Sermons 2019

Écrit par Père Jean Kita

Jour de Pâques 2019- Lure

   Depuis hier soir, l’Eglise est en fête ! Elle a fait la traversée du désert,(carême) pendant 40 jours, et aujourd’hui, elle se réjouit de la résurrection du Christ après sa mort tragique du Vendredi Saint. Alléluia, le Christ est ressuscité ! C’est la nouvelle la plus grandiose de toute l’histoire de l’humanité ! L’homme mortel apprend que sa vie n’est pas vouée à la mort, mais à la vie. La fête de Pâques nous le révèle. Le mot Pâques veut dire ‘’passage’’.= passage de la mort à la vie. Nous le disons et le répétons pratiquement à tous les enterrements. Avec tous les amis du Christ, Marie, les apôtres, les femmes qui accompagnaient le groupe, nous sommes invités à faire le passage de la tristesse du Vendredi Saint à la joie du matin de Pâques ! Nous sommes invités à passer du doute à la Foi, à l’image de Pierre et Jean qui courent au tombeau pour se rendre compte de la réalité de l’évènement.

   Le pape Benoît XVI, en grand théologien, rappelai  que la foi des chrétiens se base encore aujourd'hui « sur le témoignage de ces sœurs et de ces frères qui ont vu d'abord la pierre roulée et le tombeau vide, puis les mystérieux messa-gers qui attestaient que Jésus, le Crucifié, était ressuscité ; ensuite qui ont vu  lui-même, le Maître et Seigneur, vivant et tangible, et qui était apparu à Marie de Magdala, aux deux disciples d'Emmaüs,enfin à tous les onze, réunis au Cénacle»  Et il ajoute : « La résurrection du Christ n'est pas le fruit d'une spéculation, ni d'une expérience mystique : elle est un évènement, qui dépasse certainement l'histoire, mais qui se produit à un moment précis de l'histoire et laisse en elle une empreinte indélébile »

   Il est bon qu’en cette fête, chacun se redise comment il se situe face à cette donnée de l’histoire. J’ai coutume de penser que les yeux et les oreilles des premiers témoins qui ont rencontré le Christ ressuscité étaient les même que ceux de chacun d’entre nous ! Ils n’ont pas construit leur Foi naïvement. Ils ont pu vérifier que le Ressuscité était bien le même que Celui qu’ils avaient suivi, vu et entendu durant les 3 années de ses aller et venues à travers la Palestine de l’époque. Ils étaient certainement avides de preuves… Sa présence, ses attitudes, ses regards et ses paroles familières les ont rassurés et entrainés sur le chemin de la Foi. Oui, Jésus est bien le ressuscité. A nous aussi, de courir à sa rencontre, de courir après les Evangiles pour mieux connaître le Christ, et si nous éprouvons quelques doutes, à l’image de Pierre qui se sent obligé d’entrer dans le tombeau vide pour se rendre à l’évidence que Christ n’est plus mort, nous pouvons aussi adopter le comportement de Jean, le disciple que Jésus aimait. De ses yeux, il a vu son Ami cloué au bois de la croix et mourir. Aujourd’hui, l’Evangile nous dit que ‘’devant le tombeau vide : ‘’il vit et il crut’’. Comment ne pas croire son ami bien aimé ?

En priant le ‘’Je crois en Dieu’’, comme nous le faisons tous les dimanches, enracinons davantage notre Foi en Christ quand nous disons :’’le troisième jour est ressuscité des morts’’ et à la fin : ‘’Je crois à la résurrection de la chair’’.

   La nouveauté de l’évènement nous touche personnellement car, à la suite du Christ, nous sommes tous appelés à suivre la même trajectoire, si j’ose dire. La résurrection du Christ préfigure et annonce la nôtre. ‘’Mort avec le Christ…nous paraitrons avec lui en pleine gloire’’ nous dit St Paul.

