Sermons 2019

Écrit par Père Jean Kita

14° Dimanche ordinaire  Bouhans Les Lure – Lure 2019

En méditant ces lectures proposées à notre méditation et plus particulièrement L’Evangile sur l’envoi en mission que Jésus adresse à 72 disciples, je pense à ce que nos 2 derniers archevêques nous disaient : Mgr Daloz : ‘’Etre chrétien, c’est faire un pas vers Dieu et un pas vers les autres’’. Autrement dit, un chrétien ne doit pas être un sédentaire mais un nomade qui n’a pas peur d’aller et vers Dieu et vers les autres pour vivre et annoncer la Bonne Nouvelle de l’Evangile.

Et puis, je pense aussi à ce que nous disait Mgr Lacrampe : ‘’Il est temps que les chrétiens ne restent pas dans les gradins à regarder le spectacle qui se joue sur le stade, mais à descendre dans l’arène’’.  C’est la même idée, mais avec, en plus, le courage d’oser affronter le monde, ses exigences, ses contradictions, ses refus. ’’Allez, dit Jésus, voici que je vous envoie  comme des agneaux au milieu des loups’’. En tout cas, il y a nécessité à vivre l’annonce, sachant que le Seigneur nous accompagne toujours.  D’où l’importance de la prière que Jésus nous recommande de ‘’prier le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson’’. Cette attitude n’est pas une option, mais une nécessité pour l’Eglise et pour le monde. A ce propos, permettez-moi de vous partager une grosse déception : Vendredi 27 Juin, à la veille des ordinations, il était proposé à toute la communauté une veillée de prière pour les vocations. Nous n’étions que 18 personnes !!! Sans notre prière, sans nos encouragements, pensez-vous que des vocations pourront naître au sein de notre communauté ? Notre Foi ne peut pas se résumer à de belles pensées sur ce sujet ! Notre Foi nécessite un réel engagement plus concret et audacieux !

La base de la mission, c’est de la vivre en messager de la Paix. ‘’Dans tout maison où vous entrerez, dites d’abord :’’Paix à cette maison !’’. Oui, il convient de demander que dans le cœur de chacun règne la paix du Christ. Une paix qui nous décentre de nous-même pour mieux être au service de la Bonne Nouvelle ! Si notre cœur est divisé, comment peut-il annoncer joyeusement cette Bonne Nouvelle ?

Permettez-moi, ici, de relayer le Pape François qui disait ce vendredi : ‘’Dans les périodes difficiles, plus encore qu’en période de paix, la priorité des croyants est d’être unis à Jésus, notre espérance. 

La paix de Jésus,  va de pair avec cette vie de persécution, de tribulation. Une paix qui est… très profonde… Une paix que personne ne peut enlever, une paix qui est un don, comme la mer tranquille en profondeur alors qu’il y a des vagues en superficie. Vivre en paix avec Jésus, c’est avoir cette expérience en soi, expérience qui demeure durant toutes les épreuves, toutes les difficultés, toutes les “tribulations”. »

Celui qui vit la paix de Jésus, ne perd jamais le sens de l’humour’’. Il encourage à savoir rire de soi, des autres, de ses propres ombres: cela ‘’nous aide à respirer’’

Et il ajoute pour cela que Jésus cherche toujours à nous communiquer  la joie,’’ Si tu es triste, si tu n’es pas en paix, regarde Jésus crucifié, regarder Jésus ressuscité, regarde ses plaies et prends cette joie’’.

C’est sans doute ainsi que tout baptisé devient disciple-missionnaire selon le vœu de notre archevêque en lançant le Synode. Préparons-nous à l’être vraiment ! Il y va de la cohérence de notre Foi et de la vitalité de l’Eglise.  Amen.

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Écrit par Père Jean Kita

Fête de la Sainte Trinité Amblans – Lure 2019

Tout à l’heure, en entrant dans l’église, quelqu’un m’a dit, en lisant l’édito de ce jour :’’Mr l’abbé, vous ne savez pas compter ! 1+1+1 ça ne fait pas 1, mais 3 !’’ Ce à quoi j’ai répondu, que ‘’les 3 personnes de la Trinité ne font qu’UN’’.

