Sermons 2019

Écrit par Père Jean Kita

32° DIMANCHE ORDINAIRE – 2019 – Lure

Les lectures qu’on vient d’entendre, ne sont pas facile à commenter. De quoi parlent-ils ? - De savoir ce qu’il se passe après la mort. De tous temps, les gens se sont posés et se posent encore la question. On vient de vivre la Toussaint… La question est parfois angoissante, on n’ose guère en parler. Quand on interroge les gens, certains disent sans trop savoir : ‘’Après la mort, y a rien !’’, D’autres croient en la réincarnation, c’est-à-dire à des passages de vies successives dans différents corps : qu’ils soient humains, animaux ou végétaux. D’autres encore comme les sadducéens ne croyaient pas du tout en la résurrection…

Que penser de tout cela ?

Pour nous chrétiens, on ne peut pas dire qu’après la mort, il n’y a rien, ni que la résurrection n’existe pas. Notre Dieu, révélé par Jésus Christ, n’est pas le Dieu de la mort et du néant. Il ne trafique pas avec la vie de notre âme… Il est le Dieu de la vie. Et qui plus est : de la vie éternelle.

Des preuves, nous en avons avec certitude. Elles nous viennent du témoignage de Jésus lui-même. Il a été homme comme nous, donc sujet à la mort comme nous. Mais il est aussi le Fils de Dieu. Son histoire n’a pas été inventée. Il y a 2000 ans, Jésus est bien venu sur la terre, justement pour nous faire connaitre qui est Dieu, combien il est amour et source de vie.

Jésus n’a pas été toujours bien reçu en son temps. Encore aujourd’hui, bien des courants s’acharnent à le faire oublier voire à le dénigrer. Pour cela, on le remplace par Halloween, par le père Noël…qui sont des pures inventions humaines comme les dieux de la mythologie grecque. Le Psaume 134 parle des ‘’idoles des nations, ouvrages de mains humaines. Elles ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas. Leurs oreilles n’entendent pas et dans leur bouche, pas le moindre souffle’’.

Jésus, lui, est venu vivre au milieu de nous. Il a vu, il a parlé, sans méchanceté ni violence. Il a vécu comme tout homme mais il est mort tragiquement, condamné par des hommes qui n’ont pas voulu croire en sa parole. Sa croix n’est pas une invention, elle a été la réalité sur laquelle il a été crucifié. Mis au tombeau, il est ressuscité. Cet évènement inattendu est historique, il est vrai et crédible. D’ailleurs, Si la résurrection n’avait pas existé, réfléchissez un instant, croyez-vous que le christianisme serait encore d’actualité ? Croyez-vous que les hommes auraient eu l’idée de construire tant d’églises, de cathédrales à travers le monde? Croyez-vous qu’il y aurait des communautés chrétiennes un peu partout? Croyez-vous que des hommes et des femmes auraient sacrifié  bêtement leur vie à cause du Christ à travers les siècles ? Croyez-vous que des St François d’Assise, abbé Pierre, Mère Térésa, le pape François et nos propres parents seraient devenus chrétiens pour rien ? Cela n’a pas grand sens. La Bonne Nouvelle de l’Evangile, c’est justement le message extraordinaire qui nous dit que notre vie a un sens, qu’elle est appelée à exister, non seulement sur cette terre, mais aussi au-delà de la mort. Parce que Dieu existe, il nous aime et son amour qu’il veut nous partager ne peut pas mourir.

Alors, Aimons le Christ ! Aimons, nous familiariser avec sa parole, au catéchisme, dans les propositions de formation qui sont proposées, dans les célébrations dominicales, bientôt aussi avec les décrets du Synode que nous allons découvrir. Croyons en l’existence d’un au-delà de la mort révélée par la résurrection de Christ ! ‘’Je crois en la résurrection et la vie du monde à venir’’ dit-on dans le crédo 

Pour conclure, ce témoignage d’un enfant qui au cours d’un lâché de ballon lors d’un temps fort passé à Sancey, (le village natal de Ste Jeanne Antide Thouret)

avait écrit ce message accroché à son ballon : ’’ A celui qui me recevra je dis : « Il faut croire que Jésus est vraiment ressuscité !’’ On ne nous a quand même pas menti depuis 2000 ans !’’. Amen.

