie : nous chanterons « Béni-soit Celui qui vient au nom du Seigneur ! ». Oui, l’Avent c’est Jésus qui vient et nous ne pouvons que le chanter et lui rendre grâce. Les plus beaux cadeaux, les réveillons les plus fastueux ne sont rien auprès de ce petit enfant né dans des conditions misérables. C’est auprès de lui que nous trouvons la vraie joie. Lui seul peut nous aider à évangéliser Noël car il en est le principal acteur. Il nous invite et nous attend tous à la crèche. Qu’il nous donne de répondre joyeusement à son appel !

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2ème Dimanche de l’Avent (B) - Les Aynans – Melisey

Le premier mot de l’évangile selon saint Marc est le même que le premier mot de toute la Bible : « Commencement du ciel et de la terre » d’un côté, « Commencement de la Bonne Nouvelle… »,de l’autre. Marc nous suggère ainsi qu’en Jésus Dieu prend un nouveau départ, lance une nouvelle création. Ce temps de l’Avent  nous offre ainsi chaque année une chance de repartir, une occasion de ranimer en nous la flamme de l’espérance.

   « Bonne Nouvelle » : le mot, souvent transcrit du grec par « évangile », n’est pas un livre. La « Bonne nouvelle », c’est la résurrection, c’est Pâques. Notre foi nous ouvre à une heureuse, extraordinaire et joyeuse « nouvelle » : le Seigneur vient, il nous ouvre dès maintenant les portes de la vie ! Nous sommes faits pour vivre toujours, en Christ, fils et filles bien-aimés du Père.

   Mais, et c’est la grâce de Jean le Baptiseur de nous le rappeler, nous ne pouvons pas nous contenter d’attendre passivement que Dieu vienne. Il nous faut « préparer la route au Seigneur »… Chaque année, il nous invite à la conversion du cœur. Et nous en connaissons les moyens : reprendre la méditation de la Bible, retrouver le chemin d’une prière plus profonde et plus longue, partager avec les plus démunis et recevoir avant Noël le sacrement de réconciliation.

   La venue du Seigneur se prépare d’abord en nous. Cherchons à enlever de nos vies tout ce qui n’est pas de Dieu. Apprenons à ne plus juger ou condamner notre frère, même si ses actions sont mauvaises. En le rejetant, nous rejetterions aussi Dieu qui est en lui. Déchirons les voiles de mensonge qui assombrissent nos jours. Abattons les idoles qui, en nous, prennent la place de Dieu. (Cette semaine, avec la mort de Johnny Halliday, on a été servi !) Allons au bout de notre pauvreté, de notre souffrance, de notre blessure pour rencontrer« Celui qui vient faire toutes choses nouvelles », Celui dont « la gloire se révèlera », Celui qui nous façonne « un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice ».

   Il est temps de lever les yeux, Notre monde va mal parce qu’il n’attend que des réjouissances matérielles, occultant même sciemment l’origine de la fête de la venue du Sauveur ! Ne nous laissons pas voler la fête de la venue du Fils de Dieu dans notre monde. Le Père Noël s’amuse de nous : son seul intérêt, c’est nos portemonnaies. Dieu ne s’amuse pas avec nous ; ce qui l’intéresse, c’est la bonne santé de notre cœur, la dignité de chacun, l’avènement de l’amour qui rend heureux, de la paix nous libérant de toute peur…N’ayons pas peur de préparer le chemin de notre cœur au seigneur pour lui permettre de venir y enraciner la force de son amour sauveur !

    C’est aujourd’hui la fête de notre Diocèse qui honore sa Ste Patronne : la Vierge Marie dans son Immaculée Conception A son exemple, accueillons le mystère de l’incarnation du Christ dans nos vies. Et puis, confions-lui la démarche synodale dans laquelle notre archevêque veut nous entraîner. C’est très important pour la vie du Diocèse et aussi pour l’Eglise que nous formons. Baptisés, nous sommes appelés à devenir des ‘’disciples missionnaires’’ pour que l’annonce de la Bonne Nouvelle soit assurée, ‘’à temps et contre temps’’. Nous avons à rendre compte de l’espérance qui nous anime, au cœur de ce monde qui botte trop souvent en touche la dimension spirituelle de notre histoire et qui n’en est pas pour autant plus heureux. Nous sommes invités à monter au créneau, à montrer un autre visage au monde : celui de la place et de la vérité de l’Evangile comme source d’inspiration pouvant apporter une vie meilleure à tous. Il n’y a pas de rébellion dans l’Evangile, pas d’apologie de la violence et du mensonge, mais seulement un esprit nouveau capable de faire des ennemis : des frères, des étrangers : des amis, des pauvres : des bienvenus. Le Synode va nous inviter à l’accueil de nos différences, à dialoguer davantage avec tous, à nous étonner des valeurs dont chacun est porteur ! Sans doute, n’est-ce pas ainsi qu’on peut « préparer la route au Seigneur, lui qui vient sauver tous les hommes sans faire de différence ?

 Ne rangeons pas la parole de Dieu dans la bibliothèque des souvenirs : rendons-la tout simplement vivante, actuelle, par nos faits et gestes. Osons un nouvel élan  vers une église véritablement disciple-missionnaire ! Bien des cœurs s’en réjouiront ! Amen.