   Alors, ne laissons pas cette Bonne Nouvelle être étouffée par les multiples courants idéologiques qui environnent notre univers. Donnons la priorité à Dieu dont l’amour est infiniment bon et grand pour nous. La résurrection du Christ a confondu toutes les idéologies de mort ! Elle a ouvert une brèche imprévue mais réelle laissant apparaître une lumière nouvelle ! Elle fait souffler sur le monde et dans nos cœurs un grand souffle de vie, de joie et d’espérance ! Soyons-en les témoins passionnés et convaincus ! N’ayons pas peur de le dire de vive voix à qui veut bien l’entendre. Amen !

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Écrit par Père Jean Kita

Nuit de Pâques – Lure 2013

    Alléluia ! Alléluia ! Qu’elle est belle cette nuit pascale et combien elle est source de multiples joies !  A travers tous les textes que nous venons d’entendre, il n’est question que de Vie !

- Vie donnée par  Dieu à la Création du monde où l’homme est créé à son image, selon les beautés de sa ressemblance !   Nous ne sommes pas des numéros, mais les bien-aimés de Dieu !

- Vie redonnée au peuple hébreu prisonnier en Egypte. Il va retrouver sa terre, le goût de la vie, la liberté ! Cet évènement est devenu la première ‘’Pâque’’ de l’histoire que nos frères juifs célèbrent tout particulièrement.

 - Vie du Christ, ressuscité, découvert par Marie madeleine et quelques femmes      Quelle stupeur ! Que de mouvements inattendus !

    On n’est pas dans une fable ni dans un conte de fées… On est dans un évènement historique que d’ailleurs, bien des textes religieux et mêmes profanes de l’époque attestent !  Ces femmes du tombeau avaient les mêmes yeux que nous, les mêmes oreilles que nous, les mêmes attentions que nous ! On peut tous comprendre la parole des messagers de Dieu : ‘’Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ?, il n’est pas ici, il est ressuscité…   Oui, le Christ Ressuscité n’est pas un extraterrestre, ni un héros de science-fiction! C’est bien lui, le crucifié du Vendredi Saint, à nouveau vivant. Quel Retournement de situation inattendu que les femmes vont vite annoncer aux apôtres !     

   Tout est mouvement et vie ! Tout est émerveillement et acte de Foi ! Il n’y a rien de statique et de calfeutré ! La Parole se libère et se fait missionnaire ! Nous en sommes les héritiers 20 siècles plus tard ! A nous d’être, à l’image des femmes de l’Evangile, des coureurs de fond de la Bonne Nouvelle, aujourd’hui ! A nous de le retrouver et d’aller aussi l’annoncer, là où il n’est pas connu, ‘’à la périphérie de l’Eglise’’, selon l’invitation de notre pape François, pour le faire découvrir et aimer !

    La mort qui nous fait tant de mal, quelle qu’en soit la forme, n’est plus capable de nous enfermer définitivement dans les tombeaux de la peur, de la fatalité, du non-sens et du néant! La mort a trouvé son maître : le Christ ressuscité qui en fait craquer tous ses blindages ! Ce qui fait dire à St Paul : ‘’Ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; sur lui la mort n’a plus aucun pouvoir’’. Et il ajoute : ‘’Si nous qui sommes baptisés, nous sommes déjà en communion avec lui par une mort qui ressemble à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection qui ressemblera à la sienne’’.

    En cette nuit de Pâques 2019, n’ayons pas peur de renouveler notre Foi au Christ, vainqueur de la mort ! Des questions se posent ? Des doutes troublent parfois votre recherche… Rappelez-vous les doutes des Apôtres à la Passion, ceux des disciples d’Emmaüs, ceux de Thomas… Ça n’a duré qu’un temps ! Et ce sont les mêmes qui, preuves en main, si j’ose dire, se sont fait les premiers Témoins du Christ Ressuscité, les premiers coureurs de fond de cette réalité, de cette vérité, de cette certitude ! Et ils ont été des multitudes, siècles après siècles à miser leur vie sur le Christ vivant ! Et C’est à nous, les baptisés, de prendre le relais aujourd’hui ! N’ayons pas peur, malgré tous les drames du monde que nous connaissons où que nous pouvons vivre, de mettre notre entière confiance dans ce message authentique ! Il est voulu par Dieu, c’est sa manière de nous dire combien il nous aime d’un amour sans mesure et veut nous sauver. Oui, Il veut notre bonheur et la pérennité de notre vie ! La résurrection  de son Fils nous est promise, elle est notre avenir ! Quelle chance nous avons ! Que notre cœur chante : ‘’Alléluia!  Alléluia, Jésus est vivant ! ’’ Amen !   