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Écrit par Père Jean Kita

Toussaint 2019 - Lure

Si nous avons bien écoutés ces textes proposés pour cette fête de Toussaint, nous découvrons  que Jésus, en homme heureux nous parle du bonheur, du chemin du bonheur.

La parole clé, qui vient comme un leitmotiv dans l'Evangile des Béatitudes, est, nous fait remarquer le Pape Benoit XVI, une annonce de joie « Heureux,» Oui, Homme, heureux es-tu à toi le bonheur !

A la suite de Jésus l'homme des Béatitudes, les saints que nous fêtons, nous font signe... ils nous montrent le chemin de la vie... « Chemin que bien des hommes, des femmes, des jeunes, des enfants ont pris...ou plutôt ont reçu du Seigneur...et ce chemin, il est possible, « il est praticable... » Et ce chemin, c’est celui de la sainteté.

Alors essayons tous de devenir un saint ! Essayons de réaliser notre vocation à la sainteté inscrite au plus profond de notre être... Prenons soin de la petite graine de sainteté que nous avons reçu le jour de notre  baptême... Oui, prenons soin de cette petite graine pour qu'elle devienne un grand arbre de joie, pour nous  et la joie de ceux qui nous sont proches.

 « À la sainteté, disait mère Teresa, nous y sommes tous destinés, vous, moi et tous les autres...C'est une tâche aisée, car en apprenant à Aimer, nous apprenons à être saints »

Dans notre monde qui se fourvoie dans le mensonge, le profit, les violences et la guerre, et qui est aux antipodes de l’Amour, il nous faut non seulement cultiver mais nous encourager à apprendre et à vivre de cet amour que le Christ n’a cessé de nous témoigner durant sa vie terrestre. Relisons l’Evangile pour nous en convaincre et ne disons pas que nous ne savons pas !

La fête d'aujourd'hui est là , dit encore le pape Benoit XVI pour renouveler en nous le désir, le grand désir d'être des saints, de vivre comme les saints , proches de Dieu dans son amitié » Oui, la sainteté est joyeuse...et elle ne « fleurit pas seulement dans les cloitres des monastères, mais elle fleurit au cœur de vos maisons, de vos familles...

Madeleine Delbrêl, une laïque des temps modernes, l'avait bien compris quand elle disait : « Il y a des gens (les moines) que Dieu prend et met à part... Il y en a d'autres que le Seigneur laisse dans la masse, qu'il ne retire pas du monde... Nous autres, disait-elle, nous autres, gens de la rue, croyons de toutes nos forces que cette rue, que ce monde où Dieu nous a mis, est pour nous le lieu de notre sainteté »

Oui, La sainteté, n'est pas un privilège pour certains, mais un appel pour tous, Nous sommes tous appelés à marcher sur la voie de la sainteté, et cette voie a un Nom, un Visage, celui de Jésus, dit le Pape François, « Les saints l'ont suivi de tout leur cœur, sans conditions, ni hypocrisies...ils ont passé leur vie au service des autres, ils ont supporté les souffrances, et les adversités sans haine, en répondant au mal par le bien, en répandant la Paix, et la Joie.

 Aujourd’hui encore, nous pouvons devenir des saints. Le Seigneur nous fait confiance et nous sait capables de comprendre où est le vrai bonheur et de travailler pour y parvenir. Comment ? En vivant plus simplement, plus humblement , sans prétention, en mettant de la douceur là où il y a de la violence, en  nous révoltant contre les scandales et les injustices, en sachant pardonner, en étant des artisans de paix, en résistant à la médisance et à la calomnie... voilà de quoi changer la face du monde. Voilà de quoi faire de notre terre une anticipation du Royaume des cieux.

Alors tout simplement demandons au Seigneur de nous aider à prendre au sérieux la Parole de ce jour. Faisons nôtre l’esprit des Béatitudes ! Réjouissons-nous de l'espérance qu'il nous offre quand il dit : « Celui qui croit en moi, même s'il meurt, vivra ! » En fleurissant la tombe de ceux que nous aimons, nous affirmons : « Tu es ce grain tombé en terre, et je peux t'aimer encore, car tu as été recueilli par le Seigneur Jésus. »

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Écrit par Père Jean Kita

30° Dimanche Ordinaire ©  2019  ROYE -LURE

Les textes que nous venons d’entendre, nous donne, une fois encore, un ensei-gnement sur la prière. Ici, ils valorisent le dépouillement du cœur et l’humilité. Jésus, dans une parabole met en scène 2 personnages typiques de la société de son temps : un pharisien et un publicain. Leur point commun : tous deux sont croyants et ils prient.

