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Nicolas de Myre ou Nicolas de Bari, communément connu sous le nom de « Saint Nicolas » est né à Patare, en Lycie, vers 270 et mort à Myre en 345. Évêque de Myre en Lycie, il a probablement participé au premier concile de Nicée au cours duquel il combat l'arianisme.

Son culte est attesté depuis le VIe siècle en Orient et se répand en Occident depuis l'Italie à partir du XIe siècle. Canonisé, il a été proclamé protecteur de nombreuses nations et de nombreux corps de métiers, il est un personnage populaire de l'hagiographie chrétienne.

Le 6 décembre, jour de la Saint-Nicolas, est fêté traditionnellement dans plusieurs pays européens du Nord et de l'Est de l'Europe (notamment la Belgique, le Luxembourg, le nord et l'est de la France, les Pays-Bas et l'Allemagne et la Suisse) « où il distribue des cadeaux à tous les enfants sages ».Il est également fêté dans plusieurs régions du sud-ouest de la France, de l'Espagne et de l'Italie.

Personnage historique

Vie

Concernant la vie du personnage historique, elle est relatée dans plusieurs vitae dont l'historicité est interrogée par les historiens. Les rapports sur la vie de Nicolas proviennent notamment d'André de Crète (720), d'un moine Jean du monastère du Stoudion à Constantinople, et de compilations grecques, notamment la Vita per Michaelem de Michel l'Archimandrite au IXe siècle. Sa légende est compilée au Xe siècle par Syméon Métaphraste et transcrite en latin par les hagiographes médiévaux (Speculum historiale de Vincent de Beauvais, Vie de saint Nicolas de Wace, La Légende dorée de Jacques de Voragine) qui amplifient ses prodiges.

Selon les hagiographies, Nicolas naît à Patare, en Lycie, aux alentours des années 270 au sein d'une riche famille chrétienne. Ses parents, Epiphanius (Ἐπιφάνιος) (grec d'origine) et Johanna (Ἰωάννα)6, meurent, toujours selon la tradition, lors d'une épidémie de peste. Il est ordonné prêtre et abbé de Sion (près de Myra) par son oncle Nicolas, évêque de Myre.

Selon la tradition, le successeur de son oncle venant à mourir, il est désigné évêque de Myre autour de l'an 300. Au cours de la persécution des chrétiens de 310, il est capturé et torturé. Il distribue la richesse dont il a héritée parmi les pauvres. Ce fait est rapporté par les évêques du IVe siècle Ambroise de Milan et saint Basile de Césarée et, pour cette raison, est considéré comme un fait historique. Diverses légendes se sont développées autour de cet épisode.

Saint André de Crète et le moine Jean du monastère du Stoudion rapportent que Nicolas a participé au concile de Nicée (325) et a giflé son adversaire Arius. Pour cette raison il est arrêté avant d'être réhabilité à la fin du conseil. Nicolas n'est pas dans la liste des signataires de Nicée ; mais cette liste est incomplète. Selon saint André de Crète, Nicolas a convaincu l'évêque Théognios de Nicée de la justesse du point de vue chrétien. Or l'évêque Théognios appartient aux signataires historiquement documentés.. Nicolas se distingue par sa lutte contre l'arianisme. Un an avant sa mort, il fait détruire le temple d'Artemis de Myre.

Reliques

Le tombeau nicolaïen, placé dans l'absidiole d'un martyrium à Myre, attire de nombreux pèlerins mais est menacé par les raids des sarrasins depuis le XIe siècle9.

Ses ossements sont conservés dans l'Église Saint-Nicolas de Myre jusqu'en 1087. Selon la légende, ils ont la particularité de suinter une huile parfumée et ce baume est connu dans toute l'Europe du Moyen Âge. La bataille de Manzikert qui voit la défaite de l’armée byzantine en 1071 décide plusieurs villes italiennes marchandes, dont Nicolas est le saint patron, à récupérer les reliques nicolaïennes. Le moine bénédictin Nicéphore et l'archidiacre Jean de Bari qui relatent cette translatio justifient le vol par la volonté d'assurer la sécurité des reliques et d'accroître leur vénération en les rapprochant de Rome10. Soixante-deux marins venus de Bari, gagnant de vitesse les navires vénitiens, volent et ramènent ses reliques supposées le 9 mai 1087 en terre chrétienne à Bari. Certains auteurs prétendent qu'ils se sont trompés de reliques11. La basilique San Nicola de Bari est construite à son intention entre 1089 et 1197.