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Écrit par Père Jean Kita

Vendredi Saint 2019 - Lure

  Nous venons de relire la Passion et la mort du Christ. Regardons la croix sur laquelle Jésus est cloué ! Regardons le tableau qui surplombe le maitre-autel ! Christ n’est pas n’importe qui : c’est le Fils de Dieu lui-même, qui est là sur la croix, victime de nos violences humaines. En lui sont focalisés tous les drames d’hier et d’aujourd’hui, dont les hommes sont victimes. On a toujours du mal de comprendre : jusqu’à quand, l’homme sera-t-il un loup pour l’homme ?

   Devant cette croix, me revient cette scène vécue dans un camp de concentration nazi. ‘’Des juifs sont poussés par les SS à assister à la pendaison d'un jeune enfant. Beaucoup d'entre eux prient pour que Dieu le délivre. Rien ne se passe. Alors l'un d'entre eux crie : « Où donc est Dieu ? » Et un autre répond : « Il est là, pendu. »*

   Il est là dans la faiblesse et l'apparente impuissance. C'est peut-être là le mystère le plus profond de ce Vendredi saint. Nous restons bouche bée quand des innocents, surtout des enfants, sont massacrés, violentés, tués, par la bêtise humaine, par le péché de nos semblables. Nous le sommes encore plus quand, au bout de nos prières, Dieu reste apparemment muet, paraissant insensible à nos supplications, impuissant à agir pour délivrer ces victimes non coupables. Qui est-il ce Dieu qui laisse faire? Où est-il ce Dieu?

   Jésus, le Fils de Dieu lui-même, est cloué à une croix. Innocent parmi les innocents, chargé jusqu'au bord des souffrances et des péchés des humains, il meurt sans que son Père n'intervienne. Il lui crie: «Pourquoi m'as-tu abandonné?» Et Dieu se tait. Jésus s'abandonne à la fin dans un geste de remise totale à son Père : « Entre tes mains, je remets mon esprit. »

   Nous aussi, nous sommes tentés de dire : « Mais où est-il ce Dieu? que fait-il? Pourquoi n'intervient-il pas? » Comme le juif qui a répondu à l'autre juif qui posait ces questions, il nous faut répondre : « Vous le cherchez ce Dieu impuissant? Il est là, cloué à la croix! »

   Jusqu'où peut aller l'amour? Il peut aller jusque-là! Être Dieu et souffrir en silence! Être Dieu et aller jusqu'au bout de l'humiliation et de l'immolation… par amour des humains pécheurs que nous sommes tous ! Passer par là pour en sortir victorieux, pour nous entraîner avec lui jusque dans sa lumière!

Ah! Quel grand mystère! Quel grand mystère d'amour!

   Inspirons-nous d'une stance de l'Office du Vendredi saint : Ces hommes méprisés, ces femmes humiliées, ces enfants rejetés, ces vieillards meurtris, ces innocents torturés, tous ces visages bafoués et ces cœurs transpercés, Seigneur Jésus, c'est toi qui me regardes, c'est toi qui souffres en silence et en amour.

Oui, comme tu l’as dit et témoigné : ‘’Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis’’. Amen.