 J’ai lu qu’un enfant de sept ans à qui on demandait ce qu’était la Trinité, a répondu cette merveille : « Tu ne sais pas ce que c’est ? Eh bien, je vais te l’apprendre : on ne peut pas aimer tout seul ! » Admirable réponse ! Comment dire mieux sur l'intimité même de Dieu, ainsi que l'Eglise semble l’oser en cette fête de la Sainte Trinité !

On raconte aussi qu’un jour, Bernadette de Lourdes avait du mal à réciter une définition de Dieu qu’elle devait apprendre par cœur. Comme elle ne s’en rappelait plus, elle a répondu: « Dieu c’est quelqu’un qui nous aime. » Cette réponse n’était pas celle qu’attendait la catéchiste, et pourtant c’était la meilleure. Notre Dieu c’est vraiment quelqu’un qui nous aime. Il s’est révélé comme un Dieu aimant et Sauveur.

Tout cela pour dire que  parler de la Ste Trinité, c’est parler d’un mystère : Dieu est mystère. Cela ne veut pas dire qu'on ne le connaît pas, mais qu'on n'aura jamais fini de Le connaître. La nuance est importante ! Plus ma familiarité avec l'Evangile grandit, plus je me pose de questions sur Jésus : qui est-il donc pour bousculer ainsi les idées qu'on se faisait sur Dieu ? Qui est-il donc pour oser des paroles et des gestes pareils ? Dieu est mystère. Et ‘’plus tu Le connaîtras, écrivait saint Jean de la Croix, plus tu avoueras que tu peux toujours moins exprimer ce qu'Il est !’’ Dieu est mystère et nous ne découvrons qui Il est que lentement, progressivement, et parfois même douloureusement.  « J'aurais encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l'instant vous n'avez pas la force de les porter », nous dit Jésus dans l'évangile de Jean.

Dieu est mystère, et parce qu'Il est mystère, Il nous apprend la patience. Patience à l'égard de Dieu que je connais encore si peu... patience à l'égard de tout homme qui, lui aussi, participe au mystère de Dieu. Je ne connais aucun homme totalement... et il peut évoluer.

Reconnaître que Dieu est mystère et que tout homme, créé par Lui, participe de ce mystère, c’est quelque chose de très concret. C'est refuser de coller sur les gens des étiquettes et ne jamais désespérer d'eux. C'est considérer chaque homme avec un infini respect.

Autre aspect du mystère de la Ste Trinite :   Dieu qui est amour me fait découvrir ce qu'aimer veut dire. Loin de tout ramener à soi, l’amour se trouve en se donnant. À travers les évangiles et la liturgie de l'Eglise, cela est flagrant : le Père, le Fils et l'Esprit... chacun renvoie aux deux autres et semble s'effacer pour mettre les autres en valeur.

Le Père ? ... Lui que nul n'a jamais vu et que l'on ne peut donc pas représenter s'efface devant le Fils (dans le Symbole des Apôtres, deux lignes seulement pour le Père et dix lignes pour le Fils !). Il convoque l'Esprit dès sa première œuvre  et lui donne une place de choix dans son ouvre créatrice. Le Père ne fait rien sans l'Esprit. 

Le Fils ? ... Dans le « Gloire à Dieu », on le réfère tellement au Père qu'on dit de Lui : « Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, le Fils du Père »... « Le Fils du Père » ! ... superbe pléonasme qui souligne l'impossibilité de parler de Jésus sans parler de Dieu son Père ! « Le Père, dit Jésus, est plus grand que moi » ... et encore « non pas ma volonté, mais celle de mon Père ». Jésus renvoie toujours au Père et s'efface devant l'Esprit qu'il annonce et promet : « il est bon pour vous que je m'en aille »... « L’Esprit vous donnera de faire des choses plus grandes encore ». 

L'Esprit ? ... C'est Lui qui nous fait nommer Dieu « Père » : « l'Esprit fait de nous des fils qui crions vers Dieu en l'appelant : 'Abba!' » . L'Esprit nous oriente vers le Père et nous renvoie toujours à Jésus : « Nul ne peut dire 'Jésus est Seigneur' si ce n'est sous l'action de l'Esprit ». L'Esprit nous fait reconnaître en Jésus, le Christ.