   Qui sont-ils exactement ?  Il faut se rappeler que les pharisiens étaient des gens d'une grande rectitude morale. Ce n’étaient pas des hypocrites, comme on a tendance à le croire aujourd'hui. Ils étaient même très bien considérés à l'époque. Celui que décrit Jésus est même un super-pharisien par ses jeûnes et sa générosité. Rendez-vous compte : il donne 10% de ses revenus. Qui d'entre nous en est capable ?

I   l faut également se rappeler que les publicains étaient réellement de vilains individus; non seulement c’étaient des collaborateurs de l'occupant romain, mais également des voleurs, sans pitié pour les petits et pour les pauvres gens qu'ils n'hésitaient pas à faire vendre comme esclaves quand ils ne pouvaient pas payer les impôts qu'on leur réclamait. Ils avaient acheté leur fonction, souvent très cher, et ensuite, parce qu'ils fixaient arbitrairement les impôts de chacun, ils se débrouillaient pour faire rapidement fortune sur leur dos !

   Voilà donc nos deux hommes qui montent au Temple pour prier. Que s'est-il donc passé pour qu'à la fin de leur prière, seul le publicain soit justifié et montré en exemple par Jésus ? Simplement un tout petit mot que le ce publicain  n'a pas dit et que, par contre, on trouve dans la bouche du pharisien : le mot comme« Je te rends grâce, dit le pharisien, parce que je ne suis pas comme les autres hommes. » Disant ce mot, il se met à part, et pire, il se compare aux autres, à son avantage, naturellement. Voilà la racine de son péché. Se comparer aux autres ne peut qu'engendrer en nous une foule d'attitudes néfastes, de l'autosatisfaction (‘’Dieu merci, je ne suis pas comme les autres’’). C’est une attitude d’orgueil ! L'orgueil engendre le mépris des autres, et l'envie engendre la jalousie. Ne croyez-vous pas que, dans cette attitude, réside tout le malheur de l'homme ?

   Nous voici une fois de plus invités à faire la vérité en nous. Ce qui permet au publicain d'être justifié, c'est qu'il se situe dans la vérité de son existence : il ne peut pas mentir à Dieu, il ne va donc pas se mentir à lui-même. Il est réellement un pécheur. Et il le reconnaît. Plus même, il demande pitié à Dieu. Et il est exaucé.

Le malheur du pharisien, c'est de mettre sa confiance en lui, en ses actes. Il se vante ! Il se cause à lui-même Au fond, il n'a pas besoin de Dieu ni de personne. Il est seul. C'est tout juste s'il ne demande pas à Dieu de l'admirer.

   La prière est un lieu de vérité. Faire la vérité en nous pour être justifiés, cela exige de mettre sa confiance en Dieu et non plus en nous : voilà la leçon de foi que nous donne le publicain. Certes, chaque fois que nous entendons cette parabole, nous nous projetons dans le publicain, puisque c'est à lui que Jésus donne raison. Mais avons-nous tellement envie de nous frapper la poitrine ? N'est-ce pas du bout des lèvres que nous nous déclarons pécheurs ? Au fond, y croyons vraiment ? Reconnaissons qu’en chacun de nous, il y a bien des attitudes qui ressemblent à celle du pharisien. D'abord parce que nous pensons que le salut, c'est une question de mérites et qu'il faut se présenter devant Dieu avec tout ce que nous avons fait de bien. Ensuite parce que nous avons besoin de nous sécuriser grâce à ce que nous faisons et à ce que nous sommes.

   Pour conclure,  demandons une fois de plus au Seigneur d'augmenter notre foi, pour pouvoir chaque jour grandir dans la confiance. Si nous sommes vrais en face de Dieu, nous pourrons faire la vérité dans notre vie. Ce sera sans doute un grand nettoyage. Et pour cela, ne zappons pas le sacrement du pardon quand c’est nécessaire ! Croyons-le, ça en vaut la peine. Amen.