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Écrit par Père Jean Kita

Jeudi Saint 2019 -Lure

 Depuis dimanche, nous sommes entrés dans la Semaine Sainte. Il y avait foule pour vivre l’entrée de Jésus à Jérusalem  comme il y avait foule,  lundi soir, sur les berges de la Seine et derrière nos écrans de télévision pour regarder, impuissants et le cœur serré, l’incendie de la cathédrale Notre Dame de Paris !

Ce joyau inspiré par la foi et qui donne corps à la prière de l’Eglise à Paris restera une invitation, reçues des siècles précédents, faite aux hommes du monde entier à élever leur regard vers le ciel. Ce temps d’affliction est l’occasion pour tous les baptisés de se rappeler les paroles de saint Paul : Ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? (1Co, 3, 16)

Ce soir, regardons le Christ, accueillons ses gestes, entendons ses paroles.

   C’est émouvant de le voir à genoux, au pied de ses disciples : Vous vous rendez compte : Jésus qui lave les pieds de ses disciples ! Pierre n’y comprenait rien, il refuse. Mais Jésus lui explique que c’est bien lui,  Jésus le Fils de Dieu qui a fait cela ! Et lui-même explique aux disciples : « Comprenez-vous ce que je viens de faire ? Vous m’appelez ‘Maître’ et ‘Seigneur’, et vous avez raison, car vraiment je le suis. Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous » (Jn 13, 12-15). C’est l’exemple du Seigneur : C’est Lui  le plus important et il lave les pieds, parce que parmi nous celui qui est le plus grand doit être au service des autres. Et cela est un symbole, c’est un signe. Laver les pieds c’est dire: ‘je suis à ton service’. Cela signifie que  nous devons nous aider, l’un l’autre. Parfois il m’arrive de piquer une colère contre une personne….  Le Seigneur me dit : ‘’Jean, laisse tomber, oui, laisse tomber’’, et si cette personne te demande un service, fais-le. S’aider l’un l’autre : voilà ce que Jésus nous enseigne et c’est cela que je suis invité à faire, ô, pa        s n’importe comment, mais de bon cœur, parce que c’est mon devoir. Comme prêtre et comme doyen, je dois être à votre service. Mais c’est un devoir qui me vient du cœur, un devoir que je qualifierais de sacrement de l’entraide !  Ecoutons notre cœur, aimons faire ce que le Seigneur nous a enseigné ! Cultivons l’esprit d’entraide et ainsi en nous aidant les uns les autres, nous nous ferons du bien.

   En faisant cette cérémonie du lavement des pieds essayons de penser à ceci : ‘Est-ce que vraiment je suis disposé à servir, à aider l’autre ? Pensons que ce signe, comme se plait à le dire le pape François, ce signe est une caresse de Jésus, une caresse que fait Jésus, parce qu’il est venu précisément pour cela : pour servir, pour nous aider à mieux vivre ensemble, en frères et sœurs : en communauté !

   Ce soir, un peu partout, dans les cathédrales et les églises les chrétiens font mémoire de la sainte Cène. En y réfléchissant je me pensais ceci : toutes nos cathédrales et nos églises aussi belles et renommées soient-elles, existeraient-

elles si au départ, il n’y avait pas eu ce repas inédit, historique, de Jésus avec ses apôtres ?  Tout est parti d’un simple morceau de pain et d’un peu de vin, devenu Corps et Sang du Christ que lui-même a voulu offrir en partage à ses apôtres avec la consigne : ‘’Faites cela en mémoire de moi’’. Rien n’est trop beau pour accueillir cette nouvelle présence du Christ, à travers le temps ! Toutes nos cathédrales et églises sont sans doute le fruit de la foi de nos ancêtres dont nous sommes les héritiers. Christ continue à nous manifester sa présence, son amour, Il continue à se donner à chacun comme nourriture non seulement pour notre corps, mais notre âme, notre cœur. Pensons-y quand nous venons communier : l’hostie consacrée : c’est le Christ lui-même que nous recevons. Il est l’hôte intérieur qui nous veut tellement de bien ! Nous sommes ses pierres vivantes ! Soyons heureux de l’accueillir, de lui donner la priorité de nos pensées, la priorité des élans de notre cœur. La plus belle cathédrale qui lui plait d’habiter, c’est notre cœur prêt à aimer, prêt à servir comme Lui. Amen.