En 1098, selon la tradition rapportée par un marin qui a participé à la translation, le chevalier lorrain Aubert de Varangéville y aurait volé une phalange et l'aurait rapporté en Lorraine à Saint-Nicolas-de-Port où elle devient un objet de pèlerinage nicolaïen majeur avec la traditionnelle procession12.

Quelques fragments de la relique (dont un humérus) sont également cédés à la cathédrale Saint-Nicolas de Fribourg en Suisse durant la Renaissance. En effet, vers 1420, l'abbé Pierre d'Affry obtient l'autorisation d'emporter quelques fragments du saint à l'abbaye cistercienne de Hauterive. L'église de Fribourg pour obtenir le transfert de ces précieuses reliques dut demander l'aide de l'avoyer et du Conseil de la ville. "Ils eurent recours à l'autorité du pape Jules II. Une bulle pontificale du 2 juillet 1505 accordait ces reliques à Fribourg. Le transfert se fit le 9 mai 1506."13

L'église Notre-Dame-à-la-Croix de Croix-lez-Rouveroy (en Belgique) possède également une relique attestée par un document officiel reposant dans les archives de la fabrique, ainsi qu'une statue en bois polychrome. L'église de Croix-lez-Rouveroy possède également une bannière de la jeunesse locale à effigie de saint Nicolas.

En 1429, avant de quitter son pays pour rejoindre la France, Jeanne d'Arc vient se recueillir devant la relique du saint14.

Dans la culture religieuse

Il est difficile de retrouver les traces les plus anciennes du culte de saint Nicolas en raison de la Querelle des Images qui a fait disparaître la quasi totalité des représentations imagées des saints datant d'avant le VIIIe siècle. On sait cependant que le saint bénéficie très tôt d'une grande popularité ; cela est notamment visible dès le IXe siècle par son omniprésence dans l'iconographie des églises d'Orienti 1. Il est notamment vénéré dès cette époque en Crète, à Chypre, en Grèce, en Macédoine et un peu plus tard en Albanie dans la minorité orthodoxe, Ukraine, Russie, Roumanie, Bulgarie, et Serbie (il est d'ailleurs une Slava très importante)i 1. Son culte se développe aussi en Europe occidentale après l'arrivée de ses reliques à Bari en 1087i 1.

Hagiographie

Naissance

Nicolas, selon la légende, aurait reçu très jeune le baptême et se serait tenu tout seul debout en signe de respect, bien droit sur ses jambes, pour être baptisé : ce fut son tout premier miracle7. Puis, il se met à jeûner en refusant de téter aux jours prescrits par l’Église (mercredi et vendredi)15.

Éducation

C'est l'évêque de Patare, Méthode, et ses parents qui s'occupent de son instruction. À la mort de ses parents (décès dus à la peste), il hérite de leur fortune.

Miracle des trois vierges

Nicolas avait pour voisin un homme qui, ruiné, ne pouvait marier ses trois filles faute de dot. Ce dernier envisageait de les prostituer afin de récolter l'argent nécessaire à leurs subsistances. Nicolas décida, en secret de donner trois bourses pleine à ces jeunes femmes.