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Écrit par Père Jean Kita

Homélie du 25° dimanche Ordinaire Amblans – Montcey 2019

   C’est aujourd’hui la Journée nationale du patrimoine… Quelle coïncidence avec l’évangile de ce jour qui nous présente un gérant qui gaspille le "patri-moine" de son maître. Avec ce récit, nous sommes en plein dans le sujet de cette journée. Le christianisme est à l’origine de très belles œuvres d’art, des cathédrales, des églises, des sculptures, des peintures, des musiques, des objets de culte. Nous avons tout-à-fait raison d’en être fiers. Le problème, c’est que pour beaucoup, ces journées du patrimoine se limitent à de simples visites culturelles. C’est vraiment dommage de ne pas voir le but premier de ces œuvres d’art : le respect dû à la gloire de Dieu ! En visitant une église, nous devons comprendre ce qui a motivé les efforts financiers considérables des chrétiens des siècles précédents. C’est bien que des gens de passage puissent visiter nos chefs d’œuvres religieux. Mais ils n’ont pas été construits pour n’être que des lieux touristiques. Ils sont d’abord là pour rendre honneur à Dieu, en particulier par les sacrements, l’Eucharistie. Les chrétiens de l’époque avaient bien compris que la messe est le moment le plus important de la semaine. Elle est source et sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation. C’est là que le Seigneur rejoint les communautés réunies en son nom. Alors, ils ont voulu du beau et ils y ont mis les moyens.

   La beauté des choses a toujours été un chemin pour rencontrer Dieu. Tout doit être orienté vers lui. En admirant nos églises, nous devons essayer de nous placer du point de vue de Dieu. Ce qui l’intéresse en premier, ce ne sont pas des bâtiments, aussi beaux soient-ils. Son vrai patrimoine c’est des hommes, des femmes, des enfants. Chacun fait partie de son bien le plus précieux, en particulier ceux qui souffrent à cause de la précarité, du chômage, de l’exclusion et du mépris. Comme le gérant dont nous parle l’évangile, nous aurons à rendre compte de nos responsabilités. Le Seigneur nous demandera : "Qu'as-tu fait de ton frère ?" Si nous voulons être en communion avec le Christ, il nous faut avoir le même regard que lui sur tous ceux et celles qui nous entourent. L'évangile de dimanche dernier nous rappelait qu'il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il veut tous les rassembler autour de lui et il compte sur chacun pour participer à cette mission. Nous devons y mettre la même ardeur que ceux qui rassemblent des objets anciens menacés de disparition. Nous sommes envoyés pour leur transmettre le vrai patrimoine qui est celui de la foi. Nous croyons en Dieu qui est amour. Et cela change tout dans notre vie. C'est pour répondre à cet amour de Dieu que les communautés chrétiennes sont invitées à se rassembler chaque dimanche dans une église. Elles se nourrissent de la Parole de Dieu et du Corps du Christ. Cette nourriture leur est offerte pour les aider à grandir dans la foi. Ce don de Dieu, nous avons à le transmettre aux enfants à l'intérieur de la famille, au catéchisme mais aussi en les aidant à trouver leur place dans les célébrations du dimanche? Mettre des églises en valeur c'est bien et il faut le faire. Mais si nous oublions pourquoi elles ont été construites, nous passons à côté de l'essentiel. Nous sommes comme le gérant de l'évangile qui n'a rien compris à ce que son maître attend de lui.

   Aujourd'hui, le Seigneur nous demande de faire preuve de la même habileté que "les fils de ce monde". Quand des intérêts matériels sont en jeu, ils savent être très habiles ; les fausses factures, les délits d'initiés, les abus de biens sociaux et autres magouilles sont souvent à l'actualité. Tout cela était en son temps dénoncé par le prophète Amos ; il avait des propos très durs contre les riches "qui achètent le pauvre pour une paire de sandales". Ce qui nous surprend dans cet évangile c'est la conclusion : le maître fait l'éloge de l'habileté de ce gérant et il nous demande d'être aussi avisés que lui pour nous faire des amis en vue du Royaume. Il s’agit de vivre en "fils de lumière" c’est-à-dire de tout faire pour rechercher l'amitié de Dieu. Il est notre richesse suprême qui nous permettra d'être accueillis "dans les demeures éternelles". N'oublions jamais qu'en dehors de lui, nous n'aurons plus d'autres trésors.