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Écrit par Père Jean Kita

Dimanche des Rameaux © Lure 2019

Ce long récit de la passion, n’est pas le simple reportage d’un fait divers comme on peut en lire tous les jours dans les journaux …C’est le récit d’un amour divin, miséricordieux, révélé par Jésus…mais incompris par notre humanité trop engoncée dans ses habitudes et certitudes

Je voudrais attirer notre attention sur un homme qui passe inaperçu dans ce long récit de la Passion. Et pourtant, il aurait beaucoup de choses à nous dire. Il s'agit de Simon de Cyrène, celui qui a aidé Jésus à porter sa croix sur le chemin du Calvaire. Nous ne savons pratiquement rien de lui sinon qu'il était originaire de Cyrène. Et Cyrène c'est en Afrique du Nord. C'était donc un étranger. Cet homme finissait sa matinée de travail et il rentrait chez lui pour un repos bien mérité. Mais les soldats romains l'ont réquisitionné pour porter la croix de Jésus.

Ce qui nous frappe chez Simon c'est son anonymat mais aussi la place privilégiée qu'il a prise dans le mystère de la Passion du Christ. C'est un anonyme. On n'a pas reparlé de lui. Il n'a pas eu sa place dans le catalogue des saints. Il est entré dans l'oubli de l'histoire. Et pourtant… on peut dire qu'il a eu une place extraordinaire. Il est le seul qui a porté la croix du Christ. Il était seul à côté de lui. En acceptant cela, il a été le partenaire de l'événement le plus bouleversant de l'histoire : C'est le chemin de croix où Dieu lui-même a donné sa vie pour que tous les hommes soient sauvés. En cette heure d'épreuve extrême, Dieu a besoin d'un homme. Simon qui ne faisait que passer par là est devenu le premier disciple de Jésus. Sans le savoir il a répondu à l'appel de celui qui avait dit  "Celui qui veut être mon disciple, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive "

Et voilà que Simon a pris la place de disciple bien avant les Douze qui s'étaient enfui, bien avant cet autre Simon qui l'avait renié. Il s'est compromis avec un homme condamné, rejeté et méprisé de tous. Ce Simon de Cyrène est le frère de gens très simples. Pensons à tous ceux et celles qui se dévouent au service des plus pauvres, des exclus.

Nous vivons dans un monde dur. Beaucoup de jeunes sont inquiets pour leur avenir. La solitude de certains est très lourde à porter. Ils sont de plus en plus nombreux ceux et celles qui sombrent dans le désespoir. Simon de Cyrène nous montre le chemin de la solidarité. Lui le lointain s'est fait le prochain. Comme lui, nous entendons l'immense appel à porter les croix les uns des autres.

Il est important que des personnes soient là pour aider celui ou celle qui souffre à porter sa croix. A travers tous ces souffrants que nous croisons sur notre route, c'est Jésus qui est là. Tout ce que nous faisons pour le plus petit d'entre les siens c'est à lui que nous le faisons.

Cette semaine, regardons davantage le Christ en Croix ! Soyons plus proches de lui ! Sa mort est un message, il est un appel à aimer comme Lui avec le meilleur de ce que nous sommes. Laissons-nous aimer par la toute-puissance de son amour sauveur. Amen.

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Écrit par Père Jean Kita

4° Dimanche de Carême © Amblans-Lure 2019

  Quel contraste entre, d’une part, cet accident survenue cette semaine dans notre église et qui a couté la vie à un membre de la communauté luronne et d‘autre part ces textes qui nous invitent à la joie ! La mort accidentelle est toujours choquante, questionnante. Que faire d’autre sinon implorer la miséricorde de Dieu pour lui.