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1er Dimanche de l'Avent - 3 Décembre 2017, Lure

    En ce premier dimanche de l’Avent, nous commençons une nouvelle année liturgique. Cette période nous rappelle que nous sommes en marche vers Noël. Avec toute l’Église, et avec joie, nous célèbrerons l’anniversaire de la naissance du Christ Sauveur. Mais la liturgie d’aujourd’hui vient nous rappeler que Noël, ce n’est pas seulement un événement du passé. C’est aujourd’hui que le Christ continue à venir dans notre vie. Et l’Évangile de ce dimanche nous annonce qu’il est aussi celui qui reviendra. En ce jour, nous recevons des appels à veiller et à préparer activement ce grand retour.

   Cette annonce du retour du Seigneur est une réponse à la prière d’Isaïe (1ère lecture) : « Reviens, Seigneur, pour l’amour de tes serviteurs ». Cette supplication est celle d’un peuple humilié, écrasé, dispersé. Mais quand tout semble désespéré, il y toujours des hommes et des femmes pour rallumer le feu de l’espérance. C’est important pour nous qui vivons dans un monde où le désespoir est plus mortel que jamais. C’est dans ce monde-là que nous sommes envoyés comme messagers de l’espérance.

   Celui qui nous fait tenir fermes c’est Jésus lui-même. C’est cette bonne nouvelle que nous annonce l’apôtre Paul. Il nous fait comprendre que l’espérance est pour lui « la mémoire de l’avenir ». Il sait en effet avec certitude que notre avenir c’est le Christ glorieux. Au jour fixé par le Père, il nous introduira dans son Royaume. C’est ce grand retour du Christ que nous attendons dans la foi. Pour cela, saint Paul nous recommande d’être irréprochables. Nous sommes invités à vivre en communion permanente avec le Christ. Il est là, au cœur de nos vies pour nous accompagner et nous affermir dans la foi.

Dans l’Évangile Jésus insiste très fortement sur cet appel à rester éveillés. Il ne nous demande pas d’être des insomniaques ni de passer des nuits blanches en luttant contre le sommeil. Nous avons le droit de dormir et même de prendre des somnifères si nous en avons besoin. La nuit dont parle Jésus, ce n’est pas celle des horloges. Cette nuit, c’est celle de la désespérance, c’est celle d’un monde qui part à la dérive. C’est quand l’indifférence, l’égoïsme et la violence l’emportent sur l’amour.

   C’est dans cette nuit que Jésus nous demande de veiller. Il ne veut pas que nous nous laissions emporter par tous ces tourbillons. Notre horizon c’est celui de Pâques, c’est celui de la victoire du Christ sur la mort et le péché. Ce retour du Seigneur, nous le préparons comme une grande fête. Nous sommes comme des serviteurs qui attendent leur maître en pleine nuit. Il nous faut absolument être prêt à l’accueillir.

   À l’approche de Noël, le risque est grand de nous laisser endormir par toutes les publicités, toutes les propagandes qui déferlent sur nous et sur notre monde. Il faut le dire et le redire : Noël c’est d’abord Jésus qui vient. Toutes les crèches sont là pour nous parler de cette venue. Elles nous rappellent que Dieu nous rejoint dans notre nuit. Il se fait « Emmanuel », Dieu avec nous. Avec lui, c’est la bonne nouvelle qui est annoncée à tous ceux et celles qui n’en peuvent plus de souffrir de l’exclusion et de la solitude.

   Noël c’est Jésus qui vient à notre rencontre. Il est urgent de le remettre au centre de notre vie, L’’accueil de la Parole de Dieu et l’Eucharistie sont là pour nous aider à rester en état de veille. La prière aussi : Bernanos disait « C’est formidable comme mes idées changent quand je prie » En nous tournant vers le Seigneur, nous apprenons à avoir le même regard que lui sur notre vie et notre monde. Il est la Lumière du monde. C’est de cela que nous avons à témoigner. Et  notre synode diocésain qui sera lancé dimanche, nous invitera à être des disciples missionnaires« signes de l’amour et de la tendresse de Dieu pour tous ».

   Vivre le temps de l’Avent c’est accueillir le Sauveur qui vient faire naître en nous une grande espérance. Restons éveillés pour ne pas manquer ce grand rendez-vous. Sur ce chemin de l’Avent, le Seigneur est là. Il se fait notre compagnon de route et notre nourriture. Il est Celui qui nous annonce notre délivrance. C’est pour cette raison qu’il nous recommande de rester éveillés et de prier. Chaque matin est une retrouvaille de Jésus Christ et de son Évangile. On reprend la résolution d’être attentifs à Dieu, à notre tâche et aux personnes que nous allons rencontrer. Et surtout, ne lâchons jamais la prière. Grâce à elle, nous pourrons rester éveillés pour ne pas manquer ce rendez-vous.

En ce monde assoupi dans l’injustice et l’indifférence, Seigneur notre Dieu, ne laisse pas le sommeil nous gagner. Dirige nos regards vers Celui qui vient faire fleurir la paix et la vie. Aide-nous à devenir les veilleurs de notre humanité. C’est là, au cœur de notre vie de tous les jours, que nous voulons t’accueillir.

« Veiller consiste à chasser les ténèbres pour ouvrir à la lumière, à chasser le mensonge pour ouvrir à la vérité…à laisser l’Evangile entrer dans la maison de son cœur. »  (Charles Singer)

« Si tu veux le rencontrer, laisse de côté tes certitudes car Dieu s’installe auprès de celui qui ose montrer ses fragilités ». (Luc Stein)

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