   Voilà donc cet évangile qui nous ramène face à nos vraies responsabilités. Le Christ n'apprécie pas ceux qui dilapident leur vie. Il n'apprécie pas davantage ceux qui se laissent vivre, sans imagination. Le Seigneur nous demande d'être inventifs dans la vie de famille, dans nos quartiers et nos villages. Qu’il nous garde fidèles à la mission qu’il nous confie de bâtir un monde plus juste et plus fraternel où personne n’est lésé ou mis de côté. Amen.

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Écrit par Père Jean Kita

24° Dimanche Ordinaire - Vy les Lure 2019

   Avez-vous déjà remarqué que lors des débats sur n’importe quel sujet abordé, il y a toujours des ‘’pour’’ et toujours des ‘’contre’’ ! Il y a souvent des râleurs à l’image de ces pharisiens et de ces scribes de l’Evangile qui récriminaient contre Jésus :’’Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux !’’.Il y avait à cet époque un précepte rabbinique qui disait : ’’ Que l'homme ne fré-quente pas l'impie, fût-ce pour étudier avec lui la sainte Ecriture’’, sinon on contractait une impureté légale ! Autrement dit, ces pharisiens et ces scribes étaient devenus sectaires ! Ils jugeaient ceux qu’ils qualifiaient de ‘’perdus’’

   A la manière orientale, au lieu de fourbir des arguments, Jésus leur raconte des histoires, des paraboles dont ils n'auront pas de peine à saisir la pointe. Pour lui,

   - Un berger a cent brebis. Ce n'est pas énorme, comparé aux milliers qu'avaient les riches. Une de perdue, cela compte !

   - Une femme a dix drachmes. C'est bien toute sa fortune. Elle en perd une, l'équivalent d'une journée de travail. Pour elle, la perte est importante.

   - Quand au fils qui demande sa part d’héritage pour mener sa vie comme il l’entend, quel drame pour son père de ne pas se sentir aimé comme il se doit !

   Par ces 3 paraboles, Jésus nous explique comment Dieu voit le pécheur : le pécheur est quelqu'un que Dieu a perdu. Il appartient pourtant à Dieu pour lequel il est précieux. Mais c'est un avoir de Dieu qui se perd ! Dieu le considère d'abord comme son avoir qu'il a perdu. Et il se met à sa  recherche, pas seulement en un rapide tour d'horizon, mais avec ténacité et patience jusqu'à ce qu'il le retrouve.

Réflexion faite, Jésus n'a-t-il pas été jusqu'au bout de sa peine, jusqu'à la croix pour retrouver notre humanité qui s’égare ? Et voyez ce qui se passe quand il a retrouvé sa brebis, il la prend sur ses épaules. Et il est tout joyeux, au point qu'il invite ses amis et voisins - la femme, ses amies et voisines – le Père, à son fils aîné pour leur dire: « Réjouissez-vous avec moi car j’ai retrouvé ma brebis perdue, ma pièce d’argent perdue… mon fils perdu est retrouvé !

   Les sentences rabbiniques prêtaient à Dieu une bien autre joie : L’une d’elles disait : « C'est une joie pour Dieu quand ceux qui l'ont mis en colère disparaissent du monde ». On mesure à ces deux joies, la distance entre le Dieu des pharisiens et celui de Jésus. Vraiment, ce n'est pas le même. Le ciel se réjouit ! Même les anges de Dieu participent à sa joie. Quoi de plus grand que la joie de Dieu, la joie en Dieu !

   St Paul qui était un ‘’blasphémateur, un persécuteur violent’’ contre les premiers chrétiens savait ce que c’était que d’être pardonné. Il nous en disait la joie dans la seconde lecture de ce jour,  la joie de savoir que ‘’Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs… Il m’a fait miséricorde ! ’’Si nous avons  l’occasion de prendre conscience de l’amour dont nous sommes aimés, alors il nous sera donné de pouvoir nous réjouir ‘’pour un seul pécheur qui demande pardon’’.  Telle est la force de la miséricorde de Dieu !

   Le péché qui nous égare n'est pas innocenté, bien au contraire : il est effroyable ! Mais si la conversion d'un seul pécheur provoque un tel soulagement d’être retrouvé, heureux et toujours aimé : quel Dieu !  Admirons sa grandeur ! Car c'est bien de Dieu qu'il s'agit, c'est lui le personnage premier. C'est sa peine pour son bien qui lui tient à cœur, qui nous est décrite par Jésus. C'est lui qui est dit joyeux des retrouvailles. Oui, Dieu est ainsi. ça vaut la peine de chercher à le comprendre, à venir écouter cette bonne nouvelle de première importance !