Cette légende chrétienne est rapportée dans le livre la Légende Dorée de Jacques de Voragine dans le passage suivant :

Un de ses voisins avait trois filles vierges, et que son indigence, malgré sa noblesse, força à prostituer, afin que ce commerce infâme lui procurât de quoi vivre.
Dès que le saint eut découvert ce crime, il l’eut en horreur, mit dans un linge une somme d'or qu'il jeta, en cachette, la nuit par une fenêtre dans la maison du voisin et se retira.
Cet homme à son lever trouva cet or, remercia Dieu et maria son aînée.
Quelque temps après, ce serviteur de Dieu en fit encore autant.
Le voisin, qui trouvait toujours de l’or, était extasié du fait; alors il prit le parti de veiller pour découvrir quel était celui qui venait ainsi à son aide.
Peu de jours après, Nicolas doubla la somme d'or et la jeta chez son voisin.
Le bruit fait lever celui-ci, et poursuivre Nicolas qui s'enfuyait : alors il lui cria : « Arrêtez, ne vous dérobez pas à mes regards. »
Et en courant le plus vite possible, il reconnut Nicolas ; de suite il se jette à terre, veut embrasser ses pieds.
Nicolas l’en empêche et exige de lui qu'il taira son action tant qu'il vivrait. Mais l'évêque de Myre vint à mourir sur ces entrefaites.

Nicolas est nommé archevêque de Myre

La mort de l'évêque de Myre pousse les évêques de la province à lui donner un successeur. Une nuit, pendant qu'ils étaient en prière, la voix de Dieu leur enjoint de nommer Nicolas archevêque. Le lendemain matin, les évêques attendirent Nicolas sur le seuil de l'église, l'appelèrent par son nom et lui posèrent, malgré ses réticences, la mitre sur la tête.

Nicolas et les persécutions

Après une longue période de paix, les persécutions vinrent s'abattre sur les chrétiens. Les empereurs romains interdisent les assemblées de fidèles, ordonnent la destruction des églises et des livres saints et condamnent à l'exil, l'emprisonnement ou la mort ceux qui n'abjurent pas leur foi. L'évêque de Patare, Méthode, est mis à mort et Nicolas connaît la prison, la torture et ne fut délivré que par l'arrivée au pouvoir de Constantin Ier.

Nicolas et le concile de Nicée

Un prêtre du nom d'Arius, soutient que le Christ n'est pas Dieu comme son Père. Nicolas, appelé au concile de Nicée défend avec virulence la divinité de Jésus-Christ et le dogme de la Sainte Trinité. Il s'emporte tellement qu'il frappe Arius. Outrés de ce geste, les Pères du Concile dépouillent de ses insignes de fonction Nicolas et le font conduire en prison. Mais le Christ et la Vierge seraient apparus à leur serviteur, lui rendant le pallium, le livre des Évangiles et lui ouvrant la porte de sa prison. Pour défendre sa foi, Nicolas s'attaque également aux dieux païens. Il parvient à convaincre ses fidèles de s'attaquer au temple de Diane. Il fait bâtir des églises et des autels aux martyrs sur les ruines des anciens temples.

Miracle des blés

Pour sauver les populations de Myre de la famine, Nicolas se rend dans un port voisin apprenant que des bateaux s'y sont arrêtés pour échapper à une tempête. Il parvient à convaincre les armateurs de décharger un peu de leurs précieux grains en échange de la promesse que chacun des bateaux arriverait à bon port. À l'arrivée des bateaux à Constantinople, on mesura le blé et il y en eut la même quantité qu'au départ. Émerveillés, les matelots racontèrent le prodige.

Sauvetage des matelots

Des matelots sur le point de mourir lors d'une tempête sur la côte de Lycie, font appel à Nicolas pour venir à leur secours. L'évêque apparaît alors sur le navire. il les rassure et les exhorte au courage. Lui-même aide à la manœuvre des voiles et s'empare du gouvernail. Il les conduit ainsi au port et disparaît sous leurs yeux. Les matelots s'empressent alors de se rendre à Myre, y reconnaissent leur sauveur au milieu de ses clercs et tombent à ses genoux.

Nicolas sauve trois officiers

Trois officiers de Constantin Ier devaient mener une mission en Phrygie. À leur retour à Constantinople, ces officiers, d'abord comblés d'honneurs, se voient accusés d'un complot contre la vie du souverain. Ils sont emprisonnés et condamnés à mort. Le préfet du palais, acheté par des collègues jaloux, veille à ce que l'on ne croie pas en leur innocence. La pensée des malheureux se tourne vers l'évêque de Myre. Cette nuit là, l'empereur et son préfet voient en songe saint Nicolas qui leur ordonne de relâcher les officiers calomniés, faute de quoi de terribles châtiments les attendraient. L'innocence des condamnés éclate aux yeux de Constantin qui, leur rendant leur liberté, les envoie à Myre avec des présents et une lettre demandant à Nicolas ses prières et son pardon.