Alors, si aimer c'était cela : ne pas chercher sa propre gloire, mais vouloir que l'autre grandisse, aime et soit aimé... alors, je peux me poser bien des questions sur ma manière d'aimer Dieu et d’aimer mes proches. Est-ce que vraiment je les aime pour eux-mêmes ou pour l'avantage que je pourrais en tirer ?

Devant ce grand mystère du seul et unique Dieu qui est à la fois Père, Fils et Saint Esprit, faisons silence et rappelons-nous que puisque Dieu Trinité est Amour, c’est lui qui nous apprendra à mieux aimer les autres. Amen.

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Écrit par Père Jean Kita

Jésus ressuscité nous envoie son Esprit Saint d'auprès du Père

En préparant cette homélie, je suis tombé sur cette belle méditation d’un moine de Tamié que je n’hésite pas de vous partager.

   Un bruit venu du ciel, un violent coup de vent, des langues de feu... voilà les réalités visibles qui orchestrent la venue de l'Esprit Saint en cette fête de la Pentecôte ! On pourrait dire que le Souffle Divin fait une entrée fracassante dans la vie des apôtres.

   Pourtant, cette irruption n'est pas un coup de théâtre ! Dès la Résurrection (Luc 24,49) et avant de monter au Ciel, le Christ avait promis à ses apôtres : « vous recevrez une force, celle de l'Esprit Saint... qui fera de vous des témoins » (Ac 1.7-8).

   Au commencement, lorsque Dieu a créé le ciel et la terre (Gn 1,2), il était déjà question de « l'Esprit du Seigneur qui planait sur les eaux », un peu comme un mystérieux personnage cherchant une piste d'atterrissage...

À la Pentecôte, le Souffle Divin trouverait-il enfin - en nous - une terre d'accueil ?

  La Résurrection du Christ trouve son plein accomplissement par le don de l'Esprit. Et cet avènement se manifeste de manière éclatante, nous invitant tous, à devenir pleinement participants de la nouvelle création inaugurée par le Christ Ressuscité.

Comme un fort coup de vent, le don de l'Esprit vient bousculer nos existences et faire voler en éclat nos habitudes et nos certitudes. Parce qu'il est souffle de vie, souffle qui renouvelle tout l'univers, il a la capacité de traverser les murs de l'habitation même des apôtres. Sa puissance créatrice va bien au-delà des murs : elle désire changer nos cœurs de pierre en cœurs de chair. Un cœur de chair est un cœur qui se laisse entièrement transformer, transfigurer par l'Amour miséricordieux et gratuit de Dieu. Seul un tel Amour peut faire de chacun de nous, des êtres nouveaux, des êtres entièrement renouvelés par le Christ ressuscité.

 Comme un bruit venu du ciel, le don de l'Esprit nous réveille de notre sommeil. Il nous fait passer de la peur à l'assurance ; de la timidité à l'ouverture d'esprit et à la solidarité ; du repli sur soi à l'audace de partager notre foi. Il nous donne le courage de prendre la parole et de témoigner, au cœur de ce monde, de l'Espérance qui nous anime.

 Comme une flamme, le don de l'Esprit ravive en nous le désir de proclamer la Parole de Dieu, d'annoncer la Joie de l'Évangile. Les langues de feu, signes venant d'en haut, deviennent paroles claires sur les lèvres des envoyés (telle est la signification du terme APOSTOLOS = apôtre).

   Nos contemporains aspirent à une vie spirituelle ; l'Esprit nous invite à ne pas faire écran à leur recherche de sens. La Parole annoncée aujourd'hui, expliquée, commentée... peut devenir une véritable Lumière sur leur route, une flamme d'Amour dans leur cœur, une vraie nouvelle, une bonne nouvelle dans leur vie.

   Et, au fond, n'est-ce pas ce que, tous, nous désirons, ce qu'il nous faut ? Une Parole nourrissante et apaisante. Une Parole qui nous recrée et nous apprend à tisser des relations humaines vraies et profondes ; une Parole qui nous donne la force de surmonter les obstacles que nous rencontrons dans nos existences quotidiennes ; une Parole qui nous permet de communiquer sans artifices et de nous positionner clairement ; une Parole qui nous permet de vivre en hommes et femmes sauvé(e)s.