  Dieu est patient, toujours là à nous rechercher inlassablement,  à nous attendre patiemment.

Ah ! Si chacun pouvait mesurer la grandeur de l’amour miséricordieux de Dieu pour chacun, au lieu de le zapper, de le critiquer ou de le fuir, beaucoup reviendraient à Lui ! Grande serait notre joie ! Grande serait la joie de Dieu ! Amen.

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Écrit par Père Jean Kita

23° Dimanche ordinaire – La Côte 2019

Qui donc est Jésus pour demander de tels arrachements affectifs à ceux qui veulent le suivre ? « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. » Avouons que c’est quand même dur d’entendre de telles paroles…9a fait même un peu peur... Mais comme toujours avec Jésus, il faut aller plus loin, dépasser notre sensibilité…

Cela me fait penser à une anecdote personnelle. Lorsque Mgr Lacrampe m’a nommé à Lure, cela a peiné ma maman parce que  cette nomination m’éloignait de chez elle : Gray : 20 kms…Lure 90 kms !  L’année suivante, lors d’un rassemblement des Equipes du Rosaire à Vesoul, ma maman, saluant l’évêque, lui fait cette remarque : ‘’Monseigneur, quand vous faites les nominations, est-ce que vous pensez aux mamans des prêtres ? – L’évêque surpris, quelque peu embarrassé ne savait que dire… Et Ma maman de poursuivre : ‘’O, je sais bien que mon fils n’est pas prêtre pour sa maman !’’ Et l’évêque de lui répondre : ‘’Voilà une vraie maman de prêtre !’’

A bien réfléchir, pour être véritablement disciple et donc pouvoir aimer en plénitude, il faut élaguer ce qui empêche de marcher à la suite de Jésus. Préférer le Christ à quiconque et même à sa vie, Ce n’est pas pour ne pas les aimer, mais bien au contraire, pour  les aimer en vue de ce qu’ils doivent devenir pour Dieu. Jésus ne vient pas supprimer nos liens familiers, nos amitiés. Il vient les purifier, les transformer, je dirais même : les diviniser. « Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple ». Il y a des détachements qui peuvent nous faire souffrir, mais qui  peuvent aussi devenir des chemins de vie. Ah, si nous arrivions à penser, quand nous titubons sous l’épreuve, que Jésus est là, tout près de nous, marchant devant nous, trébuchant lui-même sur ce chemin de croix mais qui le mène à la joie de la résurrection ! Sans doute, notre chemin serait moins rude. Et je pense ici à Simon de Cyrène, « chargé de la croix pour la porter derrière Jésus »… N’est-il pas l’image du vrai disciple ?

« Quel est celui qui (avant de bâtir ou de partir en guerre...) ne commence par s’asseoir... », interroge Jésus. En bon oriental, Jésus sait qu’on ne traite jamais une affaire sérieuse en restant debout. Qui veut discuter un projet commence par s’asseoir. On s’énerve moins ainsi et on prend tout son temps. Suivre Jésus est une aventure de longue haleine et il faut pouvoir aller jusqu’au bout. Autrement dit : Pas sérieux, s’abstenir ! Avant de t’engager, assieds-toi et prends le temps de réfléchir !

En ce début de septembre, cette invitation de Jésus arrive à point. Une année nouvelle est là devant nous. Tout reprend : l’école, la vie professionnelle, le catéchisme, les engagements... Pour ne pas vivre à la surface de nous-mêmes, ne pas ronronner dans les habitudes prises, la prière est précieuse : elle est un secret de vie,  profond et vraiment efficace, qui donne sens au partage fraternel avec d’autres.

« Qui ne renonce pas à tous ses biens, ne peut pas être mon disciple ». En finale de cet Evangile,  tombe le couperet de la parole du Christ. C’est pour cela qu’il « fallait » s’asseoir : on ne suit pas Jésus dans la facilité. Celui qui n’est pas prêt à aller jusqu’au bout de l’entreprise ferait mieux de ne pas commencer : renoncer à nous rechercher nous-mêmes dans nos affections... renoncer à notre propre vie... renoncer à nos biens... Allons-nous continuer à nous jeter avidement sur « l’avoir » comme nous l’y incite notre société de consommation? Ou allons-nous inventer une autre manière de vivre heureux, dans l’amitié, le partage, la simplicité ? Le discernement s’impose plus que jamais ! Amen.