Selon Émile Mâle, qui reprend sur ce point une conjecture de Charles Cahier, quand le culte de saint Nicolas est importé d'Orient, à partir du XIe siècle, les chrétiens d'Occident interprètent à leur façon les images de cet épisode d'une légende qu'ils connaissent encore mal : les officiers, tout petits par rapport à un saint que les usages de l'iconographie médiévale dotent d'une taille démesurée, sont pris pour des clergeons (enfants de chœur) ou des enfants. Cela donne naissance à la légende de la résurrection par le saint de trois enfants, précédemment tués et découpés en morceaux par un boucher, la tour de prison devenant un baquet ou un saloir. Cette légende est propagée dès le XIIe siècle par les pèlerins qui rapportent de Bari des flacons de « manne » souvent décorés des trois clergeons, par les trouvères qui narrent l'histoire des « trois enfants qui s'en allaient glaner aux champs » ou des « trois clercs qui allaient à l'école » (Vie de Saint Nicolas de Wace). D'autres historiens pensent que cette mauvaise interprétation provient de la confusion entre les officiers innocents et les enfants symboles de l'innocence (voir massacre des Innocents). C'est de l'évolution de la représentation de cet évêque que naît la tradition des jouets et friandises offerts dans la nuit du 5 décembre par saint Nicolas aux enfants sages. Au XVIe siècle, Luther refuse que cette mission soit confiée à un saint. En 1545, il prône le remplacement des « cadeaux de saint Nicolas » par ceux du « Seigneur Christ » et veut remplacer le 5 décembre par la fête de Noël. Mais la fonction convenait probablement mieux à un vieillard barbu qu'au « petit Jésus », et c'est ainsi que fut inventé l'artificiel Père Noël du 25 décembre qui ne supplanta pas saint Nicolas auprès des enfants de Lorraine21.

Mort de Nicolas et le miracle de l'huile prodigieuse

Ayant eu la révélation de sa mort prochaine, Nicolas donna une dernière messe pontificale, puis se retira dans le monastère de la Sainte-Sion dont il avait été fait abbé. Ce fut là qu’une petite fièvre l’ayant saisi, il se fit administrer les sacrements et s’éteignit le 6 décembre 343. Il fut enseveli dans une tombe de marbre. Une nouvelle se répandit alors auprès des fidèles : du corps de l'évêque, une huile odorante s'écoule, le préservant de la putréfaction. Cette huile, que l'on appelle "manne", a la réputation de guérir les maux. Sept siècles plus tard, en 1087, des marins de Bari enlèvent les reliques de Saint Nicolas pour les rapporter dans leur ville. La légende veut que la manne continue de couler.

Apparition de saint Nicolas après sa mort

Apparition à Sainte Brigitte de Suède

Sainte Brigitte est née en 1302. Elle se marie et met au monde 8 enfants dont sainte Catherine de Suède. Elle fait de nombreux pèlerinages dont un à Bari pour honorer les reliques de saint Nicolas. « Ce fut au prix de peines et de fatigues considérables que les voyageurs accomplirent le long voyage de Manfredonia à Bari. En pénétrant dans le temple qui renferme le tombeau du grand saint Nicolas, Brigitte ressentit une joie inexprimable ; elle se prosterna avec une humble dévotion devant les saintes reliques... À ce moment apparut à ses yeux une forme vénérable, toute brillante et comme ointe d'un baume odorant. La céleste vision lui dit : « Je suis l'évêque Nicolas ; je vous apparais sous cette forme pour vous révéler l'état dans lequel se trouvait mon âme aux jours de ma vie terrestre ; mes membres étaient adroits et souples au service de Dieu, comme l'est un instrument frotté d'huile sous la main de celui qui le manie. Et si mon âme tressaillait toujours d'allégresse et de bonheur, si ma bouche ne prêchait que la parole de Dieu, si enfin la patience reluisait dans toutes mes œuvres, c'est que j'aimais et pratiquais dans la perfection les saintes vertus d'humilité et de chasteté. Écoutez donc : [...] mes ossements ont reçu de Dieu le rare privilège de distiller une huile salutaire. En effet, le Tout-Puissant n'honore et n'exalte pas seulement ses élus dans le ciel ; il les glorifie également sur la terre, pour l'édification d'un grand nombre, qui participent ainsi aux grâces accordées aux Saints. »