   En attendant, notre chemin vers Pâques, nous invite à relever la tête, et à vivre une véritable conversion, c’est-à-dire un véritable retour à Dieu qui, comme le Père de l’enfant prodigue, nous attend avec patience sur le pas de sa porte, pour nous voir arriver, courir à notre rencontre, nous serrer dans ses bras et nous inviter à la joie, à la fête ! Nous sommes invités à découvrir ce monde de Dieu dans lequel nous sommes tous appelés à vivre : Celui de sa miséricorde infinie !

   La première lecture nous disait déjà la joie du peuple d’Israël qui a été libéré de l’esclavage d’Égypte. Après une longue traversée du désert, il entre dans la Terre promise. Cette entrée donne lieu à une grande fête. En l’honneur de Dieu libérateur et sauveur. Dieu veut que nous soyons libres et heureux. C’est aussi ce que nous rappelle la campagne du CCFD Terre Solidaire : « Devenons des acteurs pleins d’humanité, de justice et de fraternité ».

Mais, nous dit St Paul : pas de bonheur sans réconciliation ! « Laissez-vous réconcilier avec Dieu. » Le monde entier a besoin d’être réconcilié. Dieu ne nous a pas abandonnés : il a pris l’initiative d’envoyer son Fils pour « chercher et sauver ceux qui étaient perdus ». Si nous prenons le temps de l’accueillir, ce sera la joie retrouvée. Alors oui, laissons-nous réconcilier avec Dieu et entre nous.

   L’Évangile nous invite à faire un pas de plus dans la découverte du vrai visage de Dieu. Cette parabole du fils prodigue, nous la connaissons bien Sans doute  que nous nous reconnaissons un peu à travers ces 2 frères !  Cet Évangile nous parle de Dieu et de nous. Il nous dit que c’est ainsi que Dieu agit avec nous ; il nous laisse libres. En nous créant, il nous a fait le don de la liberté. C’est à nous d’en faire un bon usage.

   Mais quand nous nous éloignons de lui, quand nous courons à notre perte, Dieu nous porte toujours dans son cœur ; comme le cadet des 2 frères, il attend notre retour confiant. Il est comme ce père qui scrute la route dans l’espoir de nous voir revenir nous aussi  à lui, nous accueillir et nous serrer dans ses bras. Malgré les nombreuses bêtises dont nous sommes capables, il veut être heureux de nous accueillir.

   Vous savez, quand on se sent pécheur, on se sent vraiment peu de chose, on se sent sale ; c’est alors que nous sommes invités à aller vers le Père. Et nous découvrons que sa grande joie c’est de nous accueillir et de nous guérir. Il est incapable d’en vouloir à ses enfants quoi qu’ils aient fait ; il n’est que miséricorde pour tous, même pour celui qui a commis le pire. Nous sommes tous aimés de Dieu ; son Royaume est offert à tous. Il nous appartient de le dire et de le redire à ceux qui ne le savent pas.

   Mais dans l’Évangile de ce jour, il y a un problème : le fils aîné rejette son frère au lieu de l’accueillir. Au premier abord, il a raison : ce frère a gravement fauté ; il a déshonoré sa famille ; il doit assumer les conséquences de ses actes. Ce fils aîné se considère comme juste et irréprochable. Mais il oublie que son orgueil le coupe de l’amour de son père et de son frère. Nous ne pouvons pas accueillir Dieu si nous ne sommes pas fraternels avec ceux et celles qui nous entourent.

Rappelez-vous : ‘’Aimer Dieu et aimer son prochain, c’est le même commandement !’’. Ne croyons pas que nous sommes justes quand nous aimons l’un au détriment de l’autre !  

   Il est donc urgent pour nous d’entrer dans ce monde de Dieu, monde de la miséricorde, de la gratuité et du pardon. En ce temps du Carême qui nous prépare à Pâques, nous sommes tous appelés à intensifier ce chemin intérieur de conversion. Laissons-nous toucher par ce regard plein d’amour du Père et retournons à lui de tout notre cœur, en rejetant tout compromis avec le péché.