    Oui, l'Esprit est cette Présence agissante qui peut donner du sens à notre vie parfois complexe et tumultueuse, mais toujours en quête de cap. L'Esprit ne remplace pas Jésus mais Il lui donne sa juste place dans nos vies. L'Esprit, ce Souffle de la Vie en Plénitude, restera toujours, pour nous, le Consolateur, le défenseur, « l'hôte doux de nos âmes » comme nous le chantons. Hôte divin, il est le maître intérieur qui nous enseigne et guide nos pas à la suite de Jésus-Christ, « le Chemin, la Vérité et la Vie ».

Jésus est rendu présent par nous, chez nous, en nous, Chrétiens... Quelle responsabilité, quelle confiance nous est faite ! Rendons-lui grâce et ne le décevons pas ! Amen.

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Écrit par Père Jean Kita

Ascension 2019 - Lure

 Cette fête de l’Ascension n’est pas un terme mais bien plutôt le début de la vie de l’Eglise dans la foi et la prière. Par ses apparitions Jésus ressuscité a voulu assurer ses disciples qu’il est bien vivant et qu’il demeure toujours présent au milieu d’eux. Si la Résurrection n’est pas un retour à la vie d’ici-bas, elle n’est pas non plus une évasion de notre condition humaine : Je suis avec vous jusqu’à la fin du monde. Passé au Père, Jésus demeure parmi nous mais sous une forme nouvelle, il demeure en ceux qui  vivent de son Esprit. L’Ascension insiste davantage sur la présence de Jésus que sur sa montée au ciel.

Saint Luc nous dit que Jésus fut enlevé au ciel après avoir dans l’Esprit Saint donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis.Jésus continue d’être présent, d’agir et de parler, non plus dans la chair mais dans l’Esprit Saint.

Oui, Jésus demeure présent dans sa Parole et dans les Ecritures, il l’est aussi lors de la fraction du pain, le repas eucharistique. Ces deux modes de présence sont indissociables. D’où la fréquente mention des repas après la Résurrection : à Emmaüs puis au milieu des Onze, au bord du lac avec un feu et du poisson dessus, enfin St. Luc situe l’Ascension à l’occasion d’un dernier repas qui rappelle celui du Jeudi saint où, avant de mourir, Jésus nous a donné son corps livré et son sang versé. Chaque Eucharistie renouvelle ce geste où Jésus ne cesse de se donner à nous.

 Saint Luc écrit encore dans les Actes que dès la Pentecôte les disciples continuent de se rendre au Temple pour la prière mais se réunissent dans leurs maisons pour la fraction du pain. L’Eucharistie est pour nous présence de Jésus ressuscité ; elle nous donne de communier à sa vie, de vivre de sa vie.  Enfin, avant de disparaître à leurs yeux, Jésus envoie ses disciples en mission. Certes notre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu mais il ne convient pas que nous demeurions inactifs et les yeux tournés vers le ciel. Jésus ressuscité demeure présent dans l’Eglise, c’est-à-dire dans la communauté des croyants, dans la vie sacramentelle, dans la Parole de Dieu, dans l’exercice de la charité et dans la mission ou l’annonce de la Bonne nouvelle à toute la création.

 Oui, Jésus ressuscité est toujours présent au milieu de notre assemblée, c’est lui qui nous parle dans l’Ecriture, c’est lui qui se donne en nourriture dans chaque Eucharistie, c’est lui qui ne cesse de nous envoyer en mission.

Vous aurez sans doute remarqué que la note de l’Ascension est la joie de l’espérance ! Le corps charnel de Jésus le limitait à un lieu et à un temps. L’Ascension ouvre le temps de sa présence universelle à tous les hommes de tous les siècles et contrées. Cet arrachement est nécessaire pour que le Seigneur vienne à ses apôtres et à tous ceux qui l’accueillent d’une façon plus intime par son Esprit. Loin de disparaître, Jésus est rentré dans leurs yeux, dans leurs mains, dans leurs bouches. Ce sont eux, - l’Eglise -, qui seront désormais les yeux de Jésus, les mains de Jésus, la parole des Jésus : « Qui vous écoute, m’écoute » (Luc 10/16). Enfin ce départ n’est pas sans retour. Le Seigneur reviendra. Ce n’est donc qu’un ‘’au revoir’’. C’est cette espérance joyeuse qui anime et ensoleille notre longue attente,  en l’Eglise, de son retour dans la gloire.