Brigitte se réjouit grandement de la faveur dont elle venait d'être l'objet ; elle en rendit grâces à Dieu et à saint Nicolas. Elle voulait ne s'arrêter que peu de temps à Bari, et retourner ensuite à Rome, s'il était possible, avant Noël ; mais Dieu en ordonna autrement. »22

Saint Nicolas délivre l'échanson du roi des Agarènes

Un homme riche avait obtenu un fils qu’il avait appelé Dieudonné, grâce aux prières qu'il avait adressé à saint Nicolas. Pour le remercier, il avait construit, en l’honneur du saint, une chapelle dans sa maison, où il célébrait sa fête tous les ans. Or un jour Dieudonné est capturé par la tribu des Agaréniens, et réduit en esclavage par le roi de cette tribu. L’année suivante, au jour de la Saint-Nicolas, l’enfant, pendant qu’il sert le roi, en tenant une coupe précieuse à la main, se met à pleurer en songeant à la douleur de ses parents, et en se rappelant la joie qu’ils éprouvaient naguère à la Saint-Nicolas. Le roi l’oblige à lui avouer la cause de sa tristesse ; puis, l’ayant apprise lui dit : « Ton Nicolas aura beau faire, tu resteras ici mon esclave ! » Mais au même instant un vent terrible s’élève, renverse le palais du roi, et emporte l’enfant avec sa coupe, jusqu’au seuil de la chapelle, où ses parents sont en train de célébrer la fête de saint Nicolas. Une autre version de cette légende veut que cet enfant aurait été originaire de Normandie, et aurait été ravi par le sultan ; et comme celui-ci, le jour de la Saint-Nicolas, après l’avoir battu, l’avait jeté en prison, voici que l’enfant s’endormit et, à son réveil, se trouva ramené dans la chapelle de ses parents23.

Les deux vases d'or

Un noble avait prié saint Nicolas pour avoir un fils. Il avait promis qu’en récompense il se rendrait avec son fils au tombeau du saint et lui offrirait un vase d’or. Le noble voit naître un fils et fait fabriquer un vase d’or. Mais ce vase lui plaît tant qu’il le garde pour lui-même et, pour le Saint, en fait faire un autre d’égale valeur (plus ordinaire selon d'autres sources16). Puis il s’embarque avec son fils pour se rendre au tombeau du saint. En route le père ordonne à son fils d’aller lui prendre de l’eau dans le vase qu'il avait d'abord destiné à saint Nicolas. Aussitôt le fils tombe dans la rivière et se noie. Mais le père, malgré toute sa douleur, n’en poursuit pas moins son voyage. Parvenu dans l’église de saint Nicolas, il pose sur l’autel le second vase ; au même instant une main invisible le repousse avec le vase, et le jette à terre : l’homme se relève, s’approche de nouveau de l’autel, est de nouveau renversé. Et voilà qu’apparaît, au grand étonnement de tous, l’enfant qu’on croyait noyé. Il tient en main le premier vase, et raconte que, dès qu’il est tombé à l’eau, saint Nicolas est venu le prendre, et l’a conservé sain et sauf. Sur quoi le père offre les deux vases à saint Nicolas24.

Sauvetage du patricien Jean de la noyade

Méthode, patriarche de Constantinople au IXe siècle et historien de saint Nicolas, affirme que son père, Jean, fut sauvé de la noyade lors d'une tempête par saint Nicolas. Jeté à la mer par les flots, au moment de mourir il invoque saint Nicolas qui le transporte sur la terre ferme.