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Écrit par Père Jean Kita

22° Dimanche ordinaire St Germain – LURE 2019

   On vient d’entendre des propos de table bien surprenant dans la bouche de Jésus !  Ne serait-ce pas là une recette habile : prendre la dernière place dans le secret espoir d’être invité aux places d’honneur ? Avouons que cette prétendue humilité ne serait alors qu’hypocrisie... !

   Il nous faut donc chercher ailleurs le sens des paroles de Jésus. Cette page d’évangile n’est pas une leçon de morale pour nous dire : ne soyez pas des arrivistes, mais soyez modestes ! Non, il ne s’agit nullement de cela.

   Cette page nous parle des manières de Dieu. Contemplons donc d’abord Dieu tel qu’il se montre, en Jésus. Alors qu’il aurait eu le droit de « revendiquer le rang qui l’égalait à Dieu » (Philippiens 2, 6), Jésus a choisi de se mettre à la dernière place. « Il a tellement pris la dernière place que jamais personne ne pourra la lui ravir », disait l’abbé Huvelin, le père spirituel de Charles de Foucauld. Dans la scène du lavement des pieds, nous voyons Jésus en tablier, Jésus lavant les pieds sales de l’humanité. En Jésus, la manière de Dieu c’est d’être discret, caché, humble. Il se fait le dernier. Il est l’amour absolu qui se fait serviteur des pauvres que nous sommes. Il n’y a là aucune faiblesse ni sentiment morbide de la part de Dieu !

   A l’opposé, reconnaissons que c’est notre besoin de nous affirmer les uns contre les autres, de dominer par la force ou la séduction, de jouer des coudes pour être au premier rang qui traduit notre faiblesse fondamentale. Rappelons-nous le serpent tentateur de la genèse qui invitait Adam et Eve à manger du fruit défendu pour  « être comme des dieux » (Genèse 3, 5), Nous avons tous en nous un faux dieu à qui nous attribuons nos instincts de puissance.

   Toute autre est sa vraie grandeur : « Lequel est le plus grand, celui qui est à table, ou bien celui qui sert ? N’est-ce pas celui qui sert ? Eh bien, moi, je suis au milieu de vous à la place de celui qui sert. », nous dit Jésus (Luc 22, 26). Dieu est le parfait don de soi. Et la croix de Jésus n’est, tout simplement, que la révélation extraordinaire de cette réalité divine. Dieu ne saurait faire autrement que de se donner totalement, en prenant la dernière place pour que l’autre ait toute la place. C’est une véritable folie pour nous les hommes, mais c’est la sagesse de Dieu ! Prendre la dernière place, c’est imiter Dieu !

   Ainsi Jésus nous invite à prendre comme lui, le chemin de l’humilité : Il ne nous demande pas d'être des nuls, de nous laisser marcher sur les pieds, de rechercher la médiocrité. Il veut assez d’humilité pour que nous reconnaissions dans notre prochain quelqu’un d’important lui aussi. Il désire que nous soyons des instruments de Dieu pour rendre service aux plus petits, sans rien attendre en retour. Il désire que nous ayons un cœur attentif aux besoins des autres et à Dieu. Finalement, Jésus nous donne une leçon de gratuité.

  Pour avoir place au Royaume, voyez-vous, il faut se faire tout petit devant Dieu et laisser l’initiative au « maître du Festin ». C’est se faire un cœur de petit enfant qui reçoit dans des mains vides. Il nous invite à être des chrétiens assez humbles, serviables et charitables pour attirer l’autre sur les traces de l’évangile. Il nous invite à refléter une image qui soit  porteuse de la foi. Un sourire, un geste, une main tendue, une parole aimable ou un regard peuvent, vous le savez, être source de vie pour bien des gens autour de nous.

   Les vacances s’achèvent. Une année de services, d’engagements nouveaux est là devant nous. Parce que Dieu est service, mettons-nous à la disposition de ceux qui attendent quelque chose de nous. Peut-être que l’éditorial de ce dimanche vous inspirera en ce sens ?... Amen.

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