 Amen.

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Écrit par Père Jean Kita

7° dimanche de Pâques –1° Communion – Lure 2019

Chers enfants, chers amis,

Comment ne pas nous réjouir de cette fête dominicale où, pour la 1° fois, 27 enfants de notre communauté, vont recevoir le Corps du Christ dans leur cœur !

Après le baptême, c’est une étape importante. Elle est la suite logique d’une amitié qui est née avec Jésus, au cours de la catéchèse. Là, vous avez appris à mieux connaitre qui est Jésus. Quand on connait mieux quelqu’un, qu’on est séduit par sa parole, ses faits et gestes remplis de bonté, de vérité, on a envie de le suivre, d’entrer davantage en communion avec lui parce que sa présence est source de joie.

Aujourd’hui, dans votre désir de recevoir Jésus, je repense à cette parole qu’il avait dite aux adultes qui l’écoutaient : ‘’laissez venir à moi les petits enfants : le Royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemble !’’.

Chers enfants, Jésus vous aime ! Ne l’oubliez jamais : Dieu vous aime ! Votre choix de de mettre votre confiance en lui, fait de vous comme des modèles du Royaume de Dieu, pour lequel nous sommes tous appelés : comment ? - en aimant Dieu et en nous aimant les uns les autres. Votre jeunesse nous rappelle la nôtre, celle de vos parents, des adultes.

Tous vos ‘’comment, vos pourquoi ?’’, toutes vos questions d’enfants, sont des mises en appétit pour grandir dans une meilleure connaissance de l’amour du Christ, pour grandir dans la Foi. Soyez des passionnés de Jésus Même si parfois, c’est difficile !

Si vous avez bien entendus les textes de ce dimanche, vous constaterez en effet, que ce n’est pas facile d’être ami de Jésus, d’être chrétien, de le dire, de le vivre. Dans la 1° lecture, il est question du martyr d’Etienne, un diacre qui a été tué parce qu’il n’a pas voulu renier sa foi au Christ. Il lui est resté fidèle jusqu’à donner sa vie pour lui comme Jésus a donné sa vie pour nous !  Aujourd’hui encore, des chrétiens meurent à cause de leur Foi en Jésus. Bien des chrétiens, pour ne pas être embêtés, se taisent ou renoncent au Christ à cause de certaines moqueries blessantes. Ceux qui se moquent ne connaissent pas Dieu !

Jésus aussi a connu ces situations de violence. Malgré tout, il trouvait sa force dans la prière. Il priait souvent son Père, dans le silence. Il priait pour ses apôtres

afin qu’ils n’aient pas peur d’annoncer sa Bonne Nouvelle. Il priait pour que tous ceux qui croient en lui, et nous en sommes, soient unis et non divisés, pour que le monde croie en lui et sache qu’il est aimé de Dieu, lui  qui ne veut rien d’autre que leur bonheur. Chers enfants, chers parents, tous, priez Dieu ! Soyez fidèles à la prière ! Imitez le Christ ! Soyez ainsi en communion avec lui !

Voilà plus de 20 siècles que le nom de Jésus est connu et a été transmis. Aujourd’hui, nous le recevons, nous nous mettons à son écoute et nous l’accueillons. Que notre cœur soit en fête, sans crainte, pour Lui et avec Lui !

Chers enfants, soyez fiers de votre démarche ! Vous faites la joie de Dieu et vous nous invitez à entrer dans cette joie ! Il va se passer quelque chose de nouveau dans votre cœur : la présence de Jésus avec le don de son amour ! Quel magnifique cadeau ! Ce cadeau-là n’a pas de prix parce que son amour ne s’achète pas, il se donne.  

Permettez-moi, pour terminer, de vous dire ces quelques paroles que le Pape François adressait, au début du mois de mai, à des enfants de Roumanie qui communiaient comme vous pour la première fois : « Chers enfants, à présent, vous allez recevoir Jésus. Ne vous distrayez pas, ne pensez à rien d’autre, pensez seulement à Jésus… Venez à l’autel pour recevoir Jésus, en silence… Oui, faites silence dans votre cœur ! Pensez que c’est la première fois que Jésus vient en vous. Il y aura ensuite tant d’autres fois. Pensez à vos parents, à vos catéchistes, à vos grands-parents, à vos amis, et si vous vous êtes disputés avec quelqu’un, pardonnez-lui de tout votre cœur avant de venir. Approchons-nous de Jésus en silence». Goûtons sa présence ! Laissons son amour illuminer notre cœur pour que nous puissions lui ressembler chaque jour ! Amen.