Sauvetage de saint Louis et de sa famille

En revenant de croisade par bateau avec sa femme, sa garde et ses enfants, le roi Louis IX de France fut pris dans une violente tempête aux environs de Chypre. La reine née Marguerite de Provence se met à prier et sur les conseils du sire de Joinville, elle promet à saint Nicolas que s'il les sauve, elle lui offrira une nef d'argent pour son église de Port dans le [[Duché de Lorraine]). À peine Joinville s'est-il porté garant de cette promesse que la tempête se calme. De retour en France, la reine accomplit son voeux et fit faire la nef.

L'huile infernale

Ce récit de miracle est tiré du livre Saint Nicolas de Pierre et Germaine Noury : « Des pèlerins s'embarquaient un jour pour le miraculeux tombeau, quand une vielle femme vint les prier d'emporter avec eux son offrande, une provision d'huile pour les lampes du sanctuaire. Au deuxième jour du voyage, la tempête s'éleva, mettant le navire en danger. Les pèlerins envisagent de s'abriter dans un port, mais voici venir à eux, ô prodige! saint Nicolas sur une petite barque... Il leur dit de jeter à l'eau l'huile dont ils se sont chargés, les assurant qu'ensuite ils voyageraient sans encombre. Obéissant, les pèlerins versent l'huile dans les flots et, terrifiés, comprenant qu'elle leur vient du démon, ils la voient qui s'enflamme avec un bruit et une odeur épouvantables. On dit que la veille femme était la déesse Diane, qui, furieuse de la destruction de son temple, cherchait à se venger sur les fervents de saint Nicolas »25.

Miracle du sire de Réchicourt

Vers 1230, le chevalier lorrain Cunon de Réchicourt ayant suivi l’empereur Frédéric II du Saint-Empire et été fait prisonnier au cours de la sixième croisade, aurait prié saint Nicolas avant de s'endormir dans sa geôle, la veille de sa mise à mort. Le lendemain matin, il se serait réveillé, encore attaché, sur les marches de l'église de Saint-Nicolas-de-Port ; ses chaînes seraient tombées d'elles-mêmes durant l'office qu'il suivit alors. On les suspendit à un pilier de la nef. En souvenir de cette miraculeuse délivrance, une procession se déroule tous les ans depuis 1245 à Saint-Nicolas-de-Port.

Sauvetage de saint Bernard de Menthon d'un mariage non désiré

La famille de Menthon avait destiné leur fils, Bernard, a un mariage de raison avec une riche héritière Marguerite de Miolans. Bernard était attiré par la vie religieuse et avait demandé à sa famille de renoncer à cette union. Malheureusement unique héritier, ses parents refusaient de le voir partir dans un ordre religieux. Désespéré, la veille de son mariage, il fut enfermé dans sa chambre. Il se mit alors à prier. Dans certains textes, saint Nicolas lui apparaît alors en songe et lui délivre ce message : « Bernard, serviteur de Dieu, le Seigneur, qui ne délaisse jamais ceux qui mettent en lui leur confiance, t'appelle à sa suite ; une couronne immortelle t'est réservée. Sors incontinent de la maison paternelle et pars pour Aoste. Là, tu iras à la cathédrale, où tu trouveras un vieillard, l'archidiacre Pierre, homme charitable et plein de bonté qui t'accueillera ; tu demeureras auprès de lui sous sa direction, et il te fera connaître le chemin que tu dois tenir. De mon côté, je serai ton protecteur et je ne t'abandonnerai pas un instant. »26. Dans d'autres textes, saint Bernard est conscient lorsque saint Nicolas lui apparaît et lui dit de sauter par la fenêtre, les anges et lui-même allant le retenir dans sa chute. Cette intervention de saint Nicolas permit à Bernard d'échapper à un mariage non désiré et de devenir archidiacre d'Aoste.