Pour cela, n’occultons pas le sacrement de réconciliation ! Il est le sacrement par excellence de la grâce et de la miséricorde bienfaisante de Dieu et de la joie assurée ! Amen.

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Écrit par Père Jean Kita

3° Dimanche de Carême © Champagney 2019

   Dans le récit que nous venons d'entendre, Jésus combat une croyance qui a la vie dure à propos des catastrophes qui seraient pour beaucoup : une punition divine. N’est-ce pas, de nos jours encore, la réaction spontanée de beaucoup quand il leur arrive un pépin : « qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu? » Il est faux et même blasphématoire de penser que les cataclysmes qui peuvent se produire soient des punitions divines. Il ne faut jamais lier péché et malheur. Cela n’a rien à voir.

   Dans l'Evangile, Jésus commente justement deux faits divers atroces : l'assas-sinat d'un groupe de gens pendant qu'ils offraient un sacrifice et la mort d'un autre groupe dans l'effondrement d'une tour. «Pensez-vous qu'ils étaient plus pécheurs que les autres », sous-entendu « pour mériter une telle punition » ? La réponse de Jésus est claire. « Et bien, non. » Mais le plus souvent, face à la souffrance, ce qui vient plutôt à l'esprit c’est d’en vouloir à Dieu et même de nier son existence : puisque le mal existe, Dieu n'existe pas. Mais que dire à ceux qui sont ainsi blessés ou révoltés ? Oui, que fait Dieu ?

   Pour comprendre, revenons à la 1° lecture qui nous parle de Moïse dont le peuple est maltraité en terre d’Egypte. Sur la montagne de l’Horeb, il se trouve face à un buisson ardent qui brûle sans se consumer, et là, il entend une voix qui lui dit : « Je suis le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. J’ai vu la misère de mon peuple, oui  je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer. » Et illui fait comprendre qu’il compte sur lui pour  libérer son peuple : ‘’Va, je t’envoie chez Pharaon : tu feras sortir d’Egypte mon peuple…’’  Voulant des preuves pour savoir quelle est cette voix qui l’interpelle, il entend Dieu lui-même se définir : ‘’Je suis qui je suis’’ c’est à dire le Dieu éternel. Tu peux donc me faire confiance ! Dieu existe bel et bien et notre vie l’intéresse, quelles que soient nos difficultés, nos erreurs, nos souffrances. Il n’en n’est pas la cause. Il n’est pas indifférent, mais il compte sur nous, comme sur Moïse pour nous libérer de nos impasses.

   Et nos impasses, nous les connaissons : elles sont le résultat de nos contradi-ctions, de nos limites, en un mot, de notre péché. Le mal n’est pas seulement autour de nous, il est aussi en nous. Et c’est là qu’il convient d’agir et de mener un combat difficile certes, pour ne pas devenir comme ce figuier dont Jésus parle dans l’Evangile de ce jour et qui, depuis 3 ans,  ne porte pas de fruits ! Faut-il le couper ou lui redonner sa chance ? Jésus, en bon vigneron, souhaite qu’on lui redonne sa chance, qu’on bêche autour, qu’on lui mette de l’engrais pour qu’il reparte.  Autrement dit, Il ne désespère pas de nous, si nous savons nous convertir, rechercher des moyens pour retrouver vie et dignité : ne pas nous laisser dessécher par le péché. C’est un appel à une véritable conversion qui nous est ainsi demandé.

   Ne laissons pas passer ce temps de Carême pour cela ! Pratiquons la prière, le jeûne et le partage, comme Jésus nous l’a demandé le Mercredi des Cendres ! Réconcilions-nous avec le Seigneur, avec les autres et avec nous-mêmes ! Osons lui faire confiance et luttons de toutes nos forces contre le mal, en nous, dans l'Eglise et dans le monde. C’est alors que nous arriverons à la fête de Pâques, non pas seulement pour célébrer la résurrection du Christ, mais notre propre résurrection. Cela fera la joie de Dieu. Amen.

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