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Écrit par Père Jean Kita

7° dimanche de Pâques –Vy les Lure 2019

Situés entre l’Ascension et la Pentecôte, ces textes bibliques nous invitent à la prière. C’est la seule attitude qui convient à des disciples qui attendent la venue de l’Esprit Saint. L’Évangile nous montre Jésus lui-même qui va prier pour nous. A notre tour, nous nous tournons vers lui en ouvrant nos mains et nos cœurs. Le but de la prière c’est de nous mettre en état de réceptivité au don que Dieu veut nous faire.

La première lecture tirée du livre des actes des apôtres, nous montre la prière d’Étienne, le premier martyr. Il a suivi Jésus jusqu’au bout sans renoncer à sa foi, même devant la menace. Il n’a pas renié le Christ glorifié. Sa prière est pour nous un modèle de confiance. Il meurt en contemplant la gloire du Christ au ciel. En écoutant ce témoignage, nous pensons aux très nombreux martyrs d’aujourd’hui. Leur vie et leur mort nous interpellent et sont un témoignage fort pour notre Foi. Avec la deuxième lecture, nous avons une deuxième prière. C’est celle de toute l’Église au Christ vainqueur de la mort et du péché. Nous avons là un message d’espérance adressé à des chrétiens persécutés. Quoi qu’il arrive, rien ni personne ne peut empêcher le Christ de vouloir nous associer à sa victoire. Avec lui, c’est un monde nouveau qui est en train de naître, un monde rempli de l’amour qui est en Dieu. Il faut que cette bonne nouvelle nous remplisse de joie et de confiance malgré les épreuves de la vie. Jésus est à jamais vivant. Nous le supplions : « viens ». Cette prière est déjà exaucée. Mais elle ne le sera pleinement que dans la gloire du Royaume.

Avec l’Évangile, nous avons une troisième prière. C’est une prière qui nous fait entrer dans l’intimité de Jésus avec son Père. Tout au long des Évangiles, nous voyons que le Christ a régulièrement éprouvé ce besoin de se retirer pour prier, pour être avec le Père. Il y passait de longues heures, surtout au moment des décisions les plus importantes.

Mais sa prière d’aujourd’hui à une intensité particulière. Jésus prie pour tous les hommes qu’il est venu sauver. C’est tous les hommes du monde entier qu’il porte dans ses mains pour les offrir au Père. À travers ses paroles, on sent que Jésus veut prendre soin, encore, de toute  l’humanité. Il veut qu’elle soit unie dans l’amour qu’il est venu inaugurer

Jésus confie d’abord au Père ses apôtres. Sa Passion sera pour eux une difficile épreuve, un difficile combat de la fidélité. Il prie pour eux et pour ceux qui recevront leur témoignage : « qu’il soit UN en nous, eux aussi, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. » Des communautés divisées sont un contre témoignage qui dit le contraire de Dieu. La prière de Jésus est une prière vraiment universelle parce qu’elle englobe tous les hommes de tous les temps. Elle est aussi universelle que sa mission de sauveur, mission qu’il a confiée à ses disciples et à nous aujourd’hui.

Cette insistance de Jésus sur l’unité entre les hommes qu’il aime est très importante pour nous aujourd’hui. C’est un appel à faire grandir la fraternité, le partage, la solidarité. Nous sommes tous des enfants de Dieu. Toute atteinte à la communion blesse ce salut qu’il nous a offert. Ceux qui ne partagent pas notre foi nous regardent vivre. Comment témoigner d’un Dieu amour s’il n’y a pas notre cœur à cœur avec Lui et la charité fraternelle entre nous ? Nos divisions entre chrétiens nous apparaissent encore plus intolérables lorsque nous entendons cette parole du Christ.

Tout au long de ces derniers jours qui nous préparent à la Pentecôte, l’heure est donc à la prière. Le Christ nous veut tous avec lui. Il compte sur nous pour adhérer à son désir qui est aussi celui du Père. Viens Seigneur Jésus ! Envoie-nous ton Esprit Saint ! Qu’il vienne affermir notre foi notre espérance et notre charité. Qu’il vienne nous faire vivre de l’amour du Père ! Amen.