Culte

Histoire du culte

Saint Nicolas a deux fêtes, l'une en hiver le 6 décembre (selon le calendrier julien ce qui correspond au 19 décembre du calendrier grégorien), jour anniversaire de sa dormition à Myre, l'autre au printemps le 9 mai, jour anniversaire de la translation de son corps de Myre à Bari, en Italie, en 1087.

L'Église orthodoxe et le rite byzantin commémorent les deux dates en dépit du fait que la translation des reliques vers une ville d'Occident soit postérieure au schisme de 1054. Mais ils ajoutent une autre commémoration, hebdomadaire, qui place saint Nicolas, avec la Mère de Dieu et saint Jean Baptiste, parmi les trois saints les plus honorés. Chaque jeudi, à l'orthros, après la neuvième ode du canon, un exapostilaire est chanté à la louange du saint archevêque de Myre.

Dans l'Église orthodoxe le culte du saint est attesté depuis le VIe siècle, lorsque l'empereur Justinien construit vers 550 une église dédiée à Saint-Nicolas à Constantinople. Dans l'Église orthodoxe russe, est dédiée à Saint Nicolas à côté du Christ et de Marie avec l'enfant, la troisième grande icône sur l'iconostase des églises. L'Eglise orthodoxe russe célèbre également le 29 juillet la naissance du saint selon la liturgie.

Au début du VIIIe siècle le culte a atteint l'Italie qui, à cette époque, maintient encore des relations étroites avec l'Empire byzantin et acquiert bientôt une grande popularité. Le culte de saint Nicolas atteint les régions germanophones au Xe siècle, probablement par l'intermédiaire de Théophano Skleraina, l'épouse byzantine d'Otton II, mais peut être aussi du fait des expéditions italiennes des dirigeants de la Francie orientale. La famille noble des Ezzonides (Ezzo de Lotharingie avait marié Mathilde, la fille de Théophano) fonde alors de nombreuses églises vouées à saint Nicolas, comme celles de Brauweiler ou de Klotten, et favorise ainsi la propagation du culte du saint en Rhénanie. L'enlèvement des restes présumés du saint de Myra à Bari au XIe siècle, événement qui fut perçu dans toute l'Europe, et la vague de villes fondées par des commerçants aux XIIe et XIIIe siècles, souvent construites autour d'une église dédiée à saint Nicolas, assurent une large diffusion au culte du saint. Ainsi, dès le XIe siècle en Lorraine, il est de coutume de jouer des miracles du saint pour embellir les solennités scolaires et édifier autant qu'amuser les spectateurs, et dès le XIIe siècle de jouer Le Jeu de saint Nicolas sur le parvis des églises

 extrait du site internet Wikipedia

 

 

Prière à Saint Nicolas

Ô saint Nicolas, fidèle serviteur de notre Seigneur,
depuis des siècles, notre village de Vouhenans se réjouit de ta protection
et nous venons aujourd’hui solliciter ton intercession auprès de Dieu.

Dès ta jeunesse, tu as ouvert ton cœur aux pauvres :

Pour que l’Esprit Saint
ouvre nos cœurs aux pauvres d’aujourd’hui,
prie pour nous, Saint Nicolas!

Choisi comme évêque de Myre,
tu as préservé ton peuple de la famine,
et tu as défendu la vraie foi tout en respectant les autres :

Pour que nous progressions
dans la vérité et dans la charité du Christ,
prie pour nous, Saint Nicolas!

Tu as libéré des victimes de l’injustice,
guidé les marins perdus dans la tempête,
et lutté contre les idoles :

Pour que le Père nous délivre
de toutes les forces du Mal,
Prie pour nous, Saint Nicolas!

Nous te confions notre paroisse
et tous nos frères et sœurs qui résident ici,
Ô Saint Nicolas, toi l’homme de Dieu,
bénis les enfants, veille sur nos aînés,
et guide ceux qui se sentent perdus.

Ainsi, heureux de ton immense rayonnement
et de ta présence à nos côtés sur la route de nos vies,
nous pourrons contempler un jour les biens à venir
et chanter avec toi la gloire du Père, du Fils et du Saint Esprit,
Dieu unique et Trinité d’amour,
maintenant et toujours et dans les siècles des siècles.

Amen.

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