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Écrit par Père Jean Kita

4° Dimanche de Pâques : Amblans et Lure 2019

En méditant ces textes que la liturgie nous propose, en ce jour de prière pour les vocations, j’ai retenu 2 verbes à conjuguer avec le bagage de votre Foi de baptisé : ‘’écouter’’ et ‘’suivre’’.

‘’Mes brebis écoutent ma voix’’…dit Jésus. Tiens ! Tiens ! Vous la connaissez cette phrase ! Mais est-ce que nous faisons partie de ceux et celles qui prennent plaisir à écouter la Parole de Dieu ? Dans notre monde devenu de plus en plus bavard, multipliant les informations… y a-t-il encore quelques espaces dans votre quotidien pour faire silence et vous mettre à l’écoute de Dieu ? Comment peut-on grandir dans la Foi sans cette attitude : l’écoute ? La Foi ne s’invente pas. Elle ne se décrète pas ! Elle est une perpétuelle recherche. Elle ne peut grandir que dans la mesure où on veut bien accueillir la Parole de Dieu, la laissant prendre racine au plus profond de notre cœur pour que nous puissions capter les intentions de Dieu qui sait mieux que personne ce dont chacun a besoin pour trouver son plein épanouissement. Dieu ne se dit pas dans le brouhaha…et les vacarmes du monde,  Il se dévoile dans le murmure d’une brise légère. Comme l’a éprouvé le prophète Elie au 1° Livre des Rois. L’écoute est un lieu de découverte, un lieu d’intériorité, un lieu où se façonne le désir de quitter des habitudes pour répondre à des appels nouveaux, de vie plus moins monotone, plus captivante.

‘’Mes brebis écoutent ma voix…et elles me suivent’’. Quand on va dans les alpages, les brebis qui connaissent bien leur berger, savent le suivre, surtout le matin quand elles sortent de l’étable. Il sait bien qu’elles ont faim et va les conduire sur les prés aux herbes abondantes. Elles lui font confiance, car le berger aime son troupeau. Ainsi en est-il pour nous. Jésus est le bon berger qui ne cherche pas à nous égarer ni à nous ennuyer, mais à dynamiser notre existence, à la faire croître. Quand nous avons des choix à faire, savons-nous suivre, à notre tour les appels de Dieu, suivre ses chemins, mettre nos pas dans les siens quand il nous invite à nous partager sa vie dans l’Eucharistie, quand il veut purifier notre cœur de la grâce de sa miséricorde dans le Sacrement du Pardon, quand nous sommes sollicités pour une formation, un service au sein de l’Eglise, au sein de la société avec l’Esprit même que le Seigneur veut nous transmettre ?  Suivre le Christ sans l’aimer, ça ne fait pas bien grandir la foi : ça fait plutôt surgir des ‘’moutons de Panurge’’. Se dire chrétien sans aimer le Christ et sans aimer les autres, cela devient inefficace et risque de faire de nous des Pharisiens remplis d’auto-suffisance !  On ne suit quelqu’un que dans la mesure où on l’aime ! Notre vocation de baptisé, c’est d’abord aimer le Christ et le suivre pour nous enrichir de sa présence et ensuite, à l’image de Paul et Barnabé que nous avons entendu dans la première lecture, oser dire sans complexe, la vérité concernant l’existence de Dieu, sa manifestation sur la terre à travers la mort et la résurrection du Christ et combien son amour est grand pour tous ! Soyons les témoins audacieux de cette espérance qui nous anime : nous sommes tous aimé de Dieu !

Prions-le pour que chacun trouve bien sa place dans le monde et dans l’Eglise !

N’ayons pas peur de répondre aux appels du Seigneur ! Et puis, si nous sommes conscient que le christianisme est en perte de vitesse en occident, faisons tout notre possible pour être des ‘’appelants’’ à suivre et à servir le Christ. Les vocations seront plus nombreuses si nous avons le courage de vivre de la Parole de Dieu et l’audace d’encourager de nouveaux serviteurs : prêtre, diacres, religieux, religieuses pour le plus haut service de sa Parole et de son amour. Amen.

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